Test de jeu / PS3 / Eat Lead: The Return of Matt Hazard

- publié le 2 mai 2009
- Etat : Disponible
- Date de sortie :26/03/2009
- Développeur :Vicious Cycle
- Distributeur :D3 Publisher
- Genre :Action
- Nb de joueurs :1Visitez le site officiel
Nouveau soft de Vicious Cycle à qui nous devons l’original Dead Head Fred sur PlayStation Portable, Eat Lead : The Return of Matt Hazard comporte comme le premier une vraie personnalité. En effet, plutôt que de tenter la création d’un mythe du jeu vidéo à l’instar de Lara Croft sur une dizaine d’année, les développeurs sont partis du principe que Matt Hazard est déjà une légende de l’action comme Duke Nukem en son temps. Ainsi, c’est par une cinématique d’introduction pleine de flashback que l’on apprend que le beau Matt a fait ses armes depuis la fin des années 80 à nos jours, traversant les consoles et les ans. On est censé l’avoir connu en deux dimensions, pendant l’âge d’or des sprites puis pendant l’ère des pixels jusqu’à une sortie de route pour cause d’exploitation de la licence. Un jeu de karting plus tard, Matt avait perdu de sa superbe jusqu’à aujourd’hui et son grand retour sur le devant de la scène vidéoludique. The Return of Matt Hazard peut commencer.I am a LegendSi l’exercice, très second degré, d’imposer son personnage comme un ténor du genre peut s’avérer original, dans les faits c’est un peu risqué. En effet, à moins d’être un minimum informé en lisant PlayFrance.com par exemple, on se demandera en voyant la jaquette du jeu en rayon : « Qui est ce Matt Hazard ? » Ou encore « On dirait une suite mais je n’ai pas joué aux premiers volets, je risque d’être largué ». Bref, le grand public peut ne pas comprendre ce trait d’humour et passer à côté d’une soi-disant énième suite ou en tout cas d’un visage non familier.
De la même manière que le « film dans le film » que l’on retrouve au cinéma, Eat Lead joue à fond la carte du « jeu dans le jeu » n’hésitant pas à se moquer des codes du genre. Matt Hazard est censé être une star bien vivante mais consciente d’être dans un jeu vidéo, comme s’il était un acteur jouant un rôle dans une série télé. Le jeu débute par une mission de routine dans un bâtiment en Asie, signant son grand retour à l’écran. Une mission qui se termine par une mystérieuse intrusion dans les codes sources de la galette, les bugs commencent à se multiplier comme le retour d’anciens ennemis de notre chauve ou la téléportation d’un autre niveau ou genre. Tout le monde passe à la moulinette, du survival horror au FPS en passant par le jeu de plateforme à la Mario et le jeu de rôle japonais à la Final Fantasy. Finalement Matt est piégé dans le jeu et doit survivre grâce à l’aide précieuse d’un opérateur en voix off à la Matrix. Dans le genre, Les Simpson le jeu vidéo reprenait le même thème du « piège à l’intérieur d’un jeu » mais d’une manière plus convaincante : l’humour y est plus présent, les références plus nombreuses, mieux réussies et l’aspect parodique plus cinglant. Vicious Cycle n’invente donc rien.

The Duke of HazardLe retour de Matt Hazard est un jeu d’action à la troisième personne plutôt classique comme il en existe déjà de mieux sur PlayStation 3. On avance, on se planque et on tire. A ce titre, le système de couverture est plutôt bien pensé, même si ces zones sont souvent temporaires. D’une simple pression sur le bouton croix on se plaque contre un obstacle, on peut en faire le tour tout en y restant collé avec la même touche mais également passer par-dessus avec le bouton rond ou viser une autre planque et appuyer sur le bouton triangle pour s’y rendre directement, à couvert. Un principe de déplacement caché déjà vu dans Wanted il y a peu et fort utile compte tenu de la puissance de certains ennemis. Les ennemis justement oscillent entre les mercenaires chinois, les soldats russes, les cowboys du Far West, des soldats en 2D pour le fun ou encore des zombies. De quoi faire, de bonnes cibles à gros sel. Cependant leur intelligence artificielle est vraiment limitée, jamais emportés par des éclairs de génies, ils se contentent de tirer sur vous, de vous rater, de se planquer sans jamais prendre d’initiative. Il m’est arrivé de voir un soldat tirer sur un autre par erreur (juste une balle perdue) et en voir un autre courir de gauche à droite derrière un bar comme s’il était pris de panique. Des appeaux à cartouches, ni plus ni moins.
Pour les occire, Matt pourra compter sur différents flingues tirés de toutes sortes d’époques, le traditionnel fusil à pompe croise ainsi le colt de cowboy, mais aussi sur quelques pouvoirs cybernétiques comme celui de geler les ennemis. Une jauge se recharge à mesure que l’on élimine des vilains. Le corps à corps est aussi à l’honneur avec quelques petits passages de Quick Time Event pour bourrer des ennemis de coups mais contrairement à Duke Nukem dont il s’est largement inspiré (petites répliques bien senties), le jeu est édulcoré à outrance. Point de sang, juste des pixels bleus qui sortent des corps. Dommage, on aurait aimé un jeu plus visuel. Même un mode furie dans lequel Matt est cerclé de rouge sang ne déclenche pas plus d’excès de violence.
Toujours dans le registre des regrets, on pourra noter l’absence relative d’interaction avec les décors, un comble pour un jeu d’action. Si un moteur physique permet de faire tomber quelques éléments tels qu’une casserole sur une table, il est souvent impossible de briser la moindre vitre. De même, impossible de faire une roulade pour éviter les tirs et se planquer, le personnage doit avancer avec la lourdeur d’un Chris Redfield jusqu’à une planque, subissant des dégâts jusque là. On ne rentre jamais dans une frénésie destructrice, on se contente de cibler et de faire des headshots. 50 Cent : Blood on the sand et Stranglehold apportent de plus gros moments de bravoure et de fun.
Enfin, la réalisation graphique inégale souffle le chaud et le froid, certaines textures sont crédibles, d’autres complètement fades et les ralentissements sont bien visibles par moment. Heureusement, ses doublages français, son humour, ses références en pagaille et son prix attractif (50 euros à la sortie) en font une série B tout à fait honnête mais absolument pas une référence.

• Les parodies et références
• Bon postulat de départ
• Petit prix : 50 euros
• Action du dimanche
• Peu d’interaction avec les décors
• Techniquement léger
Verdict
Difficile de s’imposer en légende du jeu vidéo dès le premier coup. Eat Lead : The Return of Matt Hazard est un petit jeu d’action sympathique à se faire pendant une période creuse mais pas la référence qu’il aimerait être. L’action n’impressionne jamais, certains défauts sont bien visibles et seuls son humour et ses références en font une œuvre particulière, dotée d’une personnalité. Peut mieux faire.
Le Village PF





Graphismes
6 / 10Graphismes inégaux selon les niveaux, ralentissements et absence pratiquement totale d’interaction avec les décors gâchent la fête.
Jouabilité
6 / 10Pas de roulade, un personnage rigide à la Chris Redfield mais un système de couverture au point.
Son
6 / 10Le thème principal tourne en boucle mais les doublages français sont d’une qualité plus que correcte.
Durée de vie
6 / 10Matt Hazard n’aime pas partager et l’aventure se joue uniquement en solitaire, pas en multijoueurs. Comptez une huitaine d’heure pas plus
Fun
5 / 10Le jeu a de la personnalité, les parodies sont sympathiques mais l’action manque de pèche, surtout face à la concurrence.