
Il y a quatre ans, KCET réinventa le football virtuel avec Winning Eleven 97'. Appelée ISS Pro chez nous, cette simulation proposa les premiers éléments du gameplay qui feront le succès quelques années plus tard de ISS Pro Evolution. Devenu incontournable sur PSOne, c'est donc avec une impatience démesurée que nous attendions l'arrivée de cette série sur PlayStation 2.
Après quatre ans d'existence, un constat s'est imposé, les créateurs de ISS Pro ne se sont jamais reposés sur leurs lauriers. Shingo Takatsuka (le responsable du jeu) a beau avoir été récompensé par de nombreux prix à travers divers salons de jeux vidéo de la planète, il s'est toujours remis en question pour proposer des simulations de plus en plus parfaites. Contrairement à certains (suivez mon regard...), lorsque Takatsuka San sort un nouveau titre, ce n'est pas pour se contenter de simples mises à jour de noms de joueur. Non, l'esprit de création qui l'anime le pousse plutôt à affiner la maniabilité, et à offrir des innovations dans le gameplay pour que le joueur se fasse plaisir. Cette déontologie, Pro Evolution Soccer en a bien sûr profité et n'a donc pas échappé à la règle, au rang des nouveautés : des graphismes et une animation complètement refaits, une jouabilité remaniée, une intelligence artificielle accrue, mouvements supplémentaires, apparition de nouvelles équipes et de modes inédits… bref, KCET nous fait la totale avec ce PES qui se révèle être un véritable chef d'œuvre ! Une averse de modesRien que la présentation en images de synthèse se démarque des anciens volets, beaucoup plus classe, on y voit défiler l'évolution du football à travers divers époques et la reconstitution en 3D de phases offensives mythiques. Après cette excellente mise en bouche, nous voilà lâchés dans les menus. Bien que l'habillage graphique soit différent d'ISS Pro 2 (PSOne), les habitués de la série retrouvent facilement leurs marques.
La rubrique coupe permet de participer à 6 tournois différents. Le mode championnat du monde qui réunit toutes les équipes internationales dans un véritable championnat est toujours présent. La master league tient une place de plus en plus importante puisqu'elle réunit maintenant 32 clubs européens (liste complète) répartis dans 2 divisions. Lorsque vous prenez part à ce challenge, vous débutez avec humilité en deuxième division, votre objectif : décrocher l'une des quatre première places, synonymes d'accession à l'élite. Pour cela, il faudra gagner le plus de matchs possible et constituer un effectif de qualité en achetant des joueurs grâce à l'argent accumulé en fonction de vos résultats. Mais prenez garde à bien modérer vos achats, car en fin de saison, vous devrez vous acquitter d'une rondelette somme correspondant aux salaires annuel des joueurs. Donc si sur un coup de folie vous vous offrez les services de monsieur Zidane ou Rivaldo, pensez aussi à leur boulimie d'argent !
Dans ce nouvel épisode, il est toujours possible de créer ses propres footballeurs dans le mode "modifier". Ou de visionner ses chefs d'œuvre de but dans la section "ralenti". A noter que désormais vous pouvez enregistrer jusqu'à 49 buts sur une seule carte mémoire ! Et que la durée des replays s'est largement vue être allongée. Autre nouveauté, la retransmission sous plusieurs angles en fin de mi-temps des plus belles occasions. Et dans Pro Evolution Soccer, les plus belles occasions ne signifient pas forcément des phases offensives, cela peut également être un bel arrêt ou une belle ouverture dans les bras du portier adverse. C'est aussi ça le beau jeu. Meilleur jeu de foot de tous les temps ! Tout le monde le sait, la grande force de la série est son réalisme, qui prend source dans une intelligence artificielle extrême et dans un temps réel à toute épreuve.
S'il y a un point où les joueurs contrôlés par la console ne peuvent pas se plaindre, c'est au sujet de leur IA. Ces petits "Einsteins" du ballon rond possèdent un sens du jeu extraordinairement développé. Ils se placent toujours idéalement pour fermer les angles; sur les centres un défenseur est toujours là pour soutenir le gardien en se plaçant au premier poteau; ils feintent, taclent… Comme en vrai quoi ! Bien sûr, suivant la difficulté leur vitesse d'esprit varie. C'est un vrai bonheur pour un joueur solitaire que d'avoir en permanence à son service un adversaire au moral infaillible qui ne s'avoue jamais vaincu.
Les passes en profondeur sont encore plus précises qu'avant. Les joueurs doués pour cet exercice, comme Zidane, sont capables de repérer les moindres trous de souris et de servir de véritables caviars aux attaquants. Les passes sont plus instinctives et directes, plus besoin de contrôler la balle avant de donner un ballon, le jeu à une touche de balle devient possible.
Le moteur 3D a encore été travaillé depuis le "Winning Eleven 5" sorti en mars dernier. Le couple "collisions / inertie de la balle" donnent un résultat très réaliste et crédibilise les actions. Si une frappe est déviée par le bras, la jambe ou toute autre partie du corps d'un joueur, sa trajectoire sera modifiée. Il pourra même prendre de l'effet, ou au contraire en perdre. Tout se déroule en temps réel et c'est impressionnant de voir le ballon tourner sur lui-même et modifier sa vitesse à sa retombée au sol. Les tirs sont plus appuyés, tout comme les dégagements.
Autre facteur accentuant le réalisme : la variété des actions. Je ne vois pas vraiment quel terme je pourrais employer pour décrire la sensation éprouvée lorsque l'on joue à Pro Evolution Soccer, mais il faut savoir que chaque action est unique. Jamais vous ne verrez le même match, et pour ça il faut tirer un grand coup de chapeau à Shingo Takatsuka ! Oubliez les scores fleuves des autres "simulations" de foot où vous pouvez marquer 20 bicyclettes dans une rencontre, avec toujours les mêmes vulgaires schémas tactiques, dans une totale absence de plaisir. Dans Pro Evolution Soccer, tout est différent, on doit composer en fonction de la défense adverse, mais comme les joueurs sont imprévisibles aucun but ne se construira de la même manière. A chaque fois il faut s'efforcer à être collectif, à construire ses actions et à anticiper l'adversaire pour mieux le surprendre. Et quand vraiment on ne repère pas de failles, revoir sa formation peut être une bonne initiative. Même au moment du tir, il faut bien penser à équilibrer le joueur et à se placer idéalement par rapport à la cage et à son portier. Dans ces conditions, il arrive qu'on se surprenne à admirer fièrement le replay d'un banal "plat du pied", pour observer le positionnement des joueurs impliqués dans l'action.
Il ne faut pas pour autant croire que Pro Evolution Soccer soit réservé à une élite du pad. Certes au début on ne marque pas, et on passe surtout son temps à empêcher la console d'ouvrir le score. Par contre, en jouant en facile et au terme de quelques matchs avec une bonne équipe, on commence à assimiler les subtilités de la maniabilité et à devenir dangereux. Ne nions pas que pour un néophyte de ISS, une période d'adaptation est demandée, mais après tout on ne devient pas non plus joueur de foot du jour au lendemain. De toute manière, dès qu'on se prend au jeu, une défaite n'est pas forcément péjorative, certains matchs nul ont même des faux-airs de victoire. Où sont les vrais noms et maillots ?Voici peut être le seul sujet qui fâche quand on parle de Pro Evolution Soccer, l'absence de tous les vrais patronymes et des maillots officiels des équipes nationales. Konami ne possédant que la licence FIFPro, seuls les noms des joueurs européens sont disponibles. Ce qui signifie que tous les joueurs américains, africains et asiatiques sont désignés par de faux pseudonymes où sont inversées deux ou trois lettres. Il convient pour les plus pointilleux d'aller remettre de l'ordre dans tout ça dans le mode Edition. Autre conséquence du manque de licences, les maillots complètement infidèles aux vrais vêtements des équipementiers officiels. Dommage pour le réalisme.
Néanmoins ce détail sera bientôt de l'histoire ancienne puisque Konami a récemment signé un accord avec Sports Interactive pour l'exploitation de dizaines de milliers de vrais noms de sportifs. Mais cet arrangement ne sera effectif que dans la prochaine édition de PES. Attention aux bobos ! Comme dans ISS Pro Evolution 2 (PSOne), la gestion des blessures est prise en compte. Un tacle mal placé et vous pouvez être victime ou auteur de blessures. Deux importances de lésions peuvent toucher l'organisme des sportifs. La première est superficielle et n'affaiblit le joueur que pour une courte période. L'autre, plus douloureuse, empêche le joueur de continuer son match et le met au repos pendant plusieurs journées ! Les blessures ne peuvent se provoquer que sur les tacles. La fragilité de chaque individu est estimée dans ses statistiques personnelles. Les petites natures sont donc davantage prédestinées à finir la saison à l'hôpital que les joueurs endurcis. Enfin de beaux graphismesLa seule faiblesse des anciens Winning Eleven résidait sûrement dans l'aspect graphique qui était un peu trop sobre et dépouillé. Mais tout ça est de l'histoire ancienne puisque grâce au logiciel Renderware 3 de Criterion, les développeurs de KCET ont pu enfin améliorer leur point faible. Le résultat est très réussi, Pro Evolution Soccer peut sans aucune honte se comparer aux très beaux Fifa (PS2). Physiquement, les sportifs de PES sont même mieux proportionnés que leurs homologues de chez EA Sports. Les stades aussi sont très impressionnants, avec des architectures vertigineuses et un public très actif avec des fumigènes, des drapeaux, des confettis… une chaude ambiance de foot comme on les aime. Petit plus apporté à cette version européenne par rapport à Winning Eleven 5 : la disparition des peu esthétiques pixels qu'accusait le public. Une animation merveilleuseL'animation est un autre point sur lequel Pro Evolution Soccer se démarque des productions footballistiques concurrentes. Déjà, il est épargné par un défaut qui touche généralement les jeux de sport : les glissades ! Vous savez, les joueurs qui avec deux pas traversent la moitié de terrain ?! Ici les joueurs répondent exactement aux commandes et ne s'amusent pas à "rider" la pelouse.
La motion capture offre parfaitement ce dont on attend d'elle, c'est-à-dire des mouvements fluides et proches de la réalité. Tous les coups du football répondent à l'appel, et c'est la moindre des choses. Des gestes secondaires font leur apparition pour donner plus de vie aux joueurs : ils lèvent le bras pour signaler des positions de hors-jeu, poussent les adversaires, tirent leurs maillots, exécutent des petits contrôles Zidaniens... Les contrôles de la poitrine et de la tête ont été améliorés, si le ballon arrive trop vite sur le joueur, il ne pourra pas l'amortir comme il le souhaite. D'ailleurs il est très difficile de s'en accommoder, la clé pour s'en sortir est d'utiliser au mieux les passes à une touche de balle et surtout les différentes vitesses de course. Maniabilité trop complète ?Le contrôle total d'un joueur requiert désormais la maîtrise de TOUS les boutons de la Dual Shock 2. Avant, les boutons L2/R2 n'étaient pas réquisitionnés, or dorénavant, la touche L2 permet de faire un nouveau passement de jambe (plus court que celui qui se fait avec L1), et R2 correspond à une course de vitesse moyenne (moins rapide qu'avec R1 mais plus précise). Pire encore, même le stick analogique droit et sa touche R3 traditionnellement délaissés ont ici des fonctions qui leur sont attribuées. Grâce au stick, on peut adresser une passe à n'importe qui sur 360°, heureusement, ce type de passe est loin d'être indispensable, la passe normale suffit amplement. R3 permet de sauter pour éviter un tacle ! Autant vous dire qu'il convient d'avoir pas mal d'expérience pour être capable d'anticiper un tacle. L'exécution des une-deux a aussi été modifiée pour ouvrir la porte à davantage de possibilités comme les feintes de une-deux, les une-deux à retardement... Vous l'aurez compris, comme je le disais plus haut, un peu d'entraînement est le bienvenue pour maîtriser les joueurs. Une durée de vie infinie Enfin, la longévité du soft est le denier point qu'il est très important d'aborder. Étonnement, on ne s'ennuie jamais dans PES, et chaque match est un nouveau défi à relever. Aucune lassitude ne s'installe, ce sentiment vient sans aucun doute de la variété des matchs et à leurs scénarios toujours uniques. Et puis avec les 6 coupes et les 2 longs championnats disponibles, vous n'imaginez même pas le temps qu'il vous faudra pour venir à bout de tous ces défis. Des équipes cachées peuvent aussi se débloquer. Si tout seul, le jeu ne vous satisfait plus (ce qui est complètement inconcevable dans mon cas), vous pourrez toujours convier jusqu'à 7 autres personnes pour des folles parties endiablées. L'inconvénient avec les matchs à plusieurs est qu'on ne voit plus le temps passer, PES devient une vraie drogue, attention à la dépendance !!
Verdict
Un an presque jour pour jour après la sortie de la PlayStation 2 en Europe, la console accueille en guise de cadeau d'anniversaire un chef d'œuvre signé Konami. Ce petit bijou va là où aucune autre simulation de football n'est jamais allée, à la frontière du virtuel, quasiment au niveau du foot réel et de ses sensations. Les graphismes, l'animation, la durée de vie et surtout le gameplay impressionnent de par leur perfection. Pro Evolution Soccer s'impose sans problème comme la meilleure simulation de foot de tous les temps. Les nostalgiques de Kick Off et autre Sensible Soccer qui n'avaient pas encore succombé au charme de ISS Pro Evolution craqueront forcément pour Pro Evolution Soccer. Bon allez moi j'y retourne, une coupe du monde m'attend !!

A partir de 1 €
Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie