Test de jeu / PS2 / Ty le Tigre de Tasmanie 2

- publié le 17 décembre 2004
- Etat : Disponible
- Date de sortie :05/11/2004
- Développeur :Krome Studios
- Distributeur :Electronic Arts
- Genre :Action / Aventure
Après un premier opus sympathique mais loin d’être transcendant, Electronic Arts et Krome Studios remettent le couvert pour nous offrir de nouvelles aventures de Ty, le tigre de Tasmanie. Loin de rivaliser avec les grosses productions du genre que sont Jak et autres Ratchet & Clank, Ty 2 laisse néanmoins sur une bonne impression…
Si les premiers mois qui suivirent la sortie de la Playstation 2 dans nos contrées furent pauvres en jeux d’action-plateforme, les développeurs se sont depuis rattrapés et de nombreux titres sont désormais disponibles dans ce créneau qui séduit de plus en plus de joueurs. Cette année, les champions de cette catégorie sont bien sûr les inévitables Jak 3 et Ratchet & Clank 3, suivis de très près par Sly 2 et dans une moindre mesure Scaler. Difficile de trouver sa place dans ces conditions et pourtant Ty Le Tigre de Tasmanie 2 est une agréable surprise.
L’histoire débute là où le premier opus s’est arrêté (pour ceux qui auraient loupé ce premier épisode, la cinématique d’introduction s’attardera quelque peu sur les événements qui s’y sont déroulés) : Ty parvient à arrêter le terrible Boss Cass et à l’envoyer à la prison de Currawong. S’ils pensaient pouvoir profiter d’une tranquillité enfin retrouver, les habitants de Burramudgee sont très vite assaillis par de nombreux robots dirigés par la maléfique Fluffy, venue délivrer Boss Cass. Malgré l’intervention de Ty, le plan fonctionne et Cass se retrouve enfin à l’air libre où il ne tardera pas à mettre sur pied un nouveau plan diabolique, en sécurité dans l’immense cité de Cassopolis : utiliser de nombreux mammifères pour en faire une armée de terribles lézards. Il n’en fallait pas plus pour que notre tigre de Tasmanie reprenne du service…
Dans sa conception, Ty 2 n’est pas sans nous rappeler les dernières aventures de Jak et Daxter : le jeu est articulé autour d’une ville, Buramudgee, et de la campagne environnante. C’est librement que l’on se promène (en camion) dans cet immense domaine à la recherche de missions. Comme dans le titre de Naughty Dog, il faut se rendre à un point précis de la carte pour remplir une mission, mission qui se déroulera généralement dans un environnement différent. Parfois linéaire, avec un ordre de missions prédéfini, TY 2 nous offre souvent le choix entre plusieurs quêtes (parfois ce sont 5 missions qui attendent d’être accomplies) et c’est librement que l’on choisit l’ordre dans lequel on souhaite les effectuer. Cet aspect ouvert du gameplay est bienvenu en ces temps où les jeux de plate-forme mettent de plus en plus les joueurs sur un rail.
Au nombre de 44, les missions de Ty 2 jouent la carte de la variété : aux séquences traditionnelles de plate-forme ou il faut sauter, éviter de multiples pièges et se défaire de nombreux ennemis, le jeu offre des séquences de jeu plus originales où notre héros doit amener un objet bien précis dans un laps de temps défini ou chevauche un robot doué de capacités spéciales. Ces mechs (qu’il faut préalablement acheter auprès d’un marchand) permettent par exemple de venir à bout des ennemis les plus coriaces, de soulever de lourdes charges qui barrent le chemin, d’éteindre les incendies ravageurs ou encore de plonger dans la lave ou l’immense océan sans danger. Finalement, la présence des mechs enrichit de manière considérable le gameplay et leur utilisation se fait avec parcimonie et de manière équilibrée. A ces séquences de plateforme et de mechs, il faut signaler la présence de nombreuses missions « mini-jeux » où à bord d’un hélicoptère, il faut résoudre une situation bien définie : récupérer des tronçons d’autoroute pour achever sa construction, capturer des crocodiles, éteindre un incendie… Difficile de s’ennuyer tant les situations rencontrées sont variées et plaisantes à jouer.
