
Sorti de nulle part et attendu par personne, voilà que SEGA ouvre la rentrée des simulations de football avec ce Virtua Pro Football proposé directement à prix découverte. A l’heure où tout le monde attend Pro Evolution Soccer 6 voire même FIFA 07, on a encore du mal à comprendre pourquoi vouloir concurrencer les mastodontes de la discipline…
C’est avec un peu de surprise et surtout beaucoup d’inquiétude que nous avons reçu le jeu Virtua Pro Football sur PlayStation 2 de la part de SEGA, jeu clandestin dont nous n’avions jamais entendu parler ou presque malgré les différents salons de jeux vidéos et les communiqués de presse qui garnissent nos boites mails. Après quelques parties, on comprend mieux pourquoi ce jeu est et restera dans l’anonymat pendant que l’on passera nos soirées sur Pro Evolution Soccer 5... en attendant le 6!Transferts 2005/2006 effectués !Juste après la traditionnelle sélection du mode 60Hz, et la petite visite dans les menus du jeu, on se rend tout de suite compte qu’une chose ne tourne pas rond. Non pas que le jeu manque d’équipes – les premières et secondes divisions des grands championnats européens sont présentes (France, Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie… au total 250 équipes de 12 ligues) – mais ces équipes sont pour la plupart sans leurs belles licences officielles (logo des clubs par exemple) et surtout, elles sont composées des formations datant de septembre 2005! Ainsi les clubs relégués en D2 figurent encore en D1 (Metz par exemple) et les transferts de joueurs ont une bonne année de retard ce qui nous fait bien rire quand on voit Robert Pires à Arsenal (Highbury dans le jeu) ou le néo-retraité Zinédine Zidane au Real de Madrid. Franchement, sortir un jeu au début du mois de septembre avec des transferts vieux de 365 jours fait tout de même un peu tâche…surtout aux yeux de la concurrence.
Une fois entré dans le jeu, le couperet tombe: les graphismes sont d’un autre âge avec des personnages bouffis, méconnaissables, même pour les stars, et grossièrement modélisés. On voit clairement qu’il manque des polygones pour les joueurs et ce, malgré l’absence de l’arbitre sur le terrain et d’une vraie ambiance de fête en tribune. Ajoutez à cela des commentaires qui feraient passer ceux de Pro Evolution Soccer pour une véritable retransmission télévisée tant ils sont peu inspirés et vous comprendrez que l’habillage n’a pas bénéficié d’un soin particulier. Une fois le match lancé, les choses ne s’arrangent pas vraiment: les animations sont pauvres et proches de l’arcade avec des revirements éclairs, des courses folles ballon aux pieds et des marches lentes à l’extrême. La physique de la balle est bien en dessous de celle de la référence du genre (PES pour ceux qui se posent la question) et même pas au niveau de FIFA 06.




Néanmoins, deux «trouvailles» viennent casser la routine de ce jeu de foot: la première est une sorte de zoom dans le dos du joueur, activable en pressant R2 au bon moment, qui transforme vos dribles en duels face à l’adversaire et le second est la possibilité d’attribuer une stratégie d’équipe «à la Madden» à chaque corner. Dans les faits, le mode duel est raté puisque la lenteur de jeu fait que l’adversaire vous prend la balle avant que vous ayez eu le temps de le défier - surtout en mode deux joueurs – ce qui rend bien plus efficace la méthode classique de drible. La seconde «idée» n’est pas plus réussie puisque à chaque corner vous devez sélectionner une des quatre stratégies proposées pour marquer, ce qui alourdit le gameplay, casse le rythme de jeu et ne sert finalement pas à grand-chose…Un contenu à l’image du jeu…Niveau contenu, Virtua Pro Football fait dans le simple mais dans l’efficace: un mode exhibition pour des parties rapides jusqu’à huit, un mode compétitions avec les différents tournois, coupes et ligues nationales, un mode carrière qui consiste à gérer la vie professionnelle d’un seul joueur créé à votre image, un menu entraînement pour maîtriser les base du jeu et un menu modifier pour changer ces affreuses formations. Pas de mode online ni de mode Ligue des Master ou Entraîneur dans lequel on prend le contrôle d’un club entier, ici, seul un petit milliardaire en short est à prendre sous son aile… vous ferez avec si le cœur vous en dit.



On en vient au plus gros problème du jeu: la concurrence. Comment être tolérant avec un tel produit quand on voit que pour lemême prix (20 euros en neuf) il est possible de s’offrir un Pro Evolution Soccer 5 infiniment meilleur ou même un FIFA 06? Quand en plus on sait que la relève sera assurée dès la fin du mois – le 28 septembre – pour FIFA et d’ici la fin du mois d’octobre pour le must qu’est Pro Evolution Soccer 6, on arrive à la conclusion qu’il faut définitivement tourner le dos à Virtua Pro Football !
• Le nombre d’équipes
• Les graphismes d’un autre âge et d’une autre console
• Les innovations qui alourdissent inutilement le gameplay
• Le manque d’intérêt comparé à la concurrence
Verdict
Avec son contenu vieux d’une bonne année, son gameplay fade, lourd et sa réalisation indigne d’une PlayStation 2 a l’apogée de sa carrière, on ne saurait trop vous conseiller que de garder vos vingt euros pour Pro Evolution Soccer 6 ou pour craquer – enfin ! – sur Pro Evolution Soccer 5 proposé au même prix en version platinum. A fuir d’urgence, même d’occasion !

A partir de 2.9 €
Graphismes
3 / 10Les personnages sont carrés, bouffis et impossibles à reconnaître. Pire que le premier Pro Evolution Soccer !
Jouabilité
6 / 10Les joueurs sont contrôlables mais les « innovations » du jeu alourdissent le gameplay qui n’avait pas besoin de ça.
Son
3 / 10Musiques de mauvaises fêtes foraines et commentaires amateurs plombent l’ambiance. Quelle ambiance ?
Durée de vie
4 / 10A moins de se passionner pour la carrière d’un joueur que l’on façonne, il faudra beaucoup de courage pour ne pas revenir se plaindre de son achat en magasin…
Fun
3 / 10Passée la bonne rigolade des premières secondes, on déchante assez vite et on regrette son achat.