Test de jeu / PS3 / Enslaved

- publié le 13 octobre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :08/10/2010
- Développeur :Ninja Theory
- Distributeur :Bandaï Namco
- Thème :Post-Apocalyptique
- Genre :Action
- Nb de joueurs :1Online :OuiVisitez le site officiel
[sommaire]
- Page 1 : Introduction, Gameplay
- Page 2 : Réalisation, Conclusion
Qui ne se souvient pas de Heavenly Sword, un titre censé démontrer le potentiel de la PS3 et présenté dès l’E3 2005, soit presque deux ans avant l’arrivée de la console en Europe ? Si les premières images du jeu avaient suscité un engouement démesuré, l’expérience pad en main s’était montrée un peu moins convaincante : Ninja Theory avait certes tenu ses promesses dans le domaine graphique, mais le gameplay rigide et la très faible durée de vie du jeu lui avaient attirés les foudres de la presse spécialisée. Trois ans plus tard, le studio anglais nous revient avec un titre cette fois multiplateforme, et au gameplay mieux étudié. On y retrouve pêle-mêle l’influence de Heavenly Sword, Ico et Uncharted : un mélange risqué, mais prometteur.
L’aventure contée par Enslaved se déroule dans un futur post-apocalyptique qui a vu la destruction quasi-complète de l’espèce humaine. Les rares survivants ne sont pas à la fête puisqu’ils doivent échapper à la fois à des robots bien armés et à leurs congénères dont certains cherchent à avilir le reste de l’humanité.Enrôlé malgré luiVotre aventure démarre de manière singulière, mais pour le moins rythmée : vous réveillant dans une « capsule-prison » sur un vaisseau spatial, vous distinguez une jeune femme qui joue avec les ordinateurs de la salle où vous vous trouvez. Sans que vous ne compreniez vraiment pourquoi ni comment, vous voilà d’un seul coup libéré tandis que la navette semble être proche de se crasher. A défaut de mieux vous emboîtez le pas de votre sauveuse malgré elle, et traversez rapidement le vaisseau en détruisant au passage les robots qui se dressent sur votre chemin. Seulement voilà, l’engin est tellement mal en point que des morceaux s’en détachent continuellement : vous n’avez d’autre choix que de virevolter entre les débris pour atteindre une capsule de secours et vous éjecter. En chemin, la navette heurte le flambeau tenu par la Statue de la Liberté, et vous réalisez que vous risquez de vous crasher au beau milieu de New York : il faut accélérer ! Mais à peine atteignez-vous la dernière capsule de secours que vous réalisez qu’elle est déjà occupée : la jeune femme a pris place à l’intérieur et actionne le lancement tandis que vous vous accrochez comme vous le pouvez…

Forcément, de telles cabrioles mettent à mal votre physique d’athlète et vous perdez connaissance en touchant terre. A votre réveil, la jeune femme est à côté de vous et vous regarde d’un œil songeur. Légèrement irrité par son comportement, vous entreprenez de la corriger mais il lui suffit de vous demander d’arrêter pour qu’un mal de tête insupportable s’empare de vous. L’explication ne tarde pas : elle vous a posé une couronne sur la tête qui vous oblige à lui obéir. Si vous lui tenez tête, vous éloignez trop d’elle, ou la laissez mourir, vous perdrez la vie… Il ne vous reste donc plus qu’à accomplir ses quatre volontés, son objectif étant de rejoindre son clan, situé à plusieurs kilomètres de là.
Vous l’aurez compris, Enslaved s’articule autour de la relation entre Trip (la jeune femme), et Monkey (le personnage que vous dirigez). Forcément un peu tendue au début de l’aventure étant données les circonstances, elle évoluera par la suite et l’on finira presque par oublier le petit chantage initial. Côté gameplay, on distingue essentiellement trois phases de jeu différentes.Un gameplay multifacettesEn premier lieu, vous devrez bien entendu aider Trip dans son périple, et ce de plusieurs manières : la lancer sur des plateformes haut perchées pour qu’elle puisse progresser, la porter pour traverser des champs de mines, la protéger en éliminant depuis une tourelle de tir les robots qui la pourchassent et bien d’autres choses encore. Rassurez-vous, votre partenaire n’est pas l’un de ces boulets que l’on retrouve dans d’autres jeux imposant des phases d’escorte : Trip sait la plupart du temps se débrouiller toute seule, et elle peut même immobiliser pendant un court instant les robots qui lui sautent dessus, de quoi vous laisser le temps de la secourir. En outre, elle possède quelques capacités intéressantes, comme celle de créer un leurre pour détourner l’attention des ennemis : ces derniers vous oublient alors quelques secondes et vous pouvez ainsi en profiter pour passer derrière eux afin de les éliminer. Trip peut aussi vous soigner pour peu que vous ayez la substance adéquate, et elle a aussi la faculté d’améliorer vos compétences en échange d’orbes oranges disséminées dans les niveaux ou laissées par les ennemis détruits.

Autre phase de jeu : la plateforme. De ce point de vue, il faut bien reconnaître qu’Enslaved ne donnera pas de sueurs froides aux amateurs du genre : il est impossible de rater un saut si l’on excepte quelques éléments de décor qui s’effondrent, et les différents points d’accroche apparaissent en surbrillance. La progression est ainsi facilitée et évite toute frustration, mais en contrepartie le joueur est sans arrêt guidé et la linéarité de l’aventure n’en est que plus flagrante. Bien sûr les indications fournies par le jeu sont les bienvenues lorsqu’il s’agit de se déplacer rapidement sous le feu ennemi, mais on aurait aimé quelque chose de moins rigide. Quoi qu’il en soit, les fans des Tomb Raider, Uncharted et autres Prince of Persia y trouveront sans doute leur compte.
Viennent enfin les combats contre les robots au cours desquels Monkey utilise des prises au corps-à-corps et un bâton extrêmement efficace de près comme de loin : dans le second cas, il fait office de fusil pour peu que vous ayez trouvé des munitions. Rapidement, on comprend que Ninja Theory n’a pas totalement fait table rase du passé : les premiers affrontements rappellent furieusement Heavenly Sword, plus dans leurs chorégraphies il est vrai que dans les mouvements disponibles. Même si ces derniers sont limités en comparaison d’un vrai beat-em-all, Monkey se révèle plus instinctif à diriger que Nariko malgré un certain temps de latence dans le déclenchement des coups. On regrette toutefois que les ennemis manquent de variété, et que la stratégie à appliquer pour les éliminer soit toujours la même : un coup de bâton chargé pour étourdir, un enchaînement de coups rapides ou puissants pour faire bonne mesure, et quelques parades ici ou là pour conserver le niveau de la jauge de vie… Des boss font bien leur apparition de temps à autres, sans grande variété non plus d’ailleurs, mais la stratégie à adopter est si simple (elle vous est de toute façon soufflée par Trip) qu’elle ne rehausse pas vraiment l’intérêt des combats…
Passées les premières heures de jeu, on réalise que les séquences les plus prenantes sont celles qui mélangent étroitement les différents aspects décrits plus haut : escalader un mur pour avancer dans le décor, porter Trip pour franchir un obstacle, ou bousiller du robot est amusant pendant un temps, mais devoir protéger la jeune femme tout en avançant de manière acrobatique et en dézinguant les ennemis est toujours jouissif. De fait, plus on progresse dans le jeu et plus on tente de passer rapidement les séquences « simples » pour en arriver aux moments plus intenses. Et il faut bien avouer que le plaisir décroit peu à peu au fur et à mesure que l’on approche du générique de fin, atteint au bout d’une grosse dizaine d’heures.

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