Test de jeu / PS3 / Bodycount

- publié le 31 août 2011
- Etat : Disponible
- Date de sortie :02/09/2011
- Développeur :Codemasters
- Distributeur :Codemasters
- Genre :FPS
- Nb de joueurs :1 à 12Online :Oui
Souvenez-vous c’était il y a cinq ans : les développeurs de Criterion Games, jusque-là connus pour leur excellente franchise Burnout, décidaient de transposer l’action débridée de leur jeu de voitures au genre FPS. En résultait un titre baptisé Black, à la réalisation superbe et au rythme effréné mais manquant quelque peu de profondeur. Visiblement ses créateurs n’ont pas tous été découragés puisqu’une partie d’entre eux œuvre désormais pour Codemasters et nous offre aujourd’hui avec Bodycount le fils spirituel de Black.
A l’instar de son aîné, Bodycount ne s’embarrasse pas d’un scénario très fouillé : vous incarnez un mercenaire anonyme œuvrant pour une organisation connue sous le nom de Network, dont les activités consistent a priori à mettre un terme aux nombreux conflits qui éclatent à travers le monde. Seulement voilà, le Network découvre durant l’une de ses missions l’existence d’une organisation secrète baptisée Target, dont les desseins semblent bien moins avouables. Forcément vous êtes alors chargé d’enquêter sur les nouveaux venus afin de mieux cerner leurs intentions.
Votre périple débute en Afrique de l’Ouest et vous amène par la suite en Asie. De quoi changer de décor en milieu d’aventure, même si de régulières incursions dans les bases cachées de la Target apportent elles aussi un peu de variété. Malheureusement, et même si la campagne solo du jeu ne vous occupera guère plus de six à sept heures, le nombre d’environnements est trop réduit pour ne pas laisser place à la lassitude après seulement quelques missions dans un même lieu.Un gameplay sans grande surprisePad en main Bodycount s’apparente à la légion de FPS qui inondent régulièrement nos consoles : notre personnage peut porter deux armes différentes (pistolet, pistolet-mitrailleur, fusil d’assaut…) et dispose de mines et de grenades pour faire bonne mesure. Il peut même tenter des coups au corps à corps avec son couteau si certains ennemis s’approchent trop près.
Là où le titre se distingue de ses congénères, c’est dans le système de couverture mis en place par les développeurs : au lieu d’adopter un mécanisme automatisé dans lequel on appuie sur un bouton pour se cacher et sortir de sa cachette, on presse ici la gâchette L2 pour bloquer les déplacements de notre héros et gérer sa posture. Tirer le stick vers le bas permet alors de s’accroupir, tandis que le pousser vers le haut sert à viser par-dessus sa couverture. Mieux, on peut jeter un coup d’œil à gauche ou à droite en dirigeant le stick vers la direction correspondante. Relativement original, le système fonctionne plutôt bien, si ce n’est qu’il empêche de réellement viser tout en se déplaçant : la fonctionnalité est bien présente mais il faut alors pousser la gâchette L2 à mi-course, une pression pas toujours facile à doser en pleine action !

Une fois sur le terrain, Bodycount offre au joueur des aires de jeu relativement étendues, et surtout ouvertes : il existe parfois plusieurs chemins pour atteindre l’objectif assigné, ce qui permet au passage de choisir sa stratégie d’attaque. En effet lorsqu’une patrouille de quatre ou cinq ennemis se présente, il est préférable (mais pas obligatoire) de tenter de la prendre à revers ou sur le flanc plutôt que d’opter pour l’attaque frontale : vos adversaires ne sont pas spécialement intelligents, restant parfois deux ou trois secondes immobiles alors que vous les arrosez de plomb, mais ils se révèlent extrêmement précis lorsqu’ils décident de tirer, qu’il s’agisse de balles ou de grenades. Les explosifs ennemis semblent d’ailleurs souvent téléguidés, partant d’un bout de la map pour atterrir à nos pieds : voilà qui tranche par rapport aux réactions un peu molles face à nos attaques !
Toujours au sujet de vos adversaires, sachez que ceux-ci sont de différents types : certains sont simplement équipés de fusils d’assaut ou de fusils à pompe, mais d’autres plus costauds bénéficient d’une mitrailleuse lourde et d’autres encore optent pour un fusil de sniper. Les soldats de la Target quant à eux arborent une combinaison et des armes futuristes, et se révèlent encore plus dangereux. Sachez aussi que des médecins sont régulièrement présents dans les rangs adverses, sachant réanimer un soldat tombé au combat : il est préférable de les éliminer rapidement !Le paradoxe BodycountTrès classique à première vue, Bodycount s’est tout de même vu affublé de deux idées originales par ses développeurs. Le problème, c’est que celles-ci ne fonctionnent pas forcément très bien ensemble. Explications.
L’un des points forts du jeu réside dans la destructibilité de ses décors, qui rend la plupart des couvertures temporaires, que ce soit pour vous ou vos ennemis. Ainsi, si un ennemi vous tire dessus à travers la fenêtre d’une maison en bois, il vous suffit de tirer dans le mur pour faire un carton. Plus expéditif, des barils explosifs posés çà et là permettent de faire le ménage à vitesse grand V et remodèlent au passage votre environnement.

L’autre originalité concerne quant à elle le système de combo, qui pousse le joueur à enchaîner les tirs précis ou les frags à la grenade afin de faire grimper un multiplicateur. Son utilité est simple : faire en sorte que les ennemis laissent plus d’items lorsqu’ils passent de vie à trépas. Parmi ces bonus on compte des munitions (en quantité suffisante pour que la pénurie ne guette jamais !), des mines, des grenades et des… intels ! Ces derniers augmentent le niveau d’une jauge située en bas à gauche de l’écran, grâce à laquelle vous pouvez déclencher des pouvoirs spéciaux : une montée d’adrénaline décuplant votre résistance et votre puissance, des balles explosives pour plus de dégâts, un radar amélioré pour mieux situer vos adversaires et, enfin, une frappe aérienne permettant de nettoyer rapidement une zone.
Là où les choses se gâtent, c’est lorsque l’on comprend qu’un seul ennemi tué de manière classique réinitialise le multiplicateur, et que les tirs précis comptent pour beaucoup dans l’appréciation de votre performance à la fin de chaque mission (vous obtenez alors un rang entre E et A). Et lorsque l’on tire à travers des obstacles, on a évidemment moins de chances de toucher la tête de son adversaire ! Il faut alors choisir entre une approche bourrine qui permet de profiter des bons côtés du moteur de jeu, et une approche plus tactique qui offre la possibilité d’obtenir un bon score. Une dualité surprenante qui dénote un certain manque de cohérence…Une réalisation décevanteCôté technique, Bodycount souffle le chaud et le froid : on apprécie d’un côté la grande interaction avec les décors, mais on regrette dans le même temps la modélisation assez sommaire des adversaires et le manque de détails dans les textures. En outre le jeu semble utiliser un filtre d’affichage rendant les pixels de l’image finale un peu grossiers, ce qui renforce du même coup un aliasing déjà présent par ailleurs. Bref, on espérait mieux.

L’impression laissée par la bande son du jeu est elle aussi mitigée, avec des musiques dignes d’un film d’action américain sans grande envergure, et des dialogues en français peu intéressants. Il faut dire qu’avec un scénario aussi mince, on ne pouvait s’attendre à beaucoup mieux ! Les effets sonores sont de leur côté bien plus réussis, avec notamment des armes aux détonations puissantes, et des explosions du même tonneau.
Terminons en mentionnant la présence d’un mode multijoueurs réduit à son strict minimum : pouvant rassembler jusqu’à 12 joueurs en ligne, il permet de participer à des deathmatch, en solo ou en équipe, à des parties en coopération, et à des matchs privés. On attendait, là aussi, un peu plus d’originalité.
• La destruction des décors
• Des environnements ouverts
• Un titre 100% action
• Des ennemis idiots
• Aucune profondeur
• Un peu court en solo
Verdict
Parvenu au générique de fin de la campagne solo, on se demande encore ce que les développeurs du Guildford Studio de Codemasters ont voulu proposer avec Bodycount : si les décors destructibles et le système de scoring ne manquent pas d'intérêt, le fait de ne pas pouvoir profiter des deux simultanément laisse perplexe. Ajoutez à cela une réalisation un peu en dedans et une action assez redondante, et vous obtenez un FPS moyen qui aura bien du mal à sortir du lot dans une catégorie surpeuplée, comptant par ailleurs d'excellentes productions.
Le Village PF

Graphismes
6 / 10Les décors manquent de variété et, même si de nombreux éléments sont destructibles, on regrette que l'affichage soit relativement grossier : la modélisation est parfois assez sommaire, et les textures pas franchement détaillées.
Jouabilité
6 / 10Si l'idée des tirs précis est bonne, elle va à l'encontre de la destructibilité des décors : il est impossible de profiter des deux au cours d'un même assaut. Plus généralement, le jeu manque clairement d'originalité.
Son
6 / 10Les musiques, un poil répétitives, seraient parfaitement adaptées à un film d'action américain de série B, tandis que les dialogues en français ont autant d'intérêt que le scénario. Heureusement le bruit des armes est fort bien retranscrit.
Durée de vie
5 / 10Comptez six à sept heures grand maximum pour boucler la campagne solo, après quoi vous pourrez affronter jusqu'à onze adversaires en ligne si vous trouvez de quoi vous amuser dans modes multijoueurs.
Fun
5 / 10Amusant au départ, Bodycount lasse rapidement en raison d'un système de jeu paradoxal et d'une action qui finalement ne se renouvelle guère jusqu'au générique de fin.