
Teenage Mutant Ninja Turtles
publié le 19 avril 2004- Etat : Disponible
- Développeur :Konami
- Distributeur :Konami
- Thème :Licence audiovisuelle
- Genre :Action / Aventure
- 16/04/2004
- 10/2003
- inconnue
Après avoir fait le bonheur de milliers de joueurs sur consoles 8 et 16 bits, les tortues ninja ont totalement disparu du paysage vidéo ludique… jusqu’à aujourd’hui. Après des années d’absence, Konami s’est décidé à nous ressortir les tortues les plus célèbres au monde pour un beat’em all à l’ancienne qui devrait en laisser plus d’un sur sa faim !
Il est aujourd’hui impossible de ne pas connaître les tortues ninja : comics, dessin-animé, films, nos reptiles sont passés par tous les médias possibles ! Elles se sont même adonnées avec brio au jeu vidéo dans un genre aujourd’hui quelque peu délaissé : le beat’em all. Rien que d’en parler, j’en ai la larme à l’œil. C’est donc avec une impatience non dissimulée que j’attendais ce premier épisode PS2, convaincu que Konami parviendrait à transcender le genre et à en faire un indispensable. Le constat, sans être catastrophique, est loin de tenir ses promesses. Il semblerait que Konami ait du mal à adapter avec panache les anciennes gloires du jeu vidéo puisque après les déceptions Contra et Castlevania, Turtles Teenage Mutant Ninja vient s’ajouter à la longue liste des déceptions…
Tout d’abord, le scénario est, on s’en doute avec ce genre de production, anecdotique et tiendrait presque sur un timbre poste. Nos tortues vont une nouvelle fois se dresser contre le Foot Clan et son chef Shredder qui fait de nouveau des siennes avec sa horde de mutants. En incarnant au choix Michelangelo, Léonardo, Donatello ou Raphaël, le joueur traversera plus d’une trentaine de niveaux dont le seul but sera d’exterminer la totalité des ennemis rencontrés. Les fans des tortues retrouveront avec grand bonheur leurs héros favoris ainsi que certaines têtes bien connues. Pour les aider dans leur quête, nos quatre compagnons peuvent compter sur leur maître Splinter afin de leur inculquer les qualités nécessaires pour mener à bien leur aventure. Une fois n’est pas coutume, la ravissante April répond elle aussi présente et c’est désormais une habitude, les tortues auront la lourde tâche de lui venir une fois encore en aide. Qu’on se rassure néanmoins, sauver April ne concerne que le premier niveau. Il est fini le temps des sauvetages de « princesse » !
Pour ne rien gâcher, le rendu des graphismes est très réussi. Pour coller un maximum à l’ambiance du comics, les développeurs ont préféré un rendu en cell-shading, pour le coup magistralement bien utilisé. Contrairement au dessin-animé où nos tortues nous semblaient plus que sympathiques, la modélisation des personnages est ici plus adulte avec un look presque agressif. Les différents personnages bénéficient du même traitement et c’est un régal de regarder le jeu tant on se croirait plonger en plein cœur d’une BD, impression qui est d’ailleurs renforcée par l’utilisation (parfois à outrance) d’onomatopées à chaque coup porté. Les environnements sont propres, l’aliasing se fait discret et les différents décors sont très variés. Chaque stage (on en compte plus d’une trentaine) arbore un style bien à lui et cell-shading oblige, c’est très agréable pour nos rétines. On passe ainsi des toits, à une rue commerciale noyée sous la pluie à une rame de métro, un jardin, un musée ou encore un camion en marche. Malheureusement, on peut regretter un manque flagrant de détails. Les ennemis rencontrés sont eux peu variés, ce qui est assez dommage puisque cela contribue au sentiment de lassitude ressenti lorsque l’on joue. Dernier point positif pour ce qui est des graphismes, les séquences animées entre les niveaux sont du plus bel effet !
Néanmoins, malgré de beaux graphismes, l’élément primordial dans ce genre de jeu reste bien entendu le gameplay. C’est à ce niveau là que l’orage commence à gronder. Pourtant la jouabilité est de bonne facture et parfaitement accessible pour un débutant, et ce, bien que certains angles de caméra soient mal choisis. On peut ainsi sauter, attaquer de diverses manières : petit coup, grand coup, coup puissant, jet de shurikens et faire une course rapide. Seulement voilà, et c’est là où le bât blesse, la palette de coups est beaucoup trop restreinte. Si on trouve quelques combinaisons de coups, le jeu se résume globalement au bourrinage intempestif du même bouton, ce qui vous l’avouerez devient assez vite lassant. Pire, il est impossible d’attraper et de jeter les ennemis ou encore de faire une parade pour se protéger des coups adverses ! Dans le même ordre d’idée, et malgré des armes différentes, nos tortues possèdent chacune les mêmes coups. On aurait aimer que chaque arme soit parfaitement exploitée avec des coups uniques. De même, la progression n’a rien de réellement original : tel un jeu old school, on avance en nettoyant la totalité d’un secteur avant de pouvoir accéder au suivant. On rencontre de temps à autre un boss comme le veut la tradition, mais on est rarement surpris par la tournure des événements L’interactivité avec les décors est elle aussi loin d’être exploitée à son maximum : on peut détruire les bornes à incendie, quelques caisses (dans l’espoir de trouver des armes ou de la nourriture) ou, plus utile, quelques barils explosifs ou autres véhicules stationnés qui exploseront après avoir reçu plusieurs coups, et c’est tout ! Enfin, la difficulté est loin d’être insurmontable, les joueurs assidus préféreront dès le début se lancer en mode difficile pour avoir un vrai challenge.
Pour terminer ce test, parlons quelques instants de la bande son du jeu. Les musiques sont très vite lassantes et saoulantes et on finira très vite par mettre le niveau sonore au plus bas. Le constat est en revanche bien différent pour les bruitages plein de punch. Les voix ne sont dans l’ensemble pas mauvaises mais les expressions lors des combats ne sont pas suffisamment nombreuses et sont donc au final très vite répétitives… L’animation est plutôt bonne, le jeu reste fluide et ce malgré des dizaines d’adversaires affichés simultanément à l’écran. De même, les mouvements de nos tortues sont parfaitement décomposés et c’est à un véritable ballet que l’on assiste lors des combats. Enfin, gros point noir avec le gameplay, la durée de vie est beaucoup trop courte. Certes les stages sont au nombre de 35, mais ces derniers se bouclent en moins de dix minutes (il faut en moyenne cinq minutes pour les boucler). Les plus perfectionnistes essayeront néanmoins de terminer le jeu avec chacun des personnages afin de débloquer de sublimes artworks. Le mode multijoueur, qui aurait pu relancer l’intérêt ne permet qu’à deux joueurs de s’y essayer en même temps. Un mode quatre joueurs aurait été plus adapté. Malgré quelques ralentissements, le mode multijoueur en coopération est assez fun pour peu que l’on ne soit pas trop exigeant. Enfin, en plus du mode story principal, on pourra s’adonner à un mode challenge ou versus (contre des humains ou l’ordinateur, mais là aussi, c’est à deux maximum).
Verdict
Finalement, le retour des Tortues Ninja n’est pas aussi glorieux qu’escompté et devrait difficilement nous faire oublier ses illustres aînés. Néanmoins, pour les moins regardants d’entre nous, le jeu peut faire office d’excellent défouloir et c’est seulement dans cette optique que le jeu prend toute sa saveur. Aidé par ses graphismes cell-shadés du plus bel effet, Tortues Ninja est un jeu sans prises de tête que l’on sortira dans l’unique but de se détendre.

A partir de 12 €
Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie