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King Kong

King Kong

publié le 16 novembre 2005
  • 17/11/2005
  • inconnue

Une fois n’est pas coutume, l’adaptation vidéoludique du remake de King Kong sera disponible avant que celui-ci ne sorte dans les salles obscures. L’occasion pour les joueurs de découvrir en avant-première ce mythe du Septième Art revisité par Peter Jackson mais aussi de goûter à l’un des meilleurs jeux vidéo basé sur une licence cinématographique !Les originesLa sortie du premier long-métrage King Kong réalisé en 1933 par Schoedsack et Cooper a certainement marqué l’histoire du cinéma comme l’a notamment prouvé John Guillermin qui, après avoir sorti son remake en 1976, décida de le pourvoir d’une suite en 1986. Plus original, Ishirô Honda eut l’idée en 1962 de faire s’affronter sur grand écran le célèbre gorille et le monstre nippon Godzilla, à la renommée au moins équivalente. Mais le gorille géant ne s’est pas cantonné au seul domaine cinématographique et a aussi été adapté en dessin animé dans une série apparue en 1966, ainsi que dans quelques rares bandes dessinées.

Dans le domaine des jeux vidéo, King Kong s’est par contre montré plutôt discret : bien que le fameux Donkey Kong de Nintendo en soit une copie presque conforme, il aura fallu attendre 2005 et l’adaptation vidéoludique du film de Peter Jackson pour que le gorille ait enfin son jeu bien à lui. Comme souvent pour ce type de production, la communication quelque peu mystérieuse et largement basée sur des captures d’écran magnifiques a suscité la méfiance chez les joueurs, inquiets de ne voir encore débarquer qu’un titre moyen tentant de profiter d’une licence juteuse. Qu’ils se rassurent : Ubisoft signe avec le jeu King Kong une performance tout à fait digne d’intérêt !Un scénario respectéL’aventure débute avec une séquence extraite du film de Jackson : on y apprend comment Carl Denham, un cinéaste en mal de sensations fortes ayant grand besoin d’un coup d’éclat pour relancer sa carrière, décide de tourner son prochain film sur une île perdue nommée Skull Island, sur laquelle il se rendra grâce à une carte mystérieuse qu’il a réussi à se procurer. Pour assurer le succès de sa nouvelle production, Carl embauche Ann Darrow, une actrice au chômage qui espère bien profiter de l’occasion pour revenir dans le cœur du public. Le joueur incarne le scénariste de l’équipe nommé Jack Driscoll, dont on sait finalement peu de choses.

Pour se rendre sur Skull Island, Denham affrète un navire nommé le Venture dont le second se nomme Hayes, un vétéran de la guerre rompu aux techniques de combat de l’époque. Il engage pour cette expédition un jeune homme appelé Jimmy qui devient le plus jeune membre de l’équipage.

Alors que le Venture approche de Skull Island, deux chaloupes sont lancées à la mer et la petite équipe s’approche tant bien que mal du rivage. La tempête qui fait rage oblige les deux embarcations à se séparer et celles-ci vont s’échouer sur l’île. Le joueur prend alors le contrôle de Jack.Une immersion totaleAu contraire de nombreux jeux se déroulant eux aussi à la première personne, King Kong ne donne aucune indication de jeu à l’écran : pas question ici de se référer à sa jauge de vie, de vérifier son compteur de munitions ou encore de jeter un coup d’œil à une carte pour connaître sa prochaine destination. Le joueur est jeté sur l’île au même titre que ses compagnons, et il doit se débrouiller pour la quitter entier.

Bien sûr, ce côté épuré ne signifie pas que les données habituellement présentes à l’écran ne soient plus prises en compte : les informations sont simplement fournies au joueur d’une autre manière. L’état de santé de Jack par exemple ne se comporte pas comme une jauge qui se viderait à chaque coup dur : lorsque notre héros est blessé, sa vision se trouble d’un voile rouge clignotant et son rythme cardiaque se fait plus rapide et plus présent. Il lui faut alors se mettre à couvert pour éviter d’encaisser d’autres coups qui pourraient cette fois le mettre à terre pour de bon. De la même manière, Jack compte ses munitions restantes à chaque fois qu’il recharge ou lorsqu’il tire s’il ne lui reste presque plus de balles. On l’entend ainsi dire « Deux chargeurs en réserve », « Bientôt à sec » ou encore « Il va falloir recharger ». Pour les inquiets, il est toujours possible d’appuyer sur la touche Rond afin qu’il fasse une vérification supplémentaire voire même de modifier les options du jeu pour que votre inventaire apparaisse à l’écran. De la même manière, il est possible de régler le jeu pour qu’un viseur apparaisse à l’écran (il est absent par défaut).

Puisque nous évoquons les contrôles, sachez que ceux-ci sont proches d’un FPS, avec notamment des sticks gauche et droit servant respectivement à se déplacer et à viser. En revanche, les boutons du pad PS2 sont ici utilisés de manière inhabituelle : le bouton R1 sert à recharger alors que R2 sert à donner un coup de l’objet actuellement en main (de crosse s’il s’agit d’un fusil, de lance le cas échéant, ou de poing lorsque Jack est à mains nues). Lorsque vous êtes proche d’un objet transportable, R2 est aussi utilisé pour le ramasser. Pour tirer ou lancer un objet, il faut tout d’abord appuyer sur L2 afin de pouvoir viser, puis de le maintenir tout en utilisant R2. Lorsque L2 est enfoncé, il est possible d’appuyer sur R3 pour plus de précision. Enfin, la Croix est utile pour parler à ses équipiers et leur demander d’échanger leur arme contre la notre.Un gameplay bien penséComposé de 42 chapitres, l’aventure proposée par King Kong s’avère plutôt variée même si une certaine répétitivité s’installe après avoir parcouru la moitié du jeu. Les phases de jeu alternent énigmes à résoudre et combats contre des ennemis divers et variés (ptérodactyles, raptors, tyrannosaures, chenilles géantes, troglodytes…). Pour se débarrasser de leurs ennemis, Jack et ses compagnons ont à leur disposition un arsenal comprenant des pistolets, des fusils, des fusils mitrailleurs et des fusils à lunette. Ces armes sont parachutées en certains endroits de l’île par un hydravion venant du Venture, resté au large. Outre ces moyens modernes, Jack peut aussi récupérer des lances ou des os d’animaux morts. Il peut alors s’en servir comme arme en combat corps à corps ou bien les lancer pour transpercer sa cible. En outre, si un feu se trouve à proximité, il peut enflammer l’arme pour occasionner plus de dégâts.

Le feu joue d’ailleurs un rôle important puisqu’il sera nécessaire de l’utiliser pour dégager des chemins parfois envahis par les ronces. Lors de certaines séquences, il faudra lancer des lances enflammées dans des buissons qui, en brûlant, pourront faire s’écrouler certaines constructions en bois à partir desquelles des ennemis attaquent. L’obtention même du feu est parfois l’objet d’énigmes : comment réussir à amener une lance enflammée d’un endroit A à un endroit B alors que le chemin reliant les deux points oblige à passer sous une fontaine ? La solution n’est en général pas trop difficile à trouver…

C’est d’ailleurs là une des faiblesses d’un gameplay pourtant savoureux : les actions à effectuer pour progresser se répètent trop souvent et finissent par lasser après quelques heures de jeu. Pour schématiser, il faut presque à chaque chapitre dégager un chemin grâce au feu puis trouver les morceaux de bois permettant d’ouvrir les immenses portes fermant l’accès à la zone suivante. Il existe bien entendu quelques variations sur le même thème comme cette séquence ou Jack doit occuper un tyrannosaure pendant que ses compagnons ouvrent la porte, ou encore celle ou notre équipe se trouve sur un radeau, poursuivie par deux T-Rex, mais ces changements sont rares et tout ceci s’avère un peu trop facile.

Les combats eux-mêmes, bien que paraissant parfois inégaux, peuvent souvent être réglés rapidement. En effet, l’écosystème de l’île répond à la notion de proies et de prédateurs : lorsque vous êtes attaqué par de nombreux animaux d’un certain type, il est parfois plus sensé d’abattre un animal d’une race différente que de gaspiller vos munitions. Si l’animal abattu compte parmi les proies favorites de vos agresseurs, ceux-ci se désintéresseront de vous pour tranquillement dépecer la carcasse sans vie. Bien pensé !Dans la peau d’un gorilleAlors que vous passerez la plupart de votre temps dans la peau de Jack Driscoll, certains chapitres du jeu changent la donne en vous investissant du rôle de King Kong lui-même. Curieusement, ces phases ne sont pas sans rappeler les jeux Prince Of Persia du même éditeur : en effet Kong court sur les murs et effectue des sauts impressionnants en s’accrochant aux divers éléments du décor, à la manière du Prince. Face à un tyrannosaure ou à d’autres monstres du même acabit, il charge et se saisit de l’ennemi afin de mieux le projeter contre les obstacles qui l’entourent. Il peut bien entendu aussi charger et donner des coups d’une puissance impressionnante.

Chose amusante, il arrive que Kong doive courir après Ann, qu’il enlève évidemment dans l’un des premiers chapitres de l’aventure. Durant ces séquences, il lui faut parfois déployer des trésors d’ingéniosité afin de contourner les objets qui lui barrent la route et au travers desquels l’actrice peut passer sans problème. On assiste alors à un jeu du chat et de la souris d’une dimension inconnue jusqu’ici !

La relation entre le singe et la femme évolue d’ailleurs dans le jeu comme elle évolue dans le film (l’original et son premier remake tout du moins !) : au fur et à mesure de la progression, les séquences dans lesquelles on dirige Kong se transforment en une collaboration entre les deux personnages. Le gorille doit par exemple protéger Ann et l’amener à certains endroits précis afin que celle-ci permette à la bête elle-même d’avancer !Une atmosphère envoûtanteCôté technique, King Kong parvient malgré de légères faiblesses à plonger le joueur au cœur de l’aventure et il se dégage du titre une ambiance peu commune. Dès la mise à l’eau des chaloupes du Venture, on est surpris par les décors aux dimensions impressionnantes. L’arrivée sur Skull Island alors que la tempête se lève est chargée d’émotion, et l’on en arrive presque à ressentir l’inquiétude de l’équipe de tournage malmenée par les flots.

L’exploration de l’île est elle aussi un régal pour les yeux, avec une végétation luxuriante et des décors plutôt bien réalisés. Evidemment, on peut reprocher au titre ses textures parfois sommaires et ses angles un peu trop prononcés mais l’ensemble est cohérent et toujours crédible. Les effets de lumières sont tantôt magnifiques, lorsque le soleil perce par rais à travers un mur de pierre troué, tantôt décevants avec notamment les reflets aperçus sur les brontosaures qui leur confère un aspect plastique plutôt malvenu.

Les compagnons de Jack ont eux bénéficié d’un grand soin dans leur modélisation, tout particulièrement en ce qui concerne leurs visages : Ann est particulièrement réussie, même si des expressions faciales plus poussées auraient été les bienvenues ! Kong ainsi que les divers animaux rencontrés sont eux aussi bien détaillés mais l’animation du gorille lorsqu’on le dirige est étonnante, lui conférant parfois une attitude plus pataude que puissante. En revanche, les effets graphiques utilisés lorsqu’il attaque ses ennemis contribuent à exprimer toute sa force de belle manière.

Seul petit bémol sur la réalisation graphique du jeu : l’animation qui peine parfois sans que l’on sache vraiment pourquoi. A ce sujet, précisons que par défaut le jeu utilise un mode vidéo appelé « 4/3 bandes noires » qui donne un effet cinématographique en ajoutant des bandes en haut et en bas de l’écran. Les possesseurs de télévisions 16/9 s’empresseront probablement d’utiliser le mode adéquat mais nous conseillons aux autres joueurs de passer par les options vidéo pour utiliser le mode « 4/3 » simple. De cette manière, vous jouerez en plein écran et les ralentissements mentionnés plus haut ne sont pas plus fréquents dans ce mode que dans l’original !

L’ambiance sonore du jeu n’est pas en reste avec de nombreux bruits émanant de la jungle, des dialogues fréquents entre Jack et ses compagnons, et des apparitions tonitruantes de Kong ou d’autres animaux gigantesques et effrayants. En outre, l’action est soutenue par un thème musical prenant qui s’intensifie dans les moments les plus dramatiques.Une durée de vie discutableMalgré toute ses qualités, King Kong souffre d’un problème assez récurrent ces dernières années : sa durée de vie est un peu courte. Un joueur moyen en mode de difficulté Normal verra probablement la fin de l’aventure en moins de 10 heures et n’aura aucune véritable motivation pour s’essayer aux niveaux de difficulté supérieurs, à cause notamment de la répétitivité de l’action évoquée plus haut.

Certes, le jeu propose des bonus débloqués au cours de l’aventure puis selon le score obtenu à la fin de celle-ci. Mais bien que ceux-ci soient intéressants, il nous paraît peu probable que de nombreux joueurs repartent pour Skull Island dans le seul but de les débloquer. Restent les trois bonus dont nous ne pouvons pas vous parler, n’ayant pu les débloquer nous-mêmes : ils nécessitent l’obtention de codes depuis le site officiel du jeu mais ceux-ci ne seront vraisemblablement en ligne que le jour de sa sortie !

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test écrit par Eric


  • 8 / 10

    Graphismes

  • 7 / 10

    Jouabilité

  • 8 / 10

    Son

  • 7 / 10

    Durée de vie

8 / 10

Verdict

King Kong est l’une des excellentes surprises de cette fin d’année et l’un des meilleurs jeux basés sur une licence cinématographique sortis à ce jour. Certes, on aurait apprécié que le schéma de progression s’avère un peu plus varié afin que la lassitude ne vienne pas entacher un plaisir de jeu pourtant immédiat. En outre, une durée de vie légèrement supérieure aurait été la bienvenue, notamment par l’inclusion de bonus incitant vraiment le joueur à refaire l’aventure. Ceci étant, l’atmosphère qui s’installe dès les premières minutes devrait séduire tout joueur adepte des jeux à histoire. Que vous ayez envie de voir le film ou non, que vous l’ayez apprécié ou non, son adaptation vidéoludique mérite que vous vous y intéressiez !

- / 10

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