Test de jeu / PS2 / Tom Clancy's Ghost Recon Advanced Warfighter

- publié le 2 avril 2006
- Etat : Disponible
- Date de sortie :11/2005
- Développeur :Red Storm Entertainment
- Distributeur :Ubisoft Entertainment
- Thème :Espionnage
- Genre :FPS / Doom Like
Avec seulement deux screenshots pour toute communication autour de la version PlayStation 2 de Ghost Recon Advanced Warfighter, c’est avec beaucoup de prudence et avec un peu d’inquiétude que nous avons découvert le dernier né d’UbiSoft. Après quelques heures passées sur le soft, on sait pourquoi l’éditeur français n’a pas mis plus en avant cette production...
De mémoire de joueurs, nous avons rarement connu une communication aussi légère sur un jeu vidéo pourtant si important en terme d’image et de rentabilité. Seuls deux visuels de la version PlayStation 2 de Ghost Recon Advanced Warfighter furent dévoilés aux gamers, histoire de faire taire les rumeurs d’une éventuelle annulation de la version Sony. Point de démonstration jouable, point de vidéos in-game ou de présentation à la presse. Ce n’est donc pas la fleur au fusil mais plutôt le casque sur la tête que nous avons mis le DVD du jeu dans notre console préférée, avec encore en mémoire les trailers des versions Xbox 360 et PC. La surprise fût donc totale.Ghost Recon 3, le sous Rainbow six… Si vous êtes un peu curieux et un peu passionnés de jeux vidéo, vous avez certainement vu des photos et vidéos de ce Ghost Recon Advanced Warfighter montrant une escouade de quatre hommes menés par leur chef, le tout à la troisième personne et dans des graphismes accueillants. C’était sur Xbox 360 et sur PC, pas sur PS2. Bien entendu, afin de rester le plus objectif possible, il ne sera pas question de comparer l’incomparable, et de jouer au jeu des différences entre la version 360 et la version PS2. Cela va sans dire.
Comme souvent dans les jeux vidéo de guerre, une jolie scène cinématique absolument pas représentative de la qualité finale du produit met le joueur dans l’ambiance. Nous y découvrons une équipe de quatre soldats d’élite américains habillés d’une manière (légèrement) futuriste et pour cause, nous sommes en 2013 et une unité Ghost spécialisée est envoyée à Mexico pour mater une insurrection populaire. Enfin, tout cela n’est que prétexte à l’action tactique, comme le veux la réputation de la série.
Cette version PlayStation 2 est en réalité un FPS vous plaçant dans la peau du chef d’équipe et ayant sous ses ordres un seul et unique bidasse. D’ailleurs, il est amusant de voir que l’apparence de votre avatar est sélectionnable parmi une liste établie, ce qui pour un jeu de tir en vue intérieur est parfaitement inutile, mise à part pour les parties multijoueurs (uniquement en deathmatch) qui profitent d’ailleurs du Online PS2. Les parties solitaires vous offrent le choix entre le mode campagne, le mode mission rapide (refaire une mission du mode campagne), le mode survie (tuant un maximum d’ennemis avant de mourir) et le mode chasse à l’homme (sorte de time attack dont le but est de résister aux assauts pendant un temps donné).
Inutile de vous préciser que le mode le plus intéressant est le mode campagne, le seul à être scénarisé et représentant un quelconque intérêt. Après un rapide choix de votre arsenal (mitrailleuse, sniper, pistolet et grenades), vous débarquez comme une fleur au milieu d’une ruelle mexicaine complètement déserte. Des ruelles, vous en verrez des tas dans les premières missions de ce soft linéaire et répétitif. Il n’y a souvent qu’un seul ou deux chemins à suivre, les autres rues étant bouchées par des barricades, des voitures ou des grillages. Par la suite, d’autres missions se dérouleront de nuit, en plein air et quelques fois en intérieur sans que l’aire de jeu ne prenne beaucoup plus d’ampleur. Résultat, les missions sont courtes et se bouclent en une petite dizaine de minutes, merci les checkpoints.
Annoncé comme un jeu d’action tactique, cette version de Ghost Recon Advanced Warfighter s’apparente plus à un sous Rainbow Six croisé à un épisode de Delta Force. En clair, la plupart du temps il faut se contenter d’avancer à couvert (une rafale bien placée et c’est fini) et de canarder tout ce qui bouge. Les options tactiques sont rudimentaires et se résument à se pencher à l’angle d’un mur pour tirer sur les ennemis en sécurité et donner quelques ordres à son soldat. Deux ordres sont programmés : aller au point visé (pressez le bouton haut de la croix directionnelle) ou regroupement (bouton bas), et deux options sont possibles : tirer à vue ou riposter aux tirs ennemis. Niveau tactique, on a connu mieux, même dans la série des Rainbow Six qui gérait également l’ouverture des portes, les jets de grenades ou autres tactiques. Ceci dit, notre compagnon s’en sort parfois bien et jette de lui-même des grenades sur les blindés, prend automatiquement les mitrailleuses fixes… mais reste aussi bêtement coincé derrière un objet et ne réagit pas quand on lui tire dans le dos. L’encéphalogramme n’est donc pas complètement plat mais pas non plus vif comme un sismographe à 8 sur l’échelle de Richter.
Par moment, histoire de rompre la monotonie d’un genre déjà usé jusqu’à la corde, un autre duo de soldats attend vos ordres en différé, tout comme des unités aériennes ou terrestres. Là encore leur soutien est rudimentaire et mis à part l’action, point d’autres tactiques s’offrent à vous. Au final, ce Ghost Recon Advanced Warfighter propose un gameplay résolument bourrin, basé surtout sur la destruction d’unités sans grande finesse, loin d’un titre comme SOCOM qui propose d’excellentes missions tactiques avec trois hommes sous vos ordres et sur de grandes cartes. Si vous cherchez un vrai jeu d’action tactique, il va falloir attendre le 19 Avril, jour de sortie de SOCOM 3.La PlayStation 2 méritait mieuxEn plus de proposer un gameplay pas franchement innovant et percutant, ce Ghost Recon s’offre le luxe de proposer une réalisation tout juste lamentable pour une PlayStation 2 totalement exploitée par la plupart des développeurs. Il faut dire que proposer un FPS juste après l’admirable Black de Criterion Games était un pari risqué mais jouable avec un peu de talent et de bonne volonté. Ici, il faut se contenter de graphismes trop moyens, aux textures baveuses, limitées et répétitives et aux effets spéciaux risibles. Mais mis à part l’aspect visuel, c’est aussi techniquement que le jeu bat de l’aile, les ralentissements sont fréquents et certains détails choquent : les corps et les véhicules disparaissent d’un coup quelques secondes après leur annihilation, les bugs sonores sont nombreux, les rues sont désertes, les ennemis sont de vulgaires clones idiots au possible (ils ne lancent ni relancent les grenades, ne se couvrent pas et ne cherchent pas à survivre). Le summum du rire ou de la consternation arrive quand on les voit bouger. Les animations des ennemis sont dignes des effets spéciaux en image par image vus dans de vieux films et leur mort n’intervient qu’une à deux secondes après leur avoir tiré une balle en pleine tête. Une telle prestation en 2006 de la part d’un éditeur aussi important que UbiSoft montre bien le peu de respect accordé à cette version…
Heureusement, la maniabilité est bonne, les déplacements se font aux sticks, le bouton R1 sert à tirer, L1 à se mettre en couverture, le bouton carré sert à changer la vue et les boutons R3 et L3 servent respectivement à courir et à zoomer. Quand à la durée de vie, elle aurait été meilleure avec l’implantation d’un mode coopération et non uniquement du deathmatch en multijoueurs, l’aventure solo étant de toute façon rapidement à oublier.
• La maniabilité plutôt bonne
• Un seul soldat sous ses ordres
• La technique honteuse
• Le sentiment du jeu baclé
Verdict
Ne vous fiez pas aux vidéos et images diffusées sur la toile ou dans les spots publicitaires : la version PlayStation 2 n’a que la jaquette en commun avec le jeu sorti sur d’autres plates-formes. Loin de l’action tactique promise, ce FPS s’avère trop bourrin et techniquement à la rue pour passionner les fans du genre. Vivement SOCOM 3 pour laver cet affront.
Le Village PF

Graphismes
4 / 10Les graphismes sont moyens, mais c’est techniquement que le jeu fait plus honte.
Jouabilité
7 / 10Les commandes sont simples et accessibles, logique aux vues des possibilités offertes.
Son
2 / 10Mise à part les coups de feu, vous pouvez mettre la radio en jouant pour vous évader.
Durée de vie
6 / 10Au bout d’un moment, mieux vaut penser à faire quelque chose d’autre que de perdre son temps.
Fun
4 / 10Le manque d’audace et de finition rend ce titre bien ennuyeux.