Test de jeu / PS3 / Atelier Rorona

- publié le 7 novembre 2010
- Etat : Disponible
- Date de sortie :21/10/2010
- Développeur :Gust Co.
- Distributeur :Tecmo Koei
- Genre :RPG / Aventure
- Nb de joueurs :1Visitez le site officiel
Sorti en juin 2009 au Japon, cet Atelier Rorona : The Alchemist of Arland aura pris son temps pour arriver en France. Pour la première fois dans cette série démarrée à la fin des années 90, le jeu abandonne ses sprites 2D pour de la 3D entièrement en cell-shading. Le concept de création d’objets reste au cœur du gameplay, ce qui devrait satisfaire les amateurs de collection. Pour les autres, le plaisir n’est pas garanti. Explications.Ma petite entreprise ne connait pas la criseLoin d’une ambiance techno-punk ou dramatique sur fond de fin du monde à la Square-Enix, l’histoire d’Atelier Rorona sent bon la guimauve. Le joueur incarne Rorona, une jeune alchimiste engagée dans un atelier de la ville d’Arland et qui assure grâce à la qualité de son travail la survie de la boutique. Bien décidée à lui mettre la pression pour satisfaire toute la ville, Astrid (sa patronne) lui demande expressément de répondre aux requêtes des habitants, quitte à apprendre sur le tas. N’écoutant que son courage, la fillette se jette à corps perdu dans les vieux grimoires. Elle n’a pas vraiment le choix puisqu’en plus des défis lancés par les habitants, elle doit accomplir une douzaine de missions incontournables pour le roi du village. Heureusement, elle dispose de trois années devant elle pour s’améliorer et combler les attentes de ces braves gens. Voici votre mission.
La première chose intéressante à noter dans ce jeu est le rapport au temps, géré d’une façon très pointilleuse. En effet, chaque mission obligatoire ou facultative que vous acceptez doit être accomplie dans un temps imparti. Vous disposez d’un calendrier en haut à gauche de l’écran vous indiquant le nombre de jours passés dans le mois et par extension le nombre de jours restants avant d’échouer votre mission. Si l’horloge n’est pas gérée en temps réel et vous autorise donc à flâner dans une même zone, les déplacements, les nuits de repos, la création d’objets ou les échecs durant les combats coutent des journées. Il faut donc faire preuve d’un minimum de gestion afin d’éviter les allers-retours inutiles lorsque vous cherchez des ingrédients.

La recherche d’ingrédients pour vos mixtures est le second point remarquable dans ce jeu. Le gameplay tourne à 80% autour de la recherche de nouveaux ingrédients qui vous serviront à fabriquer les éléments nécessaires à l’accomplissement de vos missions. Outre la mission principale qui offre par chapitre plusieurs mois pour être accomplie, les sollicitations des villageois sont à honorer en quelques jours. Par exemple, si le forgeron vous demande de lui apporter trois buches de bois, vous devez foncer dans la forêt la plus proche pour lui chercher. Accomplir des missions annexes sert à la fois à soigner la réputation de l’atelier mais rapporte surtout de l’argent indispensable pour votre progression. Si de nombreux ingrédients se trouvent dans la nature, d’autres doivent être achetés en boutique. D’où l’importance d’avoir des deniers pleins les poches. L’argent sert également à acheter de nouvelles armes et tuniques pour résister aux combats.Un jeu pour les 6 – 12 ansContrairement à la plupart des jeux de rôle, la partie combat représente ici 20% de jeu, pas en temps de jeu passé mais en intérêt. Rorona arpente souvent les bois et autres grottes accompagnée d’un ami de fortune récupéré en ville qui lui prête main forte pendant les combats. D’une linéarité extrême, les itinéraires à emprunter pour fouiller les lieux passent toujours par des combats pratiquement impossibles à éviter contre un ou plusieurs ennemis visibles sur le chemin. Pas de combat aléatoire à la Final Fantasy, la présence d’un loup sur la route vous indique que vous allez combattre.

Les combats sont d’un classique absolu, au tour par tour, avec des options standards d’attaque, d’attaque spéciale, de défense ou de repli. Seule Rorona peut utiliser les items présents dans son panier pendant les combats, à la fois pour attaquer, comme support ou pour soigner son équipe. La toute petite originalité des combats provient d’une jauge d’assistance qui se remplit au fur et à mesure des tours et qui permet de faire intervenir le personnage secondaire immédiatement après l’attaque de l’alchimiste, avant que l’ennemi n’utilise son tour. Il est donc possible de combiner des attaques pour terminer plus rapidement un affrontement. Notons également que contrairement aux codes du genre, les personnages ne possèdent pas de points de magie et piochent directement dans leurs points de vie lors d’une attaque spéciale ou la création d’une mixture.
D’ailleurs, l’expérience acquise pendant les combats ne sert pas à augmenter vos points de vie mais uniquement à booster vos attaques spéciales. En bonne apprentie, l’expérience se prend uniquement en réalisant de nouvelles mixtures. Le cercle vertueux fonctionne ainsi : plus vous explorez, plus vous aurez d’ingrédients et plus vous ferez des recettes qui vous feront gagner en expérience. La liste est longue, très longue. A terme les quêtes s’enfilent comme des perles, la réputation de la boutique augmente et tout le monde est content.
Doté d’une ambiance manga mignonne à souhait, servie par un cell-shading propre et des dialogues sous-titrés en français bon enfant, Atelier Rorona se destine d’avantage à un public féminin relativement jeune et non à des vieux baroudeurs. Les textes sont en français – avec quelques petites fautes de temps en temps – et les voix des dialogues sont en anglais ou en japonais, au choix. La musique digne d’un Disney donne envie d’aller cueillir des champignons avec un panier en osier à la main. Mais tout cet enrobage est insuffisant pour éclipser les deux défauts majeurs de cette production : ses graphismes limités et son concept répétitif.

Si les personnages sont correctement représentés, Rorona évolue dans des décors complètement vides, sans profondeurs et d’une linéarité extrême. Même les déplacements sur la carte se font depuis des cases et non en se déplaçant réellement. La représentation des combats est d’une pauvreté affligeante, présentant des textures uniformes, des ennemis simplement modélisés et des effets spéciaux à la hauteur du premier Wild Arms sur PSone. La PlayStation 3 est clairement capable de mieux, surtout pour un soft exclusif.
Enfin, si les collectionneurs s’en donneront à cœur joie, les joueurs modérés constateront rapidement que le gameplay tournant essentiellement sur la création d’objets devient répétitif en quelques heures et que les allers-retours ateliers-bois-grottes-boutiques sont lassants à la longue. Il ne plaira pas à tout le monde et ce n’est pas l’histoire plan-plan qui captive sur la longueur.
• L'ambiance agréable
• Grande variété de recettes
• Grande durée de vie
• Réalisation limitée
• Concept répétitif
• Combats quelconques
Verdict
Exclusif à une PlayStation 3 en manque de jeux de rôle, Atelier Rorona séduira à coup sûr les amateurs de collections qui, à l'instar d'un Monster Hunter, aiment remplir leurs grimoires de nouvelles recettes et leurs coffres de nouveaux items. Les joueurs pas spécialement attirés par ce sous-genre risquent de déchanter devant la réalisation tout juste mignonne et le côté répétitif de l'action. Une œuvre mineure donc, à destination d'un public de spécialistes et essentiellement féminin.
Le Village PF

Graphismes
6 / 10Les personnages en Cell-Shading correctement modélisés et les vignettes pendant les dialogues sont expressives et agréables mais les décors et les combats sont vraiment trop pauvres.
Jouabilité
7 / 10Le jeu est bourré de tutoriaux, la prise en main est immédiate et il est impossible de se perdre puisque tout est balisé. Cependant l'espace, trop linéaire, ne laisse pas sa place à une véritable exploration.
Son
7 / 10Voix anglaises ou japonaises au choix et musiques toutes douces qui collent parfaitement à l'ambiance à défaut d'être mémorables.
Durée de vie
8 / 10Un jeu de rôle disposant de plusieurs fins assure une durée de vie d'une bonne trentaine d'heures de jeu à condition de ne pas décrocher avant tant le concept peut paraitre rébarbatif pour certains joueurs.
Fun
6 / 10Les premières heures se dévorent avec l'enthousiasme d'un commerçant consciencieux, prêt à tout pour satisfaire sa clientèle. Mais à la longue on a hâte d'être à la retraite.