Shinobi - Test PS2
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Shinobi

Shinobi

publié le 11 avril 2003
  • 14/05/2003
  • 14/11/2002

C’est en 1987 qu’est sorti le premier épisode de Shinobi, c’était en arcade. La première apparation du ninja sur console se fit un an plus tard sur Master System. Toutes les plateformes de Sega eurent alors droit à leur épisode de Shinobi, exception faite de la Dreamcast. Pour combler le manque, Overworks fait ressurgir ce jeu mythique qui pour la première fois ne se retrouve plus sur un console estampillée Sega.

Malheureusement ce premier essai sur le monolithe noir de Sony n’aura pas donné naissance à un chef d’œuvre. Certes le jeu n’est pas mauvais, loin de là, mais il souffre de défauts qui cumulés gâche le plaisir de jeu et empêche ce Shinobi d’accéder au panthéon des hits.
Avant d’entrer un peu plus dans les détails, attardons-nous quelque peu sur le scénario du jeu. Contrairement aux épisodes précédents, vous n’incarnez plus ici Joe Musashi mais Hotsuma, maître du clan Oboro, suite au duel l’opposant à son frère (qui comme le veut la tradition Japonaise est exécuté après sa défaite). En plus de cet événement, un tremblement de terre secoue Tokyo (le Japon se trouve en effet à la rencontre de plaques tectoniques, d’où des tremblements de terre très fréquents) et fait apparaître un mage dont les desseins sont de détruire la ville. Enfin, votre clan se fait exterminer et vous, Hotsuma, dernier représentant Oboro, décidez de vous venger. Cette trame des plus classiques n’est que le prétexte pour vous faire part à des joutes musclées qui mettront vos nerfs à rudes épreuves.

En effet, le gameplay de Shinobi souffre d’un énorme défaut : son extrême difficulté. Pourtant les premières minutes de jeu arborent un visage très différent. Le jeu se prend en main aisément et les actions disponibles ne sont pas très (assez ?) nombreuses : rond pour sauter (possibilité de courir sur les murs), carré pour donner des coups, triangle pour lancer vos shurikens, L1 pour locker votre cible, R1 pour lancer vos magies et enfin croix pour enclencher le Stealth Dash (ce mouvement permet de vous téléporter quelques mètres plus loin, laissant votre ombre à sa position initiale). C’est avec ces quelques mouvements que vous devrez venir à bout des nombreux adversaires qui croiseront votre route. Autant le dire tout de suite : la difficulté est très mal dosée : les premiers niveaux se caractérisent par une difficulté quasi-inexistante et se bouclent en à peine quelques minutes. Seulement voilà, très vite le niveau de difficulté va grimper rendant votre tâche des plus hardues et pouvant décourager les joueurs les moins téméraires. Pour couronner le tout, chaque fin de niveau vous oppose à un boss (dont certains assez ridicules) et en venir à bout ne sera pas de tout repos. Enfin les développeurs ont incorporé un système de sauvegarde très mal fichu : il n’est possible de sauvegarder qu’après avoir vaincu un boss de niveau, si vous mourez à quelques encablures de la fin du stage, il vous faudra alors tout recommencer. Vite décourageant ! Mais ce n’est pas tout puisqu’après quelques stages, votre katana devra (un peu comme dans Soul Reaver) être nourri d’âmes, si vous ne lui en fournissez pas assez, elle n’hésitera pas à puiser en vous. Déjà que les nombreux ennemis ne sont pas faciles à battre, la tâche en devient du coup très compliquée. Jouer plus de deux heures de suite à Shinobi tient du miracle !

Cependant le jeu possède un capital d’attraction assez élevé : le système de combat, bien qu’assez bourrin, est bien foutu. Ici vous ne tuez pas vos ennemis, vous les coupez en deux avec votre lame. La mise à mort est d’ailleurs accompagnée d’un effet sympathique : l’ennemi se fige avant de tomber, coupé en deux. L’effet est d’ailleurs plus réussi lorsque vous venez à bout de plusieurs ennemis en un laps de temps réduit : quelque soit le nombre, vos ennemis tombent tous ensemble comme pour montrer la rapidité d’action d’un ninja. Ces petites scènes n’étaient pas indispensables mais elles apportent un peu d’originalité dans un contenu classique.

Pour terminer ce test, abordons la partie technique du soft. La première chose qui frappe est la présence encore trop prononcée des scintillements : quand Sega parviendra-t-il à maitriser le hardware de la PS2 ? Il est quand même dommage qu’après plus de deux ans de présence, certains développeurs peinent à ce point à réduire ce phénomène. De plus graphiquement, le jeu n’en met clairement pas plein la vue : Shinobi n’est pas moche au contraire il est plutôt agréable à l’œil, mais les décors sont beaucoup trop répétitifs : du début à la fin d’un niveau, vous trouverez toujours les mêmes textures, aux couleurs assez ternes. Cette impression est d’autant plus visible que le jeu vous place toujours dans un couloir : les grandes arènes où vous pouvez faire ce que vous voulez sont très rares ici. De plus la progression est très linéaire : non seulement les niveaux sont dignes de ceux des Crash Bandicoot mais en plus vous ne pouvez pas les traverser à votre guise : vous devez tuer un certain nombre d’ennemis pour libérer le passage : les niveaux sont ainsi découpés en de multiples tronçons où vous devrez tuer tout ce qui bouge. Plus dirigiste tu meurs ! Cependant, graphiquement, force est de constater que le héros et les ennemis bénéficient d’une modélisation fine, d’animations réussies et que les nombreuses cut-scenes (en synthèse ou utilisant le moteur du jeu) sont vraiment bien foutues.

Sur le plan sonore, le bilan est aussi mitigé : les musiques ne resteront pas dans les annales et deviennent même très vite lassantes : le mélange techno et musique japonaise traditionnelle, ça va bien cinq minutes. Concernant les voix, il faut reconnaître le très bon travail qui a été effectué : elles sont toujours parfaitement dans le ton (jouez en japonais, ça renforce l’immersion). Pour les bruitages, ils sont quasiment inexistants...

Enfin pour la durée de vie, ceux qui accrocheront au jeu en auront vraiment pour leur argent : en plus de la difficulté extrême du titre, vous pourrez en plus débloquer deux autres niveaux de difficulté. Pour finir le jeu comptez une bonne quinzaine d’heures, sans compter celles que vous passerez à rechercher les pièces dissimulées dans les niveaux (ces pièces permettent de débloquer d’autres perso une fois le jeu fini). Cependant, il faut reconnaître que le jeu pourra décourager de nombreux joueurs.

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test écrit par Olivier


  • 6 / 10

    Graphismes

  • 7 / 10

    Jouabilité

  • 7 / 10

    Son

  • 8 / 10

    Durée de vie

6.5 / 10

Verdict

En conclusion, le retour du ninja aura donc mal supporté le passage à la 3D. Souffrant de quelques défauts au niveau de la difficulté, des graphismes, de sa linéarité, et des musiques, il est difficile de conseiller ce Shinobi à tous joueurs. Alors que l’on attendait un hit, on doit se contenter d’un simple bon jeu qui pourrait réserver de nombreuses heures de plaisir à ceux que la difficulté extrême n’effraie pas.

- / 10

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6.5 / 10
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