
Scarface : The World is Yours
publié le 24 octobre 2006- Etat : Disponible
- Développeur :Radical Entertainment
- Distributeur :Vivendi Universal Games
- Thème :Licence audiovisuelle
- Genre :Action
- 27/10/2006
- 10/2006
- inconnue
Tony Montana est vivant. La nouvelle surprendra certainement plus d’un fan du film Scarface mais nous pouvons pourtant en témoigner, après avoir passé quelques heures en la compagniede ce célèbre gangster : ayant échappé de justesse à la mort après l’attaque de son manoir, Tony est de retour et il semble bien décidé à rebâtir son empire !
Apparu pour la première fois dans nos colonnes en août 2004, avec une sortie programmée pour l’automne 2005, c’est avec un an de retard que Scarface: The World is Yours débarque finalement sur PS2. Comme vous le savez certainement si vous avez suivi l’actualité du jeu, celui-ci vous propose d’incarner Tony Montana, un gangster dont on a pu suivre l’ascension dans le fameux Scarface de Brian de Palma et dans lequel Al Pacino prêtait ses traits à Tony.




Là où The World is Yours risque fort de dérouter les fans du film, c’est dans sa situation chronologique par rapport à ce dernier: les évènements du jeu prennent place juste après le long métrage, alors que Tony est abattu sous les yeux des spectateurs à la fin de celui-ci ! N’allez pas croire pour autant que les scénaristes de Radical Entertainment aient trouvé une sombre astuce pour redonner vie à notre héros: ils ont simplement modifié la fin du long métrage.La chuteLe jeu débute précisément lors de la scène finale du film, alors que Tony empoigne son arme pour un dernier coup d’éclat face aux sbires de son rival Sosa. Après une courte introduction à l’allure très cinématographique, vous prenez le contrôle et découvrez un système de jeu simple et efficace: L1 pour verrouiller vos adversaires, R1 pour tirer (certaines armes ont un tir secondaire avec R2). Lorsqu’un adversaire est locké, vous pouvez ajuster votre tir grâce au stick droit et ainsi tenter de l’abattre d’un seul tir en pleine tête.
A chaque ennemi abattu, une jauge située en bas à droite de l’écran se remplit: c’est votre jauge de cojones (nous éviterons la traduction pour nos très jeunes lecteurs mais les plus grands comprendront !). Une fois la jauge remplie, vous pouvez appuyez longuement sur le bouton Rond pour enclencher le mode Rage: durant un court laps de temps vous êtes alors invincible, vos tirs tuent automatiquement la cible, et vous récupérez un peu de vie à chaque ennemi abattu. Il est possible de faire monter le niveau de la jauge rapidement en oubliant totalement le verrouillage et en visant précisément par vous-même, ou en insultant vos ennemis (bref appui sur Rond).




A propos du langage utilisé, signalons qu’il est en tout point comparable à celui du film, les «fuck» étant par exemple récurrents. Le jeu est par ailleurs d’une violence bien supérieure à celle d’un GTA (sans atteindre celle d’un Manhunt), avec des gerbes de sang jaillissant volontiers du corps de vos victimes. On retiendra par exemple la possibilité d’exécuter un ennemi de manière particulièrement sauvage: si vous appuyez sur R1 alors que votre vis-à-vis est à portée de main, vous commencerez par l’immobiliser avant de lui faire exploser le crâne en tirant à bout portant ! Autant de petits détails justifiant que le titre soit déconseillé aux moins de 18 ans, alors que le film s’était contenté d’une interdiction aux moins de 12 ans.La résurrectionUne fois Tony en lieu sûr, vous pouvez démarrer votre véritable aventure, à savoir récupérer votre empire et vous venger de Sosa et de ses amis. A partir de cet instant, vous êtes libre de circuler dans Miami en voiture ou en bateau, avec vos propres véhicules ou ceux croisés durant vos pérégrinations: comme dans GTA, le bouton Triangle vous permet d’emprunter le moyen de transport de votre choix. A ce sujet, signalons qu’aucun engin volant n’est disponible, un manque regrettable même si le film ne comportait pas de séquence spectaculaire à bord d’hélicoptères !
Le déroulement de votre seconde ascension vers le pouvoir est simple: procurez-vous de la drogue chez un grossiste, revendez-la à des dealers de rue ou dans vos propres échoppes, blanchissez l’argent ainsi gagné à la banque, et achetez de nouveaux bâtiments afin de restaurer votre prestige. Cette dernière étape est une petite originalité de Scarface: vos activités étant illégales, l’argent que vous récoltez durant vos missions est comptabilisé en tant qu’argent sale. Afin de pouvoir l’utiliser, il faut préalablement le faire blanchir grâce à l’un de vos amis banquiers peu regardant sur la provenance des dollars entrant dans son établissement. Notons que, si vous mourez durant une mission, vous perdez tout votre argent sale, ainsi que la drogue en votre possession. Il faudra donc penser à se rendre régulièrement à la banque, chose d’autant plus facile que c’est le seul endroit où vous pouvez sauvegarder !




Afin d’obtenir la plus grosse quantité de drogue, de revendre au meilleur prix ou d’obtenir le taux le plus bas lors du blanchiment d’argent, vous devez négocier avec votre interlocuteur via un mini-jeu plutôt simple et sans grand challenge après quelques essais: une jauge circulaire se remplit lorsque vous appuyez sur le bouton Rond et vous devez arrêter son niveau de sorte que la jauge soit quasiment remplie sans toutefois dépasser sa capacité maximale. Selon votre prestation, la transaction sera plus ou moins intéressante. Il convient toutefois de noter qu’il devient vite facile d’obtenir le meilleur résultat possible…
Pour que les fournisseurs de drogue acceptent de vous vendre leur marchandise, vous devez souvent remplir une ou plusieurs missions pour leur compte. Il s’agit la plupart du temps de livrer des colis à travers la ville, ce qui vous permettra d’engranger toujours un peu plus d’argent. On regrette tout de même le manque de variété flagrant des objectifs et des moyens mis à notre disposition. Au fur et à mesure de votre progression, vous pourrez utiliser vos capitaux pour racheter des commerces de la ville, dans lesquels vous pourrez écouler plus facilement vos stocks de drogue (à un tarif nettement moins intéressant que celui obtenu auprès des dealers de rue !). Vous devrez pour cela discuter avec le propriétaire actuel de l’entreprise et généralement accomplir une tâche spécifique avant de pouvoir lui acheter son bien. De la même manière, vous aurez par la suite accès à des entrepôts pour emmagasiner plus de marchandise et faire rentrer l’argent plus rapidement.Guerre des gangsSi Scarface fait beaucoup penser à GTA Vice City, le scénario de ce dernier ayant copieusement pioché dans le film de Brian de Palma, il rappelle aussi par moments GTA San Andreas: en dehors de vos trafics de drogue, vous devrez en effet récupérer le contrôle de certains territoires de Miami en dénichant les gangs locaux et en les affrontant l’arme à la main. Paradoxalement, si le système de visée utilisé ici rend ces phases beaucoup plus agréables que dans le titre de Rockstar, il contribue aussi à les rendre trop faciles et donc inintéressantes. Elles sont malheureusement essentielles pour progresser dans le scénario du jeu, et vous n’aurez donc d’autre choix que de vous y plier ! Les similitudes avec la série GTA ne s’arrêtent pas là puisque vous pourrez aussi participer à des courses de voiture en ville, vous permettant d’amasser encore et toujours plus d’argent.
Plus original, vous aurez la possibilité d’acheter divers objets et bonus via un menu appelé Exotiques. Vous y trouverez des voitures, des bateaux, ainsi que des meubles et décorations pour votre manoir. En outre, c’est via ce menu que vous engagerez un chauffeur, un pilote de bateau, un vendeur d’armes, un gros bras et un assassin. Les deux premiers peuvent être appelés à tout moment afin qu’ils vous amènent un véhicule de votre garage ou de votre hangar à bateau. Ces moyens de transport sont un peu spéciaux en ce sens qu’ils possèdent une résistance plus importante que les véhicules classiques, et qu’ils sont munis d’un coffre spécial dans lequel vous avez accès à votre râtelier d’armes (votre armurerie personnelle). Le vendeur d’armes est d’ailleurs bien utile pour garder un niveau d’équipement convenable et vous utiliserez aussi bien un pistolet qu’un pistolet mitrailleur, un fusil, un lance-grenades ou un lance-roquettes. Le gros bras et l’assassin vous apporteront quant à eux leur aide dans les missions les plus périlleuses. Au passage, vous pouvez incarner le chauffer, le gros bras et l’assassin qui mèneront leurs propres missions (tout en étant capables de participer à la guerre des gangs de manière efficace) afin d’aider Tony dans la reconquête de son empire. Précisons que ces séquences se révèlent malheureusement répétitives elles aussi.




Evidemment, le deal de drogue et les échanges de coup de feu sont vus d’un mauvais œil par la police de Miami qui n’hésitera pas à vous prendre en chasse si elle vous surprend en flagrant en délit. Contrairement à GTA et son système d’étoiles, Scarface indique votre niveau de recherche via une jauge entourant la mini-carte du jeu constamment affichée en bas à gauche de l’écran. A chaque infraction, la jauge se remplit de blanc puis se vide peu à peu lorsque vous restez tranquille. Si elle atteint son maximum, la police vous poursuit et tente de vous stopper. Durant la poursuite, la jauge précédemment citée se remplit de rouge et vous devez absolument semerles voitures qui vous traquent avant que le maximum ne soit atteint à nouveau: dans le cas contraire, les forces de l’ordre ouvriront le feu sur vous et vous n’aurez aucune chance de vous en tirer. Une approche radicalement différente de GTA puisque, ici, un affrontement direct avec la police vous conduira à une mort certaine.Côté techniqueDans son ensemble, la prestation graphique de Scarface est solide, même si elle ne présente aucune performance particulière: la modélisation de la ville est correcte, tout comme celle des véhicules, et la vitesse d’animation reste stable la plupart du temps. En revanche, les rares effets spéciaux comme les explosions de voitures ou d’autres éléments du décor auront bien du mal à convaincre ! De plus, le clipping est très présent et certains objets ont tendance à apparaître à quelques mètres de la voiture lorsque celle-ci se déplace à grande vitesse. Bien qu’il s’agisse souvent de piétons qui n’engendreront aucun dommage à votre véhicule, on regrette que le problème n’ait pas été abordé plus sérieusement par Radical, d’autant que lors des phases à pied, il vous est impossible de tirer sur les personnes n’appartenant pas à un gang(le lock et le tir ne fonctionnent pas sur ces passants) !




La bande son du jeu regroupe plusieurs excellents morceaux et comprend notamment des titres de Earth Wind & Fire, Iggy Pop, Johnny Cash, Public Enemy ou encore Run DMC. La BO du film a été incorporée avec 12 morceaux qui feront certainement vibrer les fans, et vous pouvez choisir les musiques que vous souhaiter entendre durant le jeu via des listes prédéfinies ou des listes personnalisées. Les dialogues entièrement en Anglais sont fidèles au long métrage et le ton reste crédible malgré la surenchère de mots grossiers et vulgaires. Du côté des effets sonores en revanche, la prestation est moins convaincante avec des coups de feu, ronronnements de moteur et bruits de collision des plus classiques.
Concernant la maniabilité, le pilotage des véhicules ne pose aucun problème particulier et on retrouve rapidement les mêmes sensations que dans un GTA. Il est par contre regrettable que le système de guidage affichant la direction à suivre aux intersections doive être activé par la création d’un marqueur sur la carte du jeu: on aurait préféré qu’il soit activé automatiquement dès qu’un objectif était sélectionné, quitte à donner la possibilité de le désactiver dans les menus ! Sans cette fonctionnalité, on est obligé de lancer une mission, ouvrir la carte, et positionner le marqueur sur l’objectif déjà désigné: une perte de temps qui irrite…
• Des dialogues inspirés
• Un niveau technique honnête
• Vous êtes Tony Montana !
• Des missions trop répétitives
• Une ergonomie discutable
• Pas d’engins volants
Verdict
Doté d’une réalisation correcte, Scarface The World is Yours aurait certainement pu être une suite intéressante au film de Brian de Palma si les missions proposées avaient été un peu plus originales et diversifiées. En l’état, on passe le plus clair de son temps à acheter de la drogue pour la revendre, l’argent ainsi amassé servant à récupérer puis agrandir l’empire de Tony.
Certes, les affrontements armés donnent un peu de piment à cette morne routine mais on est bien loin de la sensation de liberté apportée à l’époque par GTA Vice City. A trop vouloir restreindre les actions du joueur à l’univers du film, parfois de manière discutable, les développeurs ont malheureusement réduit les possibilités que l’on est en droit d’attendre de ce type de jeu.

A partir de 29.8 €
Graphismes
7 / 10Une présentation correcte mais sans fioritures. Comme souvent, des objets apparaissent sans crier gare mais au moins la vitesse d’animation reste stable durant pratiquement toute l’aventure.
Jouabilité
6 / 10Si la maniabilité de Tony et celle des véhicules ne posent pas de souci majeur, on déplore le manque d’attrait des missions, répétitives au possible, et leur peu d’originalité.
Son
8 / 10Une bande musicale réussie (comprenant notamment les morceaux du film !) et des dialogues dans la veine du long métrage. Les effets sont eux beaucoup plus classiques.
Durée de vie
7 / 10Certes il faudra du temps pour permettre à Tony de retrouver sa place de leader à Miami. Le problème est que la motivation risque de manquer…
Fun
6 / 10Amusant durant les premières heures, le jeu lasse vite, la faute au manque de missions vraiment intéressantes. Un syndrome qui tend à trop se répandre dans les GTA-Like sortis ces derniers temps.