
Project Zero 2
publié le 4 mai 2004- Etat : Disponible
- Développeur :Tecmo
- Distributeur :Ubisoft Entertainment
- Thème :Horreur
- Genre :Action / Aventure
- 29/04/2004
- 2003
- 2003
Genre décidément très en vogue sur la machine de Sony, la PS2 accueille en ce printemps un nouveau survival-horror. Si le genre fut initié par la saga Resident Evil de Capcom et transcendé par les Silent Hill de Konami, une autre série tente de faire son trou. Développé par Tecmo, Project Zero en est à son deuxième opus et nous propose une autre vision de l’effroi.
Bien qu’il s’agisse ici du deuxième Project Zero, l’histoire est totalement indépendante du premier opus (une chance pour les joueurs qui l’ont zappé). L’aventure débute par une superbe cinématique en images de synthèse. On y voit deux sœurs, Mio et Mayu, des jumelles, se promener en forêt. Premier flash-back où l’on aperçoit l’une des deux sœurs faire une chute. Dans le présent, Mayu conserve des séquelles de cette blessure en ressentant une douleur dans la jambe. Alors que Mio voudrait revenir sur ces événements (aurait-elle quelque chose à se reprocher ?), cette dernière s’aperçoit que sa sœur a disparu. Scrutant l’horizon, elle se rend compte que sa jumelle suit un étrange papillon rouge, comme hypnotisée. Bien décidée à retrouver sa sœur, Mio pénètre dans la forêt qui s’assombrit à chaque pas supplémentaire. Nouveau flash-back, et première frayeur. L’écran devient noir et blanc, l’image perd en netteté et nous dévoile les premiers spectres. Non vous n’êtes pas en train de regarder le film Ring mais bel et bien devant un jeu vidéo. Finalement, les deux sœurs se retrouvent au sommet d’une colline surplombant un village en apparence désert. Prenant leur courage à deux mains, Mio et Mayu se décident à explorer le village perdu… C’est le début d’une aventure qui ne pourra laisser personne indifférent !
La première chose qui nous frappe lorsque l’on s’essaye au jeu, c’est son incroyable ambiance. Oubliez les effets de surprise à la Resident Evil, l’ambiance fait définitivement penser aux Silent Hill. Pas d’ambiguïtés cependant, le jeu n’est pas une vulgaire copie du hit de Konami, mais les sensations ressenties, mélange d’angoisse, de stress et de peur, font irrémédiablement penser à ce que l’on peut ressentir en jouant à Silent Hill. Tout d’abord, l’ambiance doit énormément aux graphismes et à la bande son (nous y reviendrons), mais aussi et surtout au cadrage très cinématographique du jeu. Chaque angle de vue est parfaitement choisi, de manière à nous oppresser à chaque changement de pièce ou de couloir. Chacun de nos déplacements se fait dans la plus grande inquiétude possible et la crainte de faire une mauvaise rencontre au détour de chaque couloir ou après avoir franchi un escalier pousse le joueur à être constamment sur ses gardes. Le stress niveau zéro n’existe jamais dans ce jeu ! L’autre élément qui joue en faveur du sentiment d’angoisse ressenti est le fait que l’on incarne une frêle jeune fille. Si SH nous propose des gens ordinaires ou RE des combattants surarmés, Project Zero 2 nous donne le contrôle d’une jeune fille que l’on ressent presque naïve, fragile et rapidement submergée par les événements. Enfin, si les deux titres cités ci-dessus nous offrent un arsenal conséquent pour venir à bout des créatures rencontrées, l’héroïne de PZ 2 ne dispose que d’un simple appareil photo magique pour capturer l’âme des fantômes rencontrés. Quand on sait qu’une photo prise en très gros plan fait perdre beaucoup de points de vie aux spectres, on se dit que l’on jouera constamment avec nos nerfs pour prendre les clichés faisant le plus de dégâts possibles (à vos risques et périls). Bref, l’ambiance de Project Zero 2 fait partie de ce qui se fait de mieux dans le genre et l’impression de jouer à une adaptation vidéoludique des films Ring n’est jamais très loin. Frissons garantis !
Comme dit précédemment, l’une des qualités du jeu concerne ses graphismes incroyables. La réalisation tient vraiment la route et parvient à instaurer un climat d’angoisse permanent. Tout d’abord, les décors sont superbes. Si on déplore parfois quelques scintillements de textures dans le sol principalement, les environnements sont la plupart du temps magnifiques : glauques et crasseux à souhait et surtout très variés (une forêt, un cimetière, le village, les différentes habitations etc). La modélisation des personnages est également de bonne facture et nos héroïnes sont superbes (mieux, que ce soit pendant les cinématiques ou le jeu, leur modélisation reste irréprochable). Les ennemis ne sont pas en reste et bénéficient également d’une modélisation fort convaincante. Difficile parfois de ne pas éprouver du dégoût ou de la peur devant certains spectres tant leur design est réussi. Les effets graphiques sont aussi magnifiques : une averse d’orage, de la brume, un épais brouillard, tout contribue à créer l’ambiance la plus flippante possible. Cependant, la palme revient aux effets d’ombres et de lumières en tout point réalistes. Très vite équipé d’une lampe torche, vous aurez alors l’occasion de constater l’incroyable travail fourni par les développeurs sur les effets lumineux : tout est calculé en temps réel et il faut bien l’avouer, d’un réalisme plus qu’appréciable. Bien évidemment, tout tourne à la perfection et le jeu ne souffre d’aucun ralentissement. De même, les temps de chargement entre chaque pièce ont été optimisés de manière à ce que franchir une porte ne prenne que quelques secondes. Chapeau !
Pour ne rien gâcher, l’ambiance sonore a elle aussi fait l’ objet d’une attention toute particulière et il en résulte quelque chose de très réussi. Premièrement, les musiques sont superbes, donnent clairement le ton et participent grandement à cette ambiance angoissante. Comme dans tous survival, la musique sait se faire discrète quand il le faut pour rebondir au moment opportun et ainsi surprendre le joueur. L’effet est d’autant plus réussi que les différentes compositions sont irréprochables. A cela, il faut ajouter l’excellence des voix anglaises. Toujours justes, les différentes intonations sont parfaites et le jeu d’acteur plus vrai que nature : Mayu et Mio ont peur et nous avec elles. Cependant, les puristes regretteront de ne pas pouvoir jouer avec les doublages japonais d’origine, qui, il faut bien l’avouer, avaient plus que leur place dans un jeu tirant son inspiration de la culture nippone. Ajoutons à cela l’excellent travail d’ambiance effectué sur les voix venues tout droit d’outre-tombe. En passant à côté d’une porte par exemple, vous entendrez des rires, des cris venant de la pièce voisine. Mieux, vous hériterez très vite d’une radio capable de lire les messages contenu dans des pierres. Je ne vous cacherais pas que la lecture de certains messages fait froid dans le dos ! Enfin soulignons l’excellence des bruitages qui a eux seuls contribuent à instaurer une ambiance oppressante. Imaginez-vous arpentant un couloir paisible quand soudain un fantôme apparaît dans un fracas sonore à vous glacer le sang ou encore quand le tonnerre se met à gronder de manière violente. Bref, les bruitages sont divinement réussis. Difficile avec une réalisation aussi exceptionnelle de ne pas se trouver en présence d’un excellent titre, mais il faut pour cela un gameplay tenant la route.
Si le portrait dressé jusque là est des plus idylliques, ce n’est pas le gameplay de Project Zero 2 qui fera pencher la balance du côté obscur, au contraire. Comme dans le premier opus, le joueur ne dispose que d’une seule arme : un appareil photo magique. Ce dernier est capable d’exorciser les esprits qui croiseront votre chemin. Si l’arsenal offert est des plus rudimentaires, il est heureusement pour nous upgradable. En effet, à chacune de nos prises correspond un nombre de points qui varie selon la qualité de la photo (proche ou éloignée, cadrage fatal ou non etc). Ces points cumulés, il vous sera alors permis de changer les caractéristiques de votre appareil. Cependant, avant de pouvoir le faire, vous devez équiper votre appareil d’un globe esprit, histoire de rendre l’upgrade accessible. Vous vous en doutez, le prix à payer pour bénéficier des améliorations est assez élevé (il s’agit par exemple de pouvoir prendre des photos à distance plus élevée ou encore améliorer la puissance) et si les premières upgrades sont assez faciles à obtenir, par la suite, ce sont plusieurs dizaines de photos qui seront nécessaires. A cela, il est à noter les différentes pellicules aux effets différents. Les pellicules représentent vos seules munitions et ont des caractéristiques qui leur sont propres : par exemple celle qui est illimitée mais aux effets minimes, une aux effets dévastateurs et se rechargeant vite etc. A vous de jongler entre vos différents bobines selon l’adversaire que vous affronterez. Votre appareil peut également accueillir des fonctions supplémentaires et des capacités bonus (comme ralentir ou saccader, mais attention, on ne peut en mettre qu’une à la fois). Bref, le gameplay est progressif et au fur et à mesure que l'on avance, on se retrouve bien armé pour mener notre quête à son terme. Bien évidemment, la jouabilité se devait d’être irréprochable et malgré quelques défauts, cette dernière est plutôt bonne. Commençons par les éléments qui fâchent : les déplacements de l’héroïne sont beaucoup trop lents, même lorsque l’on court, on a souvent l’impression de ne pas avancer. Pire, lors que les deux sœurs seront réunies, l’IA n’est pas du tout au point. Votre sœur ne trouvera rien d’autre à faire que de se mettre sur votre chemin, d’où des déplacements parfois laborieux dans les espaces étroits. A côté de cela, le reste ne souffre d’aucun défaut majeur : on déplace notre perso avec le stick gauche, on bouge l’appareil avec le droit, on accède aux menus avec triangle etc. L’interface est bien pensée et on s’y retrouve assez vite.
Verdict
Finalement, ce Project Zero 2 parvient à faire mieux que son aîné. Toujours aussi flippant, le jeu est aussi une franche réussite technique avec ses décors superbes et son ambiance sonore à glacer le sang. La durée de vie n’est certes pas très longue (une bonne dizaine d’heures pour boucler le jeu une première fois) mais le jeu a une bonne replay value : de nombreux bonus sont à débloquer tout comme des modes de difficulté supplémentaires (difficile et cauchemar, bon courage) tout comme de nouvelles tenues ou des fin alternatives. Bref, Project Zero 2 est un excellent survival que tout fan du genre se doit de posséder !

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie