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NYR - New York Race

NYR - New York Race

publié le 11 avril 2003
  • 24/11/2001
  • inconnue

Nous inaugurons aujourd'hui, et en ces pages, une toute nouvelle rubrique, que vous pourrez retrouver ponctuellement, au gré de l'actualité qui nous intéresse ici : Les plus beaux loupés, les plus magnifiques ratages, les petits titres et grandes erreurs qui n'auraient jamais du sortir de la tête des programmeurs et designers qui les ont fécondés. Partons donc à la rencontre de ces ovnis ludiques, ces John Merrick de la jouabilité.

Nous entamons cette semaine spéciale de la "NAZE ZONE" par ce qui, sur le papier, comme sur l'écran, ne pouvait que renifler le "rha-les-mecs-on-va-s'en-mettre-plein-les-poches-en-un-rien-de-temps" j'ai nommé le malodorant New-York-Race (dites NYR, mais on s'en fout), tentative faussement louable, de rendre hommage à un film français ayant cartonné un peu partout dans le monde, "Le Cinquième Elément" de Besson.

Il est à noter d'ailleurs, qu'ils y auront mis le temps, puisqu'il aura fallu attendre pas moins de 5 ans pour voir un dérivé ludique de ce film, pour une version jeu de course (le film passant lui même difficilement la barre des cinq ans, après revisionnage). L'attente en valait-elle le coup ? The Naze Zone répond...
L'amour du risque
... non, bien évidemment. Tout du moins, pas pour un titre classique visant le haut du panier, pour nous par contre, c'est du pain béni. Et plutôt que de faire la liste exhaustive de tout ce qui cloche dans ce titre, on va s'attarder sur les petits détails qui font de cette "chose" une véritable bombe certifiée "Naze Zone".

En commençant le jeu, on peut découvrir, une petite merveille en terme de manque totale d'ambition pour vous donner envie de poursuivre. Le tour de force étant ici, de vous convaincre que la qualité des images que vous voyez défiler dans cette intro, sont celles constituant l'essentiel du jeu que vous allez essayer. Hum... moi je dis, Wanadoo, c'est plus fort que vous.

C'est vrai que quand on bénéficie d'un moteur 3D aussi performant, tellement bluffant, il serait dommage de ne pas en faire profiter tout le monde en guise d'apéritif. Bon, ça c'est fait, on est bien dégoûté. Garçon la suite !

Après avoir passé la barrière des menus plus austères les uns que les autres, on se retrouve plongé, sans autres formes de procès, dans l'action. On aurait aimé une légère présentation du circuit, un vague mouvement de caméra, qui ne coûte rien si ce n'est quelques heures de plus à plancher sur son ordinateur. Mais pourquoi se donner la peine de faire quelque chose de décent, on a la licence "5ème élément" ! Pour être tout à fait juste, il y a bien votre tacot qui sort de son garage... méritoire non ?

On sent d'entrée que c'est bien faisandé, un possible grand cru made in daube, mais on veut y croire, on veut se prendre pour Bruce Willis un instant, et on rêve de plonger dans le New York du futur que l'on nous a promis (au passage, on pourra noter avec amusement que Sieur Bruce devait être trop cher, car sa petite tête blonde n'apparaît nullement ici).
On se risque donc à valider la touche d'accès à la première course. Savonette Party time ! Quelle fulgurance ! On virevolte joyeusement dans le ciel, à la recherche premièrement, de la direction à prendre (par où c'est-y ?), et surtout de vos adversaires qui, semble t-il, n'existent que sur la jaquette... non, non, ils existent bel et bien, mais faut facilement s'y reprendre à 4 ou 5 fois pour qu'il ne vous mettent pas un tour dans la vue ! J'exagère à peine.

Les décors me direz-vous ? Et les texture comment c'est quelles sont ? Ben jusqu'alors, je m'occupais de diriger ce maudit taxi jaune, car il faut vous dire que si l'avenir de l'automobile passe par les airs, il est à souhaiter quelle ne passe pas entre les mains expertes de Kalisto, sinon y va y avoir de la casse version grand large. Disons en prenant un raccourci, que sans être complètement pourrie, elle passe assez inaperçue pour ne pas éveiller l'intérêt du chauffeur. C'est pas très coloré, et on ne distingue pas grand chose dans cette amas de pixels désorganisés. C'est qu'il faut être concentré hein, parce que ce que je ne vous ai pas dit, c'est que, évidemment, la conduite des différents bolides tient plus de l'instinct d’observation version Jean Alesi, que de la performance d'un Wipeout Fusion.

Pour corriger l'assiette de l'engin, il y a bien les 4 touches latérales donnant des petits coups d'accélérateur vers la droite ou la gauche, vers le haut et le bas. A noter le raffinement ultime de ce gameplay, puisque vous aurez la surprise de découvrir la touche rétroviseur sur le bouton "triangle" du dual shock. Quel intérêt cette précision me direz-vous ?

Aucun, si ce n'est que, chose amusante, vous devrez, pour voir vos adversaires qui sont dans votre dos, relâcher la touche d'accélération, et donc, vous serez content de découvrir ce qui se passe derrière vous, manque de pot, le temps que vous fassiez cette manœuvre, les autres seront loin devant... la perfection je vous dis. Bien évidemment, aucune possibilité de choisir quelque chose de correct parmi plusieurs configurations de la manette. Il faut souligner que le stick analogique de droite n'est aucunement sollicité, qu'il n'a aucune utilité, alors qu'il aurait été si simple d'affecter à ses commandes celles des touches latérales par exemple, tout en disposant la vue arrière, ainsi que les choix de tirs et bonus sur ces fameuses touches latérales... trop facile, trop évident. Kalisto réinvente à chaque instant le concept de jeu vidéo, pousse dans ses derniers retranchements le gameplay ultime. On en veut, on en redemande... et des surprises, on va en avoir.

Après être arrivé tant bien que mal à la deuxième course du nom de "La Gare" (ça fait futuriste, ça fait exotique, ça fait rêver, quoi. C'est dingue tant d'inventions au mètre carré), on commence réellement à prendre conscience de l'ampleur de la catastrophe. Ou du plaisir, c'est selon les tendances masochistes de chacun. On s'est habitué à la conduite foireuse, mais cela ne serait rien si évidemment, les adversaires étaient à la hauteur, et le dessin des circuits fait pour être parcourus avec plaisir. Commençons par les concurrents. Ils tracent sans vous attendre et vous aurez le plus grand mal à revenir à leur hauteur....mais attention aux virages cachés, ou aux poteaux en plein milieu du circuit, car dès que vous faites un faux pas, le peu de gain de temps que vous avez gagné sur eux s'évanouit comme neige au soleil. Ils pourraient éventuellement vous attendre, en faisant eux aussi quelques erreurs, mais il faut croire que les kamikazes du futur n'ont plus rien d'humains, et manque de bol pour vous, ce sont de véritables champions, que dis-je, de vraies machines à bouffer des kilomètres !

Vous allez donc passer les 3/4 du temps à errer seul dans ces immenses décors de méga-city comme une âme en peine. Comble de l'insupportable pour tout amateur de course teigneuse, je me suis surpris, après un énième plantage dans le décor, à ralentir grandement pour admirer, façon de parler, l'endroit. Là je suis à la recherche d'improbables raccourcis. Niet, rien. Il est possible qu'ils existent mais c'est plus à 2 à l'heure qu'il faut les chercher alors.

Ne cherchez pas non plus la moindre progression de difficulté dans les circuits parcourus, puisqu'ils sont infinis dès le début. Sans parler bien sûr de l'anarchie régnant dans l'architecture certes, fidèle au film, mais tellement peu en adéquation avec ce qu'on peut attendre d'un jeu de course, qui se doit malgré tout, de tracer la route à suivre.

Si je rajoute que tout ceci se passe en mode débutant, je sens l'orgasme poindre chez vous non ? Mais le lecteur exigeant se demande à cet instant, y a-t-il mieux ? Peut-on en remettre une couche ? Faut-il que je craque et que j'achète des actions Wanadoo grâce à N-Y-R ? Faites comme bon vous semble, mais moi je continue, car on ne peut pas s'arrêter en si bon chemin. Des petits rien qui font du bien Voici, pour les aficionados ralliés à notre cause du CBM (click and become mad), un panégyrique de tout ce qui fait de ce titre le premier et digne représentant (en attendant la semaine prochaine) de cette rubrique. Ce sont des petits riens, mais que l'on n'était plus habitué à voir sur PS2 depuis ses débuts. Les nostalgiques vont être comblés. Commençons par les classiques, les incontournables, j'ai envie de dire les références en la matière.

Le brouillard fait son apparition (c'est qui faut les gérer tout ces tuyaux inutiles la sur la gauche, oups ! c'est trop tard), un brouillard bien insidieux, qui ne vient que sporadiquement augmenter le handicap. Mais c'est un petit plus bien sympa. On voit pas très loin. Heureusement que dès que les sept autres bolides sont à l'écran, les saccades commencent ! Eh oui ! Les ralentissements, plus fort que l'A6 en plein mois d'Août. Comment s'en passer. Remarquez, vue l'agressivité des gus, vous êtes pas prêts de les voir tous les sept très souvent. Le mode deux joueurs est, quant à lui, un ravissement. Traduisez que nous glisserons sur ce dernier par bonté d'âme. Quid des musiques ? Rien à signaler, elles sont bien à l'image du jeu, sans charisme et sans charme, la grande classe en somme. Les effets sonores accompagnant vos divers périples urbains sont eux ainsi bien fades et soporifiques.

Les effets de lumière, sont assez réussis, bien que vos moyens de défenses et d'attaques se résument au strict minimum... seul inconvénient, à chaque blast, c'est le framerate qui ralentit grandement ! Mon conseil: ne tirez pas ! Faites comme moi, essayez d'en finir au plus vite. Cerise sur le gâteau, mis à part le fait de ne pouvoir faire évoluer votre bolide, vous n'aurez même pas droit de revoir les courses, replay à l'appui.

Après plusieurs heures de jeu (oui, je suis consciencieux), le plus triste dans l'histoire, c'est que l'on suppute quel aurait pu être le destin de ce titre, au potentiel finalement assez fort, si les développeurs avaient bien voulu s'en donner les moyens.

Enfin, on peut remarquer avec malice, que les grands défenseurs de l'exception culturelle, Gaumont en tête, n'en perdent pas moins les réalités marchandes, et sont beaucoup moins regardant lorsqu'il s'agit, pour aguicher le chaland, de constituer une maquette (pour la jaquette), entièrement en anglais. Passe encore pour le titre, New-York Race, mais était-ce bien utile de mettre le slogan dans la langue de Shakespeare ?

Il n'est aucunement question de remettre sur le tapis, la sempiternelle rengaine des adaptations foireuses de licences juteuses. Non, il n'y a pas de fatalité la dedans, comme vous pourrez le voir bientôt, avec le test de "007,espion pour cible", qui lui, est une grande réussite.

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test écrit par Paulo


  • 4 / 10

    Graphismes

  • 2 / 10

    Jouabilité

  • 2 / 10

    Son

  • 2 / 10

    Durée de vie

2 / 10

Verdict

Évidemment, on peut pas avoir faux sur toute la ligne, et les temps de chargement, bien que réguliers, sont assez courts. Mince, pour une fois qu'on les aurait voulu interminables...

- / 10

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