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Test de jeu / PS3 / Duke Nukem Forever

Duke Nukem Forever

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Duke Nukem. Tout un symbole de la culture du jeu vidéo des années 90 est enfin de retour sur le devant de la scène. De nombreux lecteurs de PlayFrance ont probablement connu des heures d’extase vidéoludique sur des parties solo et multijoueurs du mythique Duke Nukem 3D. Humour, armes originales, réalisation soignée, audace, pour moi aussi cet épisode (et Duke Nukem Time to Kill dans une moindre mesure) est un excellent souvenir de joueur. Après avoir boudé la génération PlayStation 2, un personnage aussi culte ne pouvait pas rester éternellement dans son œuf. L’heure de l’éclosion a sonné, pour une expérience malheureusement trop mitigée. Explications. Un accouchement dans la douleurAfin de comprendre pourquoi nous avons dû attendre 14 ans pour (enfin) avoir cette version de Duke Nukem Forever entre les mains, un petit flashback s’impose.

Jusqu’à sa sortie le 10 juin dernier, Duke Nukem Forever était un mythe, une légende urbaine, un rêve de joueur à la hauteur de Resident Evil 1.5 ou de son homologue 3.5 (les fans savent de quoi je parle). Il faut dire que le développement chaotique du jeu chez 3D Realms est l’exemple même d’une gestion de projet médiocre et de l’exploitation abusive d’un éditeur. Le projet est lancé en janvier 1997, quelques temps après la sortie du grandiose Duke Nukem 3D sur PC et consoles. Ce quatrième opus doit tout défoncer sur son passage, avec l’aide du moteur de Quake II.

En 1998, lorsque la France gagne la Coupe du Monde de Football, le jeu passe à l’Unreal Engine premier du nom et repart alors de zéro. Malgré les vidéos alléchantes de l’E3 2001 – certainement la meilleure démonstration de ce que devait être Duke Nukem Forever - le jeu repart une nouvelle fois de rien l’année suivante et disparait des plannings pendant un bon moment. Trop occupés sur le jeu Prey, les développeurs oublient pratiquement de bosser sur le retour du Duke, malgré la diffusion d’un teaser à la fin de l’année 2007. On est alors sur l’Unreal Engine 2 boosté pour l’occasion.

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Ensuite le jeu disparait de nouveau pour réapparaitre d’une manière officieuse avec une vidéo volée visible sur la toile durant l’année 2009. A force de tirer sur la corde, Take Two hausse le ton et demande des comptes à 3D Realms qui ne sait pas trop quoi répondre. Finalement, le studio se retrouve en liquidation judicaire, ne laissant derrière lui que les promesses vues en 2001. C’était sans compter sur la pugnacité de Gearbox Software, qui récupère des fragments du jeu parmi les cendres du développeur initial pour en extraire un jeu vendable avant d’atteindre sa date limite de consommation.

Cette malheureuse histoire vraie nous apprend deux-trois choses. Tout d’abord, le mieux est l’ennemi du bien et à force de vouloir trop bien faire, les créateurs ont tué ce qui s’annonçait comme un blockbuster en 2001. Ils auraient mieux fait de sortir le jeu cette année-là. Ensuite, d’après l’historique du développement, les gars ont pratiquement abandonné le projet en 2009, ce qui explique certainement l’état dans lequel on le trouve aujourd’hui. Enfin et surtout, ce vaporware ne s’est jamais montré autrement que par les trailers officiels de 2001. En clair, depuis 10 ans, nous ne savions pas réellement ce que contiendrait la version finale du produit. C’est donc pratiquement par surprise que nous l’avons découvert cette année.Duke Nukem faut rêverAprès des cris, des larmes, des morts et des procès, Duke Nukem Forever s’offre enfin à nous, après une interminable installation sur le disque dur de la PlayStation 3. On retrouve le grand blond avec ses lunettes noires douze ans après avoir contré une invasion extraterrestre à lui tout seul. Adulé par toutes et tous, du plus petit au plus grand, le Duke coule des jours paisibles dans son palace de Las Vegas où il est considéré comme la huitième merveille du monde. Le hic, c’est que les extraterrestres sont de retour pour un second round. D’abord cachés derrière une installation pacifique, ces monstres dévoilent vite leur vrai visage et le canon de leurs armes. Heureusement pour le monde (et surtout pour les babes), un homme sévèrement burné est là pour remettre de l’ordre dans tout ce bordel.

Contrairement à Duke Nukem 3D, le Duke n’est ici pas complètement seul : il est épaulé à certains moments par les forces de l’EDF, les forces de protection de la Terre. Surtout, il pourra compter sur leurs caisses d’armes pour refaire le plein de munitions ou varier les plaisirs. En effet, à l’instar de la plupart des FPS modernes, Duke Nukem ne porte désormais que deux armes maximum à la fois. Comme quoi, on peut soulever 600 kilos de fonte mais chialer avec plus de deux armes sur le dos. Du coup il faudra alterner entre le pistolet, le fusil à pompe, la mitrailleuse triple, le lance-roquettes, le laser extraterrestre et d’autres douceurs. Heureusement, les mines lasers à coller partout (surtout sur les gens) et les bombes commandées à distance sont comptées à part, et utilisables avec les gâchettes. L’inventaire du héros se complète de lunettes à vision nocturne – pour les passages dans les conduits d’aération – de stéroïdes pour casser quelques gueules à mains nues, de bière pour se donner du courage et d’un classique holoduke pour distraire les ennemis.

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Le râtelier à flingues est très proche de l’illustre Duke Nukem 3D, tout comme le bestiaire. A vrai dire, on retrouve toutes les figures emblématiques de la série, modélisées cette fois en 3D et affichées en haute définition. Les sentinelles qui utilisent leur jetpack et se téléportent, les porcoflics et leur fusil à pompe (même si cette fois ils chargent en plus), les octocervelles à tentacules et les boss de taille impressionnante. Heureusement, que ce soit au niveau des armes ou des ennemis, le jeu compte quelques nouveautés pour se défaire du simple remake HD. Cet épisode entre aussi dans l’ère de la barre de vie qui se recharge d’elle-même quand on se cache. Dans cette configuration, inutile de vider sa vessie ou de boire à une fontaine pour regagner des points de vie, il suffit de se planquer.

La barre de vie justement, baptisée EGO, a la bonne idée de gagner quelques centimètres en accomplissant des actions gonflant la satisfaction du Duke. On se retrouve au cours du jeu devant tout un tas de mini-jeux à remporter pour gagner en résistance : faire rentrer les boules du billard, gagner au flipper, marquer un panier au basket, gagner aux machines à sou, se défouler dans la salle de sports, soulever des poids… Une récréation bienvenue entre deux explosions crâniennes et qui confère au jeu une variété qui manque dans les FPS actuels.



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