Test de jeu / PS3 / Bulletstorm

- publié le 22 février 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :25/02/2011
- Développeur :People Can Fly
- Distributeur :Electronic Arts
- Thème :Futuriste
- Genre :FPS
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Annonciatrice de l'arrivée très prochaine du dernier titre de People Can Fly, la récente campagne de pub pour Bulletstorm ne fait pas dans la dentelle et se moque ouvertement des titres à la sauce Call of Duty. Voulant se démarquer de cette concurrence impitoyable, nos petits polonais portés à bout de bras par les américains d'Epic Games nous ont laissé tâter de leur bébé du début jusqu'à la fin pour un test complet. Verdict.
Grayson Hunt n'est pas un homme tendre. Souvent appelé pour faire le sale boulot du général Sorrano, Gray et ses acolytes s'aperçoivent lors de leur dernier contrat qu'ils ont été manipulés depuis un bon petit moment par ce militaire haut gradé. Fou de rage d'apprendre qu'il n'a tué que des innocents, le chef du groupe, un peu bas du front, se met alors en tête de traquer ce général et de le tuer pour de bon.

Ca tombe plutôt bien puisque le jeu commence juste avant que notre vaisseau s'écrase avec celui de Sorrano sur une planète peuplée de gangs plus dangereux les uns que les autres. Bref, il est inutile de chercher un vrai scénario là dedans, ce dernier étant uniquement prétexte à défoncer de la racaille au petit déjeuner. Cependant, on sent que les développeurs polonais se sont souciés du rythme scénaristique avec des objectifs variés qui changent régulièrement au fil de notre périple, ce qui au final fait passer la pilule du scénario au format post-It.Une goutte de chance dans une mer d'infortuneBulletstorm nous prend ainsi par la main dès le début du jeu et nous explique, durant les trente premières minutes de l'aventure, les particularités de son gameplay. Nous sommes donc invités dans un premier temps à effectuer des actions de base, pour ensuite éliminer plusieurs groupes d’ennemis un peu collants, et ce sans le système de skillshots. Ce n'est qu'une grosse demi-heure plus tard, et le fouet électrique en notre possession, que l'on peut enfin s'amuser à faire du score avec notre pauvre fusil pacificateur. Un coup de botte à la Duke Nukem, ou de lasso, rendra l'ennemi inerte durant quelques secondes, le temps de réfléchir sur la manière de trucider notre proie : la balancer sur un cactus, simple et efficace, ou bien être quelque peu sadique en lui tirant entre les jambes pour la finir avec un tir dans la tête lorsqu'elle se tordra de douleur.

En effectuant ce genre de combos, les points récoltés pourront alors être dépensés à travers des kits de ravitaillement, que l'on rencontrera régulièrement au cours du jeu. Les huit armes (revolver, sniper, perforeuse, fouet...) ont la possibilité d'être améliorées sur leur capacité afin d'embarquer davantage de munitions, ainsi que sur le nombre de places allouées pour le mode secondaire. Concrètement, si vous voulez envoyer valser vos ennemis en l'air avec le fouet, il faudra impérativement débloquer cette capacité puis par la suite dépenser 500 points de combo pour chaque utilisation. Paradoxalement, le but dans Bulletstorm n'est donc clairement pas d'y aller tête baissée au risque d'être à court de points et donc de munitions, mais plutôt de réfléchir aux méthodes d'assassinat pour engranger un maximum de score et décupler ainsi notre puissance de feu.It's not enough !En plus des combos avec les armes, il est aussi possible de s'aider d'éléments extérieurs comme les classiques bidons explosifs, de plantes carnivores ou encore de fourneaux. Cependant, et malgré un nombre de combos s'élevant à plus de 130, il faut avouer que l'on enchaine très rapidement les mêmes coups durant notre périple : à savoir les deux-trois mêmes combos par arme en rajoutant un petit élément extérieur de temps en temps. De plus, et même si les enchainements se cumulent avec le décor et l'arme en question, le joueur ne pourra jamais jongler entre deux jouets de son arsenal pour augmenter de manière significative son combo. On aurait tellement voulu envoyer un ennemi en l'air au fusil à pompe pour déverrouiller le combo "jongleur", tout en ayant le temps de charger le mode secondaire du revolver pour un magnifique "feu d'artifice". Les combos se seraient vu décuplés et le plaisir de jeu avec. Au final, on a cette impression d'effectuer sans cesse les mêmes actions, et Bullestorm, au bout de deux heures de jeu non stop, commence sérieusement à lasser. L'intelligence artificielle, plutôt basique, n'aide pas à camoufler ce ressenti et ne proposera que très rarement une approche différente que le classique "foncer dans le tas". A jouer par petite dose donc.

Sur les huit heures de jeu en solo, le titre de People Can Fly propose quand même une grande variété de décors, nous faisant traverser des grottes peu accueillantes à une attraction très "godzillienne" en passant par une ville déserte ou un jardin dans lequel la nature a repris ses droits. Les panoramas et prises de vue sont souvent impressionnants, et la dernière version de l’Unreal Engine 3 est plutôt convaincante : textures détaillées, profondeur de champ imposante, et univers coloré et chatoyant. Mais cela se gâte quand même un petit peu au niveau de la modélisation des personnages avec des visages peu expressifs, des textures qui apparaissent tardivement ou bien des temps de chargement avoisinant les 20 secondes au bas mot.
L'absence d'un mode coopératif online, ou en écran splitté, pour la campagne s'est elle aussi faite remarquer. Toujours accompagné par son acolyte Ichi, il aurait été plus que bienvenu qu'un second compagnon puisse en prendre le contrôle afin d'aider son camarade à s'échapper de cette planète mortelle. Quant au multijoueur, et comme nous vous l'indiquions dans l'un de nos précédents dossiers, le mode anarchie s'avère fort séduisant si l'on est accompagné par trois autres connaissances qui coopèrent. Malheureusement, Bulletstorm ne propose actuellement que six cartes dans ce mode là. On en aura donc vite fait le tour.

• Défoulant dès les premières minutes
• Convenable graphiquement
• Le mode anarchie à plusieurs
• Système de jeu redondant
• Pas de campagne en coopération
• Encore ce pass online
Verdict
Bulletstorm, c'est un peu comme un apéricube : ce n'est pas mauvais, c'est facile à manger, mais ça gave très rapidement si l'on se coltine continuellement la même saveur. Plutôt chaleureux visuellement, proposant une jouabilité intéressante et un système de jeu atypique, le dernier jeu de People Can Fly contient de sérieux atouts pour plaire à une majorité de joueurs, en particulier ceux qui n'aiment pas se prendre la tête après une épuisante journée de boulot. Il n'empêche que le système de jeu concocté par le papa de Painkiller lasse au bout de quelques heures, et manque d'un petit quelque chose pour rendre ce Bulletstorm addictif du début jusqu'à la fin. L'oubli d'un mode coopératif en solo, les combos pas si nombreux que ça et le peu de cartes en multijoueur n'y sont sans doute pas pour rien, et ce malgré une campagne de presque dix heures. On s'amusera dessus, c'est certain, mais on s'attendait à légèrement plus consistant. Vous voilà prévenus.
Le Village PF

Graphismes
8 / 10Bulletstorm s'avère plutôt joli avec ses couleurs sépia agréables et une profondeur de champ impressionnante. En revanche, on note des retards sur l'apparition des textures et des chargements un peu longs.
Jouabilité
8 / 10Le début de Bulletstorm est parfaitement équilibré pour donner le temps au joueur de s'adapter aux subtilités du titre : enchainer les combos devient alors naturel. On a malgré tout remarqué quelques bugs qui coinçaient notre personnage dans le décor.
Son
8 / 10La partie sonore reste parfaitement dans le ton de l'aventure avec des dialogues très "second degré" plutôt bien doublé. Les bruitages un peu "lourdauds" donnent un sentiment de puissance remarqué.
Durée de vie
7 / 10La campagne se complètera en huit à dix heures de jeu. Il faut compter en plus de cela quelques heures en mode anarchie à quatre. Pas de mode coop, l'intérêt est donc très limité une fois le solo terminé.
Fun
7 / 10La partie la plus réussie de Bulletstorm mais aussi son talon d'Achille : c'est extrêmement fun dès le départ, mais une certaine lassitude arrive après quelques heures de jeu. Il est donc préférable d'y jouer à petites doses.