
Jurassic Park : Operation Genesis
publié le 31 mars 2004- Etat : Disponible
- Développeur :Blue Tongue
- Distributeur :Universal Interactive Studios
- Thème :Licence audiovisuelle
- Genre :Stratégie
- 21/03/2003
- inconnue
- inconnue
Après avoir fait l’objet de multiples adaptations en jeux vidéo, le plus souvent à la qualité discutable, la licence Jurassic Park est de retour sur PS2 dans un genre qui lui était prédestiné : la gestion d’un parc ! Unique représentant (avec Theme Park World) d’un genre populaire sur PC, JP Operation Genesis a parfaitement été adapté au Dual Shock et devrait sans mal satisfaire les fans du genre.
Jurassic Park aurait pu donner lieu à différents jeux d’action de qualité, finalement c’est dans un jeu de gestion que la licence est ici le mieux exploitée. Dans Operation Genesis, le joueur reçoit la lourde tâche de mettre sur pied le rêve du milliardaire John Hammond, à savoir ouvrir un parc bien particulier puisque montrant, dans un environnement naturel, de vrais dinosaures, qu’ils soient petits ou grands, herbivores ou carnivores. Comme vous pouvez vous en douter, mettre en place un tel parc demande énormément d’investissements et de nombreuses étapes se doivent d’être franchies avant d’offrir au public les attractions de leur rêve. La gestion d’un tel parc comprend donc de nombreux domaines : création des dinosaures, sécurité, gestion des visiteurs, recherches…
Premièrement, avant de pouvoir créer de toutes pièces un dinosaure, vos scientifiques auront besoin de l’ADN du bestiau en question. Pour se faire, rien de plus simple : il vous suffit de répartir vos équipes de fouilles dans l’un des sites archéologiques « ouverts ». Si au début de votre aventure, vous n’en possédez qu’une seule, libre à vous par la suite d’investir afin de mettre sur pied de nouvelles équipes, afin d’accélérer l’extraction d’ADN. Cependant, chacun des sites a ses propres particularités : certains couvrent la période du crétacé, d’autres du jurassique. Du coup, chaque site couvre un certain nombre d’espèces bien défini. Chacun des neuf sites ne pouvant être couvert en même temps, il sera impossible, et c’est bien dommage, de construire un parc exposant la totalité des espèces de dinosaures. Ainsi, c’est au joueur de trouver le parfait équilibre entre frisson, découverte et émerveillement : vais-je favoriser les carnivores ou les herbivores ? Quel serait l’équilibre parfait ? Cependant, avant de créer un dinosaure, vous devez avoir en votre possession plus de 50 % de son ADN (les fossiles se divisent en quatre types : ambre (très riche), richesse élevée, moyenne et faible). Dès que vous avez dépassé les 50% d’ADN, vous pourrez donc créer un dinosaure mais ce dernier aura une longévité plus que limitée (à peine quelques mois). Ainsi, on privilégiera la recherche à 100% afin de donner à nos reptiles une durée de vie de quelques années (vu le prix de création d’un dino, agir de la sorte est fortement conseillé).
Pouvoir créer un dinosaure, c’est bien, mais encore faut-il lui offrir un environnement décent. Pour se faire, le joueur devra lui construire un enclos plus ou moins grand, avec ou non beaucoup de végétation (certains herbivores sont tristounets sans arbres) et surtout lui donner accès à un point d’eau afin qu’il puisse boire et construire un mangeoire (ces derniers distribuent de la paille pour les herbivores, des chèvres ou vaches pour les carnivores). Une fois l’enclos mis en place, vous devez faire en sorte que ce dernier satisfasse vos visiteurs : pour se faire, vous pourrez construire des points d’observation et les spécialiser selon les sensations ressenties (frisson devant un mangeoire de carnivores, émerveillement devant un enclos d’herbivores). Cependant, en début de partie, les possibilités offertes pour satisfaire votre public sont bien maigres : des toilettes, un restaurant et deux types de points d’observation… Pour élargir votre éventail de services, faites appel à vos chercheurs. En investissant les fonds nécessaires, vous pourrez débloquer de nouvelles attractions et autres services : safari, tour en ballon, magasin de souvenirs. Bonne idée des développeurs, il est possible d’essayer les attractions. Par exemple vous pourrez prendre le contrôle de la jeep du safari ou flotter dans les airs depuis un ballon afin de par exemple prendre des photos de vos bestiaux (ces clichés peuvent valoir une fortune).
Le dernier point important dans votre gestion est la sécurité de votre parc. Puisque vous n’êtes pas à l’abri d’une tempête ou de la fuite d’un carnivore, vous vous devez d’offrir à vos visiteurs un parc irréprochable. Pour les rassurer, vous pourrez par exemple construire des abris, mettre en place des caméras de sécurité ou tout simplement influer sur l’ADN de vos monstres afin de les supprimer instantanément. Les rangers sont chargés de la sécurité de votre parc et pourront intervenir de deux manières différents : de façon automatique pour par exemple vacciner vos bêtes ou au contraire les tuer, de façon manuelle, en cas d’urgence, le joueur dirige l’hélicoptère et se livre lui même à la chasse aux dinos.
Au final, les possibilités offertes sont assez nombreuses même si l’on aurait préféré plus de dinosaures, plus de bâtiments, plus d’options, plus de tout en fait ! Car si on peut trouver les options offertes insuffisantes, il en va de même pour les modes de jeu, au nombre de trois. Tout d’abord, on trouve l’opération Genesis qui cache en fait un mode de jeu libre dans lequel on construit le parc de ses rêves sans objectifs imposés. Malheureusement, on pourra reprocher à ce mode l’impossibilité pour nous de montrer la totalité des dinosaures… A côté de cela, on trouvera des exercices. Si ces derniers permettent au début d’apprendre les rudiments du jeu, les derniers exercices cachent en fait de véritables scénarios à objectifs nombreux et variés. Ces derniers se veulent le plus souvent passionnants mais là encore, on peut regretter leur faible nombre. Enfin, le dernier mode est le plus déroutant et aussi le moins intéressant : il s’agit tout simplement de défis comme par exemple prendre un certain nombre de photos d’herbivores, tuer les carnivores qui se sont échappés en un temps limité. C’est original mais loin d’être passionnant. Enfin, pour les adeptes des dinosaures, JPOP est une véritable mine d’infos. En parcourant le Dinotopia, le joueur aura à sa disposition description et informations sur chacune des espèces présente dans le jeu. Jouer et se cultiver, que demander de plus ?
Enfin, la réalisation fait honneur au monolithe noir. Les décors, sans être extraordinaires visuellement parlant, sont fidèles aux décors du film et suffisamment riches en détails (la végétation est dense, l’eau superbe, et les bâtiments plutôt bien modélisés). Cependant, la véritable claque concerne bel et bien la modélisation des différents dinosaures en tout point parfaite. Les fans du film retrouveront leur dino préféré modélisé de manière très fidèle. Pour ne rien gâcher, ces derniers jouissent d’animations irréprochables. Vos dinosaures, gambadent tranquillement, piquent des sprints, se nourrissent, chassent, s’abreuvent, jouent. La palette de mouvements est assez diversifiée et finalement nos créatures virtuelles sont plus vraies que nature. Cependant, le moteur du jeu est loin d’être parfait : le jeu souffre parfois de ralentissements et de clipping (néanmoins, la distance d’affichage reste importante) et d’une modélisation affreuse en gros plan pour les visiteurs et les bâtiments (textures floues et peu détaillées). L’ambiance sonore est en revanche bien mieux réussie. Les fans des films retrouveront avec grand plaisir les compositions de John Williams, utilisées de la meilleure des façons qui soit. Les voix, lors de l’intervention de vos différents conseillers, sont bonnes mais répétitives et les bruitages classiques mais diablement efficaces (on reconnaîtra les cris des dinos directement repris du film). Pour finir, l’interface du jeu est un modèle du genre. Chacune des touches du Dual Shock hérite d’une fonction précise et il est au final bien difficile de ne pas s’en sortir. On utilisera pas exemple le stick gauche pour déplacer la caméra, le stick droit pour la tourner ou zoomer, le carré pour accéder aux différents menus et les autres touches seront utilisées pour valider ou non une action. Bref, finalement, l’absence de la gestion d’une souris ne se fait pas ressentir tant l’interface utilise à merveille la manette PS2.
Verdict
En conclusion, ce Jurassic Park Operation Genesis est une agréable surprise. Représentant un genre trop peu représenté sur console, le jeu de gestion, JP s’en tire plutôt bien grâce à son sujet de départ intéressant et sa prise en main parfaitement étudiée pour le Dual Shock. Néanmoins, on pourra regretter une réalisation en dents de scie (si les dinosaures sont parfaits, d’autres éléments sont ratés) et un contenu quelque peu limité…

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie