
Manhunt
publié le 20 décembre 2003- Etat : Disponible
- Développeur :Rockstar North
- Distributeur :Take Two Interactive
- Genre :Action
- 21/11/2003
- 19/11/2003
- inconnue
Les équipes de Rockstar DMA North nous ont habitué à la controverse...Après GTA3, State of emergency...ils viennent de passer un nouveau cap dans la provocation, qui d'ailleurs leur vaut déjà les foudres de la censure (le jeu est tout simplement interdit à la vente en Nouvelle Zélande).
Il faut dire qu'ils ont fait fort...prenez la violence d'un Tenchu, multipliée par 10, le glauque d'un Silent Hill, la froideur chirurgicale de Hitman 2, mélangez le tout et vous aurez une idée de la teneur de Manhunt...
Pour commencer, oubliez le héros charismatique et bienveillant ; n'esperez pas un tueur professionnel de type militaire ; vous incarnez tout simplement un meurtrier multi récidiviste, condamné à mort. Le jeu démarre au moment de son exécution, simulée : James Earl Cash a été sauvé par Starkweather, un producteur de Tv spécialisé dans les snuff movies...
Le marché est simple : Cash va devoir lutter pour sa survie. Lâché dans les quartiers glauques de Carter City, pourchassé par un gang dans chaque quartier, Cash n''aura qu'une alternative : tuer ou être tué. Pour commencer et se faire la main, une première arme de fortune : le sac plastique. Cash avise un des chasseurs qui lui tourne le dos....un message inscrit au mur ne laisse aucun doute sur l'objectif : "Kill this dumb fuck" !!!! On se glisse derrière le chasseur...arrivé à distance suffisante, Cash lève le bras : une pression sur carré, et il se prépare à l'exécution. Maintenue 1 seconde, l'attaque sera rapide ; 3 secondes, l'attaque gagnera en violence ; 5 secondes, l'attaque sera carrément sanglante. Chaque stealth kill est vue à travers l'écran granuleux d'une caméra de surveillance....One tue pour la TV, de la façon la plus sanglante et violente possible (les exécutions de type "3 étoiles" sont les plus prisées, et permettent de débloquer des bonus...).
Le premier niveau, didactiel, permet de découvrir les actions basiques de Cash : stealth kill, les armes de fortune,, se cacher dans des zones d'ombre, le combat à mains nues, la diversion en tapant sur un mur ou en lançant une brique... Il existe différents types d'armes : les armes à usage unique (sac plastique, bris de verre), les armes de contact (batte de base ball), les objets contondants ( couteau, pied de biche, machette), les armes à feu (pistolets, fusils à pompe, fusils hypodermiques, fusil de sniper...). Un arsenal très complet, qu'il vous faudra mériter puisque Cash commence chaque niveau les mains nues. Dans un souci de réalisme, le nombre d'armes de chaque type est limité à un : impossible d'avoir par exemple la batte de base ball et le fusil à pompe...Le changement d'arme se fait d'ailleurs dans le feu de l'actio, sans passer par un menu de pause.
Chaque mission vous fera affronter un nouveau gang : les lascars, les skins, les smileys, les wardogs...chaque gang a son style vestimentaire, et un masque qui leur est propre. Idem pour l'armement qui évolue de façon progressive : les 1ers gangs sont équipés de matraques, on passe rapidement à la machette puis aux armes à feu. Jusqu'à arriver aux SWAT, qui deviendront votre bête noire à cause de leur armement plus que mortel.
Côté gameplay, Cash dispose d'une certaine palette de mouvements : marcher (sensible à la pression analogique), courir (pour un temps limité), se plaquer contre un mur, jeter un coup d'oeil, surgir pistolet ou machette au poing pour surprendre ses adversaires. Il n'existe pas de position accroupie...pour rester discret, Cash devra passer d'une zone d'ombre à l'autre. Enfin, il peut se cacher derrière différents éléments du décor, d'où il pourra défendre sa position à l'aide d'armes à feu.
On retrouve également un radar, qui présente un aspect original : les gardes n'y apparaissent que lorsque vous les avez repérés, à l'oeil ou à l'oreille. Venons en à l'IA : ni exceptionnelle, ni mauvaise ; les chasseurs ne tomberont pas à tous les coups dans le piège de la brique, et appelleront souvent des renforts lorsqu'ils sentent le danger. Une fois Cash repéré, ils le pousivront sans relâche à travers une grande partie du niveau.
Ces moments sont d'ailleurs très crédibles : on a véritablement l'impression d'être chassé. Pour rajouter à l'effet, les dialogues des chasseurs sont particulièrement convaincants et variés : chaque gang dispose de voix, de dialogues et d'accents spécifiques. Enfin, les chasseurs ont des parcours assez larges, et du fait de leur nombre, l'approche peut parfois être délicate. C'est vrai dans les autres jeux de ce genre, ça l'est encore plus dans Manhunt : il vous faudra de la patience, beaucoup de patience en attendant le moment "idéal" pour agir, et éviter de vous faire mettre en pièces...
Malgré quelques situations originales (sauver les membres de sa famille, escorter un "ami", ou encore écraser des chasseurs dans une décharge à l'aide d'un gigantesque électro-aimant), on pourra reprocher à Manhunt un certain côté répétitif. Le jeu est d'ailleurs très long, avec 20 missions, il faut compter au moins 20-25h dans le mode de base (Fétiche), pour en venir à bout.
Malgré ce coté répétitif, l'ambiance et l'immersion dans cet univers glauque et violent sont si fantastiques qu'on continue avec plaisir : les rues de Carter City, les différents gangs de chasseurs, la brutalité des exécutions, la musique sobre et efficace (qui rappelle les 1ères compositions de John Carpenter, exemple New York 1997 ou Halloween), tout cela fonctionne très bien surtout si on est fan d'infiltration.
Verdict
Au final, on a un jeu dont le gameplay aurait mérité un peu plus de diversité, mais qui vous promet tout de même de longues heures d'angoisse tapi dans l'ombre...

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie