Test de jeu / PS3 / Call of Juarez: Bound in Blood

- publié le 13 juillet 2009
- Etat : Disponible
- Date de sortie :02/07/2009
- Développeur :Ubisoft Entertainment
- Distributeur :Ubisoft Entertainment
- Thème :Au pistolet
- Genre :FPS
- Nb de joueurs :1 à 8Online :Oui
Les versions Xbox 360 et PlayStation 3 du jeu étant identiques, certains passages de cet article sont semblables au test XboxFrance rédigé par Ridik.
Parce qu’il n’a pas eu l’honneur d’une version PlayStation, nombreux sont ceux qui ignorent tout de Call of Juarez. Il s’agit d’un FPS - jeu de tir en vue intérieure - se déroulant dans une ambiance Far West du plus bel effet, multipliant les clichés tels que les bagarres en saloon, les attaques de train et les duels au soleil. On y incarnait Ray McCall, un révérend aussi bien porté sur le flingue que sur la Bible. Dans Call of Juarez : Bound in Blood on incarne ce même homme mais aussi son frère, plusieurs années avant sa vocation, à l’époque où ses paroles étaient plus des insultes que des paroles d’évangiles. L’occasion pour les joueurs PlayStation 3 de jouer au Cow Boy pour la première fois.Une affaire de familleL’histoire de la famille McCall est au cœur de cette aventure. On y découvre Ray – le futur révérend – ainsi que son frère Thomas en pleine Guerre de Sécession pour un tutorial rythmé. Après quelques dizaines de morts et l’explosion d’un pont, nos deux frangins décident de désobéir aux ordres pour retourner auprès de leur mère mourante et de leur dernier frère avant qu’il ne soit trop tard. A leur arrivée sur les lieux, les tuniques bleues sont déjà légion et la poudre est déjà en feu. C’est ainsi que leur désertion sera le point de départ d’une longue traque par un général pressé de les voir au bout d’une corde pou haute trahison. L’aventure peut commencer, des Etats Unis jusqu’au Mexique.
Dans Call of Juarez, on incarne successivement les deux frères selon le niveau. Chacun ayant quelques spécificités qui lui sont propres sans toutefois se démarquer totalement. Ainsi, Ray est plus porté sur l’action brutale. Il est capable de défoncer des portes et de se servir de la dynamite mais en contre partie il a le vertige et a peur de l'eau. Il est ainsi incapable de grimper sur des plateformes en hauteur sauf si son frère lui donne la main pour l'aider. Thomas, quant à lui, est plus jeune et un fervent adepte du lasso. Grâce à cet item, il peut atteindre des endroits surélevés pour avoir une meilleure position de tir, comme sur un arbre par exemple. En revanche, le personnage est incapable d'utiliser des explosifs et n'a pas la force brute pour défoncer des portes mais peut compter sur des couteaux pour tuer discrètement.
Ces quelques différences mises à part, les deux façons de joueur sont identiques. Ils ont en outre tout deux la possibilité de se mettre à couvert sur les coins de mur et peuvent ralentir l’action à des moments précis. En effet, chaque mort vient gonfler une jauge de concentration qui une fois pleine permet de figer l’action le temps de cibler des ennemis alentour. Une fois nos cibles désignées, notre personnage dégaine ses Colt et vide ses chargeurs en quelques secondes, ne laissant que des cadavres devant lui. Une petite astuce de gameplay sympathique mais pas totalement aboutie puisque ce « bullet time » s’enclenche automatiquement après avoir dessoudé une sixaine d’ennemis, ce qui ne laisse que 60 secondes pour l’utiliser. On aurait aimé pouvoir l’utiliser quand bon nous semble et non pas à des moments parfois inutiles.
Dans le même registre, on regrette de ne pas pouvoir se faire l’aventure en coopération quand le jeu s’y prête aussi bien. Les deux frères sont souvent côté à côté, se suivant et se couvrant mutuellement mais il est impossible de passer de l’un à l’autre pendant une partie comme dans Clive Barker’s Jericho, ou bien de se faire assister par un ami en ligne. Dommage, le jeu aurait gagné en sex appeal avec un tel mode.

Heureusement en l’état il s’avère tout de même accrocheur grâce à son contexte encore sous exploité dans les jeux vidéo. Les jeux de Cow Boy sur fond de Far West ne sont pas légion, c’est donc toujours dépaysant de s’armer d’un vieux Colt ou d’une Winchester pour dézinguer des soldats confédérés et autres bandits. L’armement est d’époque, la visée est imprécise et le chargement est long, les gadgets sont rudimentaires comme le lasso et les grenades ne sont rien d’autre que des bâtons de dynamite ou des lanternes à jeter pour enflammer ses ennemis. Tous les clichés des films du genre sont là : des balades à cheval aux confrontations en duel en passant par les petites minettes peu vêtues. Ces duels en un contre un consistent à mettre deux personnages face à face, qui ne doivent dégainer qu'au moment où la cloche sonne. A ce moment là, la vue passe à l'arrière de notre personnage, avec un gros plan sur sa ceinture. On doit bouger de gauche à droite doucement afin de garder notre adversaire dans notre ligne de mire et dégainer notre arme très rapidement au moment opportun. Un classique pour un jeu qui l’est tout autant, malgré une difficulté parfois au dessous de la moyenne mais globalement, si on adhère, on adore.Une bonne série BCall of Juarez : Bound in Blood est l’illustration parfait du bon petit jeu d’été. Dans une période plus chargée en terme de sorties de jeux, cette production passerait totalement inaperçue tant elle manque de charisme finalement. Cependant, pour un mois de juillet aussi famélique que celui-ci on peut aisément se laisser tenter. L’aventure est plutôt longue et prenante, un poil difficile par moment et recèle de moments de bravoure sans jamais nous faire décoller du siège. N’est pas Call of Duty 4 : Modern Warfare ou Killzone 2 qui veut.
La réalisation souffre également de ce manque d’ambition. D’être côté les niveaux sont vastes, les modélisations des héros soignées et les effets pyrotechniques impressionnants en 1080p. D’un autre côté le rythme est constamment coupé par des petits chargements en pleine action, les animations sont rigides et souvent loin de celles d’un Uncharted et la synchronisation labiale parfois à la rue. Enfin, les différents effets de flou sont utilisés à outrance, surtout dans les gros affrontements.
N’empêche que le charme opère, le jeu est amusant et la narration particulièrement habile donne envie de connaître la fin tragique du scénario. Les doublages sont convaincants, les musiques un peu trop discrètes mais propices à une contemplation des lieux, à un dépaysement en bonne et due forme.

En plus de proposer un mode solo suffisamment long et qui est jouable de deux points de vue différents, le mode multijoueur augmente sensiblement la durée de vie. Ne vous attendez cependant pas à du révolutionnaire à ce niveau là, les modes de jeu étant sensiblement les mêmes que dans les autres softs du genre. On retiendra notamment le mode où un camp joue aux shérifs qui sont assignés à la protection de la banque de la ville, tandis que l'autre équipe interprète les voleurs qui doivent par conséquent attaquer ce bâtiment, attaquer l'écurie pour ensuite s'enfuir avec les chevaux. Un petit plus qui tiendra facilement hors des rayons mortels du soleil les joueurs les plus accrocs, au moins quelques heures par jour.
• Le cadre dépaysant
• L’alternance des frères
• Le scénario et les doublages
• Pas de coopération
• Les points de passage cassent le rythme
• « Bullet Time » mal adapté
Verdict
Call of Juarez : Bound in Blood arrive à point nommé en boutique pour satisfaire notre envie estivale de tuerie. Le gameplay est classique mais le cadre dépaysant et le scénario particulièrement bien ficelé donnent envie de poursuivre l’évasion. Ce n’est déjà pas si mal de nos jours même si un mode coopératif et plus d’audace lui auraient valu des points en plus.
Le Village PF

Graphismes
8 / 10La réalisation graphique est de bonne facture avec des environnements vastes et des beaux effets spéciaux. Le jeu est en Full HD.
Jouabilité
8 / 10La prise en main est comme toujours parfaite pour un FPS sur console. L’alternance d’un frère à l’autre ne change rien à la maniabilité.
Son
7 / 10Les doublages français sont convaincants et bien orduriers mais les musiques sont trop discrètes.
Durée de vie
7 / 10L’aventure solo est plutôt longue et difficile, le multijoueur est là mais il manque un mode coopération.
Fun
7 / 10Pouvoir se prendre pour un Cow Boy est une sensation suffisamment rare sur PlayStation 3 pour donner envie de chausser les éperons.