Test de jeu / PS3 / DeathSpank

- publié le 26 juillet 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :13/07/2010
- Développeur :Hothead Games
- Distributeur :Electronic Arts
- Genre :Action / RPG
- Nb de joueurs :1 à 2Visitez le site officiel
Fans de quêtes héroïques se déroulant dans des mondes grouillant de créatures dangereuses et agressives, réjouissez-vous : Hothead Games vous a concocté un action-RPG plein de surprises et d’humour, téléchargeable sur le PSN pour moins de 15 euros !
Vous incarnez DeathSpank, un héros improbable lancé à la recherche d’un artefact aux pouvoirs immenses. Seul petit hic, le bonhomme n’a aucune idée du lieu où se trouve l’objet, ne sait pas à quoi il ressemble, et ignore jusqu’à son nom : il l’appellera donc « L’Artefact » du début à la fin de l’aventure ! Curieux ? Pas lorsque l’on sait que l’homme à l’origine du jeu se nomme Ron Gilbert, et qu’il a fait ses armes chez LucasArts sur des perles vidéoludiques telles que Maniac Mansion, Zak McKracken ou The Secret of the Monkey Island. On comprend alors mieux l’omniprésence d’un humour déjanté dans DeathSpank, depuis le scénario jusqu’aux armes et ennemis en passant par les quêtes proposées au joueur.Une structure classiqueCar malgré ses nombreux aspects décalés, DeathSpank se déroule comme un action-RPG classique, les quêtes principales ou facultatives se déverrouillant au fil de dialogues avec des personnages non jouables. Bien sûr les paroles échangées ici n’ont parfois ni queue ni tête et les tâches qui vous sont confiées sortent de l’ordinaire : vous devrez par exemple récupérer des lèvres de poulets vicieux, récolter des yeux d’araignées, trouver des cornes de démons rouges en utilisant de la teinture sur des cornes blanches ou encore collecter de la crotte de démon ! Comme dans d’autres jeux du genre, il est possible de mener plusieurs quêtes à la fois mais certains de vos interlocuteurs ne vous confieront leurs missions qu’une à une, vous obligeant à de nombreux allers-retours dans le monde fort vaste du jeu.

Côté gameplay pur, on retrouve tous les ingrédients des hack-n-slash, avec évidemment une large prédominance des combats. Les ennemis imaginés par Gilbert et ses acolytes sont à ce titre variés à défaut d’être très originaux : des démons, des araignées, des orques, des yeux miniatures ou géants, des fantômes sont autant de créatures déjà rencontrées ailleurs. Il faut toutefois avouer que leur design est réussi, et l’on apprécie que différentes classes soient présentes au sein d’un même groupe : les gobelins comptent par exemple des soldats amateurs de corps-à-corps, des archers, des magiciens, et des gardes bien costauds armés de redoutables gourdins. Vous croiserez par ailleurs la route de boss particulièrement puissants dont il faudra comprendre les forces et les faiblesses pour espérer survivre.
Heureusement, on dispose de nombreuses armes, sorts et autres items pour affronter les nombreux adversaires qui se dressent sur notre route : des épées, des arbalètes, des haches, des bâtons de magie, des sorts liés aux différents éléments naturels et des potions en tout genre. Vos combats vous permettront aussi de récupérer des éléments d’armures et des accessoires utiles pour gonfler vos stats, votre inventaire se garnissant ainsi régulièrement au fil des combats.Des items en pagailleCette profusion d’objets serait bien sûr inutile sans la possibilité de customiser à loisir son héros : s’il est possible d’équiper automatiquement la meilleure armure en sa possession (l’option est désactivable), on doit toutefois s’occuper du choix des armes, sorts et potions, en les affectant manuellement aux boutons Croix, Rond, Carré et Triangle ou bien aux flèches de la croix directionnelle. Un aspect du jeu à ne pas négliger puisque, classiquement, vos ennemis sont plus sensibles à certaines armes qu’à d’autres. Sachez aussi qu’il est possible de créer des combos en frappant ses ennemis successivement avec des armes différentes, le multiplicateur de dégâts pouvant ainsi grimper jusqu’à x7 !

Bien sûr qui dit hack-n-slash dit évolution du personnage et gain régulier de niveaux. La procédure est ici largement simplifiée, puisque chaque passage au niveau supérieur vous permettra de récupérer une carte parmi trois proposées. Il existe en réalité six types de cartes, vous permettant d’accélérer votre vitesse de déplacement, d’augmenter la puissance de vos coups au corps-à-corps, celle de vos coups à distance, celle de votre magie, d’accroître votre jauge de vie, ou le nombre de pièces d’or récupérées sur vos ennemis. Ces dernières seront bien sûr utiles pour acheter de nouveaux objets dans différents magasins, en gardant toutefois à l’esprit que votre inventaire est limité : lorsque la place se fera rare, vous pourrez heureusement utiliser un accessoire spécial qui convertira les objets devenus inutiles en précieuse monnaie.
Pour ce qui est des autres contrôles de DeathSpank, le stick gauche sert à déplacer le personnage, le droit à orienter la caméra et à zoomer sur l’action, L2 à sélectionner une cible et R2 à utiliser le bouclier pour parer les coups adverses. Cette dernière manœuvre s’avère d’ailleurs bien difficile à placer correctement tant les attaques des ennemis partent vite : on a un peu de mal à détecter le bon moment pour contrer !Techniquement solideGraphiquement parlant, la dernière production de Hothead Games ne fera sans doute pas l’unanimité : ses textures grossières et ses effets lumineux basiques ne sont pas à la pointe du progrès, mais ils sont en parfait accord avec le design souvent enfantin des décors et des personnages. On est proche du cartoon avec un environnement présenté en 3D, mais des éléments de décor en 2D qui font toujours face à la caméra. Le monde imaginé par Ron Gilbert est vaste, offrant des décors variés et agréables à l’œil, et le tout peut être parcouru sans le moindre chargement à condition de ne pas utiliser les cabines de téléportation qui permettent de gagner du temps pour certaines quêtes. La fluidité du jeu est globalement satisfaisante, à l’exception notable de quelques passages durant lesquels les ennemis attaquent en nombre.

La bande son du jeu se révèle quant à elle plutôt pêchue, avec des morceaux rythmés qui ne sont pas sans rappeler les compositions de RZA dans Kill Bill. Les effets sonores sont plus classiques, mais ce sont surtout les savoureux dialogues du jeu qui font le spectacle : drôles malgré leur humour foncièrement potache, ils valent aussi bien par les textes que par leur ton. On soulignera toutefois un défaut de taille : ils sont intégralement en anglais, tout comme le reste du jeu d’ailleurs. Aucun sous-titre en français n’est disponible, si bien que les allergiques à la langue de Shakespeare passeront vraisemblablement leur chemin.
Terminons en mentionnant la présence d’un mode offline à deux joueurs en coopération, un ami pouvant alors incarner le personnage de Sparkles. Ce dernier est un mage particulièrement puissant malgré des attaques limitées à quatre sorts dont un de guérison, son arrivée rendant d’ailleurs le jeu un peu trop facile : il semble que le jeu à deux ne s’accompagne pas d’une augmentation de la difficulté, la quête de DeathSpank pour l’Artefact devenant alors une vraie promenade de santé.
• Un design original et séduisant
• Le gameplay convaincant
• Un rapport qualité/prix très correct
• Un peu répétitif
• Pas de mode coopératif en ligne
• Intégralement en anglais
Verdict
Joliment réalisé, bourré d'humour et offrant une durée de vie plus que confortable, DeathSpank est la bonne surprise de l'été sur le PSN. Certes le nouveau jeu de Hothead Games ne bénéficie pas de la profondeur des ténors du genre en termes de gameplay, mais son rapport qualité/prix en fait un investissement incontournable pour les amateurs du genre. On attend maintenant les prochaines aventures de notre héros, le générique de fin de ce premier opus ne laissant aucun doute quant à l'arrivée d'une suite.
Le Village PF

Graphismes
8 / 10Le design parfois enfantin des personnages et des décors ne plaira vraisemblablement pas à tout le monde, mais on apprécie la diversité des décors et le nombre d'ennemis et autres objets affichés à l'écran. Quelques ralentissements sont à signaler.
Jouabilité
7 / 10Facile à prendre en main, le jeu offre de multiples combats dont la principale difficulté réside dans le choix de la bonne arme contre le bon adversaire. Comme les autres jeux du genre, une certaine répétitivité s'installe après quelques heures.
Son
8 / 10Les dialogues en anglais sont savoureux, mais on aurait tout de même apprécié une traduction dans la langue de Molière. Les effets sont classiques mais efficaces, et les musiques de bonne facture, soutenant l'action à l'écran.
Durée de vie
8 / 10Comptez une grosse douzaine d'heures pour boucler toutes les quêtes proposées, soit plus que certains jeux vendus six fois plus cher dans le commerce. A ce prix-là, on peut pardonner quelques légers soucis de gameplay.
Fun
8 / 10Malgré son histoire tirée par les cheveux et la répétitivité de l'action, on apprécie l'aventure du début à la fin grâce notamment aux nombreux items récupérés sur le champ de bataille et qui peuvent s'avérer bien utile pour les combats suivants.