
Après un premier volet (sorti quelques mois après la console en France) qui souffrait d’une trop faible durée de vie, Koei récidive avec un deuxième volet certes plus long, mais loin d’être parfait. Un peu d'histoire Inspiré de la littérature chinoise, le scénario de Kessen II verra s’affronter le seigneur Liu Bei au général Cao Cao. Ces deux personnages, d’abord alliés suite à la chute de l’empire Han, deviendront ennemis lorsque Cao Cao trahira Liu Bei et enlèvera Diao Chan, dulcinée de Liu Bei. Si la trame de Kessen II est riche, elle souffre cependant d’un aspect confus pour le moins prononcé dû en partie aux multiples personnages (on ne sait plus qui est qui, qui fait quoi…) et aux multiples cinématiques qui ponctuent chaque bataille. Un gameplay original mais loin d’être parfait Concernant le gameplay, celui-ci est assez déroutant, surtout si l’on a pas joué au précédent Kessen (surtout pour la gestion des troupes, du plan de bataille, la magie…). Heureusement, afin de nous aider, les premières missions possèdent un aspect didactique assez poussé pour nous enseigner les rudiments et faire de nous un bon général de guerre. Contrairement aux jeux du genre sur PC, Kessen II ne permet pas la création d’unités : les troupes sont déterminées à l’avance, obligeant le joueur à en prendre le plus grand soin. Pour chaque mission, se joignent à vous un certain nombre d’officiers : ceux-ci possédent leur propre troupes. Sur le champ de bataille, chaque officier occupe une place déterminée ( selon votre plan de guerre décidé lors du conseil de guerre) : de ce fait vos troupes se trouvent éparpillées sur la carte. A vous de surveiller attentivement chaque action de vos officiers afin de ne pas être surpris par leur défaite et surtout voir lesquels se trouvent en difficulté afin de leur venir en aide.
Pour remporter les batailles, la collaboration entre vos troupes sera nécessaire : vous pourrez en effet donner l’ordre d’aller soutenir tel officier une fois le premier objectif atteint. Sur le champ de bataille, les possibilités sont assez restreintes, donnant ainsi l’impression d’être beaucoup plus spectateur qu’acteur. Vous pouvez prendre le contrôle de vos officiers et vous la jouer façon Dynasty Warrior mais le maniement est laborieux et les coups très peu variés (à vrai dire il en existe qu’un seul). Vous avez également une charge (réalisable en prenant le contrôle d’un officier et en appuyant sur bas +croix). Enfin la dernière possibilité concerne la Magie : chacun de vos officiers possèdent leurs propres sorts, faisant la majeure partie du temps d’énormes dégâts (s’ils sont usés à bon escient). Cette possibilité rend les affrontements beaucoup plus intenses.
Si le paragraphe précédent vous a quelque peu dérouté sur le temps de jeu, il faut savoir que vous êtes sollicités avant et après chaque bataille. Avant guerre, il s’agit de décider de votre plan d’attaque : 3 possibilités vont sont offertes, à vous de prendre la décision qui vous convienne le mieux. Après guerre, là encore vous aurez 3 possibilités concernant au plus près votre armée : entraînement, recrutement, missions d’aide auprès de villageois … (attention toutefois, ces décisions interviennent sous la forme de cinématiques et non de gameplay). De ce fait le jeu ne souffre pas trop de sa linéarité apparente (même si une fois sur le champ de bataille on est plus que guidé). Un système d’expérience a également été incorporé au jeu : après chaque victoire, vos généraux gagnent de nouveaux sorts, vos troupes évoluent, leur moral également.
Pour ce qui est des missions (plus d’une trentaine), celles-ci sont assez diversifiées, exception faite du thème graphique assez redondant (la majeure partie se déroule sur une plaine sans aucun autre élément si ce n’est quelques arbres ou montagnes) : les objectifs sont variés, la difficulté croissante et le nombre de troupes en jeu de plus en plus nombreuses. Certaines missions sont même carrément démentes : notamment la prise de la forteresse ou encore la bataille navale. Une réalisation en dents de scie La partie technique du soft affiche du bon mais aussi du très mauvais. Graphiquement tout d’abord, le constat est contrasté: si les unités sont assez bien modélisées, si les sorts magiques sont très beaux, les décors sont très vides et répétitifs. Le constat est le même pour les cinématiques : si la plupart du temps, elles affichent une excellente qualité, certains personnages sont mal animés ou modélisés. Techniquement, pas de prouesses non plus à l’horizon avec de l’aliasing et des scintillements assez prononcés. Cependant la palme du médiocre revient à la partie sonore : comme l’indique la note, celle-ci ne se distingue pas par son incroyable qualité, la faute à des doublages catastrophiques : les voix ne sont pas convaincantes, les tons employés sonnent souvent faux par rapport aux situations affichés sur l’écran, certains officiers parlent même avec un superbe accent marseillais : pour des généraux chinois… Ces doublages ratés sont d’autant plus regrettables que les musiques sont elles d’excellente qualité : d’inspiration orientale, elles collent parfaitement à l’action avec des envolées épiques du plus bel effet.
Verdict
Bref, vous l’aurez compris, Kessen II, malgré un système de jeu original, possède tous les syndromes du jeu moyen. Techniquement à la traîne, graphiquement austère et possédant une bande son catastrophique, le jeu aura du mal à séduire le plus grand nombre. Cependant, malgré tous ces défauts, le jeu parvient à nous tenir en haleine : il se dégage du jeu quelquechose qui donne envie de progresser. Si vous passez outre les défauts, le jeu vous reservera d’agréables moments, d’autant plus qu’il bénéficie d’une durée de vie assez longue.

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie