
Mortal Kombat : Shaolin Monks
publié le 29 octobre 2005- Etat : Disponible
- Développeur :Paradox Entertainment
- Distributeur :Midway
- Genre :Combat
- 28/10/2005
- 26/09/2005
- inconnue
Après le combat final du tournoi de Mortal Kombat, Shang Tsung fut vaincu par Liu Kang et le royaume de la Terre (Earthrealm) fut sauvé de la domination. Mais dans la confusion provoquée par un mystérieux tremblement de terre, Shang Tsung s'échappa grâce à un portail dimensionnel s'ouvrant vers le royaume d'Outworld. Kung Lao, déguisé en gardien, aida son frère Shaolin, Liu Kang et ses alliés de combat à s'échapper de l'île. Lorsqu'ils retournèrent chez eux, l'Académie Wu Shi fut envahie par Baraka et sa horde de Tarkatans pour défier les règles du Mortal Kombat et prendre le contrôle d'Earthrealm par la force. Bien que les moines Shaolin boutèrent l'invasion, Raiden sentit une conspiration cachée et ordonna à Liu Kang et Kung Lao de vaincre Shang Tsung dans le royaume d'Outworld. Vont-ils réussir ? Ou vont-ils succomber aux plans vicieux dressés par Shang Tsung ?
Un bien belle introduction, me direz-vous. Digne des films éponymes qui furent réalisés dans les années 90 par le petit cousin de Uwe Boll, Paul .
Anderson. De toute façon, dans l'univers des Mortal Kombat, il ne faut jamais vraiment s'attarder sur le scénario. En fait, dans tous les jeux de combats en général, il ne faut pas essayer de relever les effets de styles cachés dans le suspens. Et de ce côté, Mortal Kombat Shaolin Monks a gagné son pari. On s'attendait à avoir une histoire plus travaillée pour ce beat'em all à la sauce aventure mais ce ne fut pas le cas. On peut alors se poser des questions sur l'esprit créatif de l'équipe de développement. "Et les gars, j'ai un concept pour un nouvel épisode de Mortal Kombat. On peut faire un tape les tous en 3D qui se déroulerait entre le premier épisode et le second épisode avec Liu Kang et Kung Lao comme gentils, plus des potes à eux, dans des environnements connus et contre des méchants connus." déclare un gamedesigner tout essoufflé, "Génial comme concept et le scénario ?" répondent les responsables de Midway et le designer perplexe surenchérit "Ben, je viens de vous le dire". Voilà comment un nouvel épisode de Mortal Kombat est né. On remarque alors toute l'originalité de ce nouvel opus : taper sur tout ce qui bouge et verser des hectolitres de sang.
Bref passons sur le scénario, comment pourrait-on dire, intéressant, pour parler de ce qui a redoré le blason de la licence : les graphismes. A l'époque, la série s'était essoufflée. Les joueurs commençaient à connaître les joies des jeux de baston en 3D avec Tekken et compagnies sur PSone. Ainsi, Midway s'était donc décidé à nous réaliser un premier jeu en 3D, le bien nommé Mortal Kombat 4, mais qui fut un flop terrible et donc très vite oublié. Ne voulant pas laisser couler sa série phare, l'éditeur essaya de la décliner avec un nouveau gameplay, à savoir le jeu d'aventure. Le premier essai, Mortal Kombat Mythologies : Sub Zero, contait les aventures du ninja bleu aux mains froides et très utiles pour faire des glaçons mais la subtilité de l'aventure était telle que le jeu fut subtilement oublié. Après la discrétion du ninjitsu, nous avons eu droit au bourrin du shoot'em up en 3D avec MK Special Forces qui, contrairement à son nom, n'avait vraiment rien de spécial. Puis, en 2003, Midway revint à ses premiers amours avec un jeu de combats au gameplay accrocheur et aux graphismes soignés : ce fut le très sanglant Mortal Kombat Deadly Alliance. Les joueurs furent conquis et l'éditeur ne tarda pas à nous pondre une suite tout aussi magnifique, Mortal Kombat Mystification. Surfant sur le renouveau du succès et n'aimant pas les échecs, Midway nous combla, ô fan d'aventures sanglantes, avec ce Mortal Kombat possédant une vraie empreinte esthétique. Reprenant le moteur graphique Havoc, rendu célèbre avec le très classieux Half-Life 2, MKSM nous abreuve de décors sublimes reprenant ceux aperçus dans les deux premiers volets mais adaptés à la sauce polygones. Les effets de lumières sont bien gérés quoique parfois éblouissants et le moteur ne ralentit pas, même en affichant un multitude d'ennemis à découper, mutiler, torturer. Les personnages manquent toutefois de finesse mais le tout est tellement esthétique que l'on ne s'attarde pas sur ces détails.
Approché dans les précédents paragraphes, le Gameplay se résume à faire du mal à ces ennemis. Cela permet très certainement de comprendre les deux dernières initiales du soft. Bref, vous pouvez bien évidemment taper joyeusement vos Némésis pour leur faire cracher des litres de sang ou de ketchup pour les âmes sensibles. La licence Mortal Kombat nous gratifiant de quelques mises à mort atroces, les fameuses fatalities reviennent avec des petites sœurs pour agrémenter ce nouveau concept. Les multalities vous permettent de déchiqueter plusieurs ennemis, bien utiles lorsque vous êtes submergés et les brutalities augmentent vos capacités de combat pour découper tous vos assaillants en rondelles. Ces coups spéciaux se déclenchent plus aisément que dans les épisodes cloisonnés. Plus de pertes de cheveux pour sortir les "finish him" bien gores. Lorsque vous les aurez débloqués et après avoir appuyé sur une touche, les commandes s'affichent pour la première exécution. Ensuite, vous retrouverez ces manip' dans le menu d'inventaires en cas de trou de mémoire. D'ailleurs, dans ces mêmes menus, vous retrouverez toutes les listes de coups et les combos dévastateurs dignes de votre héros. Certains se débloqueront après avoir gagner suffisamment de points d'expérience. Toujours dans l'évolution de votre personnage, après les affrontements avec les boss, vous récupérerez des upgrades pour obtenir des nouvelles capacités vous permettant de franchir des parties de l'aventure encore inaccessibles. Ainsi, vous pourrez vous déplacer sur les murs tel un prince de Perse, vous pourrez escalader des murs comme un reptile ou vous ferez des sauts plus longs à l'instar de la belle Lara Croft. Les possibilités d'interagir avec le décor rajoutent un plus notable à l'aventure. En effet, les levels sont aussi des armes contre vos ennemis. Certaines salles renferment des outils de tortures vous permettant de tuer vos ennemis en un seul coup soit en les empalant ou soit en les broyant. De plus, votre personnage aura la capacité de ramasser diverses armes éphémères pour les jeter ou pour découper dans le tas, ainsi vous obtenez une plus grande efficacité dans les coups portés.
Malheureusement la fréquence de ces dernières est trop éparse et on se retrouve plus souvent à mains nues. Cependant, le jeu n'est pas parfait sinon il aurait eu le droit à une note plus conséquente. En effet, lors des phases de plateformes, les sauts de votre personnage sont plus qu'hésitants et vous aurez souvent le droit de reprendre le niveau depuis le début. Certes, cela allonge la durée de vie mais le fait d'avoir des piques ou des ronces vous retirant copieusement de la vie n'arrange pas la progression. En parlant de santé, on récupère très rarement des globes pour l'augmenter et lorsque l'on se retrouve face à une horde d'ennemis ou un boss avec 10% de vie, on se fait une joie de recommencer le combat dès le début alors qu'on est miraculeusement sur le point de l'achever. Quelques énigmes parsèment le chemin mais ne sont pas d'une grande difficulté et diversité. Les univers ne permettent pas une réelle liberté de mouvement même si le jeu est respectueux des normes des beat'em all. On a souvent le droit à des niveaux courts liés par un temps de chargement conséquent qui se répète également avant chaque cut-scene. Le niveau de difficulté est mal géré dans l'aventure. En effet, vous vous retrouverez souvent coincé dans des affrontements contre des gardes ou de phases de projection d'ennemis contre des crochets dans le seul but de débloquer un chemin. De plus, les méchants sont vraiment coriaces et vous donneront du fil à retordre à savoir que certains ne peuvent être assujettis aux fatalities.
Certes la difficulté est mal gérée tout au long de l'aventure mais ce n'est pas le seul facteur d'allongement de la durée de vie. A la fin de l'aventure, vous débloquerez pas mal de bonus dont de nouveaux personnages pour le mode aventure avec un scénario différent mais je vous laisse la surprise, des personnages pour le mode duel, une sorte de jeu de combat fidèle à la série, ou des goodies tirés du développement du jeux. La possibilité également de jouer l'aventure à deux rajoute un côté fun et vous permettra d'exécuter des mouvements spéciaux avec vos potes. Concernant la bande-son, les musiques collent avec l'univers et restent dans la lignée de la série. Elles méritent que l'on s'y attarde ou de trouver un album pour les écouter toute la journée. Le doublage est marqué dans les annales de l'histoire des cut-scenes de jeux. Digne des dialogues de Uwe Boll ou même des films tirés de la licence, les acteurs très inspirés sont pitoyables et on en rit du début à la fin. On s'attend presque à ce que la voix de Raiden soit celle de Christophe Lambert.
Verdict
Voulant changer de concept pour sa série phare, Midway a su conserver ce qui a redoré le blason des Mortal Kombat à savoir les différents modes, les bonus à débloquer et des graphismes soignés. Malheureusement, il n'aurait pas fallu un tel changement de gameplay passant d'un jeu de combat gore à souhait et vraiment fun à un beat'em all toujours aussi sanguinolent mais mal pensé. Midway nous confirme encore une fois qu'ils ne maîtrisent pas totalement ses licences en dehors de leurs sentiers battus malgré de bonnes idées qu'il aurait fallu creuser davantage. Un jeu défoulant qui plaira surtout aux fans de la série voulant connaître d'autres sensations de jeu dans des environnements moins confinés, ou alors à présenter à des psychopathes en mal de tortures sur des être vivants et ne reconnaissant plus la douce couleur du sang.

A partir de 13.9 €
Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie