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Soul Reaver 2

Soul Reaver 2

publié le 11 avril 2003
  • 23/11/2001
  • 05/11/2001

Cry me a (soul) reaverEst-ce que vous avez senti ? Non ? Normal, elle ne fait pas de bruit quand elle vous frôle, telle une légère brise sur votre cou dénudé, et avant que vous vous en soyez aperçu, il ne reste de son passage que deux petits écrins rougeâtres, marques irrémédiables du sceau de son avidité pour le goût de votre sang chaud ! Elle c'est la desmodus rotundus, plus connue sous le nom de chauve souris. Enfermée dans une mythologie directement liée à sa tendance à sucer le sang de ses victimes, la pauvre petite bête moche, traîne derrière elle une réputation de monstre largement relayée par le cinéma et la littérature. Les jeux vidéo ne pouvant passer à côté d'une telle "mânes" horrifique, il fallait donc que le vampirisme débarque sur nos bonnes vieilles consoles un jour ou l'autre.

S'il n'est pas le premier vampire de l'histoire des jeux vidéo, Raziel, ange déchu, voué au vampirisme par ses pères, n'en est pas moins le plus charismatique et le plus mythologique aussi.

La véritable réussite du premier volet de Soul Reaver, tenait dans l'exploitation parfaite de deux univers totalement dissociables mais complémentaires (la sphère matérielle et la sphère spectrale), donnant au titre d'Eidos une durée de vie monstrueuse, car quasiment doublée par rapport à un jeu classique. Mais cette réussite tenait également (et surtout a-t-on envie de dire) dans l'authenticité d'un monde totalement cohérent. Avec ses codes, son histoire, ses ethnies, ses architectures si particulières et si crédibles, ses lieux bourrés de références à un passé renvoyant à un empire jamais perdu...un véritable Lord of the Rings à la sauce canine !

Après le succès de Soul Reaver : Legacy of Kain sur PSOne, SR2 se devait d'être au minimum aussi bon, sinon une nouvelle référence sur 128bits, dans la catégorie poids lourds du jeu d'aventure.
Le pari était loin d'être gagné pour l'équipe de Crystal Dynamics. Nous allons donc voir s'il a été atteint... Une histoire d'os Les enjeux ici sont simples : La quête de Raziel, pour connaître la vérité sur ce qui est à l'origine de la chute de l'empire de Nosgorth, son hésitation ambiguë entre le monde des humains et des vampires, se poursuit dans cette séquelle totalement originale, et , donnant la possibilité aux nouveaux venus, de rentrer dans le vif du sujet, sans avoir eu besoin de jouer à son aîné sur 32 bits. Inutile de connaître la source pour profiter de la bienfaisance de cette eau-la. Toutefois, la majesté des lieux se savoure peut être plus lorsque l'on connaît les tenants et les aboutissants. A vous de voir.

Comme l'on pouvait s'y attendre, certains points restés en suspend, trouvent ici leur conclusion, comme le rôle tout particulier de Raziel dans le déclin de Nosgorth, et des révélations sur la chute des colonnes, lieu stratégique, gardé par les sorciers du cercle des neuf, ayant abandonnés l'endroit pour se consacrer à de sombres plans. Mais de la rédemption de Raziel, il est aussi question... comme vous le voyez, d'autres interrogations surgissent à leur tour, et ne doutons pas un seul instant qu'elles trouvent leur solution dans le prochain épisode, peut-être sur PS3, qui sait.

De nouveaux personnages charismatiques font aussi leur entrée, et d'autres reviennent pourrir les pensées déjà tourmentées du suceur Raziel. L'intrigue tourne autour de trois personnages, Raziel donc, Kain et Moebius...mais bien d'autres viennent se greffer à ce trio maléfique. A travers plusieurs époques qu'il va explorer, Raziel découvre qu'il est celui qui pourrait faire basculer, dans un sens comme dans l'autre, le destin trouble du territoire de Nosgorth....

Ce qui pouvait apparaître dans SR1, comme les fondations d'une fabuleuse série, combinant le meilleur du cinéma, et de la littérature fantastique, trouve aujourd'hui ses limites, tout du moins en ce qui me concerne.

On sent que les géniteurs de cet opus ont voulu transmettre aux joueurs, toute la portée mythologique de leur entreprise, quasi métaphysique même, n'hésitant pas à faire appel pour ce faire à des thèmes ayant depuis des siècles fait leur preuves dans la dramaturgie classique (le mythe du père que l'on doit tuer, la chute de l'élu etc...), mais si l'on peut comprendre l'ambition affichée par ceux-ci, il est beaucoup moins sûr que le commun des mortels, dont je suis, boive les paroles interminables et finalement très pompeuses de Moebius, Kain et autre grandes figures de l'aventure. Et c'est en fait en essayant de faire passer les longues séquences explicatives que le salut du joueur se fera... voila que je parle comme eux ! Peut-on avouer sans honte que l'ennui guette parfois, et qu'un sourire gêné peut même se dessiner... Mais heureusement, le jeu reprend de plus bel, et de quelle manière ! Gameplay et autres petits bonheurs Pour être tout à fait honnête, fan de la première heure de son glorieux ancêtre, je ne me trompe pas en disant qu'ici, point besoin d'apprentissage pour se faire la main sur les races que l'on croise. Raziel gagne ici en fluidité, la maniabilité est excellente, et aucun ralentissement dans l'animation ne vient altérer tous ces bons points. Pour avancer, il faut dégommer du monstre (qui ont gagné en cervelle) bien plus agressifs que par le passé, solutionner des énigmes et autres puzzles qui, bien souvent, sont votre seule porte de sortie.

L'un des points positifs est l'acquisition dès le début de l'aventure, de tous les pouvoirs chèrement acquis dans Soul Reaver 1. D'autres sont à découvrir au fur et à mesure de vos pérégrinations. Sans en déflorer trop, disons que votre Soul Reaver va être mis à rude épreuve !
La progression de chaque partie du jeu se fait assez aisément, non pas que les énigmes soient très simples, mais un dosage excellent entre phases de recherches, et aventure pure vous donne l'impression de réellement participer à l'histoire, d'évoluer à votre guise et surtout à votre rythme. Aucune linéarité ne se fait sentir, et vous n'allez pas rester bloquer bien longtemps à un endroit.

Prenez également le temps de regarder de plus près les paysages qui vous entourent. Ils sont splendides, et vous pourrez au moins rendre grâce aux artistes qui se sont cassés la tête pour vous ! Les effets spéciaux sont assez réussis (les pouvoirs de chaque monstre, etc...), même si l'on peut rester sur sa faim quant à leur impact visuel.

Ce qui avait fait la popularité (largement marketée par Eidos pour ceux qui s'en souviennent) de Soul Reaver premier du nom, était la gestion de deux univers parallèles. Nous découvrions à l'époque sous nos yeux ébahis, les morphings les plus bluffants qu'on ait vu dans un jeu vidéo. D'un monde strict, clair et rigoureux, on passait à un autre torturé, malade et sombre.

On retrouve cette idée géniale dans SR2, mais là, la déception est de rigueur...ben oui, le monde bis est toujours présent, mais les sensations de "glissements" vers celui-ci sont presque imperceptibles... pis, au premier coup d'œil, il nous semble qu'aucune transformation n'ait eu lieu, la distorsion des environnements étant nettement moins flagrante !

Pour ce qui est des aires de jeux, elles sont très grandes, mais on a moins tendance à se perdre dans ce vaste territoire, que par le passé. Une boussole et une carte concise mais précieuse vous-y aide.

Venons-en aux combats, coeur du jeu. Globalement rien n'a changé, le mode de fonctionnement se veut bien traditionnel, et les phases de batailles, si elles ne durent généralement que le temps de pulvériser vos adversaires, sont assez intenses et, 128bits oblige, il faut souvent se dépêcher de mettre à terre vos ennemis, sous peine de devoir se battre contre une véritable armada !

Raziel nage, vole, court, marche, peut dans certaines phases de jeu, enchaîner des mouvements plus complexes. On peut bastonner, dézinguer, donner de véritables coups de massues, avec les armes mises à votre disposition, et pour les pervers, les plus viscéraux qui nous lisent, ils prendront plaisir à couper qui, une tête, qui un bras, pour ensuite embrocher, en fin gourmet, les pauvres hères... une jouissance totale quoi !

Vous pouvez toujours dévorer les âmes des vaincus, ramper au sol, et, grâce a vos pouvoirs télékhinésiques, déstabiliser l'ennemi en le projetant violemment en arrière. Un système ingénieux fait son apparition, avec, explications sur l'écran à l'appui, une fonction permettant de locker votre ennemi. Un léger cercle rouge vous indique que celui-ci est votre cible. Relâcher le bouton R1, et vous pouvez choisir une autre cible à pourfendre.

Enfin, last but not least, on constate avec plaisir qu'après Naughty Dog's, et leur féerique Jak and Daxter, c'est au tour de Soul Reaver 2 de délivrer le joueur de la plaie la plus grande que connaît le jeu vidéo aujourd'hui : le loading. Ici rien de rien, la totalité de l'aventure se vit en continu sans entracte malvenu. L'image et les sons ! Partageant son développement visuel entre cinématique en temps réel, et plage de jeu pur, l'équipe de Crystal Dynamics concentre son énergie à vouloir conserver à Soul Reaver 2, le côté légèrement bande dessinée, sans effet de cell-shading du moins, mais bien loin de titres au look hyper-réaliste tel MGS2 ou Onimusha. On peut apprécier cet état de faits, ou se demander si un peu plus de lifting n'aurait pas rendu plus attrayant l'aspect graphique de l'ensemble. De petites pépites visuelles (comme ces corbeaux disparaissant à votre approche, ou l'herbe haute mouvante) nous laissent entrevoir ce qu'aurait pu donner un Raziel plus racé et plus adulte sur le traitement de son look. Il faut bien dire que, mise à part la finesse des textures et des effets splendides, mais c'est aujourd'hui le strict minimum, il ne semble pas y avoir un monde, entre la version PSOne et celle-ci, ce qui est assez navrant. Comme on évolue dans des lieux le plus souvent assez sombres, les effets de lumières (torches ou rayons provenant des armes) jouent un rôle primordial. Là, strictement rien à redire, c'est tout bon.

Le grand compliment vient par contre des musiques, et des sons. Chaque petit clapotis, le moindre pas dans la boue, sans parler de la tension qui accompagne chaque entrée dans un lieu nouveau ou déterminant pour la suite de l'action, se fait sans transition, et colle parfaitement à l'ambiance tendue.

Si les musiques sont réussies, on ne peut malheureusement pas en dire autant des voix des protagonistes, qui s'écoutent dans la douleur.... les acteurs ne prennent décidément pas trop au sérieux ce nouveau média, qui a pourtant déjà ses chef-d'œuvres... non, les jeux vidéo c'est pour les crétins et les décérébrés ! Les accents grandiloquents succèdent aux aboiements. Tant pis, il faudra qu'un jour quelqu'un leur explique.

Un autre détail horripilant. Si vous faites attention, vous verrez que les sentinelles... ont tous la voix d'une femme ! Sacrilège lorsque ces derniers sont plutôt du genre masculin !
Il faudra décidément leur expliquer... Epilogue ?Mais...mais on a beau se pâmer devant des décors vertigineux et, pour tout dire, renversants au sens propre comme au sens figuré, s'enivrer de mille et un petit frissons, il y a malgré tout un petit goût d'inachevé quelque part. D'inachevé ou de déception ?
Non, le décalage est tout autre. Il faut chercher du côté du renouvellement de la série.

Depuis le premier volet, qui a quand même quelques années, il s'en est passé. Et si l'on ne peut que louer le travail d'orfèvre des designers et des programmeurs, il est fort dommage, que l'on ne puisse pas applaudir des deux mains à l'originalité et au renouveau qui auraient dû faire partie de l'aventure de cette version PS2.

Le plus gros problème de Soul Reaver 2 tient, en fait, dans son caractère aujourd'hui légèrement désuet. Car depuis, qui a pu voir tourner Devil May Cry, pour ne citer que lui, peut difficilement s'identifier sur la longueur à SR2. Le choix d'un design délibérément peu réaliste, en ce qui concerne les personnages, ajoute au malaise.
Le glauque et la peur s'accommodent mal d'un ton, sur la forme, un tant soit peu léger. Alors que l'on attendait un Raziel hardcore, empreint d'une nouvelle vigueur acquise à grands coups de pixels ajoutés, on le retrouve inchangé, identique en tous points à celui que l'on avait quitté. Jusque dans les joutes, strictement identiques. C'est sûr, les pantouflards s'y retrouveront sans peine ! Vous l'avez compris, la maturité ça sera pour le prochain.

Ajoutez à cela un doublage français confinant au ridicule pour certaines voix, et qui n'en finit pas de faire hurler les fans de l'hexagone (vous verrez, malheureusement !) du moins c'est ce que j'espère, des cinématiques moins flamboyantes que sur PSOne (un comble), des personnages caricaturaux, et finalement assez peu convaincants, et vous aurez une bonne vision de la petite déception accompagnant le retour du buveur de sang.

Mais qui dit petite déception, ne dit pas forcément mauvais titre. Et la ludothèque de la PS2 ne peut que s'enorgueillir de celui-ci. Oui, on chipote, on pinaille, mais finalement, n'est-ce pas justice tant l'attente fût grande ? Il faut reconnaître à SR2 ses mérites, ses (grandes) qualités, mais également ses errances, et ses points faibles. C'est chose faite. Maintenant, passer son chemin serait une grave erreur, car le jeu est assez long somme toute (15 à 17 heures pour boucler l'ensemble), l'ambiance plutôt pesante (grâce notamment aux musiques et aux sons voir plus haut), et c'est finalement avec délectation sans jamais voir passer les heures (sauf pendant certains dialogues interminables qui....bon ok , j'arrête !) que l'on parcourt les marécages poisseux de Nosgorth. Et puis c'est quand même le seul vampire respectable sur PS2 pour le moment quoi ! De plus, des bonus sympathiques, que je ne vous dévoilerai pas ici, sont intégrés au DVD.

Soul Reaver 2 - 9 Soul Reaver 2 - 4 Soul Reaver 2 - 3 Soul Reaver 2 - 5 Soul Reaver 2 - 7 Soul Reaver 2 - 6 Soul Reaver 2 - 2 Soul Reaver 2 - 8 Soul Reaver 2 - 10 Soul Reaver 2 - 1 Soul Reaver 2 - 11 Soul Reaver 2 - 12 Soul Reaver 2 - 13 Soul Reaver 2 - 14 Soul Reaver 2 - 15



test écrit par Paulo


  • 7 / 10

    Graphismes

  • 8 / 10

    Jouabilité

  • 7 / 10

    Son

  • 7 / 10

    Durée de vie

7.5 / 10

Verdict

Un dernier conseil de préparation avant de vous plonger à corps perdu dans le monde inquiétant de Nosgorth : Vivez une semaine dans votre cave, nourrissez-vous de cloportes rampants et gluants, laissez-vous pousser les incisives et peignez-vous en bleu outremer! Ce sont les conditions sine qua non pour apprécier à sa juste valeur Soul Reaver 2 : Legacy of Kain...

- / 10

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Infos Jeu
Soul Reaver 2

Soul Reaver 2

7.5 / 10
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