
Les années se suivent et se ressemblent pour la fameuse série Pro Evolution Soccer de Konami: loin de tenter une révolution du gameplay à chaque nouvelle itération, les développeurs se contentent d’ajustements certes subtils mais ô combien appréciables pour les fans du ballon rond. La tendance se poursuit pour ce sixième opus, et la recette fonctionne toujours aussi bien !
Apparue pour la première fois sur PlayStation en février 2000 avec ISS Pro Evolution Soccer, la célèbre série de Konami a fait bien du chemin durant ces six dernières années, s’accaparant au passage la première place au classement des jeux de foot, aux dépens de son concurrent FIFA. Alors que ce dernier cherche toujours sa voie en cette fin d’année, Pro Evolution Soccer 6 débarque et s’apprête à ravir, une fois de plus, les amateurs du genre.Un contenu enrichiIntéressons-nous tout d’abord aux différents modes de jeu proposés par ce nouveau PES: c’est sans surprise que les habitués retrouveront les options Match (pour une partie rapide), Ligue des Masters (mode carrière de la série), Ligue (6 championnats: Italie, Pays-Bas, Espagne, France, Angleterre, International), Coupe (7 possibilités: Reebok, International, Europe, Afrique, Amérique, Asie-Océanie, Konami), et Entraînement. A celles-là s’ajoutent deux nouvelles venues: le Challenge International qui vous permet en réalité de disputer l’ensemble d’une Coupe Internationale (Coupe du Monde) depuis les phases de qualification, et le Match à Sélection Aléatoire auquel vous pourrez avoir recours lorsque vous serez fatigué des matchs PSG / OM ou France / Brésil disputés avec vos amis, la console se chargeant de créer deux équipes au piochant au hasard des joueurs dans une région précise ou dans une présélection d’équipes ! Bien entendu, les menus Options, Modifier (pour mettre à jour les effectifs des équipes) et Réseau (jeu en ligne jusqu’à 8 joueurs) font eux aussi leur grand retour.




Parmi les modes de jeu déjà connus, signalons la refonte totale du mode Entraînement désormais divisé en niveaux de difficulté, chacun comprenant lui-même divers ateliers composés de plusieurs exercices. Vous serez comme d’habitude récompensé de vos efforts (après chaque niveau réussi) par l’attribution de PES (points à dépenser dans le PES-Shop). La Ligue Master a elle aussi subi quelques légères modifications, avec notamment la possibilité de figer l’évolution des joueurs et d’ajuster le fonctionnement des transferts (vous ne pourrez plus forcément acquérir les joueur que vous voulez quand vous le voulez).
Du côté des équipes disponibles, vous aurez probablement noté ci-dessus que cinq championnats européens sont désormais disponibles: précisons toutefois que la Premier League anglaise ne dispose pas des licences adéquates, contrairement aux quatre autres compétitions. En ce qui concerne les équipes nationales, leur nombre s’élève à 64, alors que 120 clubs sont eux aussi à votre disposition. Les licences pour ces deux catégories ne sont toutefois pas toutes présentes, et il vous arrivera donc encore de rencontrer des clubs ou joueurs au nom modifié!Un gameplay encore affinéCeux d’entre vous qui avaient lu notre preview du jeu voici quelques semaines se souviennent peut-être de notre commentaire à propos de l’équilibre entre attaquants et défenseurs, nettement en faveur des premiers dans ce sixième PES. Après plusieurs heures passées sur le jeu, force est de constater que si le déséquilibre est bien présent, il n’est peut-être pas aussi prononcé que nous le pensions.




Si vous êtes un adepte des percées dans la défense adverse avec vos attaquants de pointe ou vos milieux offensifs, vous vous rendrez rapidement compte que la manœuvre est ici facilitée par le nombre élevé de contres favorables à vos joueurs: balle au pied, il n’est pas rare de buter contre un défenseur adverse mais, là où PES 5 lui donnait trop facilement l’avantage, PES 6 prend presque le contre-pied en simulant un double contre qui tourne trop souvent à votre avantage. Un défaut qui, lorsque vous défendez, peut être atténué par le pressing ou le double pressing mais qui reste énervant lorsqu’un excellent joueur adverse efface deux ou trois de vos défenseurs de la sorte ! Convenons toutefois que, lorsque les affrontements ne se soldent pas par un contre discutable, les interactions entre joueurs n’ont jamais été aussi crédibles, les développeurs ayant ajouté une ribambelle de nouvelles animations rendant ces séquences plus crédibles que par le passé.
Comme à son habitude, PES offre dans cette nouvelle version de nouveaux mouvements avec par exemple le dribble lent (R2) qui vous permettra des changements de directions fulgurants bien utiles pour se débarrasser d’un défenseur gênant, ou encore la protection de la balle qui vous évitera de voir l’adversaire prendre le ballon trop facilement. De nouvelles feintes font aussi leur apparition (V-Trick et Matthews) mais il faut bien admettre qu’elles sont plus utiles pour le spectacle que pour la construction du jeu ! Plus intéressante, la remise en jeu rapide (L1+R1) vous permet d’anticiper le coup franc et d’exploiter ainsi les éventuelles erreurs de placement de votre adversaire.




L’intelligence artificielle du jeu reste de très bon niveau, aussi bien en défense qu’en attaque, même si l’utilisation abusive de la sélection automatique du joueur risque fort de vous poser des problèmes dans le premier cas: lors du changement de sélection, le joueur en question stoppe en effet tout mouvement ce qui peut se révéler fatal s’il était en train de se repositionner pour défendre ! Pour ce qui est de la construction des attaques, vos équipiers suivent correctement votre jeu selon les tactiques adoptées, mais il faut parfois monter manuellement d’un cran la pression offensive pour que toutes les opportunités puissent être exploitées. Terminons sur la prestation convaincante des gardiens de but dont l’efficacité semble être plus que jamais en relation directe avec leurs statistiques: en Ligue Master, n’hésitez pas à faire rentrer votre second gardien si le premier n’est pas très en forme !Une réalisation fidèle à elle-mêmeAlors que ce nouveau PES offre des évolutions dans la jouabilité, certes subtiles, mais perceptibles, sa réalisation reste elle globalement du même niveau que celle de son prédécesseur: les joueurs sont pour la plupart fidèlement modélisés, et les stades offrent un agréable rendu 3D même si le public ressemble une fois de plus à une succession de panneaux. De la même manière, certains gros plans trahissent la faible résolution des textures de l’environnement, et quelques plans d’ensemble du terrain engendrent un vilain effet de scintillement dans les gradins. Ces quelques défauts sont toutefois largement compensés par des animations criantes de réalisme, les différents contacts entre joueurs et les nouvelles feintes se greffant parfaitement aux mouvements déjà réussis de la série.




Là où PES semble en revanche se complaire dans la médiocrité, c’est dans sa prestation sonore, toujours d’aussi mauvaise qualité. Bien sûr on apprécie le travail apporté aux chants des supporters, plus variés d’année en année, mais on continue de pester sur les commentaires répétitifs, peu inspirés, et trop souvent en décalage total avec l’action. Les fans absolus de la série objecteront sans doute qu’il est possible de les couper, ce à quoi nous leur répondrons qu’après huit épisodes (en comptant les volets PS1) passés à subir ce défaut pourtant gênant, nous estimons que Konami devrait au moins avoir essayé d’y remédier !
• Des possibilités quasiment infinies
• Des animations criantes de vérité
• Les licences s’étoffent d’année en année
• Des commentaires toujours aussi pauvres
• Des contres un peu trop favorables aux attaquants
• Il manque encore pas mal de compétitions officielles
Verdict
Une fois de plus Konami parvient à offrir aux amateurs de football un titre qui leur permettra de vivre des matchs d’un réalisme hallucinant. Certes, la qualité graphique du jeu commence à perdre de son impact avec l’arrivée des consoles de nouvelle génération et les licences sont encore en nombre trop restreint, mais les sensations offertes par ce sixième Pro Evolution Soccer relaient bien vite ces quelques lacunes au second plan. Au final, passée l’habituelle période d’adaptation aux nouveautés du gameplay, le plaisir de jeu est véritablement immense.
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Graphismes
9 / 10Un public en carton et de vilains scintillements lors des plans d’ensemble du stade mais des joueurs bien modélisés et parfaitement animés.
Jouabilité
9 / 10Malgré quelques défauts parfois gênants, jamais jeu de foot n’a aussi bien su recréer la tension et la diversité d’un vrai match.
Son
6 / 10Alors que les supporters sont de plus en plus crédibles au fil du temps, les commentaires restent désespérément plats, répétitifs, et souvent décalés par rapport à l’action.
Durée de vie
9 / 10Entre les différentes coupes, les ligues, la Ligue Master et les parties online, vous êtes parés pour les 12 mois à venir !
Fun
9 / 10Une fois habitué aux derniers ajustements du gameplay, on s’amuse toujours autant en solo comme à plusieurs.