Test de jeu / PS2 / Suikoden IV

- publié le 22 février 2005
- Etat : Disponible
- Date de sortie :25/02/2004
- Développeur :Konami
- Distributeur :Konami
- Genre :RPG / Aventure
Genre à succès en Europe depuis la sortie de Final Fantasy VII, le RPG reste pourtant à l’heure actuelle une denrée rare sur le vieux-continent. Si Konami a sorti les deux premiers Suikoden sur PsOne, l’éditeur n’a pas jugé bon de nous amener la première apparition de sa saga sur PS2. Si l’on pensait qu’il en serait de même avec le quatrième volet, il n’en est rien : Konami semble bien décidé à fêter les 10 ans de sa saga en important chez nous Suikoden IV !
Il est parfois difficile de comprendre le comportement de certains éditeurs : alors que le public a fait un triomphe à la série Final Fantasy, et plus généralement aux RPG, peu de jeux de rôle sont arrivés jusqu’à nous. Plus étrange, alors que nous avions pu goûter aux deux premiers volets sur PsOne, Konami n’a pas sorti chez nous Suikoden III. Sans doute conscient de son erreur, l’éditeur nippon nous offre le quatrième volet de sa série en ce frileux mois de février, de quoi finir de passer l’hiver au chaud !Un nouveau conflit d’envergureBien qu’il s’agisse du quatrième opus, Suikoden IV propose, à l’instar de chaque nouveau Final Fantasy, un monde inédit ainsi qu’une intrigue et des personnages originaux. Tout débute en pleine mer où un groupe de jeunes soldats se livre à un dernier exercice avant la fameuse cérémonie de remise des diplômes. Ces soldats, se sont les futurs chevaliers de Gaien, qui officient sous les ordres du commandant Glen. Après une défaite inévitable, le joueur fera connaissance avec le héros de cette nouvelle histoire qu’il nommera à sa guise ainsi que quelques uns de ses amis les plus proches. Il visitera également la cité de Razril, de nuit, dans l’attente de la remise des diplômes. Le lendemain, devenu enfin chevalier de Gaien, le héros, accompagné de Snowe, se verra confier quelques missions anodines permettant de se familiariser avec les déplacements en mer et le système de combat. Après quelques heures d’aller et retour entre Razril et Middleport, le scénario prend une tout autre dimension lorsque le petit groupe se voit confier l’escorte d’un marchand, tâche qui malheureusement n’ira pas à son terme. La suite, c’est à vous de la découvrir ! Comme les précédents opus, Suikoden IV met en scène un conflit d’envergure opposant la totalité des îles du monde et au centre duquel se trouve la mystérieuse Rune de la Punition. L’histoire est parfaitement mise en scène, et ce à l’aide de cinématiques utilisant le moteur de jeu, et se suit avec passion. Fait assez rare pour être souligné, Suikoden IV propose des sous-titres en français et dispose même d’un mode 60 hz !!! Néanmoins, la dimension tragique n’est pas aussi développée que dans les opus PsOne ou plus dernièrement dans les Final Fantasy, la faute à des rebondissements prévisibles et peu nombreux. De même, la traduction n’est pas sans reproche : certains mots dans les menus restent en anglais et de nombreuses fautes d’orthographe parsèment les dialogues (tu est, maintenance au lieu de maintenant…). En revanche, l’histoire met toujours en scène 108 personnages, les 108 étoiles de la destinée !A la recherche de la nouvelle starLa principale qualité d’un Suikoden est donc bien de proposer 108 personnages « jouables » permettant ainsi au joueur de former l’équipe de son choix pour mener à bien l’histoire. Chaque personnage dispose d’un design particulier, toujours irréprochable, et de compétences spécifiques, qu’il s’agisse de sa force, son arme, sa magie ou encore le nombre de ses points de vie. Si le scénario impose la découverte de certains personnages, en retrouver la totalité fera office de grosse quête annexe puisqu’il n’est pas obligatoire de retrouver les 108 personnages pour terminer l’aventure (même si cela permet d’obtenir une fin inédite). De nombreux allers-retours et des dizaines de conversations seront nécessaires pour découvrir de nouveaux personnages et ainsi les recruter. Ces derniers peuvent l’être à n’importe quel moment de l’aventure même si, certains personnages réclament des conditions particulières pour être obtenus, rendant la tâche plus compliquée !
Tous ces personnages, vous pourrez les retrouver dans votre navire-forteresse. Hé oui, si les précédents opus proposaient d’ériger une immense forteresse, Suikoden IV propose de peupler un gigantesque paquebot, monde maritime oblige. Au départ vide et immense, votre navire se complétera au fur et à mesure de votre progression pour devenir une ville à part entière. Vous y retrouverez ainsi un forgeron, un commerçant, un marchand de runes, un jeu de loterie, des cuisiniers, un médecin, un hall d’entraînement, des bains publics et bien d’autres activités !!!Trois types de combats En plus de son scénario, ce qui fait la force d’un jeu de rôle, c’est son système de combats. Dans Suikoden IV, nous sommes gâtés puisque le jeu propose trois types de combats différents :
- Les combats normaux : ces derniers interviennent de manière aléatoire comme n’importe quel Final Fantasy et font intervenir quatre protagonistes simultanément (contre six pour les Suikoden précédents). Les options disponibles sont assez nombreuses et particulières. Dès le début d’un combat, plusieurs choix s’offrent à vous : combattre, s’évader, payer pour fuir et combats automatiques. Plus loin dans l’aventure, vous pourrez changer de groupe de personnages (trois pour 12 personnages au total) ou choisir l’option rush pour faire une attaque spéciale touchant tous les ennemis. Néanmoins avant de pouvoir rusher, il faudra attendre que la barre d’attaque soit pleine, elle le sera après plusieurs combats. Si vous choisissez l’option « Combattre », un nouveau menu s’ouvre et vous propose de nouvelles possibilités : attaquer, se défendre, runes et combos. Attardons-nous quelques secondes sur ces deux dernières options. La fonction Runes équivaut ici à la magie. Après avoir trouvé ou acheté une orbe, vous pouvez l’équiper sur un personnage, trois peuvent l’être au maximum. A chaque rune correspond un effet bien précis : la foudre, le feu, l’eau, le vent et la terre sont les runes de base et leurs effets sont soit destructeurs, soit bénéfiques pour vous. Au cours de l’aventure, d’autres runes viendront compléter ce panel de base et vous octroieront de nouvelles compétences : doubler l’argent gagné, augmenter la puissance magique etc. La fonction Combos quant à elle propose une caractéristique introduite par la saga : les attaques combinées. Certains personnages (par exemple des frères et sœurs) peuvent s’unir pour attaquer de manière conjointe un ou plusieurs ennemis et causer des dégâts encore plus importants. Enfin, si les combats font intervenir quatre personnages au maximum, il sera possible d’en choisir un cinquième en soutien selon l’effet désiré : guérison, trésors, argent, cuisine, évaluation, à vous de choisir quel effet vous désirez ! En revanche, la fréquence des combats aléatoires est un peu trop élevée et il est désagréable à la longue qu’une courte distance se transforme en véritable boucherie …
- Les batailles navales : autre particularité de la série Suikoden, les combats stratégiques ! Si dans les opus précédents on contrôlait un certain nombre de troupes terrestres, Suikoden IV propose, omniprésence de la mer oblige, de prendre part à des batailles navales. Sur un damier géant, le joueur avance ses bateaux de case en case dans le seul but de couler les navires adversaires. Pour cela, il ne faut pas négliger les préparatifs et doter chaque bateau d’un capitaine, lequel influera sur la mobilité de la flotte. Il faut également choisir les runes que les canons tireront et l’équipage, indispensable en cas d’abordage. Toutes ces options doivent être méticuleusement étudiées puisque la mobilité des navires dépend de leur chargement, ainsi que leur force de frappe. Il faut ainsi choisir les runes en fonctions de celles embarquées par l’ennemi. Si deux navires tirent la même rune, leurs effets s’annulent, alors que certaines runes sont plus fortes que d’autres, empêchant la rune adverse de vous atteindre tout en frappant l’adversaire. Stratégique même si les batailles navales restent très simples à emporter.
- Les duels : En plus des combats stratégiques, les Suikoden ont introduit un autre type de combats : le duel. Comme son nom l’indique, le duel oppose le héros à un seul ennemi et se joue différemment d’un combat aléatoire. Trois options s’offrent à vous : l’attaque, la défense ou l’attaque spéciale. Pour chacune de ces trois alternatives, il est possible parfois de choisir un coup plus puissant et ce à vos risques et périls. Chaque combattant du duel dispose d’une barre de vie et il faut vider celle de l’adversaire en premier pour remporter la manche. Malheureusement, le duel n’est pas une science exacte et repose plus sur un coup de chance qu’une vraie stratégie. En effet, il est impossible de deviner le coup de l’ennemi, ce qui peut avoir des conséquence positives ou négatives sur vous. Chaque option a ses avantages et inconvénients : l’attaque spéciale prend le dessus sur l’attaque, l’attaque sur la défense et la défense sur le spécial. Combat assez atypique, le duel reste néanmoins agréable à jouer, dommage que son nombre reste très réduit au cour de l’aventure.Système d’évolution Comme tout bon RPG qui se respecte, Suikoden IV permet à vos personnages d’évoluer au fil de la progression, mais là aussi, le titre de Konami se distingue de la concurrence par un système original. Tout d’abord, et c’est une constante dans n’importe quel jeu de rôle, chaque combat octroie un certain nombre de points d’expérience. Il en faut 1.000 pour changer de niveau et voir ainsi ses caractéristiques évoluer : points de vie, force, défense, intelligence, tout y est. Bien évidemment, l’expérience gagnée lors des combats évolue en fonction de votre niveau actuel, un ennemi rapportant plusieurs centaines de points ne vaut au final que quelques ridicules unités. Vous pouvez également booster vos caractéristiques en changeant votre équipement et en protégeant chacune des parties de votre corps. Vous pouvez également embarquer quelques amulettes aux effets nombreux et variés : force, magie, résistance aux différents éléments. La personnalisation du héros est total et vous pourrez même en cours d’aventure créer vos propres armures en ramassant toute sorte d’objets. Néanmoins, la particularité de Suikoden IV est de ne proposer aucun marchand d’armes. Si chaque RPG nous habitue à des dizaines d’armes aux effets différents, chaque personnage du jeu possède une seule et unique arme du début à la fin de l’aventure. Heureusement, cette dernière peut évoluer après un passage chez le forgeron. Chaque arme peut être améliorée 12 fois, pour plus de puissance. Attention néanmoins car cette opération est très coûteuse (le dernière évolution demande 35.000 potchs), vous pouvez compter sur le système de troc pour vous remplir les poches !Réalisation graphique et sonore Sur le plan graphique, la saga Suikoden ne nous a jamais habitués à une claque visuelle. Cet opus ne déroge pas à la règle et Suikoden IV propose des graphismes à des années lumière d’un Final Fantasy X ou encore d’un Star Ocean 3 (pour ne citer que les références du genre en Europe). Intégralement en 3D, le titre de Konami souffre de défauts handicapants. Alors que les dernières productions de la firme nippone sont de vraies leçons de programmation, Suikoden IV nous invite quelques années en arrière de par un aliasing monstrueux et des scintillements omniprésents. De même, les différents environnements restent assez ternes, ces derniers sont peu colorés et restent généralement dans le gris, bleu, marron. Pourtant le charme opère et certains tableaux sont tout simplement magnifiques, comme certains villages ou encore quelques coins de verdure modélisés à la perfection. Les effets lumineux lors des combats sont heureusement irréprochables. La modélisation des différents protagonistes est elle aussi réussie, ces derniers sont nombreux et disposent chacun d’un design unique. En revanche, la modélisation reste parfois un peu anguleuse et les visages manquent d’expression. Les animations sont de qualité, les personnages bougent avec naturel, bien que la course du héros soit ratée… Les bateaux ont également fait l’objet d’un soin tout particulier et leur modélisation est irréprochable !
Sur le plan sonore, le constat est tout aussi positif. Sans atteindre le génie des productions Square-Enix, les différentes compositions musicales collent parfaitement à l’ambiance maritime du jeu. Chaque lieu à son propre thème et on se surprend parfois à fredonner un air entendu quelques secondes plus tôt dans le jeu. Mention spéciale aux thèmes d’ouverture et de fin tout simplement splendides ! A cela, il faut ajouter des bruitages de qualité, le bruit des pas selon les surfaces, les claquements de porte, le bruit des vagues, tout est fidèlement reproduit et réaliste. Enfin, et pour la première fois dans la série, les personnages ont été doublés. Comme dans Final Fantasy X, seules les cinématiques importantes disposent de voix et il faut bien reconnaître que l’ambiance s’en retrouver renforcée. Les voix choisies (restées en anglais) collent parfaitement aux personnages et les intonations sont parfaites. Seule bizarrerie, l’absence de doublage du héros. Ce dernier reste bien muet au cours de l’aventure et s’exprime à peu de reprises par le biais de petites phrases non doublées. Etrange…Durée de vie à double tranchantEnfin, il me reste à traiter d’un dernier point important pour un RPG : sa durée de vie. Les jeux de rôle sont réputés pour leur longévité qui nous fait rester des dizaines d’heures devant notre écran de télévision. Ce Suikoden IV ne déroge pas à la règle mais déçoit néanmoins. Il ne faudra qu’à peine 25 heures pour boucler le scénario du jeu ! Cette durée comprend en plus d’interminables trajets en haute mer, lents et souvent très longs. Heureusement, en cours d’aventure, un personnage permettra de se téléporter à n’importe quel endroit de la carte, faisant ainsi gagner un temps précieux…
Si la durée de vie semble courte de prime abord, il ne faut pas négliger les quêtes annexes qui rallongent considérablement la longévité du titre. Parmi celles-ci, la quête des 108 personnages qui a elle seule rallonge le temps de jeu de plusieurs heures. On pourra également passer quelques dizaines de minutes sur l’un des mini-jeux présents : la pêche, le lancer de dés, le jeu de cartes…, autant de petits jeux simplistes mais au pouvoir accrocheur indéniable. De même, vous pourrez partir à la recherche de trésors perdus après avoir récupérer les cartes (30 au total) ou encore pousser la personnalisation de votre navire à son maximum en cherchant par ci par là de nouvelles pièces. Au final, pour ceux qui comptent boucler l’aventure à son maximum, la durée de vie dépasser allégrement les 40 heures de jeu (j’ai terminé le jeu en 36 heures, en ayant 101 personnages mais en négligeant la recherche aux trésors de toute sorte).
Verdict
Au final, Suikoden IV est un bon RPG. Certes sur de nombreux points, le titre de Konami ne tient pas la comparaison avec les jeux du maître Square-Enix (réalisation graphique décevante, scénario manquant de rebondissements, « durée de vie courte »), mais il reste un RPG, en français et disposant d’un mode 60hz, agréable à jouer, se suivant avec passion et proposant un système de combats riche et original. Denrée rarissime sur le Vieux Continent, ce RPG de Konami mérite que l’on s’y attarde !
Le Village PF

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie