
Scoubidou Démasqué
publié le 4 octobre 2005- Etat : Disponible
- Développeur :Artificial Mind & Movement
- Distributeur :THQ
- Thème :Licence audiovisuelle
- Genre :Action
- 23/09/2005
- 09/2005
- inconnue
Jusqu’alors habitués aux adaptations bancales sur Playstation 2, Scoubidou et toute sa troupe se donnent une nouvelle chance de séduire le jeune public sur le monolithe noir de Sony. Le piège de la licence facile aura t-il épargné ce nouveau jeu estampillé Scoubidou ?
Scoubidou n’est pas né de la dernière pluie et ses aventures sur le petit écran ont bercé plusieurs générations de joueurs. Alors que le jeune public peut découvrir actuellement les péripéties inédites de ce dogue allemand aussi lâche que gourmand, les programmeurs d’Artificial Mind & Movement, développeurs du très bon Scaler, se sont mis en tête d’offrir une adaptation vidéoludique enfin digne du personnage. Le pari a t-il été remporté ? Dans une certaine mesure, oui !
L’histoire débute alors que Fred entraîne la fine équipe de Mystères, Monstres & Cie en visite chez son cousin Jed, lequel a la particularité de travailler dans un atelier fabriquant toute sorte de monstres. Bien que Scoubi et Samy éprouvent quelques réticences à l’approche de l’usine, c’est ensemble que Fred, Vera, Daphné, Scoubidou et Samy franchissent les portes de Monstres, Frissons et Magie et découvrent un local désert et saccagé alors que le cousin Jed répond aux abonnés absents. Habitués à résoudre ce genre d’énigmes, la troupe se met aussitôt au travail pour élucider ce nouveau mystère.
Le joueur incarne alors Scoubidou, un chien adorable mais qui possède un énorme défaut : il est très peureux ! A défaut d’être vaillant et téméraire, Scoubi est un athlète accompli et les premières minutes de jeu à la recherche d’indices seront idéales pour apprendre les nombreux mouvements mis à notre disposition. En plus de courir, marcher, sauter, Scoubidou peut effectuer un double saut, s’accrocher en catastrophe à une corniche, se suspendre à certains objets comme une échelle ou un crochet et bien évidemment se battre. Depuis la disparition de Jed, les animatroniques, de faux monstres fait dans une matière révolutionnaire, le blob, sont devenus fous et hantent chacun des lieux que nous seront amenés à visiter. Scoubi n’aura pas d’autre choix que de prendre son courage à quatre pattes et de se battre pour sauver sa peau. Heureusement, il dispose pour cela d’une palette de coups efficace à défaut d’être consistante. Ainsi, tel un Bandicoot déchaîné, il pourra tournoyer sur lui-même, s’écraser à plat ventre sur ses victimes ou encore rouler dans leur direction pour infliger un maximum de dégâts. Si le titre n’offre là aucune originalité, il a au moins le mérite de proposer une jouabilité précise et simple d’accès, idéale pour convenir au jeune public, cible privilégiée de cette nouvelle adaptation en jeu vidéo. Cependant, comme la grande majorité des jeux de plate-forme en 3D, Scoubidou Démasqué n’échappe pas aux éternels problèmes de caméra qui auront au moins le mérite de ne pas trop pénaliser la progression et de se montrer assez discrets. Enfin, les compétences de Scoubidou peuvent être légèrement accrues par l’utilisation de costumes, lesquels s’obtiennent en échangeant un certain nombre de morceaux de blob. Dans la peau d’un karatéka, d’un ninja, d’un batman ou d’un robin des bois, Scoubi disposent de nouvelles attaques dévastatrices ou de nouveaux mouvements indispensables pour la progression. Si le kung-fu et ses attaques au ralenti sont idéales pour venir à bout des animatroniques, le costume de batman permet de planer quelques secondes dans les airs alors que l’arc de robin permet à notre chien d’atteindre mécanismes et ennemis à distance. Une excellent idée qui vient varier un peu plus un gameplay qui mêle déjà astucieusement plate-forme pure et dure, combats contre de gigantesques boss ou encore séquences de glisse ou de voltige.
En plus de proposer une jouabilité classique mais qui a déjà fait ses preuves auparavant, le titre d’Artificial Mind & Movement propose une progression qui reprend elle aussi des mécanismes déjà vus et revus mais qui fonctionnent toujours à merveille. Dans la peau de Scoubidou, le joueur aura à résoudre trois énigmes, toutes liées à la disparition de Jed, en traversant un total de trois mondes comprenant chacun trois niveaux et un boss. Malgré un cheminement ultra linéaire, mais qui peut se justifier par le fait qu’il s’agit avant tout d’un jeu destiné aux plus jeunes, on prend plaisir à traverser chacun des environnements, proposant une thématique bien spécifique, à la recherche du moindre indice. Chaque niveau comprend un certain nombre d’indices qu’il faut retrouver pour que la malicieuse Véra déchiffre l’énigme et ouvre ensuite les portes du boss, ceci donne d’ailleurs lieu à une espèce d’interrogatoire où il faut répondre aux questions de Vera en sélectionnant sa réponse parmi les indices récoltés, pratique pour vérifier que l’on a bien compris les tenants et aboutissants de l’histoire ! Malheureusement, la recherche des indices n’est pas aussi passionnante qu’escomptée puisque ces derniers sont entourés d’un énorme halo de lumière bleue visible à l’autre bout du niveau et surtout parce qu’ils se trouvent la plupart du temps disposés sur les bords des chemins que l’on emprunte obligatoirement… Heureusement, les amateurs d’exploration trouveront avec la quête des morceaux de piège (indispensable pour débloquer quelques sympathique bonus) et des aliments (nécessaires pour que Samy concocte toute sorte de repas à Scoubi, lui permettant ainsi de gagner de nouveaux points de vie), un challenge intéressant qui les poussera à fouiller de fond en comble le moindre centimètre carré de chaque environnement ! Mais d’une manière générale, le jeu est très facile et les habitués du pad en feront trop rapidement le tour, le temps d’occuper un ou deux après-midi. A réserver aux seuls débutants et jeunes joueurs donc !
Enfin, concernant la réalisation technique du jeu, A2M, qui nous avait déjà montré de quoi il était capable avec Scaler, est parvenu à retranscrire fidèlement l’univers de Scoubidou. Les personnages tout d’abord sont bien modélisés, à défaut d’être ultra détaillés, et jouissent d’un rendu en cell-shading renforçant l’impression de regarder un dessin-animé. Les environnements sont eux aussi visuellement très réussis. Les amateurs de la série seront d’ailleurs ravis de retrouver les habituelles thématiques du dessin-animé à savoir maison hantée, musée lugubre et parc d’attraction peu attrayant. Le rendu graphique est dans l’ensemble très satisfaisant, avec des textures réussies, une variété fort appréciable et une distance d’affichage qui tient largement la route. La bande son n’est pas en reste et propose des doublages (anglais sur notre version) et des bruitages de bonne facture. Les musiques sont en revanche un peu plus effacées et loin d’être marquantes.
Verdict
Finalement, après un début de carrière totalement raté sur PS2, Scoubidou bénéficie enfin d’une adaptation digne de sa réputation. Plutôt joli et agréable à jouer, le titre de THQ est une bonne surprise et devrait sans mal séduire les jeunes joueurs, beaucoup moins exigeants. Les autres auront du mal à pardonner l’extrême facilité et linéarité du soft ainsi que son manque flagrant d’originalité.

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie