Test de jeu / PS2 / The URBZ : Sims in the City

- publié le 14 décembre 2004
- Etat : Disponible
- Date de sortie :12/11/2004
- Développeur :Maxis
- Distributeur :Electronic Arts
- Genre :Inclassable
Après un passage réussi sur console il y a deux ans et une suite l’année dernière toujours aussi agréable à jouer, Electronic Arts et Maxis décident de surprendre les joueurs en proposant une nouvelle incursion, plus originale, dans le monde merveilleux des Sims. Est-ce une bonne chose pour autant ?
Cette année encore, impossible d’échapper à la folie des Sims. En septembre dernier, après des mois d’attente, Maxis sortait enfin la suite de son jeu, suite qui enterrait littéralement son prédécesseur en enrichissant de manière considérable l’expérience vécue dans le premier opus et ses addons. Autant dire que ce nouvel épisode console était attendu au tournant. Si on espérait qu’il proposerait lui aussi un gameplay plus riche (l’un des défauts majeurs des deux premiers jeux sur console était le manque de possibilités par rapport aux versions PC), il n’en est rien puisque, soyons clair tout de suite, il s’agit là de l’épisode le moins complet des trois. Maxis et EA ont souhaité proposé avec The URBZ une nouvelle vision de l’univers des Sims.
Comme dans les autres épisodes, tout commence par la création de son personnage. On choisit son sexe et on lui affuble un nom et puis on le crée de toute pièce. N’espérez pas mettre sur pied le sim de vos rêves, les options en nombre très limité font que l’on se trouve approximativement toujours avec le même perso au départ d’une nouvelle partie. Ca commence déjà bien… Puis vient le moment de choisir le quartier dans lequel on souhaite débuter le jeu. Ce choix est sans importance et démarrer dans un quartier plutôt que dans un autre n’aura aucune incidence sur le gameplay et les objectifs à accomplir. Ce choix effectué, vous emménagez dans votre premier appartement, loin d’être idyllique, et vous faites la connaissance de Willy et Darius, membres des Black Eyed Peas et accessoirement vos conseillers. Ces derniers vous expliqueront l’élément central du jeu : la réputation !
The URBZ inclut donc une nouvelle notion fondamentale dans le gameplay des sims : la réputation. Cette dernière est indispensable pour accéder aux différents quartiers et se gagnent en discutant avec les nombreux personnages hantant les lieux et en accomplissant tout un tas d’objectifs. Cependant, pour gagner en réputation et espérer capter l’attention de la population des différents quartiers, il faudra adopter un style bien particulier. C’est à cette seule condition que vous pourrez espérer gagner suffisamment de réputation et gagner l’accès aux fêtes branchées et aux autres quartiers de la ville. Ainsi, entre le tout début et la fin du jeu, votre sim connaîtra plusieurs transformations et il sera parfois très difficile de le reconnaître. Cette possibilité est assez bien exploitée et les choix vestimentaires sont très nombreux (même si on peut regretter que le jeu exploite le filon de l’apparence plus que des sentiments). Accéder aux fêtes n’est pas anodin puisque l’on y gagne des rapports de force, de petites animations indispensables pour accomplir certains objectifs. Ces derniers sont nombreux et variés : jeter une boule puante, prendre en photos, boire un coup, agresser etc. Attention néanmoins, les rapports de force sont en nombre limité.
L’aspect Social est toujours aussi bien exploité dans The URBZ. Discuter, se faire des amis est fondamental dans la vie de notre Sim. Ce dernier a besoin d’être constamment entouré pour se sentir bien dans sa peau. De plus, se faire des amis permet aussi de gagner tout un tas de nouvelles actions sociales, idéales pour se faire dans d’autres quartiers plein de nouveaux amis. Néanmoins, ces actions surprennent par leur nature : se défier, comparer ses portables, chanter, danser, prendre en photos : tout tourne autour de l’univers branché mis en place par les développeurs. Signalons la nouvelle interface lors des dialogues : après avoir cliqué sur le sims avec qui on souhaite s’entretenir, on choisit dans un menu quel sentiment on souhaite exprimer (méchanceté, romantisme, amitié…), lequel se décline en plusieurs possibilités.
Finalement, si l’aspect social est toujours aussi complet, voire plus, le reste est assez décevant. Ce que l’on aimait avant tout dans les Sims, c’était gérer chaque aspect de la vie de notre être virtuel : se laver, aller aux toilettes, faire à manger, acheter et décorer sa maison, se détendre. Toute cette partie du gameplay a été simplifiée à l’extrême. Certes, il faut toujours gérer les besoins de son sim : toilettes, propreté, appétit, sommeil, distraction et vie sociale, mais cette partie du gameplay n’est plus aussi poussée qu’autre fois : la barre de sommeil est remplie en deux heures, un repas fait tenir le sim toute une journée, même chose pour une simple douche, alors que danser devant un minuscule poste de musique se chargera de faire grimper la distraction. Finalement, le jeu perd un peu ce qui faisait son charme. Dans le même ordre d’idée, meubler l’appartement est totalement inutile puisque l’on passe la majorité du temps dans les différents quartiers, quartiers qui proposent le plus souvent ce qu’il faut pour assouvir les besoins. Au final on se retrouvera donc avec un appartement bien vide.
Pour la première fois dans la série, on accompagne son sim sur son lieu de travail. A vrai dire, ce dernier ne dispose pas d’horaires fixes et travail quand il en a envie. C’est l’occasion d’assister à un mini jeu dans lequel il faut appuyer en rythme sur les touches qui apparaissent à l’écran. Néanmoins, chaque job se décline en trois niveaux de difficultés et pour accéder aux niveaux supérieurs, il faudra posséder le niveau requis, que ce soit au niveau sportif, créatif ou artistique. Là aussi, on assiste à un mini jeu éprouvant où il faut appuyer de manière frénétique sur la touche croix. On peut regretter qu’à la manière des besoins, cet aspect compétence a lui aussi été simplifié à l’extrême…
Cet aspect simpliste et simplifié se ressent également dans la réalisation du titre. Graphiquement, le titre de Maxis n’est pas très joli. Les décors sont assez ternes, les textures peu travaillées. Heureusement, chaque quartier propose sa propre identité visuel et la variété des environnements est au rendez-vous. Les sims sont en revanche modélisés avec précision et sont très détaillés. L’animation quant à elle à parfois du mal à afficher tout ce beau monde et les ralentissements, non gênants pour le gameplay, sont assez fréquents. Si l’aspect graphique déçoit, l’ambiance sonore est en revanche une franche réussite, merci aux Black Eyed Peas qui assurent une grande partie de la bande son (pour le coup dans le langage si particulier des sims). Les bruitages n’ont par contre que très peu changé et les habitués de la série ne devraient pas être dépaysés. Enfin, la jouabilité est à peu près équivalente aux autres opus console, on utilise les deux sticks pour se déplacer, tourner la caméra ou zoomer. En théorie, la jouabilité est irréprochable mais en pratique, le jeu souffre d’un manque flagrant de lisibilité, la faute à l’impossibilité de supprimer les murs (tout reste en transparence et s’avère au final assez confus).
Verdict
Finalement, après avoir passé des heures sur les précédents opus console et plus récemment sur les Sims 2 sur PC, le fan que je suis des Sims est déçu par les URBZ. Tout est simplifié à l’extrême, rendant du même coup le gameplay très répétitif et lassant. Le jeu se résume du début à la fin à vaquer de quartiers en quartiers, à adopter un look bien défini et à discuter avec d’autres sims pour gagner en réputation. Même les jobs se jouent de la même façon qu’il s’agisse de préparer des sushi ou de servir les verres au bar (et ce quel que soit le niveau de difficulté). Si c’est marrant les premières minutes du jeu, c’est très lassant à la longue. De même, malgré des dizaines d’objectifs, la durée de vie est très courte : on boucle le jeu en quelques jours et contrairement aux autres opus, il n’y a pas ici de mode libre. Autant dire qu’après le mode scénario, il n’y a plus que l’anecdotique mode deux joueurs pour passer plus du temps sur le jeu. Une vraie déception…
Le Village PF

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie