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Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2004

Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2004

publié le 4 juillet 2004
  • 12/03/2004
  • inconnue

Fort longtemps réservé à nos seules unités centrales, le genre du « management sportif » s’invite depuis peu sur consoles, sous l’impulsion notable des Electronic Arts et autres Infogrames. Dans la meute, rares sont, hélas, ceux qui ont su, tel un Championship Manager, éviter l’écueil et faire rapidement vœu d’accessibilité ; audacieux pari qui, avouons le, n’est que rarement gagné d’avance. Mais après tout, qu’à cela ne tienne, les « challenges » relevés, ça connaît Codemasters. Troisième épisode à sortir sur la machine de Sony, « Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2004 » (LSDC) s’est donc mis bille en tête de défricher des terres jugées bien trop arides par le joueur moyen, celui-là même qui, submergé par un contenu inadapté à son « paddle », jeta trop souvent un air dédaigneux sur les productions de ce type. Alors… le credo britannique, « Genius At Play », aura-t-il été entendu ? Virtuoses du tableau noir, confrères de la palette graphique, tremblez, puisque, en ce jour, tout espoir est permis…

Un air circonspect vous anime ? Fort bien. Faites donc confiance à ce nouveau venu. Rapidement, vos sens, tout juste en éveil, se verront stimulés par une brève introduction, laquelle réussit, de tout son dynamisme, à attirer les plus curieux. Quelques teintes orangées, une phase de jeu spectaculaire et moult schémas dressés à la hâte : contrat rempli. Nous voilà transportés, sur une mélodie nerveuse, dans l’impitoyable milieu du « coaching » de haut niveau. Saurez-vous y trouver une place ?Une durée de vie consistante Afin de s’y trouver à l’aise, rien ne vaut un rapide tour d’horizon des modes de jeu proposés, lesquels ont eu l’heureuse idée de s’étoffer substantiellement. Sont donc au programme, les fameuses options de « Match Amical », permettant de s’adonner à quelques joutes, loin du stress de la compétition, sans passer sous silence un copieux mode solo ; deux approches forcément complémentaires, auxquelles vient s’ajouter, en cette saison, l’alternative « Equipe de Rêve ». Sous cette appellation, se cache en fait une déclinaison plus laxiste du fameux postulat de base, à savoir qu’il est ici question de créer, sans réelle contrainte autre que budgétaire, une formation de premier rang. Choisissez noms, maillots ou situation géographique, et vous voilà parti pour la grande aventure ! Nécessaires, lesdites formalités ne constituent toutefois que le point de départ d’un vaste périple ; quête de notoriété, au cours de laquelle sens de la persuasion et moyens financiers tiendront rapidement une place prépondérante. Capable d’allier les deux ? Dans ce cas, il y a de fortes chances que l’Europe, toute entière, se retrouve à vos pieds. En récompense, un certain nombre de points vous sera même attribué, rendant possible la construction de surprenantes infrastructures. En clair, l’ébouriffant Nou Camp n’a qu’à bien se tenir… Par ailleurs, las d’engranger les victoires, l’âme compétitrice trouvera de quoi s’épanouir dans la difficulté « Expert », avant, pourquoi pas, de se pencher sur le morceau de choix du soft.Maintenant, c’est à vous de jouer Autrement plus conventionnel, celui-ci propose, à qui s’y essaye, de prendre les rênes de son club fétiche, et ce, parmi l’élite du ballon rond contemporain. Ligue 1, Ligue 2, Calcio, Liga, championnat d’Ecosse, Bundensliga et autres troisième division anglaise sont autant de convives attablés au banquet du managérat ludo-numérique ; festin de rois auquel les âmes réfractaires à toute donnée chiffrée n’ont résolument pas leur place. A dire vrai, une fois prises vos fonctions d’entraîneur, c’est une interface complexe qui viendra déployer ses ailes. Sur ce point, si les premières minutes s’avèrent forcément déroutantes, les fidèles du tandem clavier/souris finiront, lors des suivantes, par acquérir repères et autres automatismes ; à tel point, qu’effacées la frustration et les craintes inhérentes à la découverte, l’interface se prêtera ensuite à une répartition structurée de chaque tâche. Besoin d’un exemple concret ? Prenez alors pour base un modeste calendrier, sur lequel il serait possible d’indiquer, au jour le jour, chacune de vos prérogatives. Puis, dressez, dans ses cases, votre lourd programme quotidien ; sans omettre, cela va de soit, de surveiller votre boîte aux lettres. S’enchaînent alors, sur un rythme haletant, séances tactiques, travail physique et phases de récupération ; savante alchimie à laquelle viendra s’ajouter la charge du recrutement, lors des périodes de « mercatos ». Impossible de s’y soustraire, sous peine de voir la forme de ses hommes en pâtir dangereusement. Perfectionnistes, la plupart d’entre vous préféreront, sans aucun doute, jouer du sifflet à l’entraînement mais, pas de problème, vos collègues observateurs sauront faire valoir leur salaire. Par la suite, libre à vous d’éplucher, ou non, leurs copieux rapports, de manière à profiter, au mieux, d’un marché des transferts toujours plus réactif. Du reste, il ressort, de cette production, une envie louable de guider l’acheteur ; celui-là même qui aurait pu, dans bien des cas, se laisser submerger par tant d’informations. Ici, il n’en est visiblement rien, la visite des menus, pour le moins agréable, se terminant sur une note positive ; celle-ci étant égayée, en substance, par une foule de graphes à l’utilité indéniable. Etats de forme, mental et autres dispositions se retrouvent, par ce choix, synthétisés avec brio ; initiative qui, non contente d’éclairer les « gamers » hagards, aiguillera, à la veille d’un match, tout tacticien en proie au doute.Enfin de vrais matchs ! Evidemment, le jour J, pas question d’implorer les cieux, vous, et vous seul, étant maître de votre destin. Cruel ? Peut-être. C’est, du moins, ce qui nous amène à traiter l’aspect graphique de la chose, véritable marque de fabrique de ce produit anglo-saxon. Pareillement, là où d’autres dépeignaient, sans entrain, les parties, via des billes monochromes, cette création se fend d’une 3D convaincante. Certes, nous sommes encore loin des sommets atteints par un FIFA, mais là n’est clairement pas le but de la manœuvre. Non, vraiment, qu’on se le dise, LSDC compte stimuler, sans rechercher à éblouir. Un peu à la manière d’un entraîneur, qui, du haut de son banc, tente de recadrer, posément, une horde de jeunes pousses en déroute.
Toutefois, le coup d’envoi donné, pas de place pour quelque métaphore que ce soit, seuls ayant de l’importance, les arguments techniques étalés par la bête. Sur la pelouse, de bien minimalistes textures parviennent, brillamment, à remplir leur office, conférant, à ces joutes, une rare intensité. Dans les gradins, quelques supporters grondent à l’unisson du spectacle proposé, et l’on prendra, très vite, un certain plaisir à se délecter d’une représentation enfin décente de la partie. Stressé par son évolution ? Il est alors temps de donner de la voix. Dans ce domaine, et faute d’être compatible avec le « head-set » d’un Socom, le maniement s’avère être pour le moins accessible ; permettant, par simple pression des gâchettes, un replacement tactique des plus autoritaires. Aussi, il vous appartiendra, le plus souvent, d’alterner, par ce biais, entre balles longues, passes courtes et autres « pressings » défensifs ; un stratagème indispensable à l’obtention de la victoire. En clair, et pour faire court, les efforts consentis renforcent l’immersion : sans doute l’un des points forts de cette ultime cuvée.Comme à la télé… Ou presque…Cerise sur le gâteau, certains mégalomanes pourront même compter sur l’appui des médias, en la présence d’une chaîne de télévision baptisée « Football One ». Question intérêt, ledit programme apporte, après chaque échéance, son lot d’enseignements, tableaux et autres récapitulatifs ; le tout, sous la houlette de messieurs Didier Roustan et Eugène Sacomano. Pour les besoins de la cause, nos deux comparses se chargent, et cela va sans dire, d’apporter analyses et commentaires enjoués. Dommage… tant leurs brèves prestations manquent de naturel.

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test écrit par Olivier


  • 6 / 10

    Graphismes

  • 7 / 10

    Jouabilité

  • 4 / 10

    Son

  • 8 / 10

    Durée de vie

7 / 10

Verdict

Réel « outsider » de la gestion sportive, cette édition « new look » réussit là où d’autres se sont cassés les dents : adapter, sur 128 bits, un genre perçu comme rebutant. Au final, cette création, soutenue par moult atouts cosmétiques, se destine, tout autant, aux vieux briscards qu’aux plus inexpérimentés. Mieux encore, ceux-ci pourraient saisir leur chance, et voir, en cette approche plaisante, une remarquable initiation. Référentielle, tout simplement…

Test rédigé par Sylvain.

- / 10

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Roger Lemerre : La Sélection des Champions 2004

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