
Depuis le succès de titres comme Metal Gear Solid, Splinter Cell ou plus récemment Socom, les jeux d'action-furtivité poussent comme des champignons. Il n'est donc pas étonnant de voir la branche américaine de Namco s'engouffrer dans la brèche avec ce Kill Switch, en de nombreux points surprenant.
L’un des principaux attraits du jeu vidéo est de permettre à celui qui s’y essaye de rentrer dans la peau de personnages confrontés à des situations extrêmes provoquant bien souvent des poussées d’adrénalines. Ainsi, en quelques tours de passe-passe, nous voilà en train de lutter à l’aide de nos supers pouvoirs pour la survie de la planète, détruisant un immense robot Metal Gear par-ci, vainquant le méchant Sin par là. Bien entendu, le risque est mesuré puisque seul notre avatar virtuel court de grands dangers, le joueur restant presque lâchement devant sa télé à se délecter des embûches croustillantes tendues à l’encontre du personnage. Tout le monde a déjà vécu ça de nombreuses fois, non ? Et bien sachez que c’est en partant de cette analyse toute simple que les développeurs de Namco ont donné naissance au scénario de Kill Switch !Un scénario qui partait bien... En effet, dans l’univers du jeu, le personnage que l’on voit se mouvoir à l’écran n’est autre qu’un corps sans âme servant de réceptacle. Et devinez qui, par l’intermédiaire d’un système futuriste de connexion neurale va diriger et manipuler notre pauvre homme à travers les balles ennemies ? Vous, bien entendu ! Telles sont les bases de l’aventure proposée ici. Cette intrigue originale confère au titre une ambiance unique et vraiment prenante, un des points forts du jeu renforcée par une bande sonore des plus dynamiques et immergentes ! Hélas, l’équipe à la conception du jeu n’a pas jugé utile d’aller plus loin et a par conséquent délaissé la suite du scénario qui ne comporte aucun gros rebondissement. Pas grave, on s’en contentera car ce Kill Switch a plus d’un atout en main ! Je veux bien entendu parler de son fameux système de visée des plus jouissifs !Gameplay innovant Et pour cause, le concept est simple : le joueur, par simple pression de la touche L1, peut se cacher de façon très instinctive et souple derrière n’importe quel élément du décor, qu’il s’agisse de murs, de caisses, de débris, de poteaux etc… Une fois à l’abri, et c’est là que ça devient intéressant, notre héros peut se pencher dans tous les sens afin de tirer à l’aveuglette avec une classe impressionnante. Les positions sont très variées et le plaisir de jeu est conséquent. En fait, on se croirait dans un Time Crisis, la possibilité de se mouvoir librement en plus ! De plus, sachez que pour accentuer l’immersion, les développeurs ont mis la barre vraiment haute en ce qui concerne la difficulté du jeu. Cette dernière est vraiment grisante tant elle donne un sacré challenge au joueur ! Préparez vous à recommencer de nombreuses fois certaines missions !Une IA surprenante Les ennemis, en nombre bien souvent, sont extrêmement véloces et réactifs, si bien que la furtivité est indispensable. L’I.A a été bien travaillée, les adversaires n’hésitent pas à encercler le héros quand ils le sentent en mauvaise posture, ou encore à plonger de façon désespérée lorsqu’ils voient une grenade tomber à leur pied. Il arrive même qu’un ennemi gravement blessé ait la bonne idée d’aller se retrancher à l’arrière, ses coéquipiers lui faisant alors une couverture du plus bel effet. Bref, coté gameplay, nous faisons face à un jeu alerte, demandant de gros réflexes au joueur, une bonne approche de la situation et une réelle intelligence de jeu, ce qui est bien rare dans ce genre de jeux sur PS2. On en arrive presque à retrouver les sensations qu’on a lors d’affrontements face à des êtres humains dans les jeux Online.Techniquement en dents de scie Techniquement, le jeu se situe à la norme de ce qui se fait actuellement sur PS2. C’est parfois très réussi, parfois un peu faiblard, mais dans l’ensemble, le jeu flatte les rétines. En effet, la modélisation des personnages est réussie comme la majeure partie des décors, chaque niveau dégageant sa propre atmosphère. Coté variété, pas de souci, on passe d’un remake du tanker de MGS2 à une ville en pleine guerre urbaine rappelant fortement l’ambiance du film « La chute du faucon noir ». Non, le point noir, car point noir il y a, vient du côté de l’animation. Le héros a une façon de courir très peu convaincante, inspirant plus la moquerie que le respect, c’est très frappant pendant les premières minutes de jeu et ça ne s’arrange pas par la suite. Enfin, les qualités largement évoquées précédemment suffisent à rattraper ce petit défaut qui lui, hélas n’est pas seul.Quel dommage... Objectivement, nous sommes en effet forcés de constater que ce Kill Switch laisse un goût amer dans la bouche en raison de son manque de finition. On sent vraiment que Namco avait les moyens de nous livrer un grand jeu mais que, par manque de temps, de budget, ou d’ambition, le développeur nippon s’est contenté de nous sortir un très bon jeu. Ainsi, la caméra se montre parfois réticente à se tourner dans le bon sens. La durée de vie elle aussi est bien légère, les joueurs expérimentés ayant la possibilité de boucler le soft en une demi-douzaine d’heures, sans que leur persévérance ne soit récompensée d’un quelconque bonus…
Après avoir bien fait le tour de ce jeu, on ne peut qu’espérer que ce Kill Switch soit un coup d’essai et que cet essai soit transformé lors de la réalisation d’une hypothétique suite. Enfin, ne boudons pas notre plaisir !
Verdict
Au final, si nous ne sommes pas en présence du méga-hit qui fera l’unanimité au sein de la communauté des gamers, nous nous trouvons tout de même face à un jeu doté d’une bonne réalisation, d’une ambiance travaillée, un jeu plein de bonnes idées, au gameplay accrocheur et au challenge motivant ! Il mérite qu’on lui donne sa chance !

A partir de 9 €
Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie