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Medal of Honor : Faucons de Guerre

Medal of Honor : Faucons de Guerre

publié le 28 juin 2005
  • 16/06/2005
  • inconnue

Source d’inspiration apparemment sans fin pour certains créateurs de jeux vidéos, la Seconde Guerre Mondiale est une nouvelle fois mise en scène dans un nouvel opus de la série Medal of Honor. Les Faucons de Guerre débarquent avec leur lot de nouveautés mais sauront-ils apporter assez de fraîcheur à une série qui semble s’essoufler ?Un air connu…Nous sommes en 1942, période charnière de la Seconde Guerre Mondiale : alors que les Alliés ont bien du mal à lutter contre la puissante machine de guerre nazie, ils créent le Bureau des Services Stratégiques plus connu sous l’acronyme OSS. Vous incarnez le lieutenant américain Holt, tout premier membre de ce nouveau service, qui vient d’embarquer sur un navire à destination de Saint-Nazaire. Votre mission : progresser sur le territoire français afin de neutraliser certains officiers nazis et récupérer des documents secrets en leur possession.

Chaque niveau est introduit grâce à de courts films d’époque en noir et blanc sur lesquels on peut entendre la voix de Holt : le militaire maintenant âgé se souvient de son parcours et partage ses sentiments de l’époque avec le joueur, plongeant ainsi ce dernier naturellement au cœur de l’action. Dès les premières secondes de jeu, une impression de déjà-vu se dégage : la mise en scène est léchée, la bande son tonitruante, et la progression reste dans la plus pure veine des Medal of Honor, ultra scriptée. Electronic Arts aurait-il décidé de se contenter du minimum syndical ?Une structure plus ouverte !On dit souvent qu’une première impression est généralement correcte. Dans le cas présent, on s’aperçoit assez vite que des changements ont bien été opérés sur ce nouvel épisode de la série.

Tout d’abord, le terrain des opérations n’est plus linéaire : finis les enchaînements de couloirs et autres chemins uniques. Nous sommes ici sur un champ de bataille et celui-ci est vaste, voire très vaste. Nous pouvons désormais aller où bon nous semble, dans une certaine limite bien entendu, et il faudra prendre garde aux ennemis arrivant de tous côtés : vous pouvez vous déplacer librement et eux peuvent donc vous tendre une embuscade ! Les joueurs qui en avaient assez de la linéarité de Soleil Levant, maladroitement dissimulée par des fougères infranchissables, se réjouiront certainement de ce virage à 180 degrés dans le level design.

Bien sûr, cette nouvelle liberté offerte au joueur n’aurait servi à rien si les missions restaient structurées comme par le passé : à quoi bon élargir l’aire de jeu si l’objectif reste d’aller du point A au point B en suivant une ligne droite ? Dans ce domaine aussi, Electronic Arts a fait preuve d’imagination, même si ses trouvailles ne sont pas exactement originales : tout d’abord, chaque niveau compte plusieurs objectifs principaux, qu’il faut de toute façon atteindre pour progresser. En outre, des missions annexes sont découvertes en cours de jeu, soit parce qu’elle sont nécessaires à l’accomplissement d’un objectif principal, soit simplement pour prolonger le plaisir. Si vous parvenez à atteindre tous les objectifs d’une mission, vous serez décoré d’une jolie médaille.Des ajouts surprenantsBien sûr on retrouve dans le jeu les contrôles connus des précédents Medal of Honor ainsi que toute une flopée d’armes d’époques (fusils, mitrailleuses, grenades,…) et des medikit servant à vous refaire une petite santé. Ceux-ci sont de deux types : les verts vous attendent en divers endroit de l’aire de jeu et peuvent être stockés pour être utilisés en situation délicate en appuyant sur la touche bas de la croix directionnelle. Les rouges eux sont parfois laissés par les ennemis lorsqu’ils meurent et sont utilisés immédiatement. Les fans de la série se demandent maintenant certainement où se trouvent les nouveautés : qu’ils se rassurent, les développeurs ont tout de même cherché à innover avec, il faut le dire, un résultat un peu mitigé.

La grande première de cet épisode est l’apparition de coéquipiers : vous n’êtes plus seuls sur le terrain et avez sous vos ordres trois soldats que vous pourrez commander. N’allez pas pour autant croire que Electronic Arts ait décidé de copier sans vergogne Full Spectrum Warrior ou plus simplement Brothers in Arms. Non, le seul ordre que vous pouvez donner à votre unité est celui de se déplacer : en maintenant L2 enfoncé, un curseur apparaît. Vous pouvez le déplacer sur le terrain et, lorsque vous relâchez L2, vos équipiers se dirigent vers ce point et tirent sur les éventuels ennemis. Si l’idée est séduisante sur le papier, elle ne fonctionne pas vraiment une fois le pad en main : vos soldats ont un QI de poule et sont assez peu efficaces au tir. En outre, il vous appartient de les soigner en utilisant vos propres medikits ! Autant être clair : puisqu’il n’est pas impératif de les ramener en vie pour réussir la mission, vous aurez tôt fait de les utiliser comme moyen de diversion voire comme bouclier…

Autre nouveauté, une jauge d’adrénaline fait son apparition : se remplissant au cours des combats, elle est utilisable une fois pleine en appuyant sur la touche haut de la croix directionnelle. Le joueur devient invincible pendant quelques secondes et peut alors se jeter sur les troupes ennemies et les tuer d’autant plus facilement que, curieusement, ses munitions deviennent illimitées. Il faut toutefois faire attention à surveiller la jauge car elle se vide bien plus rapidement qu’elle ne se remplit, et il est déconseillé de revenir à son état normal alors que l’on se trouve à découvert et entouré de trois ou quatre soldats adverses ! Si par malheur vous étiez distrait et aviez oublié ce petit détail, il vous faudra certainement avoir fait un stock de medikit afin de ne pas périr rapidement.

Si vous parvenez toutefois à épuiser vos réserves médicales et tombez au champ d’honneur, sachez que Electronic Arts a encore pensé à vous en instaurant un système de réanimations : disponibles en nombre très limitées, celles-ci vous permettent de vous relever en cas de mort prématurée. Petit problème : vous ressuscitez là où vous avez péri et si vous étiez encerclé par de nombreux nazis, il y a de fortes chances pour que vous mourriez une nouvelle fois dans les dix secondes suivant votre retour parmi les vivants ! Heureusement, si votre stock initial de réanimations est restreint vous pouvez l’augmenter ou le reconstituer en accomplissant les missions secondaires mentionnées plus haut : chaque objectif rempli rapporte en effet une réanimation.

Dernière petite nouveauté, certains objectifs consistent en l’élimination d’officiers allemands. Présentés à l’ancienne comme des boss du niveau, ceux-ci sont en général plus difficiles à abattre que les simples soldats mais ne présentent pas pour autant un challenge insurmontable.Une réalisation saisissanteComme indiqué dans les premières lignes de ce test, la réalisation de Faucons de Guerre est dans la droite lignée des précédents Medal of Honor : les graphismes sont corrects sans êtres exceptionnels, les animations tiennent la route, mais c’est surtout la mise en scène qui étonne. Grâce aux nombreux scripts utilisés, l’environnement paraît réellement vivant, et il est toujours grisant de progresser vers l’objectif sans savoir ce qui se passera la seconde suivante : les explosions, l’apparition de renforts ennemis, et d’autres évènements survenant en cours de mission rendent l’expérience très crédible.

L’intelligence artificielle des ennemis, si elle paraît meilleure que celle de vos coéquipiers, n’en reste pas moins très prévisible : tapis derrière un muret ou toute autre protection de décor, ils jettent souvent de petits coups d’oeils, exposant ainsi leur chère tête à votre viseur. Lorsque les adversaires sont peu nombreux, il est donc assez facile de progresser façon « tir aux pigeons » en attendant qu’ils se découvrent. Il s’agit alors plus d’un jeu de patience que d’un véritable FPS… En revanche, lorsque les ennemis sont nombreux, il faut être rapide et précis : leurs armes font des dégâts importants à petite distance, et il est préférable d’éviter les affrontements trop rapprochés. Si vous vous sentez acculé, vous pouvez toujours balancer une ou deux petites grenades pour éclaircir le paysage : alors que vous avez la possibilité de renvoyer celles qui vous tombent dessus en appuyant sur la croix, ils semblent que vos adversaires ne connaissent pas cette blague pourtant amusante !

Elément incontournable de tout Medal of Honor depuis la genèse de la série, la bande-son est une fois de plus remarquable : qu’il s’agisse des dialogues, des effets spéciaux (armes, explosions, …), ou de la musique soulignant les moments les plus épiques des combats, tout est fait pour plonger le joueur au cœur de la bataille.Une durée de vie discutable ?Si les scripts évoqués au paragraphe précédent jouent indéniablement un rôle important pour l’immersion du joueur, ils ne sont pas pour autant exempts d’inconvénients : il y a fort à parier que vous ne reviendrez pas sur Faucons de Guerre une fois celui-ci terminé. Les plus assidus essaieront de terminer le jeu afin d’obtenir toutes les médailles, peut-être même sur la difficulté la plus haute, mais lorsque la surprise disparaît, on se retrouve finalement face à un FPS trop classique.

Puisque nous parlons de la difficulté, sachez que le jeu comporte 11 missions réparties dans quatre régions. Vous n’aurez probablement aucun mal à terminer les deux premières régions (Saint-Nazaire et Afrique du Nord), même si la seconde mission africaine pourrait vous donner du fil à retordre. En revanche, les choses se corsent vraiment à partir de la troisième région (Russie) et vous devrez progresser prudemment si vous voulez remplir vos objectifs : avec l’apparition du système de réanimation, les checkpoints ont disparu et il est donc désormais très pénalisant de mourir puisque vous pourriez avoir à recommencer la mission depuis le début. Lorsque l’on sait que certaines d’entre elles demandent une grosse demi-heure, on comprend qu’il serait rageant de se faire tuer définitivement à deux pas de l’objectif principal !

La durée de vie de Faucons de Guerre est donc difficilement appréciable : si vous parcourez le jeu de manière méthodique, progressant doucement et éliminant les ennemis un à un, vous parviendrez probablement à la fin du jeu en une petite dizaine d’heures. En revanche, si vous voulez adopter la méthode « FPS bourrin », vous pourriez avoir à recommencer certaines missions plus souvent qu’à votre tour, rallongeant la durée de vie du jeu artificiellement.

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test écrit par Eric


  • 7 / 10

    Graphismes

  • 7 / 10

    Jouabilité

  • 8 / 10

    Son

  • 6 / 10

    Durée de vie

7 / 10

Verdict

Ce nouveau Medal of Honor devrait réconcilier les amateurs de la série qui avaient été déçus par le controversé Soleil Levant. La maniabilité a été corrigée et des nouveautés bienvenues viennent renouveler un gameplay qui commençait à prendre la poussière. Bien sûr, aucun des ajouts n’est très original mais l’ensemble à l’avantage de fonctionner correctement : comme on dit en cuisine la mayonnaise prend, et on en vient à regretter qu’elle soit en quantité si limitée…

- / 10

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7 / 10
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