
Magna Carta
publié le 18 avril 2006- Etat : Disponible
- Développeur :Softmax
- Distributeur :Codemasters
- Genre :RPG / Aventure
- 01/12/2005
- inconnue
- 24/11/2004
Alors que les RPG nippons tendent à débarquer de plus en plus facilement en Europe pour notre plus grand plaisir, le développeur coréen Softmax s’associe à Codemasters pour nous proposer une production de grande envergure qui saura certainement séduire les fans du genre.
Pour beaucoup de joueurs européens, RPG rime avec Final Fantasy et se conjugue rarement à d’autres temps que celui de la fameuse série de Square Enix. Certes l’arrivée récente de Dragon Quest VIII en territoire PAL pourrait bien changer la donne, cette série du même éditeur étant la plus appréciée au Japon, mais on reste très loin de la diversité du genre disponible en Asie. Dans ce contexte, la décision de Codemasters annoncée en juin 2005 d’importer chez nous le fameux Magna Carta de Softmax pouvait être perçue comme un véritable pari : celui de nous faire découvrir une approche différente du RPG. Avec sa réalisation de haute volée et son système de jeu profond et novateur, le titre a en effet de nombreux atouts !Une guerre ancestraleL’histoire de Magna Carta prend place sur un continent appelé Efferia, sur lequel arrivèrent il y a bien longtemps quelques humains fuyant leur civilisation : lassés par d’interminables guerres et en proie à une maladie les changeant en pierre, ces hommes n’avaient eu d’autre choix que de chercher une terre plus accueillante pour pouvoir survivre. A leur arrivée sur Efferia, ils constatèrent que la région était déjà habitée par un peuple appelé les Yason. Au départ, la cohabitation fut pacifique mais la soif d’extension des humains fit naître des tensions et, quelques années après, une guerre totale était déclarée.
Durant cette période d’affrontement perpétuelle entre les deux peuples, des humains connus sous le nom des Huit Héros parvinrent à sceller l’arbre de la « Lumière et du Salut », empêchant les Yason d’utiliser le Chi, une énergie vitale présente sous diverses formes dans l’environnement. Certains d’entre eux sont ainsi tombés malades alors que d’autres, les Blastormes, ont acquis de nouveaux pouvoirs sur lesquels ils comptent bien s’appuyer pour exterminer les humains.
C’est à ce moment stratégique du conflit que le joueur prend le contrôle de Carlintz, chef d’un groupe de mercenaires humains baptisé les Larmes de Sang. Composée de combattants ayant tous en commun d’avoir perdu un ou plusieurs êtres chers durant la guerre, la faction tente par tous les moyens de mettre à mal les forces Yason, en aidant l’armée humaine ou en menant ses propres actions.Un cheminement classiqueDe ce point de départ, Magna Carta développe un scénario extrêmement linéaire dans lequel on retrouve tous les aspects classiques d’un bon RPG : les Larmes de Sang voyageront dans les divers environnements d’Efferia afin d’accomplir diverses quêtes, et rencontreront en chemin de nombreux ennemis desquels ils devront se défaire. Pour les aider dans leur tache, ils pourront acheter de l’équipement ou améliorer l’existant, acquérir des items bien utiles en combat, mais aussi s’entraîner dans des dojos pour apprendre de nouveaux styles de combat ou de nouveaux coups dans un style déjà connu.
Les objets les plus précieux seront trouvés au fin fond de donjons gardés par des monstres très puissants et l’habituel level-up sera un passage presque obligatoire pour obtenir certains d’entre eux. Signalons toutefois que la quête principale n’oblige pas vraiment à subir de longues séances d’entraînement, si bien que seuls les joueurs désireux de découvrir tous les secrets d’Efferia devront vraiment se lancer dans la course à l’expérience.
Comme d’autres RPG, Magna Carta vous permet de diriger un groupe composé de plusieurs personnages. En revanche, seuls trois d’entre eux peuvent prendre part au combat et il est impossible de changer les protagonistes une fois la bataille lancée. Contrairement aux Final Fantasy (antérieurs au douzième !), les combats ne surviennent pas comme par magie et le jeu vous propose deux modes de déplacement bien différents : dans le mode Détection, vous marchez relativement lentement et pouvez ainsi apercevoir les ennemis depuis une distance confortable. Vous pouvez alors choisir de les éviter ou bien de vous approcher d’eux discrètement puis prendre l’initiative de lancer le combat et ainsi bénéficier de l’effet de surprise. Dans le mode Course en revanche, vous bougez rapidement et ne voyez les monstres qu’au dernier moment, vous exposant alors à être vous-même pris au dépourvu !Des combats surprenants Une fois le combat lancé, on se rend compte que Magna Carta ne se contente pas de reprendre quelques vieilles recettes éprouvées du RPG : les affrontements se déroulent via un système hybride de temps réel et de tour par tour symbolisé par la jauge de commandement. Située en haut à droite de l’écran, celle-ci se remplit au fur et à mesure que le temps passe et vous ne pouvez porter un coup que lorsque son niveau atteint un indicateur. A tout moment du combat vous pouvez déplacer votre personnage dans l’aire de jeu mais ces mouvements stoppent le remplissage de la jauge. Il faut donc veiller à ne pas bouger inutilement !
Comme indiqué plus haut, seuls trois de vos personnages peuvent prendre part au combat et vous pouvez à tout moment choisir celui que vous dirigez. En revanche, les deux autres ne prennent aucune initiative et restent donc immobiles tant que vous n’en prenez pas le contrôle. Le mécanisme surprend puisqu’il est donc possible de remporter une bataille avec un unique combattant, mais il faut avouer que le système fonctionne plutôt bien.
Selon le personnage dirigé, un cercle plus ou moins grand se dessine autour de lui indiquant la zone qu’il peut couvrir avec ses coups. Ainsi le cercle d’un adepte du corps à corps est de taille modéré alors que celui d’un magicien est en réalité une couronne dans laquelle il est possible de lancer des sorts. En jonglant avec les capacités de chacun, il n’est pas difficile de placer les personnages afin que tous puissent porter une attaque envers le ou les ennemis.
Lorsque votre jauge de commandement est remplie et qu’un ennemi est à votre portée, un cercle apparaît à l’écran indiquant une combinaison de trois appuis des boutons Croix et Rond. Une fois le premier bouton pressé le cercle tourne et il faut observer le bon rythme pour les deux appuis suivants afin de réussir son coup. Dans le cas contraire, le personnage perd son tour et aucun dommage n’est infligé à l’ennemi. Bien entendu, les premières batailles se veulent relativement faciles pour que tout joueur puisse s’habituer au rythme permettant de réussir ses coups, d’autant que chaque appui se voit affecté d’un commentaire « Bien » ou « Super » qui augmente la puissance de l’attaque : il est donc important d’avoir le bon timing !
Lorsque vous réussissez une attaque parfaite (trois « Super », une jauge d’énergie trinitaire augmente. Lorsque son taux atteint les 30%, vous pouvez l’utiliser grâce au bouton carré et ainsi augmenter du pourcentage correspondant les attaques suivantes. Face à certains monstres particulièrement coriaces, il peut être intéressant de monter sa jauge à 100% pour maximiser la puissance des coups. Attention toutefois, un seul coup raté et la jauge redescend à zéro !
Comme si le système n’était pas déjà assez riche, sachez que chacun de vos personnages possède son style de combat et que chaque style comporte des coups qui lui sont propres. Au départ, chaque personnage ne connaît qu’un style et un coup de ce style mais il est possible d’acquérir de nouveaux styles en cours de jeu et les coups se débloquent au fur et à mesure en réalisant des attaques parfaites. Certains styles permettent de passer en mode Combo dans lequel une séquence d’une dizaine d’appuis sur Croix et Rond devra être entrée en rythme afin de déclencher une attaque dévastatrice. Enfin, quelques styles permettent d’utiliser le mode Contre grâce auquel le personnage attend d’être lui-même attaqué par l’ennemi avant de porter l’estocade.
Chaque attaque utilise un ou plusieurs Chi particuliers, ceux-ci étant au nombre de huit. Selon la zone où vous vous trouvez, certains Chi peuvent être disponibles en quantité limitée et il faut donc toujours veiller à ce que les trois combattants que vous avez choisi pour livrer bataille aient à leur disposition des coups permettant d’utiliser les Chi ambiants ! Dernier point, chaque zone renferme des lanternes à Chi dont il est possible de changer le type afin de faciliter l’utilisation de certains coups.D’autres bonnes idées Hormis son système de combat certes complexe mais très intéressant, Magna Carta inclut quelques trouvailles bien pensées, à commencer par le mécanisme d’entente entre les membres du groupe : pendant l’aventure, vous pourrez à certains moments discuter avec vos partenaires et choisir deux réactions différentes face à leurs propos. Une bonne réponse augmentera la confiance que le personnage vous porte alors qu’une mauvaise la réduira. En outre, il est possible d’offrir des cadeaux (à bien choisir !) afin d’améliorer encore cette relation. Apparemment anodine, cette notion de confiance trouve tout son intérêt durant les batailles : si vos trois combattants s’entendent bien, les indicateurs vous permettant d’attaquer seront plus rapprochés et vous pourrez ainsi porter vos coups plus souvent !
Pour accélérer l’évolution de vos personnages, vous pourrez faire appel à des voyants, en général situés dans des villages, afin que ceux-ci vous révèlent votre avenir moyennant une coquette somme d’argent. Si celui-ci est radieux, vous serez plus performant en combat, apprendrez de nouveaux coups plus facilement et gagnerez plus d’expérience à chaque victoire. Dans le cas contraire, il sera sage d’annuler les effets de la prédiction contre de nouvelles espèces sonnantes et trébuchantes ! Les voyants vous permettront aussi d’évaluer certains objets inconnus trouvés au cours de vos voyages.
Afin d’être équipé au mieux pour affronter vos ennemis, vous pourrez rendre visite à des forgerons qui seront non seulement capables d’améliorer vos armes mais qui pourront aussi vous soumettre une quête qui, si elle est remplie, vous permettra d’en gagner de plus puissantesUne bien belle prestationOutre son système de jeu à la fois complet et novateur en certains points, Magna Carta peut se targuer d’une réalisation de haut niveau qui n’a pas à rougir face aux mastodontes de Square Enix. Certes on peut reprocher le design un peu trop efféminé de la plupart des hommes de cette aventure, mais il faut avouer que, en dehors de leurs expressions faciales relativement pauvres, les protagonistes sont bien modélisés : les silhouettes sont agréables, les corps bien animés, et les vêtements font preuve d’un joli design. De la même manière, les monstres apportent un vent de fraîcheur pour qui a fini par s’habituer à ceux de Final Fantasy et les effets spéciaux accompagnant les combats sont impeccablement réalisés. Terminons sur les décors qui, s’ils sont inégaux dans leur exécution, parviennent tout de même à sérieusement dépayser le joueur qui passe d’une région à une autre.
La bande son quant à elle accompagne efficacement les diverses phases de jeu, qu’il s’agisse d’exploration ou de combats. On regrette en revanche le jeu des acteurs américains choisis pour effectuer le doublage : le ton des dialogues est parfois surprenant mais on se lasse surtout très vite des remarques faites par chaque personnage en combat. On se demande comment Softmax n’a pas pensé à diversifier un peu ces interjections !
Cerise sur le gâteau pour les joueurs francophones, Magna Carta a été intégralement traduit dans la langue de Molière, depuis les menus jusqu’aux dialogues en passant bien évidemment par le manuel. On note toutefois de petites erreurs dans ce domaine, certains rares textes étant toujours en Anglais ou ne comportant qu’une seule lettre. Rassurez-vous, rien de cela n’empêche de comprendre le déroulement des évènements !
Signalons pour finir que Softmax annonce qu’une cinquantaine d’heures de jeu est nécessaire pour terminer Magna Carta, estimation qui nous paraît un peu légère tant les déplacements en mode détection sont lents. C’est d’ailleurs là une des faiblesses du jeu : la progression se fait parfois à la vitesse de l’escargot, et les chargements fréquents entre deux aires de jeu ont une fâcheuse tendance à casser un rythme qui a déjà un peu de mal à s’installer en début de partie.
• Une excellente présentation
• Un système de combat original et prenant
• Quelques innovations bien trouvées
• La lenteur des déplacements en mode détection
• La grande linéarité de l’aventure
• Certains aspects sont peut-être inutilement complexes
Verdict
Attendu comme le titre du renouveau pour un genre trusté par quelques séries certes magnifiques mais peut-être trop formatées, Magna Carta manque de justesse son objectif : si certaines idées du jeu de Softmax sont effectivement excellentes, d’autres apparemment plus basiques semblent ne pas avoir été suffisamment travaillées pour convaincre l’ensemble des amateurs de RPG. Le résultat est toutefois très accrocheur et devrait sans mal trouver un large public. Saluons au passage l’initiative de Codemasters qui permet ainsi aux joueurs européens de découvrir ce petit bijou !

A partir de 9.9 €
Graphismes
8 / 10Les environnements sont plutôt jolis et les personnages correctement modélisés et animés. Dommage que leurs expressions faciales n’aient pas été vraiment travaillées !
Jouabilité
7 / 10Le système de combat, pour compliqué qu’il soit, est une excellente trouvaille. Il faut toutefois un peu de temps pour le maîtriser complètement. En revanche, les déplacements en mode détection sont bien trop lents.
Son
8 / 10Les musiques sont de bonne facture et les effets spéciaux entendus durant les combats remplissent leur office. Les voix américaines sont par contre très décevantes.
Durée de vie
8 / 10Softmax annonce une cinquantaine d’heures de jeu mais attendez-vous à plus si vous utilisez exclusivement le mode détection lors de vos déplacements. L’expérience sera encore rallongée si vous entreprenez les quêtes annexes !
Fun
7 / 10Si certains défauts du jeu sont très irritants comme la lenteur des déplacements ou les chargements un peu trop fréquents, certaines de ses qualités, à commencer par son système de combat original, compensent largement.