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Street Hoops

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Avant de démarrer ce test de Street Hoops en détail, il convient de faire un petit topo sur ce qui a motivé Activision à créer ce jeu. Le monde du basket-ball est séparé en 2 deux camps qui bien que diamétralement opposés se rejoignent parfois pour le meilleur ou pour le pire...

Opposés parce que le basket de « club » est avant tout un basket technique et tactique, au sens collectif, où l’homogénéité du groupe prime sur la performance individuelle. Chacun à un rôle bien définit et c’est le coach qui gère l’ensemble, mettant en place des systèmes de jeux, travaillés longuement au tableau noir. Barbant dirons certains, et c’est dans cette optique que le basket de rue s’est développé. Les règles sont les mêmes mais leur interprétation est bien différente. Des contacts plus viriles, un rythme plus rapide, en street ball, la part belle est laissée au spectacle, et le jeu ne s’arrête pas pour une petite touchette sur une partie du corps de l’attaquant… Chacun exprime son talent, son style particulier en laissant libre court à son imagination pour tenter les gestes les plus fous. Bizarrement ces deux styles de jeux, se retrouvent fréquemment, et les playgrounds américains sont un véritable vivier de superstars, dans lesquels les universités et parfois même la NBA (meilleure championnant au monde)viennent puiser.

La plupart des joueurs professionnels ont débuté le basket sur le terrain de leurs quartiers, et les Vince Carter, Allen Iverson ; Jason Williams et autre Tracy McGrady ont tous commencé par écraser quelques dunks et distiller quelques no-look pass sur des playgrounds aussi légendaires qu’insalubres.

Mais cette école à la dure est à double tranchant et certains joueurs ne parviennent pas à s’acclimater au basket très stricte d’une équipe pro ou universitaire (encore plus stricte peut-être). Le cas le plus flagrant est sans aucun doute Loyd Daniels, l’un des joueurs les plus mythique du street ball. Légende des playgrounds New Yorkais, Mr Daniels a même été recruté par les San Antonio Spurs il y a quelques années, mais cet essai s’est révélé être un cuisant échec, on perd difficilement en une saison des attitudes qu’on a développé en toute une vie.
Mais depuis quelques années, la face cachée du basket internationale est sortit de l’ombre.

Depuis l’avènement de la marque AND 1 (créé par Latrel Sprewell, bondissant joueur des Knicks de New York), la promotion du basket de rue est passée à la vitesse supérieure. Le concept de ce nouvel équipementier est simple, pour promouvoir leurs produits et accentuer le phénomène street, ils ont recruté des légendes alors inconnues du grand public, les ont mit dans un bus et direction les playgrounds les plus célèbres des Etats-Unis ! Le And 1 Mix Tape Tour était né. Ces joueurs sont devenus rapidement de véritables stars, presque autant que leurs homologues de la NBA et Hot Sauce, Booger, Main Event, Fifty, Skip To My Lou et autres Half Man Half Amazing (admirez les surnoms svp !) sont les nouveaux modèles qui inspirent tous les joueurs de basket à travers le monde. A juste titre puisque ces virtuoses du dribble ou du dunk sont capable de tout, leur agilité balle en main est assez effarante, de même que leur potentiel physique qui est égal, si ce n’est supérieur, à celui d’un athlète de haut niveau. Du spectacle, des stars, des idoles même, voilà de quoi attirer bien des attentions et Activision s’est empressé de surfer sur la vague And 1 en proposant en partenariat avec cette marque un titre exclusivement street ball : Street Hoops ! AND 1 Mix Tape sur ta PS2 !La séquence d’intro était prévisible, il s’agit tout bonnement d’un medley des images les plus impressionnantes que le AND 1 mix tape tour a rapporté de ses différents périples à travers le pays de l’Oncle Sam. Un intro juste grisante qui met tout de suite dans l’ambiance ! L’ambiance... C’est sans aucun doute le gros point fort de Street Hoops. Que ce soit le design des menus ou la bande son, c’est du très bon boulot, et l’on navigue aisément dans les divers modes de jeu. A l’instar des autres titres d’Activision (Tony Hawk’s Pro Skater, Matt Hoffman’s Pro BMX etc…) la BO bénéficie d’un soin tout particulier et pléthore d’interprétes connus y participent. Les inséparables Method Man & Redman (Da Rockwilder fait partie des morceaux selectionnables, Rulezzz !), Cypress Hill, Mos Def, X-Zibit, Dmx, la plupart des artistes à la mode de la scéne Hip-Hop sont présents, et cette BO est des plus cohérentes compte tenu de l’esprit du jeu, qui donne dans la « street attitude ». On remarque également quelques petits détails sympa comme lorsqu’on choisit des fringues pour ses joueurs, la séance « pretty woman » se déroule dans une boutique de sport ou plusieurs marques de vêtement sont sélectionnables. Agréable. «Comment tu vas sauce piquante ? moi c’est moitié homme moitié incroyable !» Les modes de jeu sont finalement peu variés et même si certain d’entre eux sont intéressants, nous aurions aimé davantage de diversité et surtout un mode « training » complet. Le challenge proposé n’est reste pas moins prenant. Vous pouvez participer par exemple à un match exhibition, 3 contre 3 jusqu’à 5 contre 5, sur moitié une moitié de terrain ou en full court. Un mode Lord Of The Court est en quelques sortes un mode « challenge » ou vous devez réaliser le maximum d’actions (passe, dribbles ou dunks) spectaculaires pour engranger des poins et ainsi débloquer de nombreux bonus. Très fun mais aussi très technique puisque ce mode ne deviens véritablement intéressant qu’après de longues heures de jeux en mode World Tournament pour maîtriser parfaitement le paddle, très (trop ?) optimisé, et surtout après avoir débloqué les mouvements et personnages dans celui-ci. En effet au départ vous ne disposez que de peu de mouvements, et le World Tournament vous permettra de gagner l’argent nécessaire à dévoiler tous les styles de jeu propre aux légendes des playgrounds comme Hot Sauce ou Half Man Half Amazing. Vous pourrez ensuite utiliser ces techniques avec des joueurs de votre création.

Pour gagner les précieux dollars il vous faudra bien évidemment gagner des matchs, mais, option appréciable, ce mode vous offre la possibilité de parier sur la rencontre en misant sur la victoire de votre équipe ou sur ces performances (le plus de rebonds, de contres etc…). Bien vu de la part des développeurs puisque cette option pimente largement les matchs et on se transcende pour réaliser les objectifs fixés et tout simplement pulvériser l’équipe adverse ! Street Hoops, c’est avant tout un jeu stylé et l’argent que vous amassez sert également à customiser des pieds à la tête vos joueurs. Chaussures, shorts, maillots, tatouage, bandeau, chaussette, bijoux, absolument tout est modifiable, à condition d’avoir de les moyens car la marque c’est pas donné ! Les fabricants les plus en vogue dans le milieu sont présents, And 1 bien sûr, mais aussi Sean John, Snoop Dogg clothing, Fila et bien d’autres encore. Par ailleurs on peut choisir d’habiller chaque joueurs différemment ou au contraire de les saper tous avec les mêmes fringues, ce que je vous conseille, l’action étant parfois confuse il est préférable de reconnaître facilement ses joueurs à l’écran... « Puis-je te postériser ? »C’est bien joli tout ça mais l’esprit street ball est-il vraiment palpable sur le terrain ? Globalement on peut dire oui. Le travail effectué sur les animations est remarquable, et c’est un véritable régale pour les yeux de voir des actions célèbres des vidéos And 1 Mix Tape réalisées en 3D. Les cross-overs et feintes hallucinantes de Hot Sauce, les dunks stratosphériques de Fifty, les dribbles entre les jambes de Skip To My Lou, Activision n’a pas oublié un seul geste. Les arabesques de nos fantasques joueurs s’enchaînent avec une exceptionnelle fluidité et on passe de long moment dans le mode ralenti pour disséquer chaque action dans les moindres détails. Il faudra bien sûr jongler avec les boutons du pad et combiner des touches pour effectuer Alley Oops et autres Spin move.

Mais une fois les commandes mémorisées la jouabilité devient vraiment « trippante » puisque pour la première fois dans un jeu on peut par exemple envoyer la ballon contre la panneau pour le reprendre en dunk ou tout simplement pour un coéquipier qui pliera le cercle à son tour. On peut même faire tomber le défenseur adverse par terre en lui plaçant une petite feinte de derrière les fagots et lui faire ainsi quitter son short ! (co. George Eddy 1993). Du grand art de ce côté là. Sans parler des petites scènes de chambrages après un gros dunk (on peut aussi narguer l’adversaire en appuyant sur le stick analogique gauche) ou du déhanchement d’un joueur après avoir subit une faute comme si tout à coup il était devenu boiteux ! Indigne de l’Emotion EngineBizarrement pour des animations plus simple, le résultat est très décevant. En effet les joueurs courent d’une drôle de façon, un peu comme s’ils faisaient du roller, les bras ballants. On s’en rend surtout compte lorsqu’on n’a pas la balle. De plus les possibilités énormes qu’offre l’optimisation de la manette est gravement entachée par une action beaucoup trop, pour ne pas dire excessivement, rapide. Ça va tellement vite qu’on a du mal à voir ce qui se passe à l’écran et on finit par tapoter frénétiquement sur les boutons pour s’en sortir (en défense notamment). Vraiment dommage, de plus l’intelligence artificielle laisse à désirer, la console fait son match sans vraiment s’adapter à votre jeu, et de toutes façons ça va bien trop vite pour qu’elle en ai le temps. Globalement l’action est souvent confuse et c’est très frustrant.

La réalisation graphique rajoute encore un peu plus à la panique général qui règne pendant les parties. Les proportions des joueurs sont très approximatives, les bras et les mains sont complètement disproportionnés par rapport au reste du corps, et même comparé aux bas de gamme en terme de réalisation, comme Street Nba, ça fait vraiment pitié. Les couleurs sont ternes, fadasses, ça fait penser à du Tony Hawk sur PSone (Activision doit avoir un problème avec les couleurs chaudes et flashies), en clair c’est indigne de la PS2 capable de faire tourner un NBA 2k3. A titre de comparaison les playgrounds comme Rucker Park sont bien mieux modélisés dans NBA 2K2 sur Dreamcast. Visuellement il faut le reconnaître, Street Hoops n’a rien d’accrocheur. Une daube de plus alors ?

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test écrit par Joffrey


  • 4 / 10

    Graphismes

  • 7 / 10

    Jouabilité

  • 9 / 10

    Son

  • 7 / 10

    Durée de vie

6.5 / 10

Verdict

Non. Même si la réalisation graphique de Street Hoops est ratée, les autres aspects du jeu prennent le pas. C’est moche (mais quand même stylé attention !) mais on s’amuse ! Ca bouge bien, on prend du plaisir à réaliser des mouvements spectaculaires et jusque là réservé aux bondissantes stars des playgrounds américains. Mais cette production un peu « underground » de la part d’Activision est justement réservée à un public de connaisseurs qui s’intéresse au milieu du street ball et pour qui Hot Sauce n’est pas une sauce piquante qu’on trouve dans l’épicerie Mexicaine du coin ! Pour les vrais passionnés de Basket made in And 1, Street Hoops est un titre à part qui réserve malgré tout d’excellent moment, et qui témoigne d’un certain mode vie, vivre pour l’amour du jeu...

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