Test de jeu / PS2 / Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005
Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005

Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005

publié le 10 janvier 2005
  • 22/10/2004
  • inconnue

Vraisemblablement rassuré par la victoire de son poulain lors de la dernière coupe d’Afrique, Codemasters a, cette année encore, placé ses espoirs en Roger Lemerre ; un homme qui, bien qu’expatrié en terre tunisienne, reste encore associé au triomphe de l’Euro 2000. C’est alors, qu’émus par tant de bons souvenirs, une interrogation s’impose, à savoir : n’est-ce pas, là, tomber dans une certaine facilité ? Possible mais, après tout, ce genre de procédé fait désormais école. Pour s’en convaincre, rien de tel qu’un coup d’œil jeté furtivement à la concurrence, désormais incarnée par des techniciens tels que Didier Deschamps (Football Manager 2005) et Raymond Domenech (LFP Manager 2005) : deux noms symbolisant, à leur manière, l’actualité du « coaching » tricolore. La firme britannique aura-t-elle, tôt ou tard, à regretter un choix tourné vers le passé ? Revue d’effectif, avec une cuvée 2005 ayant encore tout à prouver.

Un air de déjà vu ? Souvenez-vous, l’année passée, en ouverture du test de l’opus 2004, nous rendions compte, dans ces mêmes colonnes, d’une mise en bouche des plus convenues. Quelques mois plus tard, force est de constater que les choses n’ont pas grandement évolué. A contrario, les possesseurs du volet précédent se verront, gageons le, pris d’une certaine amertume, en constatant que ladite séquence se voit intégralement reprise. Sommes nous en présence d’un « add-on » ? Y aurait-il, en fin de compte, tromperie sur la marchandise ? La question reste en suspend. Toujours est-il que, de mémoire, rarement preuve de fainéantise n’avait parue si manifeste. Concrètement, on retrouve, via cette mise en bouche, quelques sportifs évoluant au gré des schémas tactiques, flèches et autres symboles ayant droit de citer dans les produits du genre. Autrement dit, pas de quoi se réjouir de quelque amélioration que ce soit, seule la piste sonore parvenant à insuffler une once de dynamisme.De bien timides innovations En dépit de ce triste constat, il est grand temps, pour nous, d’investir le bureau de notre cher président. Là encore, aucun bouleversement, si bien que cette énième prise de fonctions devrait avoir lieu sans remous. Du choix de la difficulté, à celui d’un club, en passant par la création du profil de votre avatar, aucune alternative ne semble manquer à l’appel. Les plus frileux pourront même, à leur bon vouloir, déléguer une part de leurs responsabilités, pour ne se concentrer que sur l’aspect sportif. Soif de challenge ? Dans ce cas, comptez sur le niveau « Expert » pour mettre vos nerfs à rude épreuve. De plus, mais dans un autre domaine, signalons l’effort consenti pour exploiter, autant que faire se peut, les périphériques de Sony, que ceux-ci répondent au doux nom d’Eye Toy ou bien de Network Adaptor. Très en vogue, lesdits accessoires rendront respectivement possible une plus grande personnalisation, et, via la toile, d’hypothétiques mises à jour. De bonnes idées ? Assurément. Ne reste plus qu’à espérer un prompt soutien des développeurs.De retour au bureau…Une fois satisfaite votre curiosité, il sera grand temps de partir en quête d’un nouveau poste et de se lancer, corps et âme, dans la découverte du mode solo. Toujours plus exigeante, cette facette s’enrichit, cette année, de deux nouveaux championnats, et non des moindres : l’élite des Pays-Bas, et enfin, la SuperLiga portugaise. Bien entendu, ces épreuves n’entendent pas éclipser les prestigieuses Ligue 1, Bundensliga et autres Premier League, mais au moins élargir, par leurs richesses, l’horizon proposé aux plus fins tacticiens. Qu’ils soient, ou non, attirés par le charme de contrées lointaines, ceux-ci ne pourront, à priori, que se réjouir d’avoir, enfin, à portée de pad, un marché des transferts on ne peut plus vivace, mais également un vivier d’autant plus exhaustif. Toutefois, avant d’espérer dénicher la perle rare, il sera nécessaire d’arpenter, de longues minutes, les très nombreux menus de cette récente mouture, et d’en exploiter - cela va sans dire - les moindres fonctionnalités ; alternatives nombreuses, mais pas foncièrement novatrices. Le studio anglais s’est donc contenté d’une resucée de poncifs ayant, maintes fois, fait leur preuve ; de telle sorte que tout, ou presque, contribue à faire de ce titre une simple remise en état. D’abord simple déception, LSDC 2005 mue ainsi en accablant constat d’échec ; déception nullement adoucie par l’apparition de saynètes en 3D. Pire, celles-ci ne font qu’accroître le malaise induit par une charte graphique n’ayant pas changé d’un iota, oubliant même de repenser la base de son ergonomie. Déçus, les virtuoses du tableau noir se verront, en conséquence, contraints d’user de L et R avec une grande maestria ; unique solution pour qui désirera s’investir, pleinement, dans un soft au principe diablement chronophage. Est-ce, pour vous, un réel plaisir que de s’adonner, une nuit durant, à la gestion de milliardaires ? Le cas échéant, entendons nous bien : notre objet d’études s’imposera en ténor. Rigide, son système d’agenda autorise, tout de même, une gestion précise de votre emploi du temps ; partagé qu’il sera, entre séances de « coaching », phases de recrutement et autres tractations houleuses. Non, voyez-vous, le quotidien d’un manager ne se résume pas au simple « star system ». Un constat sonnant d’autant plus juste que, malgré quelques aberrations, enrôler une recrue demande nombre d’efforts. Comprenez donc que certains s’en accommoderont, tandis que d’autres lâcheront prise, préférant dépêcher l’un de leurs recruteurs. Entre nous soit dit, ç’est un peu ça, la loi du sport…… On ne change guère les habitudes N’entendant pas se laisser griser par l’interminable valse des tableaux et grilles statistiques, d’aucun auraient, à n’en pas douter, jugé appréciable de se voir offrir un moteur 3D convaincant. Au lieu de cela, ceux-ci n’auront qu’à se repaître d’un bien triste spectacle. Incapable, dans ce secteur, de rivaliser avec LFP Manager (et, plus précisément, le moteur graphique de EURO 2004), cette création rendra une copie fort modeste, alternant rendu cubique et « aliasing » fort prononcé. Est-ce là l’essentiel ? Nous vous laissons seuls juges. De leur coté, les fans auront, quant à eux, bien vite fait de répondre par la négative ; état d’esprit qu’il leur faudra conserver durablement, s’ils souhaitent profiter des rencontres. En tant qu’entraîneur, assister aux matches ne s’avèrera pas être de tout repos. Il sera alors nécessaire de distiller consignes et stratégies. Via un micro ? N’y comptez pas. D’abord envisagée, cette interaction n’aura finalement pas dépassé le stade de concept ; n’en déplaise à tous ceux qui, en pleine retransmission, aiment à s’improviser grands donneurs de leçons. Sur ce point, il est à noter que la chaîne « Football One » est toujours d’actualité, ce canal fictif s’imposant – foi d’Eugène Sacomano – comme une précieuse source de conseils.Une atmosphère décevante Et puisque nous en sommes à évoquer notre homme, pourquoi ne pas s’arrêter, un instant, sur la bande sonore de cette suite ? Qualifiée d’accessoire par bien des puristes de la gestion, le moins que l’on puisse dire est qu’elle aura su se montrer discrète. Ainsi, seuls de discrets bruitages rythmeront la partie, contrastant étrangement avec la ferveur du public. Lors des actions dangereuses, celui-ci ne manquera, en effet, pas de se signaler ; ses clameurs ne rendant, au passage, que difficilement justice à l’ambiance générale. Partant de là, ce ne sont pas quelques tirades dudit commentateur qui réussiront à nous enthousiasmer, et l’on notera, non sans surprise, un criant manque de naturel. Monsieur « On Refait Le Match » aurait-il perdu son aisance ? Il semblerait. Dommage que l’immersion en pâtisse de la sorte.

Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 14 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 13 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 7 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 9 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 11 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 5 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 6 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 8 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 12 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 10 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 3 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 4 Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005 - 2



test écrit par Sylvain


  • 6 / 10

    Graphismes

  • 6 / 10

    Jouabilité

  • 4 / 10

    Son

  • 9 / 10

    Durée de vie

6.5 / 10

Verdict

A l’heure de refermer ce test, que doit-on retenir de cet ultime volet ? Qu’il ne joue que trop peu la carte de l’innovation, préférant adopter une conduite frileuse ; gare, désormais, au rappel à l’ordre, qui pourrait venir d’un certain EA Sports. En s’aventurant dans cette voie, ce mastodonte de l’industrie plane, en effet, telle une menace. Aussi, faudra-t-il s’attendre, dès la saison prochaine, à une kyrielle de nouveautés. Une interface revue ? Entre autres. D’honorables graphismes ? Possible, car, pour le reste, le contrat est déjà partiellement rempli. Qu’on se le dise, cette itération constitue, malgré ses lacunes, une solide initiation ; à chacun, ensuite, d’en juger selon son degré d’exigence.

- / 10

Le verdict des lecteurs

Vous avez joué à ce jeu ? Donnez votre avis !

publicité
Infos Jeu
Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005

Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2005

6.5 / 10
  • Version à Imprimer
  • Envoyer à un ami
  • acheter ce jeu sur gamesofficer A partir de 2.9 €

[médias disponibles]

[articles disponibles]

[note de la rédaction]

Voir toutes les notes