Test de jeu / PS3 / Command & Conquer : Alerte Rouge 3

- publié le 29 mars 2009
- Etat : Disponible
- Date de sortie :30/10/2008
- Développeur :EA Games
- Distributeur :Electronic Arts
- Thème :Futuriste
- Genre :Stratégie
Annoncé sur PlayStation 3, puis annulé, voilà finalement que Alerte Rouge 3 débarque dans sa version ultime sur la machine de Sony.
Command and Conquer Alerte Rouge 3 revient de loin. Alors que la sortie PS3 de ce jeu de stratégie militaire en temps réel était logiquement prévue pour la fin de l’année 2008, en même temps que la concurrence, celui-ci disparu subitement des plannings. Les rumeurs allaient rapidement se changer en confirmation : la version PlayStation 3 était mise en stand by pour une date ultérieure, les développeurs privilégiant les autres supports pour les fêtes. Finalement classé dans la case des projets annulés, Alerte Rouge 3 est revenu en début d’année avec l’annonce d’une Ultimate Version spécialement pour le Blu Ray de la console de Sony. Tout est bien qui finit bien, nous avons « la meilleure » version entre les mains désormais !Retour vers le Fut-URSSCe qui fait le charme de la série Alerte Rouge, c’est son scénario délirant plein d’uchronisme. Jugez plutôt : alors que l’URSS commence à plier sous la puissance des Alliés, un général très patriote se retranche sur son plan de dernier recours : remonter le temps. Il ne s’agit pas de remonter le temps pour éviter la guerre ou pour tuer le chef de la résistance avant sa naissance (à la Terminator) mais pour éliminer Einstein. Une fois Albert réduit en cendres, personne de mettra au point l’arme nucléaire qui donnera tant de poids aux adversaires dans la balance de la guerre. Seulement voilà, comme il ne faut jamais toucher au continuum espace temps, cette action n’est pas sans conséquence et l’effet papillon pointe le bout de son canon. Ce ne sont plus les Alliés les plus dangereux mais un autre empire, l’Empire du Soleil Levant. Principale nouveauté de ce troisième opus : l’arrivée d’un nouvel ennemi et donc, de nouvelles unités pour accompagner le scénario. Chaque faction dispose de son propre mode de fonctionnement, notamment sur la construction de la base : alors que les soviétiques sortent leurs chantiers, les japonais disposent de dromes futuristes qui se transforment en bâtiments. Trois visions du monde, aux technologies et aux unités différentes (les robots Transformers japonais !) s’offrent à vous.

Les trois camps doivent donc s’affronter sur les 27 missions que compte le jeu, chaque campagne comportant neuf missions à la difficulté croissante. Le jeu conseille de commencer l’histoire avec les Soviétiques, puis les Alliés pour terminer avec l’Empire du Soleil Levant. Dans les faits il est possible de commencer par celle que l’on souhaite : elles sont toutes accessibles dès le début mais la difficulté et les révélations scénaristiques seront chamboulées. La campagne principale s’accompagne naturellement d’un mode escarmouche permettant de se lancer dans la bataille sans se soucier de l’histoire, contre l’ordinateur et bien entendu contre un adversaire humain. Un mode bonus bien fourni contient des vidéos et des bandes-annonces sur les coulisses du jeu, un bêtisier et des scènes bonus, la bande son officielle d'Alerte Rouge 3, des descriptifs d'unités détaillés, des épisodes de la Command School et de BattleCast PrimeTime exclusifs à la PlayStation 3. Notons également que notre version bénéficie de cartes multijoueurs supplémentaires.Good bye LeninUn jeu de stratégie sur console peut toujours passer comme une hérésie pour les adeptes du genre sur PC tant le nombre de boutons et l’absence de souris se font remarquer. Non, clavier et souris en USB ne sont pas compatibles avec cette version PS3 du jeu. Dans le genre, je ne saurais que trop vous conseiller de faire l’intégralité du tutorial. Accrochez-vous pour pas moins de deux heures d’explications en conditions réelles ! Déjà pour la bonne raison que vous débloquerez un trophée mais surtout pour maitriser les rudiments de la maniabilité plutôt bien pensée mais néanmoins complexe. Une démo jouable sera bientôt disponible sur le PlayStation Store pour vous faire la main.
Pour les explications détaillées, suivez le guide. Le stick gauche sert à déplacer la souris virtuelle sur la carte tandis que le stick droit sert à orienter la caméra à 360 degrés tout en zoomant à loisir. Une pression sur L3 amène la vue directement sur la base, une pression sur R3 recentre la vue. Le bouton croix sert à sélectionner une unité et en le maintenant on peut le passer sur la carte pour sélectionner un groupe. Le bouton Rond annule la précédente action alors que le bouton Carré sert à prendre le contrôle de toutes les unités de la carte visible à ce moment là. Le bouton R1 sert à choisir les options secondaires pour les bâtiments et unités, le bouton L2 à se déplacer librement sur la carte. Enfin, le bouton R2 (le plus important) ouvre le menu de commandes sous la forme d’un cercle de sélection. En clair, dès que vous voudrez construire un bâtiment ou embaucher des unités, il vous faudra entrer dans ce menu. A chaque direction du stick analogique correspond une action : construire un bâtiment, construire une tourelle, embaucher des soldats, construire des véhicules, des unités aériennes, des unités navales développer sa technologie top secrète, faire des sélections de groupes, réparer un bâtiment, le vendre…

Enfin, la croix directionnelle permet de choisir la stratégie militaire adoptée par votre co-commandant : tenir une position, être autonome, préparer une attaque ou attaquer une unité. Vous avez bien lu, chaque mission peut se faire en coopération en ligne avec un autre joueur humain ou par défaut avec une intelligence artificielle. De quoi multiplier l’intérêt des niveaux. Les actions de ces boutons sont à multiplier par deux ou trois en fonction de leur attache ou non à une unité ou un bâtiment. Il faut une bonne mémoire pour tout assimiler même si les actions de base, moins complexes, sont faciles à retenir. Un petit rappel des touches est de toute façon présent en permanence à l’écran. C’est peut-être moins intuitif que le premier Alerte Rouge sur PSone mais les possibilités sont nettement plus nombreuses.La nouvelle référence de la stratégieAlerte Rouge 3 reste du Command and Conquer et les bonnes vieilles tactiques fonctionnent toujours. Pas besoin de planifier le parcours de ses unités pendants de longues minutes comme dans Commandos : généralement celui qui a l’avantage du nombre et de la technologie remporte la partie. Au pire, si un assaut tombe à l’eau, il suffira de remplacer vos unités perdues pour recommencer. Votre priorité est de récolter le maximum d’argent pour vous étendre sur la carte, solidifier votre défense et préparer un assaut. L’argent est le nerf de la guerre, ne l’oubliez pas, et avec lui arrivent de nombreuses possibilités. Sans prétendre à l’exhaustivité, Alerte Rouge 3 jouit d’excellentes possibilités : on peut capturer des banques avec des ingénieurs pour les piller, des hôpitaux pour soigner ses fantassins, placer des soldats dans des bâtiments pour en faire des tourelles, s’infiltrer dans la base ennemie avec un espion, acheter des héros (sorte de super-soldat) pour faire du boulot parfait, chaque unité dispose d’une capacité spéciale secondaire, gagne de l’expérience au combat et devient plus efficace, peut se replier à reculons… Ajoutons à cette liste que l’expérience du joueur permet de développer des technologies top secrètes telles que des attaques par satellites ou des bombardements. Bref, la liste est encore longue et le jeu diffuse sa profondeur à mesure de la progression. Les objectifs secondaires apportent une difficulté supplémentaire pour les acharnés, et les parties à rallonge peuvent se sauvegarder pour les reprendre plus tard.

L’intérêt est au rendez-vous, tout comme le plaisir que l’on prend à diriger son petit monde. Les graphismes sont d’une qualité remarquable, détaillés, et d’une fluidité pratiquement sans faille. Les vidéos des briefings tutoient le volontairement kitsch à l’image du casting d’acteurs américains stéréotypés : Gemma Atkinson, Gina Carano, Randy Couture, Tim Curry, Kelly Hu, Jenny McCarthy, Jonathan Pryce, Autumn Reeser, J.K. Simmons, Peter Stormare, et George Takei. Si vous cherchez un bon jeu de stratégie sur PlayStation 3, stoppez vos recherches et achetez l’excellent Alerte Rouge 3 !
• Complexe mais accessible
• Beau, fluide et maniable
• La coopération et les bonus nombreux
• Pas d'option clavier/ souris pour les difficiles
• Doublages ratés
• Pas d'add-on inclus malgré le retard
Verdict
La PlayStation 3 hérite d'un excellent jeu de stratégie en temps réel qui se précipite directement à la première place du genre sur notre chère console. Le gameplay est complexe mais suffisamment accessible pour procurer de grands moments de jeux vidéo, les bonnes idées sont nombreuses et toujours bien amenées. La coopération renforce le plaisir et le tout est servi par une réalisation de haut vol et une durée quasi sans fin. La nouvelle référence.
Le Village PF

Graphismes
8 / 10Les graphismes sont fins et détaillés, les unités ont toutes leurs designs bien trempés, les effets spéciaux sont classes et les vidéos intégrées au gameplay sont un plus.
Jouabilité
8 / 10La prise en main est accessible une fois le tutorial assimilé, le duo clavier/ souris ne manque pas tant la caméra est fluide et les raccourcis bien pensés.
Son
7 / 10Les doublages des acteurs sont assez grotesques mais les unités ont toujours la phrase qu'il faut pour se démarquer. Les musiques et effets sonores mettent dans l'ambiance.
Durée de vie
9 / 1027 missions à faire en solo et en coopération, un mode escarmouche en ligne et des trophées à débloquer. On ne décroche plus.
Fun
9 / 10Nous n'avions pas pris un tel plaisir sur consoles de salon depuis Alerte Rouge Mission Tesla sur PSone. Les RTS sont trop rares sur PlayStation pour passer à côté de celui là.