Cette variété, on la retrouve également dans le choix des armes. Australie oblige, c’est armé de boomerangs que Ty participent le plus souvent aux combats. La panoplie offerte est assez conséquente et chaque boomerang sera utiliser pour une action bien précise, détruire un type de caisse ou de mur particulier, brûler certains obstacles, geler ou foudroyer les ennemis, se transporter, faire un maximum de dégâts ou encore révéler des secrets. Bien évidemment, ces armes ne sont pas données et il faudra récolter des milliers d’opales (la monnaie locale) pour espérer tous les acheter. Il en faudra encore plus pour améliorer chacun des boomerangs et leur donner ainsi beaucoup plus de puissance.
Elément essentiel dans ce genre de jeu, la jouabilité de Ty 2 est assez déconcertante les premières minutes du jeu : le personnage répond au quart de tour et ses déplacements assez rapides conduisent à faire de nombreuses erreurs (en matière de sauts par exemple). De même, ces déplacement vifs et brutaux ne sont pas gâtés par la présence d’une caméra souvent capricieuse. D’une manière générale, cette dernière suit de manière convenable l’action et se laisse contrôler avec aisance grâce au stick analogique droit, mais dès que l’on colle d’un peu trop près un élément du décor, il devient quasi impossible de cadrer parfaitement l’action. Néanmoins, plus on avance dans l’aventure, et plus on s’adapte à cette jouabilité particulière qui n’empêche à aucun moment la progression. La palette de mouvements assez large de Ty se maîtrise très vite et passé le cap de la nécessaire adaptation, on parvient à tirer ce que l’on veut de notre marsupial.
La réalisation graphique laisse sur une impression assez similaire où le très bon côtoie le moyen. Première bonne surprise, malgré la présence d’aliasing et de scintillements, l’environnement est vaste et varié : sur la carte, le panorama offert est assez impressionnant avec une forêt qui s’étend à perte de vue. Néanmoins, l’affichage n’est pas irréprochable, si les structures imposantes sont visibles de très loin, le moteur affiche au dernier moment les plus petits détails comme les touffes d’herbes qui se dessinent sous nos pas. Ce n’est pas très gênant mais il fallait le signaler, tout comme la présence de ralentissements, certes non gênants, mais présents tout de même. Néanmoins, la représentation de l’environnement est réussie et c’est un régal de parcourir chacun des niveaux tant la diversité est bel et bien présente. Autre bémol concernant la partie graphique du jeu : la modélisation assez simpliste des différents protagonistes qui malgré un look cartoon ne sont pas suffisamment détaillés.
La bande son souffre également d’irrégularités : les musiques, bien qu’assez discrètes, collent parfaitement à l’univers de Ty, tout comme les bruitages irréprochables. En revanche, le doublage français a parfois du mal à convaincre : les voix sont dans l’ensemble assez bien choisies, mais les intonations sont loin d’être irréprochables, le tout manque de conviction pour être réellement crédible.
Enfin, la durée de vie est à double tranchant. Pour terminer l’aventure, il faudra compter une bonne dizaine d’heures seulement. Bien que les missions soient nombreuses (44 au total), on en vient rapidement à bout. La difficulté loin d’être insurmontable fait que l’on réservera Ty 2 au jeune public en priorité, public qui trouvera là l’occasion de s’initier aux jeux de plate-forme-action. Néanmoins, s’il est possible de terminer le jeu en 10 heures, le compteur n’affichera qu’un peu plus de 70% du jeu bouclé. De nombreuses quêtes annexes se doivent d’être résolues pour espérer atteindre le 100%. On signalera par exemple la présence de 7 courses de kart (qu’on peut refaire à loisir à deux depuis le menu principal) et la collecte d’innombrables bonus très bien cachés (bandicoots, rouages, cartes postales, espions etc). Au final, pour les adeptes du 100% la durée de vie double sans problème. Néanmoins, il faut aimer refaire chacun des niveaux à plusieurs reprises pour tout trouver.
Verdict
Finalement, malgré une impression mitigée lors des premières minutes de jeu, Ty 2 se révèle après plusieurs heures une agréable surprise. Malgré une réalisation moyenne et une jouabilité spéciale, le titre de Krome Studios parvient à tenir en haleine grâce à son gameplay varié et sa durée de vie raisonnable. Certes, Ty 2 ne peut rivaliser avec les poids lourds du genre mais à 30 euros, l’investissement est chaudement recommandé pour les amoureux du genre.
Le Village PF

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie