Test de jeu / PS2 / True Crime 2 : Streets of New York City

- publié le 20 décembre 2005
- Etat : Disponible
- Date de sortie :25/11/2005
- Développeur :Luxoflux
- Distributeur :Activision
- Genre :Action
New York, mégalopole la plus connue dans le monde. Prestigieuse par ses nombreux monuments. Célèbre par ses grandes avenues artères de son coeur : Manhattan. Mais comme tout iceberg doré, la ville cache une énorme partie submergée composée de corruption, de gangs et de mafia se complaisant dans la luxure, la drogue et le meurtre. New York est un lieu où le crime a élu domicile. Activision nous propose d'incarner un flic issu de ces rues et qui rêvent de pouvoir les nettoyer. Mais quelle méthode choisir ? La brutale pour coller à l'univers criminel ou rester dans les rangs de la loi pour ne pas faire le rôle d'un flic, juge et bourreau. A vous de choisir votre camp.Dans les rues du crime... "Je m'appelle Marcus Reed. J'ai eu la malchance de naître au mauvais moment et au mauvais endroit. D'ailleurs la chance, je ne l'ai pas connue. J'ai vécu dans un quartier d'une ville corrompue où survivre est le maître mot. A Harlem, rejoindre un gang est vital, c'est même une nécessité. On se construit une famille à défaut de la retrouver chez soi le soir. Ouais, après la mort de ma mère, je comptais me reposer sur l'épaule d'un père mais il avait mieux à faire que de s'occuper de son propre gosse. Mon père était l'un des plus influents gangsters de son époque. Mais comme toute personne influente, cela crée des jalousies et il fut finalement doublé par ma famille de substitution et de confiance. Même si je ne portais pas à cœur ce père absent, il restait pour moi un modèle et surtout mon géniteur. Mais avant même de pouvoir tenter quelque chose, je fus mis à tabac pour ces mêmes racailles. Ils savaient que je ne laisserais pas mon nom s'entacher de honte ainsi. Erreur de leur part, je ne fus pas tué. Armé de mes deux uzis, j'ai décidé de me venger à ma façon. Ayant abreuvé ma colère de leur sang, je ne fus pas totalement calmé et c'est mon second père, mon père de coeur qui me raisonna et me proposa de tordre le coup à cette violence. Je m’engageais alors dans les forces de police de New York. La corruption devait cesser une bonne fois. Après cinq années chez les bleus, je fus promu lieutenant dans l'anti-gang et mon père de coeur, mon mentor me prit sous son aile. Lors de notre première affaire, il fut tué dans une explosion. Ma vengeance refit surface et je me disais que pour vaincre le feu de la colère omniprésent dans cette ville, il fallait utiliser les grands moyens soit légaux soit corrompus. Le crime doit cesser à jamais !"Bienvenue à New York Peu de jeux ont réussi à égaler, voire à surpasser le maître de la liberté vidéo ludique : Gran Theft Auto. Beaucoup ont essayé mais ils se sont souvent cassés les dents. Et Luxoflux avec Activision s’est lancé le pari de faire mieux. Ils voulaient créer un jeu capable d'autant de liberté de mouvement, de choix, de scénarii avec un univers et une ambiance propre comme la série de Rockstar mais en palliant ses défauts graphiques et un gameplay pas très novateur. De là est né True Crime Streets of L.A. vous mettant dans la peau d'un flic aux compétences variées (baston, tir et conduite) et souvent expéditives. Le pari fut remporté. Le jeu était beau par rapport à la concurrence avec une reconstitution fidèle et imposante de la ville de Los Angeles. Fier de son succès, Activision s'est empressé de nous éditer une nouvelle aventure d'un flic hésitant entre le côté clair ou obscure de la Force de Police. C'est donc à New York que les joueurs devront faire hurler les sirènes et arrêter les criminels. Mais en connaissance de l'ampleur de la ville, les développeurs de True Crime New York City ont jeté leur dévolu sur une partie insulaire extrêmement et parfois tristement célèbre de la Grosse Pomme : Manhattan. Le rendu de l'île est tout bonnement magnifique et très fidèle à la réalité. Pour les gens comme nous pauvres rédacteurs de sites amateurs qui n'ont pas eu la chance de voyager jusqu'à cette ville mythique et qui n'ont que la télévision pour s'évader, vous reconnaîtrez aisément tous les quartiers connus et vous visiterez les plus sombres ruelles. Mais ne vous attendez pas tout de même à voir la fine équipe de Friends vous raconter quelques blagues ou les extravagantes trentenaires de Sex in the City vous glisser quelques mots doux à l'oreille. Non, vous serez confrontés à la dure vie de flic combattant une criminalité toujours aussi florissante. Bref, graphiquement et surtout d'un point de vue de modélisation, le jeu est beau voire très beau. On admire les nombreux effets de lumières changeants entre le jour et la nuit, les feuilles ou autres papiers virevoltants au gré du vent, les nuages se chargeant de pluies et d'éclairs, les routes luisantes par l'eau fraîchement tombée.Trop de détails tuent le détail (et le gameplay aussi...)Bref cet adage en dit long. Toutes ces prouesses d'esthètes donnent à votre console des crises d'asthme terribles. Effectivement, la PS2 est en fin de vie, on le sait tous avec l'avènement des next-gens et le jeu en demande tellement que de nombreux bugs s'affichent. Problèmes de collisions, framerate insuffisant, temps de chargement entre les missions trop longs, bugs d'affichage et de caméras donnent au jeu un air de bâclage et de non bêta test. Bref, cela nuit grandement et malgré de nombreuses qualités dans le concept, le soft est très moyen. On ajoute à tout ça un gameplay certes intéressant mais vite limité. Marcus Reed, tel un avatar virtuel ou une voiture, peut être customisé avec de nouveaux vêtements et de nouvelles coupes mais tout ça de façon très limité. On peut également jouer aux pros du tuning mais sans choisir les pièces que l'on veut apporter à ces créations et avec des couleurs limitées. Tout comme le premier opus, ce superflic peut apprendre des nouveaux mouvements de combat ou plutôt styles de combat car les combos sont choses rares à NYC ou alors les flics sont trop bêtes pour enchaîner plusieurs coups de poings ou pieds. Mais en fait, c'est ça le détail qui permet à Luxoflux de dire qu'ils sont des anti-sociaux à l'instar de Rockstar. Imaginons une discussion entre game designer : "Hey les mecs, je trouve que notre jeu est trop politiquement correct par rapport à GTA. Que pourrais-tu rajouter aux armes, aux amputations, aux sangs, aux prostituées, à la drogue et autres vices pour dire que l'on est plus pas d'accord avec la société qu'elle est pas bien et que c'est dure de vivre dedans ?" Après une intense réflexion d'un temps record de trente secondes, un designer se lève et dit "Euréka, le dieu grec du savoir m'a frappé de son livre d'idées trop bonnes (et j'ai pris un rail dans les toilettes). Il m'a dit d'abrutir notre héros pour coller à la réalité. Ben ouais, les flics sont cons." Et dans un concert d'applaudissements et de rires sonores, nos designers en pleine crise de puberté se félicitèrent de leur non respect de la société. Mais il n'y a pas que le héros qui possède une intelligence d'hippocampe, les ennemis sont réellement bêtes à mourir. Et mourir, c'est le mot car ils se jettent joyeusement sur vos poings ainsi que sur vos balles et ce dans n'importe quel niveau de difficulté.Ouaich, gros, tac, tac, t'as vu !Arrêtons nos pamphlets négatifs pour revenir sur des idées plus positives. Prenez donc une position za zen et répétez après moi, la vie douce... Mais que fait ce rédacteur, il se croit sur M6. Non mais n'a-t-on pas le droit de se détendre dans ce monde de violence. Après avoir fait notre critique, parlons maintenant des points positifs. Certes sans scénario distinct, le jeu conserve une bonne ambiance qui ajoute réellement un plus pour continuer l'aventure jusqu'au bout car longue est cette histoire et nombreuses sont les quêtes annexes allant de la simple arrestation, aux hold-up ou autres traites des blanches. Autre élément important dans ce genre de jeu : l'atmosphère musicale et le pari est gagné. Les styles sont différents et plairont aux fans de musiques hip hop et aux métalleux en tout genre. De plus, vous pouvez également ajouter à vos tracklists des singles achetés dans des magasins de disques.
Verdict
Activision ne réussira pas encore cette fois-ci à détrôner le maître GTA bien installé dans sa position de leader. Malgré des graphismes léchés, une ambiance sympa, une bande-son très correcte et une durée de vie plus qu'acceptable, True Crime New York City est le leader des bugs en tout genre et de l'IA la plus succincte en termes d'esprit. Certes, le jeu n'est pas mauvais en tout point mais il reste médiocre dans l'esthétique et aurait mérité de vraies phases de test pour atteindre un niveau tout à fait dans la mesure des productions de Rockstar. J'espère tout de même que les idées de Luxoflux seront conservées car ils seront mis en valeur avec les possibilités des consoles nouvelle génération. Un jeu a acheter en occaz ou à jouer chez un pote.
Le Village PF

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie