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Killzone

Killzone

publié le 30 novembre 2004
  • 01/12/2004
  • inconnue

Seuls leurs yeux rouges vifs trahissent leur présence au loin dans ce halo de fumée soulevé par la toute récente destruction de Vecta ... La troupe des Helghasts est en marche pour tout détruire sur son passage : réussirez-vous à vous échapper sain et sauf de ce "no man's land" ... ?

Cela fait bien longtemps que l'on attend ce FPS (First Person Shooter) signé Guerrilla à propos duquel on a pu entendre tout et n'importe quoi, et affublé de la lourde tâche consistant à devenir LA référence du genre sur PS2. A tout juste quelques jours de la mise en rayon de Killzone dans les magasins, l'heure n'est plus aux rumeurs !Rappel des faits : Le scénario se déroule dans un futur proche où la technologie a pris le pas sur tout le reste. Il est désormais possible de partir explorer d'autres planètes plus en détail, et on parle même rapidement de colonisation. De nombreuses colonies voient le jour, et se rassemblent sous la bannière de l'ISA (Alliance Stratégique Interplanétaire) dont la vocation est avant tout de donner aux colons des conditions de vie agréables. Menacés par un environnement fragile dû en partie à la colonisation sauvage, les habitants de la planète Helgan deviennent rapidement les proies de maladies rares et incurables, entraînant inévitablement leur mort par milliers ...
Devant l'immobilisme des gouvernements terriens et de l'ISA sensés les protéger, un groupe armé baptisé "Helghasts", animé d'une haine féroce à leur égard se met en place pour détruire une à une les colonies et se venger de la Terre.

Vous incarnez au début de l'aventure le commandant Ian Templar, parachuté dans un conflit plus pour ses compétences militaires que pour sa connaissance de la situation ou du terrain, et qui devra en plus d'échapper aux assauts Helghasts, mener à leur terme les missions qui lui seront assignées ! Tout un programme ...Le nerf de la guerre : Vous l'aurez compris, Killzone n'a rien d'une ambiance bon-enfant. Si le côté science-fiction aurait pu permettre aux développeurs d'insérer quelques fantaisies tant au niveau des armes que des moyens de transport, le scénario uchronique propose un futur alternatif très proche de notre réalité, et c'est précisément cette ressemblance avec notre monde qui entraîne le joueur dans une guerre et une immersion totales ...

Même si leur motivation n'est pas du tout la même, la froideur, la discipline ou encore l'efficacité tactique des Helghasts rappellent sans conteste un régime fasciste du milieu du XXè siècle qui faillit mettre en péril l'humanité toute entière, d'autant plus que ceux-ci utilisent aussi la stratégie dite du "blitzkrieg" (guerre éclair) pour tout dévaster sur leur passage. On nage clairement dans l'uchronie (à la manière d'un World War Zero) et tout est fait pour rappeler ce conflit historique tant par la scène d'introduction montrant un orateur haranguant une foule de soldats, par la bannière explicite des Helghasts que par certains lieux traversés dont quelques tranchées ou encore un semblant de plage rappelant celle qui vit le débarquement mémorable des Alliés.

Killzone happe le joueur dès les premières minutes de jeu par une action scénarisée, les cinématiques se veulent très réalistes (et plutôt bien doublées) sans pour autant s'éterniser sur des considérations stratégiques, et tout est mis en oeuvre pour faire croire à un film de guerre : explosions spectaculaires, rechargement ultra-réaliste et détaillé des armes (recharger une arme prend le temps nécessaire et c'est un facteur à ne pas négliger au cours des combats à faible portée), effets de lumière adéquats et une caméra souvent branlante rappelant certaines scènes du célèbre film "Il faut sauver le soldat Ryan" ( les mauvaises langues iront même jusqu'à dire le "Projet blair Witch" ... ).

L'un des points forts de Killzone est sans conteste son level-design !
vous serez amenés à traverser onze niveaux découpés en 3 ou 4 sous-parties. Au programme : Champs de bataille, ville, parcs fleuris, docks, entrepôts, marais, jungle, bases ennemies, plages, etc... Les décors sont tous plus originaux les uns que les autres !
Certaines places glacent le sang avant même d'y pénétrer, on sent avant même les premiers affrontements qu'une boucherie va avoir lieue pour une tension encore plus palpable ... Les décors font la part belle aux murets pour se mettre à l'abri, aux fenêtres idéales pour "sniper" à tout va, aux dénivelés permettant de prendre un ascendant physique et tactique décisif sur l'ennemi.
Une vraie bouffée d'air frais par rapport à la concurrence des FPS "console" qui sont de ce côté là plus souvent redondants qu'autre chose. Certains passages ont des allures d'arènes d'où il vous faudra faire fort pour vous extirper indemne de la menace Helghast.

Et c'est le deuxième point fort du jeu : L'Intelligence Artificielle ennemie !
Les troupes Helghasts sont plutôt coriaces, et il vous faudra compter sur votre adresse pour vous en débarrasser rapidement. Leur armure est très résistante et si quelques balles dans la tête ou dans le dos suffisent pour les tuer sans perdre trop de temps, encore faut-il pouvoir viser juste ... Les Helghasts sont bien armés, souvent très nombreux, et ont la fâcheuse tendance à vous encercler. Un passage en force est quasi-systématiquement voué à l'échec, si bien que vous devrez tenter de les prendre à revers quand c'est possible ou encore changer de planque aussi souvent que nécessaire, car eux n'hésiteront pas à le faire !
Il est impératif de rester à couvert en permanence, car même si la santé remonte en cas de blessure, la sanction serait immédiate à long terme ... Il vous faudra agir vite et bien la plupart du temps, analyser rapidement l'emplacement des ennemis pour trouver une planque idéale. L'agressivité constante des Helghasts renforce grandement ce sentiment d'insécurité, cette impression de n'être jamais à l'abris d'un tireur isolé ou d'une balle perdue ... L'immersion est totale et sortir de ce guêpier nécessite pas mal de concentration !La maniabilité au service du gameplay : Passons maintenant à quelques caractéristiques techniques ! Au niveau graphique les scènes cinématiques proposent des personnages plutôt bien modélisés et dont on arrive à cerner les émotions sans problème. Le genre d'intermèdes qu'on retrouve dans un film de guerre entre les affrontements : les missions vous sont expliquées au cours de brèves conversations bien souvent teintées d'une pointe d'humour entre les deux couples remportant la palme du comique de situation que forment le commandant Templar avec la miss Luger d'un côté et Hakha l'espion Helghast avec Rico la brute du groupe de l'autre. On sent une cohésion entre les membres qui contribue à l'immersion.
Niveau graphique toujours, mais manette en main cette fois-ci, les textures sont très réalistes et plutôt détaillées, les décors reprenant rarement les éléments d'un autre. De nombreux effets visuels viennent se greffer au tout comme la fumée renforçant le côté dangereux de l'arrivée de chaque troupe d'Helghasts, des particules très bien rendues et des effets de lumière vraiment réussis sans pour autant être aussi tape-à-l'oeil que dans un Splinter Cell. L'enveloppe esthétique et graphique de Killzone quoiqu'un peu terne dans ses couleurs, est dans un ordre général très réussie, seuls quelques bugs de collision et un léger clipping pointent le bout de leur nez au cours de scènes trop chargées.

Pour ce qui est de la maniabilité là aussi c'est du tout bon ! Très intuitive, elle permet un usage complet de la manette dont chaque touche est mise à contribution : triangle pour recharger, croix pour les actions contextuelles comme les montées d'échelles ou le passage par dessus un muret, rond pour changer d'arme, R1 pour tirer, R2 pour l'arme secondaire, L1 pour la grenade, L2 pour s'accroupir, sans oublier R3 pour viser et L3 pour "sprinter", idéal pour passer rapidement d'une zone à couvert à une autre. Là encore l'idée de "sprinter", aussi simple soit elle, renforce l'immersion au cours de certaines scènes scriptées où vous serez exposés aux tirs ennemis ! Slaloms entre les balles ennemies, les tirs de mortier et les barbelés en perspective !
Si les commandes générales ne changent pas suivant le personnage que vous choisirez, certains d'entre eux disposent d'armes qui leur sont propres comme la mitraillette silencieuse de Luger ou encore la sulfateuse de Rico qui déboîte tout de même 20 balles à la seconde !

Côté son c'est un régal, toujours le souci de l'immersion, avec une bande-son composée par Joris de Man et jouée par l'orchestre Philharmonique de Prague ... rien que ça ! Certains thèmes sont absolument sublimes et ne dépareilleraient pas dans la discographie du compositeur Hans zimmer à qui l'on doit notamment les musiques de Gladiator et Pearl Harbor ou encore aux oeuvres de feu Michaël Kamen (Die Hard, etc...)
Les bruitages au cours des missions se résument à l'environnement (ruisseaux, plages, bris de verre), au rechargement des armes ainsi qu'à leurs tirs. La bande-son est en parfaite adéquation avec les armes proposées rendant le tout plus crédible. Quant au doublage, tout en français, il est de très bonne qualité (vous devriez sûrement reconnaître quelques doubleurs connus d'ailleurs). Le seul bémol étant la redondance des commentaires de vos équipiers, qui ont la fâcheuse tendance à se répéter, assez énervant au début !

Après autant d'éloges, vous devez sûrement vous dire que Killzone est un pur chef d’œuvre n'est ce pas ... ? Pourtant certains défauts majeurs viennent gripper les rouages d'une mécanique pourtant bien huilée ... Ces petits "riens" qui nous gâchent la vie : Autant rentrer dans le vif du sujet sans attendre, Killzone présente trois défauts qui, selon les joueurs, pourront refroidir leurs ardeurs, voire même s'avérer rédhibitoire : il s'agit de l'IA des alliés, de la durée de vie et du framerate ...
Pour ce qui est de l'Intelligence Artificielle de vos compagnons, le problème vient tout d'abord d'une redondance chronique des commentaires qu'ils n'hésitent pas à répéter deux fois de suite en fonction de vos prouesses, mais surtout à leur fâcheuse tendance à ne pas se mettre à couvert ... Ils restent parfois en ligne de mire ennemie, essuyant les balles sans broncher comme si de rien n'était. Si l'IA des Helghasts est plutôt bien travaillée, celle des membres de votre équipe laisse clairement à désirer !

Autre point noir : la durée de vie ! Non pas que le jeu soit court en soit, il vous faudra tout de même une bonne douzaine d'heures pour venir à bout une première fois des onze niveaux, d'autant que la difficulté du jeu vous incitera à recharger la partie de temps à autres. Ce ne sont pas non plus les 4 personnages et leur gameplay différent (chacun disposant de passages qui lui sont propres ou d'armes personnalisées suivant ses aptitudes) qui poseront problème, au contraire on serait tenté de refaire le jeu 4 fois de suite ! Le souci vient en fait de l'abondance des scènes scriptées : une fois que l'on sait où se trouvent les embuscades ennemies, recommencer le jeu ne présente plus vraiment le même challenge, et ne permet plus de garder le même niveau de pression lié aux attaques ennemies ... Si la durée de vie du mode scénario peut s'essouffler dès le 2è passage, le mode online rappellera tous les possesseurs d'une connection internet à l'ordre puisque certains modes de jeu proposeront de se battre contre pas moins de 11 joueurs simultanément ! De rudes nuits blanches en perspectives ...

Le dernier défaut, et non des moindres malheureusement, est le framerate (comprenez "nombre d'images par seconde") plus qu'inconstant ... Si la caméra parfois saccadée fait le jeu de l'immersion telle une caméra portée sur le casque en temps réel au cours d'un assaut, le framerate chute souvent au cours de scènes trop chargées en ennemis, explosions ou autre effets visuels (notamment dans les docks avec des averses de pluie constantes) ... Rien qui n'empêche de prendre du plaisir toutefois (sauf pour les adaptes du 60htz qui arrêteront de lire ce test dès la fin de cette ligne), mais une vraie plaie qui nuit à l'immersion d'autant plus que certaines actions contextuelles comme le saut de muret ou le grimpage d'échelle auraient été admirablement mieux servies par une animation plus fluide ...

Il est indéniable que l'on se heurte aux limites techniques de la PS2, et malgré la relative jeunesse de l'équipe de Guerrilla, toutes ces lacunes ne peuvent pas leur être imputées dans leur intégralité.

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test écrit par Thibaut


  • 8 / 10

    Graphismes

  • 8 / 10

    Jouabilité

  • 9 / 10

    Son

  • 6 / 10

    Durée de vie

8 / 10

Verdict

Killzone n'est certes pas la tuerie annoncée sensée tout massacrer sur son passage, mais devrait sans doute s'imposer comme LA référence du FPS sur PS2, par ses qualités biensur, mais aussi par manque de concurrence dans le domaine même si Call of Duty pourrait aussi se tailler un morceau de choix dans le genre "FPS scénarisé". Le titre de Guerrilla comble sans problème ce vide et propose un scénario captivant et immersif à condition de passer outre quelques limites techniques. Je ne peux qu'inciter les joueurs ayant apprécié la démo à se procurer ce jeu !

- / 10

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