Test de jeu / PS3 / Captain America : Super Soldier

Premier des Avengers promis à un joli succès l’année prochaine dans le film de Joss Whedon, Steve Rogers débarque en solitaire sur PlayStation 3. Fruit des expériences de papa Stark, celui que l’on appelle Captain America était autrefois un simple soldat malingre et chétif. Désormais, il est le symbole d’une Amérique qui gagne et qui n’a peur de personne, pas même de la terrifiante organisation Hydra. Armé de son bouclier, le justicier se confronte à son ennemi juré : Zola.Pouvoirs pour voirSituée en parallèle du scénario du long métrage, l’histoire du jeu nous transporte en pleine Seconde Guerre mondiale dans les bottes du super-héros. Catapulté d’un avion en chute libre, le soldat s’écrase dans le château bavarois de l’organisation malfaisante du moment : Hydra. Votre quête est alors simple : botter le maximum d’allemands possibles, sauver les otages et détruire les défenses aériennes du quartier général afin que les bombardements alliés réduisent le tout en cendres. Attendez-vous à de l’action, de l’exploration et beaucoup de récupération.
Heureusement, vous n’êtes pas dans les souliers d’un troufion de base mais dans ceux d’un soldat d’élite. Afin de justifier son titre de super-héros, Captain America dispose de quelques atouts supplémentaires. Son bouclier tout d’abord, en plus d’être indestructible, lui permet de renvoyer les tirs de snipers à leurs destinataires en pressant le bouton L1 au bon moment. Pour ce faire, le joueur est aidé du sens tactique du capitaine, une courbe indiquant la provenance du tir et le moment de l’impact. En respectant le timing, il est facile de dévier les balles.

Ce même bouclier lui sert aussi d’arme, en le lançant au visage de l’ennemi comme un boomerang ou lors des enchainements pieds / poings. Il sert également à effectuer une charge héroïque contre ses adversaires. Le type bénéficie aussi d’une vue tactique mettant en évidence les éléments interactifs présents dans une pièce. L’idéal pour ne pas rester bloqué dans les couloirs du château, un poil répétitifs il faut dire. Enfin et surtout, Cap dispose d’une jauge de focus au-dessus de sa barre de vie qui se remplit à mesure des coups portés. A l’instar d’un jeu de baston (comme le dernier Mortal Kombat), chaque section de la barre correspond à une attaque spéciale à la puissance croissante. Une section correspond à une frappe paralysante, deux à l’utilisation de l’arme d’un ennemi sur lui-même et la totalité à une transformation temporaire en super soldat invincible. Chaque attaque spéciale à droit à son ralenti stylé avec caméra latérale pour bien profiter des expressions faciales de l’agresseur et de sa victime.
Mais la plupart du temps les combats sont assez simplistes, un unique bouton servant aux coups tandis qu’un second sert aux esquives et un troisième aux prises au corps. Il n’y pas de série d’enchainements à apprendre par cœur, le Captain sort des combos automatiquement en fonction de la situation comme le fait Batman. Ceci dit les chorégraphies sont remarquables, efficaces et les animations parfaites. Le système de contre est correct, les prises parfois indispensables sur les sbires protégés mais l’ensemble demeure tout de même assez mou et basique, tout comme les passages de plateformes sur rail qui se résument à presser le bouton Croix dans le bon timing pour sauter d’un point à l’autre.Super secrétaireComme dans tous les jeux du genre, des améliorations à débloquer permettent au Captain d’apprendre neuf nouveaux coups durant l’aventure. Mais à la différence des jeux qui ne jurent que par l’expérience au combat, celui-ci vous octroie aussi quelques points lorsque vous trouvez des informations ennemies. Du coup les développeurs ont clairement abusé de ce stratagème en disséminant sur la carte des dizaines de dossiers, documents, films, schémas, sacoches, objets à trouver. Il y en a partout, parfois à des endroits délirants, souvent mal cachés mais placés là juste pour être trouvés. On explore donc les moindres recoins de chaque pièce pour gagner de l’expérience et, à la longue, on se rend compte que l’on passe plus de temps à récupérer de la paperasse qu’à combattre l’ennemi éparpillé par paquet dans le jeu. Pour un joueur consciencieux ou porté sur les trophées faciles à avoir, la recherche prend le pas sur l’action. Bravo le super-héros !

Clairement inspiré de l’excellent Batman : Arkham Asylum dans la construction de ses niveaux et la gestion des combats, Captain America : Super Soldat offre une carte (relativement) ouverte dans laquelle le joueur évolue tout en suivant les objectifs assignés. Si dans un premier temps le titre peut paraitre linéaire, les couloirs des égouts permettent facilement de se balader d’une zone à l’autre du château pour gagner du temps et accomplir quelques objectifs annexes comme la recherche d’objets indiqués sur la carte. Le trophée de platine est à portée de main du fouineur. Pour les autres, les 18 chapitres du jeu se boucleront en sept heures en mode normal. Pour prolonger la durée de vie, il restera alors à se plonger dans les 10 défis facultatifs (tiens, comme dans Arkham Asylum !) afin de tester vos talents en combat, collecte et gymnastique. Classique encore une fois mais opérationnel.
Graphiquement le jeu n’est pas désagréable à l’œil, avec notamment des modélisations soignées durant les cinématiques, mais il est pénalisé par quelques textures simples et par un frame rate un peu capricieux par moment. La caméra fait également des siennes à quelques rares endroits, notamment durant un combat contre un boss. La partie musicale est discrète, pour ne pas dire anecdotique et les voix françaises sont convenables, à l’exception de certains accents douteux. Notez que le jeu est compatible avec le 3D stéréoscopique pour gagner plus de profondeur dans les décors.
• Une carte (un peu) ouverte
• Des combats assistés mais corrects
• Les attaques spéciales via la jauge de focus
• Un peu simpliste
• Quelques soucis de finition
• La recherche de dossiers hors-sujet
Verdict
Au final nous retiendrons de ce Captain America : Super Soldat une aventure honnête, pas vraiment à la hauteur de son modèle qu'est Batman, mais tout de même bien supérieure à ses petits camarades que sont Thor ou Iron Man. Le jeu est sympathique à jouer, facile d'accès et agréable à prendre en main même si la partie recherche est un peu trop présente et les combats simplistes. C'est tout de même le haut du panier des adaptations de films de super-héros.
Le Village PF

Graphismes
7 / 10La réalisation est correcte sans faire d'esbroufe, les cinématiques sont soignées et le jeu est compatible avec la 3D stéréoscopique.
Jouabilité
6 / 10Les enchainements et les sauts sont automatisés pour garantir une fluidité dans l'action. N'empêche que les empoignades sont un peu molles avec des ennemis faibles et stupides.
Son
6 / 10Les doublages français sont satisfaisants dans l'ensemble hormis quelques accents douteux, mais les musiques sont trop rares.
Durée de vie
7 / 10Comptez sept heures jusqu'au générique de fin en mode normal, huit à dix si vous voulez le trophée de platine.
Fun
6 / 10La recherche de dossiers est aussi importante que les combats si ce n'est plus, c'est un peu dommage pour un super-héros prêt à en découdre.