
The Mark of Kri
publié le 12 avril 2003- Etat : Disponible
- Développeur :Sony Computer Entertainment E ...
- Distributeur :Sony Computer Entertainment
- Genre :Action / Aventure
- 19/03/2003
- 02/08/2002
- inconnue
Sorti au pays de l’oncle Sam depuis août dernier, The Mark of Kri nous a tellement plu qu’on ne pouvait attendre la version officielle (qui sortira le 19 mars) pour vous faire part de notre opinion. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’un très bon jeu !
Le jeu vous place dans la peau de Rau, un indien doué d’une force surhumaine dont la mission sera de sauver le monde. Tout simplement. En effet, il y a de ça 1000 ans, des sorts furent créer dont l’un permettait d’ouvrir une brèche entre le monde des humains et celui des ténèbres. Cependant, avant que son créateur ne puisse en faire l’incantation, le sort fut divisé en 6 parties qui furent confiées chacune à une famille dont le rôle était de les protéger. Mais le temps passant, les hommes oublièrent peu à peu. Le jour où l’humanité aurait complètement oublié la signification des ces fragments, il serait alors temps pour les ténèbres de ressurgir et d’ouvrir la porte entre les deux mondes. Ce jour est venu et seul un héros peut les empêcher de mener à bien leur projet. Ce héros c’est vous, Rau ! Un compagnon à plumesEn fait je serais tenté de dire « les héros c’est vous ». En effet, tout au long de sa quête Rau est accompagné de Kuzo son fidèle compagnon ailé. Si au début on sous-estime aisément le rôle du volatile, Kuzo deviendra vite par la suite votre meilleur allié. Cependant Kuzo ne possède que des capacités limitées (les endroits où il peut être utilisé sont indiqués par un faisceau de lumière : bleu pour faire une reconnaissance, jaune pour déchiffrer les inscriptions murales, rouge pour actionner un mécanisme; vous pouvez aussi envoyer Kuzo chasser les autres volatiles pour créer une diversion). Les faisceaux bleus sont nombreux dans chaque niveau et vous comprendrez très vite leur rôle. Le jeu jouant la carte de l’infiltration à fond, il vous faut donc être le plus discret possible (si un ennemi vous repère il peut appeler des renforts); pour se faire, il faut envoyer Kuzo en reconnaissance pour ainsi repérer où se cachent les adversaires, quels sont leurs mouvements, combien sont-ils et prendre en conséquence les bonnes initiatives.
Globalement, si l’on étudie de manière attentive chaque situation, le jeu n’est pas d’une difficulté insurmontable. Bien sûr, il se peut que l’on recommence certaines situations, dont un ou plusieurs éléments ont pu nous échapper, mais d’une manière générale on progresse aisément. 6 niveaux, 5 armes, plusieurs possibilitésAvant de parler en détails de ce qui fait la force de Mark of Kri, attardons-nous sur la progression, originale du titre. Le jeu est divisé en 6 mondes (ça peut paraître peu mais les niveaux sont relativement longs). Avant d’entrer dans chaque monde, Rau passe par l’auberge où sa mission lui est assignée (à noter qu’au tout début de l’aventure, vous pouvez avoir accès à un tutorial depuis cette auberge). Chaque niveau est différent du précédent, tout d’abord par sa patte graphique, ensuite par les armes mises à votre disposition et ensuite par les challenges qu’il faut remplir (par niveau vous avez 5 challenges à remplir pour obtenir des goodies auprès du sage, ceux-ci ne sont pas obligatoires pour boucler l’aventure). Il y a aussi un objet (bien) caché dans chacun d’entre eux qui vous donne accès aux arènes (où vous devez tuer le plus d’ennemis possible ou venir le plus vite possible à bout de tous ceux présents dans l’arène).
Pour revenir aux niveaux, ceux-ci ne sont pas répétitifs pour la simple et bonne raison qu’ils ne se jouent pas de la même manière. En effet à chaque niveau correpond une stratégie de combat différente. Dans le premier, vous apprendrez à combattre à l’épée, dans le deuxième et troisième vous verrez comment venir à bout de vos adversaires de manière discrète et silencieuse, dans le quatrième vous aurez à votre disposition un arc, puis une lance et pour finir une hache. Chaque arme s’utilise bien sûr différemment, d’où un sentiment de lassitude qui ne se fait jamais sentir. Ouf ! Des combats démentielsSi les jeux d’infiltration commencent à devenir légion sur PS2, The Mark of Kri se démarque de ses concurrents grâce à un système de combat tout simplement génial, qui rend les affrontements jouissifs (on prend un malin plaisir à venir à bout de chaque adversaire, ce qui est, vous l’avouerez, de très bon augure). Voyons son fonctionnement plus en détails. Le stick droit vous permet de sélectionner vos ennemis. Vous pouvez au maximum en sélectionner trois différents, à qui est attribuée une touche de la manette (par défaut il s’agit de la croix, puis du carré et du rond, le triangle permet lui de changer la vue et de voir depuis les yeux de Kuzo). Une fois chaque touche attribuée, à vous d’appuyer en rythme pour venir à bout de vos adversaires. Bien sûr les combos sont de la partie et réaliser (en rythme) un enchaînement spécial aura pour conséquence de tuer votre adversaire de manière plus classe (on assiste alors à une petite scène la plupart du temps bien gore). A noter qu’il est possible de se protéger en appuyant sur la touche R1.
Cependant il s’agit là de la configuration classique des combats, c’est-à-dire combats à l‘épée. Dès le deuxième niveau vous apprendrez que la discrétion est parfois recommandée pour mener à bien votre quête. Les combats deviennent alors très différents. Tout d’abord il faut vous désarmer (avec la touche R2) car avancer vers un ennemi, arme dehors, aura pour conséquence de vous faire repérer. La progression devient alors plus lente. Vous sélectionnez toujours vos ennemis avec le stick droit et là vous devez avancer, discrètement et derrière vos ennemis, et dès que la touche attribuée devient opaque (et non plus clignotante), vous devez appuyer dessus pour ainsi tuer discrètement. Cependant il arrive que vos adversaires vous fassent face, c’est à ce moment là qu’étudier le décor avec Kuzo prend tout son sens, il peut y avoir quelques éléments pour attirer l’attention des ennemis dans une autre direction : il peut s’agir d’oiseaux (envoyer Kuzo est alors nécessaire), d’un sanglier, d’un singe ou encore d’une cloche. Concernant les mises à mort, celles-ci sont diverses et donnent lieu à des cut scenes bien gores. Quelques exemples de morts : vous pouvez vous appuyer contre un mur et attendre que votre adversaire s’approche de vous, vous pouvez aussi marcher discrètement derrière lui ou encore lui sauter dessus depuis un point élevé. Concernant les cut scenes, il peut s’agir d’une décapitation, d’un claquage sur les murs (avec le bruit des os qui se brisent), d’un l’empallage ou encore d’un coup d’épée sur le sol ou sur un mur. Cette fois, la touche R1 ne permet plus de se protéger, mais permet de désarmer l’ennemi et de le vaincre avec l’arme ainsi volée. Jouissif. Sans entrer plus dans le détail, sachez que la lance, l’arc et la hache offrent de nouvelles possibilités très intéressantes que je vous laisse découvrir. Réussite techniqueSur le plan technique, le bilan est aussi très bon. Les graphismes sont très beaux avec un rendu proche du cartoon (ce qui tranche radicalement avec l’ambiance gore du titre) et variés : à chaque niveau correspond une charte graphique : la neige, la forêt, le volcan, les ténèbres … Le rendu est magnifique : à titre de comparaison, les graphismes font penser à Herdy Gerdy (mais la ressemblance s’arrête là). Autre point à saluer, la qualité des cinématiques. Pas la peine de blinder le jeu de scènes en images de synthèse, les développeurs ont ici utilisé un tout nouveau procédé très original et au rendu surprenant. Imaginez un parchemin sur lequel se dessine progressivement la scène. Une fois celle-ci finie, sont ajoutées les couleurs et aussitôt la mise en couleur achevée, vous êtes lancés dans le niveau depuis cette dernière peinture. Surprenant, original, magnifique !
L’ambiance sonore n’est pas en reste : les voix sont très bonnes (version US), les bruitages sont bons et les musiques collent parfaitement à l’ambiance. Il est vrai qu’elles savent se faire très discrètes (en fait elles ne servent que de fond sonore) mais dès qu’un combat s’engage, elles savent se faire entendre pour soutenir l’action.
Cependant le jeu parfait n’est pas encore sous nos yeux : The Mark of Kri aussi bon soit-il souffre de quelques défauts mineurs. Tout d’abord les chargements sont quelques peu longuets (mais heureusement les écrans de chargement sont splendides), la distance d’affichage n’est pas transcendante et on constate à quelques endroits un peu de clipping. L’animation du héros souffre aussi de quelques saccades (il manque certaines étapes d’animation) et la jouabilité pose parfois quelques problèmes (on reste coincé dans le décor, ce qui est gênant en plein combat ou alors la caméra n’en fait qu’à sa tête). Enfin, comme c’est souvent le cas avec ce genre de jeu, l’aventure se termine beaucoup trop vite. Comptez 8 heures pour finir le jeu une première fois (sans le finir à 100%, pour cela, la durée de vie monte facilement à 15H) et ce n’est pas le genre de jeu que l’on refait plusieurs fois puisqu’il n’existe qu’un seul niveau de difficulté.
Verdict
Tout comme ICO l’an dernier, The Mark of Kri est une excellente surprise. Très agréable graphiquement, c’est cependant manette en main que le jeu révèle toutes ses qualités. Le système de combats que l’on annonçait comme très original tient toutes ses promesses et rien que pour cela le jeu mérite que l’on s’y attarde. San Diego Studios nous livre là une véritable perle qui montre que l’on peut encore innover de nos jours. Attention toutefois, les scènes de violence sont nombreuses et pourraient heurter la sensibilité de certains. Bref, un très grand jeu qu’il faut cependant réservé à un public mature.

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie