
James Bond 007 : Espion pour Cible
publié le 9 avril 2003- Etat : Disponible
- Développeur :EA Games
- Distributeur :Electronic Arts
- Thème :Espionnage
- Genre :FPS / Doom Like
- 29/11/2001
- 14/11/2001
- 13/11/2001
Eh oui, je sais, je sais, celui-là vient avec un rien de retard, mais que voulez-vous, nous avons tous nos périodes suisses ! Le printemps revient, et avec lui la forme des grands jours.
Depuis le temps qu'on en parle, qu'on en rêve, de l'adaptation d'une licence bien grasse sur notre Play-2, qui ne fera pas mourir de rire le premier joueur venu... depuis le temps qu'on vous l'annonce, qu'on vous le serine, qu'on vous le rabâche, que c'est pour bientôt, que c'est incessamment sous peu, ben voilà, c'est enfin fait !
On a eu du mal à en croire nos pauv' yeux imbibés de soda frelaté, mais dès les premières minutes (secondes !) intenses de jeu, "Espion pour cible" se revendique avec justesse comme étant LA référence en la matière, sur ce support. Un peu comme si le prochain Rambo se révélait être le nom de code d'Apocalypse Now !! Je pousse, mais il est incontestable que ce jeu fait tripper, pour qui désespère de devenir un agent secret. Autant dire que le miracle n'est pas loin... Autant vous dire également, que ceux qui n'aiment pas l'action , et qui ne jurent que par ICO peuvent passer leur chemin sans aucun regret, car là, il s'agit pas de faire dans le détail ! Ca canarde à tout va, et bien en prend aux concepteurs, car c'est une véritable maestria bouchère, cataclysme pétaradant, et multicolore auxquels nous sommes ici conviés.
L'intérêt premier de la chose étant que, loin de se faciliter la vie (et donc plus généralement les méninges) en adaptant une aventure du plus célèbres flingueur anglais (oui, mais toujours avec un martini dans une main, et une poupée non gonflable dans l'autre, hein !), c'est une authentique mission originale qui nous est servie en guise de plat chaud. On ne sait pas à quoi cela tient au juste, mais, dès la page des menus (superbe interface ,au passage, sobre, belle, de très bon goût, et bien dans le "mood"), on subodore que l'on va avoir affaire à un grand jeu...le sixième sens, c'est donc vrai ! Une histoire vielle comme... le premier film ! Bon, on va pas vous raconter de bobards, si le jeu reste fidèle aux films du Sieur Broccoli (producteur maousse costaud de toute la série), c'est pas non plus Citizen Kane. James va retrousser ses p'tites manches, et tenter de sauver une fois de plus, le monde d'un complot visant à le faire basculer dans les ténèbres... l'astuce ici se doublant intelligemment d'une actualité brûlante, puisque relative aux manipulations génétiques, notamment le clonage humain. La panoplie, désormais mythique, de l'agent britannique, est elle aussi de service. Gadgets en tous genres, voitures classieuses, bonnes copines prêtes à mettre la main à la pâte, enfin que du grand James, somme toute.
Les précédentes adaptations de Bond furent assez calamiteuses sur Playstation, on peut toujours lorgner vers la vieille Nintendo 64 pour trouver un Goldeneye 64 de grande tenue, mais il était grand temps que Electronic Arts (détenteur de la licence) se bouge le magnum pour exploiter de la meilleure des façons cet univers cinocho-high-tech, propre à exploser tous les standards... je vous rassure tout de suite, ce n'est pas MGS2 ! Mais les petits gars de EA s'en sortent plus qu'honorablement.
Après une intro en forme de bande annonce (qui tue point de vue montage), et sans autre forme de procès, vous êtes catapulté dans la zone d'action, afin de récolter le plus d'infos possible, mais surtout de délivrer votre belle assistante, mademoiselle Zoe Nightshade... merci aux powa 128 bits de la PS2, les voyeurs vont s'en donner à cœur joie !
La grande force de "Espion pour Cible", réside dans l'exploitation pertinente des personnages récurrents de la série sur grand écran. L'insert de têtes connues de tous, procure une profondeur et une solide structure du background narratif très fort. De "Q" (l'homme gadgets, qui va vous guider dans le choix de vos armes et autres petites perles technologiques) à "M, nous sommes en terrain connu. Deuxièmement, le choix du style de jeu (mélange parfait de FPS, et de jeu de caisses) trouve son équilibre dans l'adéquation entre ces genres bien particuliers, et les phases d'actions très codifiées propre au monde créé par Ian Fleming, puis ensuite rendu célèbre dans les oeuvres cinématographiques.
Je m'explique. James Bond est un espion. Il doit donc infiltrer des organisations, et éventuellement neutraliser des terroristes. Pour ces missions, le First Person Shooter est de mise. Lorsque l'aventure s'emballe, et qu'il faut poursuivre vos ennemis, quoi de mieux qu'une fringante Aston Martin DB5?! Malin les mecs, moi je vous le dis. Il fallait oser le pari, et le cocktail est réussi.
Si certains trouveront que l'on a la désagréable impression d'être sur des rails du début à la fin (on ne peut pas dire que le scénario soit d'une profondeur extrême, loin de là, et on ne joue pas dans la même cour que Deus Ex ou le mythique Half -Life), il faut se dire qu'ici, ce qui compte, c'est l'action avant tout. L'important étant que celle-ci soit de qualité, pas vrai ?
Sitôt faits, sitôt oubliés, mais combien de softs n'avons nous vu passer entre nos doigts experts, sans avoir la chance de prendre ne serait-ce qu'une bonne heure de fun total ? Remember Timesplitters...
James semble donc avoir un défi à sa taille pour une fois, mais qu'en est il de sa maniabilité, a t-il la flexibilité et l'élégance d'un Sean Connery... heu je veux dire d'un Pierce Brosnan ?
La prise en main est instinctive et immédiate, les boutons d'action se limitant au strict minimum. Vous disposez d'un dispositif aiguisé pour l'infiltration (décodeur, montre-rayon laser, jet dorsal, etc...). Quant à votre arsenal, il est extrêmement complet, je ne vais pas vous faire la liste (trop longue vous verrez), mais c'est dingue ce que James peut mettre dans ses petites poches !
FPS : Comparé aux références du genre, il est fort possible que vous trouviez à redire. Les phases de jeu sont définies sous forme de mission (une douzaine au total). Celles-ci alternent les fights en mode FPS, ou en mode jeu de course. JEU DE COURSE : Généralement, quand il s'agit de mélanger plusieurs types de jeu, c'est trop souvent au détriment de l'un ou de l'autre... d'autant plus lorsqu'il est question d'y rattacher des courses en voiture. Et, à ma grande surprise, si on est bien loin d'un Gran Turismo, les sensations sont franchement impressionnantes, et bien que l'on n'ait pas le temps, tempo effréné et mafia au cul obligent, d'en savourer tous les aspects, l'effort visible des développeurs force ici le respect. Je vous conseille d'ailleurs, de recommencer ces niveaux incontournables plusieurs fois... le plaisir n'en est que plus grand ! Une vrai leçon de cinéma... et un zeste d'érotisme L'une des missions les plus impressionnantes : L'ambassade prise d'assaut. L'explication de mon enthousiasme se retrouve ici concentrée en 1 seule et unique mission. De même que l'un des meilleurs FPS du moment, le fabuleux dernier volet de la série Medal Of Honor sur PC, ce n'est pas tant sur l'intelligence des ennemis, ou sur la longévité que réside le trip (bien que souvent sans aucun reproche), mais surtout la manière qu'ont les auteurs de vous impliquer, de vous plonger dans le jeu. L'ambiance y est incroyable, les mouvements de caméras soulignant chaque futur morceau de bravoure, les ennemis contrôlés par l'ordinateur (...la console je veux dire !) poursuivant un but parallèle à celui de vous foutre une trempe, et la dimension sonore et scénaristique (votre progression jusqu'au cœur de l'ambassade, et les divers rebondissement rendant la chose beaucoup moins linéaire) font bien mieux que sauver ce titre. Il lui confère un rôle un peu à part dans la ludothèque PS2. Je le répète, ce n'est pas un grand hit, mais une très bonne surprise.
La réticence également, ça c'est un point de vue personnel, qu'ont les éditeurs à laisser, apparemment, les créateurs à se lâcher pour mettre ici, une cuisse bien ferme, la une aguichante poitrine, s'estompe partiellement dans Espion pour cible, et c'est un peu plus de pluralité, dans un monde où règne la peur du manque à gagner ou se coupant d'une partie du public. Il est étonnant d'ailleurs, de voir à quel point certains sont choqués de voir une petite culotte dans DOA, alors que la violence exacerbée, d'un titre comme GTA3, semble finalement rallier tous les suffrages... dont le mien en premier d'ailleurs, je vous rassure !
Comme tout bon FPS qui se (total) respecte, on ne peut oublier le mode multi-joueurs, admirable. S'il reprend les grandes lignes de Goldeneye (tiens,?!), avec un maximum de 4 joueurs, il se différencie pourtant par une bien meilleure cadence dans le framerate ralentissant que très rarement, ainsi que par le nombre de personnages à incarner. Une dizaine au total. Les armes sont aussi impressionnantes que nombreuses. Un brin grandiloquent quand même, à l'instar du bazooka qui en met certes plein la vue et disperse, version puzzle (dixit Audiard) votre adversaire aux quatre coins de la salle de fight, mais donne plus l'impression de se retrouver dans Unreal, que dans un titre où la fantaisie ne devrait vraiment être de mise. C'est histoire de dire quelque chose de négatif, entendons-nous bien. Car pour ce qui est du plaisir, il est quasi-absolu, et ce n'est pas avec les petites cerises sur le gâteau que sont les indispensables deathmatchs, capture the flag, entrainement anti terroriste et j'en oublie. En coordinations si vous le souhaitez (enfin surtout si vous avez des amis !), de longues heures de brutalités vous attendent. Que vous dire des graphismes ? Beaux et fins, ils sont à la hauteur du titre, sans être évidemment à la hauteur, encore une fois, du léchage absolu qu'assène un MGS2... probablement en vue d'une conversion plus facile sur d'autres machines ? Sans prendre en considérations, les spécificités de chaque machine ? Non, vous êtes vraiment mauvaise langue !
On serra moins regardant, sur la pertinence d'un aliasing toujours un peu présent, mais faut pas trop chercher James sur ce coup là!
De manière générale, c'est un titre très lumineux et contrasté (notamment les salles jonglant avec les parties très claires et celles beaucoup plus sombres), aux effets spéciaux bien digérés et retranscrits, prouvant si il en était encore besoin, que la PS2 donne dans le grand luxe, lorsque l'on veut un peu s'en donner la peine. Les couleurs chatoyantes de nombreux niveaux donnent aussi la note, venant à point nommé taire les accusateurs se lamentant de jeux très fades et bien pâles. Le rendant des personnages sont tous parfaits, très élancés et franchement élégamment designés.
Quant à l'ambiance sonore, elle est elle aussi au service de l'action et de l'aventure, les voix sont excellentes et on sent que les acteurs ayant prêtés leurs voix, ont pris leurs rôles au sérieux, chose encore trop rare dans le secteur des jeux vidéo.
Verdict
Pour résumé l'affaire "Espion pour cible", vous prenez le meilleur de James Bond, le (presque) meilleur des jeux de caisses, le meilleur des Doom-like, vous mettez le tout dans votre shaker préféré, vous remuez bien, servez dans un verre givré, n'oubliez pas l'olive... et votre plus beau Walter PPK. Yes darling, i'm comin'

A partir de 5 €
Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie