
State of Emergency
publié le 12 avril 2003- Etat : Disponible
- Développeur :Vis Entertainment
- Distributeur :Take Two Interactive
- Genre :Action
- 22/02/2002
- 20/02/2002
- inconnue
Grand Theft Auto 3… Un titre qui résonne encore dans la tête de nombreux possesseurs de Playstation 2… En effet, en octobre 2001, Rockstar Games créait la sensation en commercialisant un jeu surprise qui séduisit les joueurs grâce à un gameplay riche et varié ainsi qu’une liberté d’action presque totale.
Quelques mois après, l’éditeur tente de renouveler cet exploit en surfant sur la vague des thèmes polémiques. Ainsi, après le meurtre, la prostitution, ou encore la drogue, nous avons droit aux manifestations et aux débordements qu’elles peuvent occasionner. Développé par Vis Entertainment, déjà auteur d’EarthWorm Jim 3D, sur Nintendo 64, State of Emergency (SoE) a pour principale ambition de renouveler le genre du beat’em all. Reste à savoir si ce challenge a été relevé par l’équipe de développement… Avant-proposContrairement à ce que nombre de joueurs pensent, il est assez peu fortuit de comparer State of Emergency à GTA 3. Certes, l’éditeur est le même et les thèmes abordés sensiblement proches ; néanmoins, leur catégorie les différencie totalement. En effet, alors même que SoE est un beat’em all, Grand Theft Auto 3 est un soft d’action / aventure. Ceci étant clarifié, plongeons-nous, si vous le voulez bien, dans l’univers de la dernière production de Vis Entertainment. Une lutte acharnée contre le capitalismeState of Emergency commence via une cinématique vous situant en plein cœur d’une cité, Capitol City, plongée en plein désarroi. En effet, suite à vingt-cinq années de troubles marquées par la présence, au pouvoir, d’une corporation ayant écrasé le peuple via une politique économique plus que discutable, des citoyens ont décidé de se rebeller et de former une groupuscule, au nom évocateur de "Freedom", afin de destituer les dirigeants en place. Bien évidemment, vous faîtes partie de ce mouvement clandestin et, en conséquence, diverses tâches vous sont confiées avec, en cas de succès, la libération du peuple. Néanmoins, malheureusement pour vous, d’autres gangs se sont formés et ils comptent bien profiter de la situation de crise pour asseoir leur domination sur la ville. Ainsi, il vous faudra, eux aussi, les affronter. Pour ce faire, cinq personnages sont mis à votre disposition, dont deux, seulement, accessibles dès le début de la partie. La révolution passe par le chaosDans State of Emergency, deux modes de jeux sont disponibles, chacun d’entre eux vous permettant d’exercer vos talents de criminel dans les quatre quartiers composant Capitol City. Tout d’abord, le "Chaos" s ‘apparente à un mode arcade où vous être libre de faire tout ce que vous souhaitez. Ainsi, vous aurez à engranger un maximum de points en tuant vos ennemis, en prenant bien garde d’épargner les civils, sous peine de voir votre compteur diminuer, le tout avec une limite de temps. Notez que si vous atteignez certains paliers de points, de nouvelles zones vous sont accessibles et une nouvelle quête sera disponible. Cette dernière vous offre la possibilité de tuer deux cents soldats le plus rapidement possible.
Le mode "Révolution" s’apparente, quant à lui, au mode "aventure". En effet, vous aurez à accomplir diverses tâches qui vous seront communiquées par les membres de "Freedom". Au nombre de cent soixante-quinze, ces missions consistent, la plupart du temps, à escorter un allié, détruire un magasin, abattre un ennemi, récupérer des objets… Malheureusement, la répétitivité des objectifs qui vous sont confiés aura tôt fait de vous agacer et vous risquez de vous lasser bien vite de ce mode. De plus, la présence d’une flèche, en haut de l’écran, facilite grandement vos parties et diminue, en conséquence, l’intérêt du soft. Par ailleurs, malgré les quatre quartiers que compte le jeu (centre commercial, Chinatown, quartier est et, enfin, quartier général de la Corporation), la redondance des situations est toujours de mise. Un arsenal varié et dévastateur Tout beat’em all qui se respecte propose un grand éventail d’armes et, bien évidemment, State of Emergency n’échappe pas à la règle. En tout premier lieu, vous disposez, comme vous pouvez vous en douter, de vos poings. Ceux-ci vous seront bien utiles si vous ne trouvez aucun ustensile de combat… ce qui n’arrivera pas souvent, rassurez-vous. Ainsi, vous avez à votre disposition une artillerie ravageuse regroupant, notamment, une hache, un sabre, un pistolet, un fusil à pompe, un lance-grenades, un AK-47, un lance-flammes… Et si cela ne vous suffit pas, de nombreux éléments du décor sont utilisables : pancartes, sièges, poubelles… Bref, tous les coups sont permis dans ce jeu. Une réalisation acceptableLa première chose qui frappe, la première fois que l’on joue à SoE, réside, incontestablement, dans le nombre élevé de personnages affichés à l’écran. En effet, il n’est pas rare de voir près de 250 protagonistes courir dans tous les sens, avec, seulement, quelques rares ralentissements, de temps à autre. Un bien bel exploit qui relègue loin derrière un titre comme Dynasty Warriors 2 qui n’affichait "que" quelques dizaines de combattants, en même temps. De plus, chaque civil dispose d’une intelligence artificielle qui lui est propre, ce qui donne, assurément, l’impression de voir une vraie société évoluer face à soi. En ce qui concerne les graphismes, ce jeu est assez réussi avec un design "cartoonesque". Les personnages, bien que peu détaillés, sont joliment dessinés, de même que les décors fourmillent de détail et sont fort variés. Ainsi, State of Emergency est un réel plaisir pour les yeux mais, malheureusement, il n’en est pas de même pour la bande sonore. En effet, même si les bruitages sont assez réalistes, notamment les cris des passants, les musiques se révèlent rapidement insipides, vous forçant, irrémédiablement, à couper le son de votre téléviseur. Un triste fait si l’on se souvient des mythiques musiques de Grand Theft Auto 3… Enfin, sachez que la jouabilité, bien qu’instinctive, présente quelques défauts. Par exemple, le système de visée n’est pas exempt de reproches et il vous faudra recadrer bien souvent la caméra, sous peine de rater votre mission.
Verdict
Au final, ce State of Emergency surprend autant qu’il déçoit. Nous ne vous ferons pas un long discours sur le côté politiquement incorrect du soft avec, notamment, des meurtres de civils innocents, mais sachez que SoE s’adresse, tout de même, à un public mature ; les jeunes enfants risquant de ne pas comprendre l’aspect décalé et provocateur du jeu. Néanmoins, bien qu’il soit techniquement très abouti, ce titre regorge de défauts dont le plus gênant est, assurément, la répétitivité de l’action. Nul doute qu’un mode multi-joueurs aurait changé cette donne… En d’autres termes, State of Emergency est un bon défouloir que son petit prix, quarante-cinq euros, rend attractifs. Toutefois, vous risquez de rapidement vous en lasser, à votre plus grand regret.

A partir de 3.9 €
Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie