Test de jeu / PS2 / Hyper Street Fighter II

C’est avec Street Fighter II que Capcom acquit véritablement ses lettres de noblesse. C’est en effet une licence puissante et son écho résonne encore par delà le cosmos. Standard de la baston vidéoludique, il avait apporté une nouvelle approche du jeu à plusieurs en introduisant véritablement la notion de versus avec une technicité jusqu’alors quasi-absente. Puis vint l’apocalypse, après les excellentes réussites que furent Street Fighter III Third Strike et de Street Fighter Zero 3, plus rien à se mettre sous la dent (cross-over mis à part). Plus aucune nouveauté, le Street en 3D est en plus annulé ! Alors cet anniversaire (15 ans), on se le fête ?Le contenu, peut mieux faire… Commençons par l’intro qui est toujours aussi bonne. A la surprise générale, le jeu n’a pas vraiment pris un gros coup de vieux…
Quant au contenu, les stages sont repris du Super Street Fighter 2 Turbo (mais on ne peut les choisir, le choix se faisant aléatoirement), on retrouve les musiques d’origine (plus des remix parfois d’une qualité vraiment discutable), les persos des différentes versions aussi (ce qui fait qu’on a droit au personnage que l’on veut selon sa version et les différences sont aisément décelables). Il faut faire remarquer que Cammy, T. Hawk, Dee Jay, et Fei-Long ne sont disponibles que dans leur version Super Street. Graphiquement ça casse pas trois pattes à un canard vu que c’est le but de cette sortie : faire une compilation complète. Mais c’est propre, coloré et c’est loin d’être désagréable à regarder. De plus, l’animation est fluide et on se surprend à prendre plaisir à y rejouer. Il faut rajouter qu’hormis la version 3DO, c est la première fois qu’on peut goûter à la qualité des graphismes arcade de cette licence sur console. Ah et oui, les bruitages sont mythiques, inscris à jamais dans les mémoires d’une légion de joueurs.
Et quid de Street Fighter 1, l’originel ? Nulle trace. C’est dommage mais c’est compréhensible, la différence entre le tout premier et le deuxième est trop importante, impossible de les inclure convenablement dans le jeu. Il y a aussi le film en DA : Street Fighter 2 the movie mais il est totalement dispensable vu qu’il est pas sous-titré et qu’il est en plus censuré (génial…).
Alors quand on entend 15 ans d’anniversaire et que c’est une compilation, on s’attend à beaucoup plus. Pour beaucoup, Street c’est un style de vie, une façon d’être, de se battre, une école. Il est même des hommes qui ont rédigé des normes pour se mettre dans la légalité capcomienne. Il aurait été alors préférable de pouvoir choisir son épisode spécifiquement et pas seulement son personnage selon sa version (c’est spécial d’avoir une barre de fury alors que l’autre n’en a pas). Autant dire que le mode un joueur est quasi-inintéressant (à part découvrir les techniques de traître de l’ordinateur) car il n’y a pas de mode histoire. Il reste alors le mode deux joueurs.Un gameplay qui date mais qui reste simple et efficace. C’est LE jeu qui sert à tester qui est véritablement le maître de la baston, tous les personnages sont abusés (bien que guile l’était encore plus) et les possibilités de combos limitées. Ainsi, le niveau d’un joueur ne dépend pas uniquement du nombre d’heures passées à étudier les combos, les bugs et autres frames (décomposition du coup) dans des bouquins ou sur internet. Ici, l’instinct et les réflexes sont mis en avant. De bons joueurs qui s’arrêtent de jouer à Street pendant une dizaine d’années pourront toujours mettre une raclée au joueur lambda même si ce dernier enchaîne les heures d’entraînement. Cette licence a énormément apporté au monde du jeu de baston en générale, plus qu’aucune autre eu égard à ce gameplay si particulier à Street Fighter 2. Néanmoins, le gameplay a « vieilli » inévitablement (et encore me diront certains) mais il s’agit pour cette compilation de laisser une empreinte sur console de dernière génération. On retrouve donc ses instincts primales, la légendaire technique de crevard boule de feu – uppercut, les techniques de la pitié contre des persos qui ne peuvent se défendre à distance, la légendaire technique « je peux rien faire » aka je te saute dessus et je te choppe direct après (à part ceux qui ont des réflexes bien sûr, ce qui n’est pas le cas de tout le monde), les combos improbables, les abus qui assomment à vitesse grand V et les choppes qui détruisent la barre de vie à jamais. Evidemment les développeurs ont pris le soin de retirer les bugs d’origine préjudiciables des différentes versions. A noter que l’ordinateur est un excellent professeur dans ce domaine (redoutable), crevard au possible car l’IA est vraiment excellente, ce qui est devenu rare dans les jeux de baston actuels. En fin de compte, l’amusement est bel et bien présent et on se surprend à enchaîner les parties.
Conclusion : Bien que cette compilation est loin d’être complète, elle est vendue à petit prix au Japon (ou nettement moins avec le pack collector) et bientôt en France, ce jeu mérite largement le détour. En effet, la réalisation reste honnête, le gameplay simple et efficace. De toute façon, la licence Street Fighter 2 reste une légende à jamais, un retour aux sources et donc un titre à posséder pour garder une empreinte de ce monument du jeu de baston.
Verdict
Un petit historique s’impose avec l’évolution du gameplay des différents Street Fighter (dans les grandes lignes pour le commun des mortels) :
En mars 1991, apparition de Street Fighter 2 qui pose les bases. Puis vint Street 2’ (dash) en avril 92 avec comme apports :
- Les 4 boss sont jouables.
- R évision mineure de quelques coups (ex : Guile et Chun-Li gagnent enfin leur avant medium kick).
- Ken et Ryu se différencient un peu dans le tatsu maki senpu kiaku, Honda peut avancer pendant les 1000 mains, également Zangief avec le lariat…
- On ne peut plus restun dans le stun (c'est-à-dire assommer) comme dans le Street Fighter 2.
- Léger lifting des graphismes au niveau des décors, arts et fins.
- On peut choisir le même perso sans code.
- Les choppes arrachent moins de barre de vie (comme dans tous les suites de cette licence).
Ensuite Street Fighter 2‘ turbo apparaît en décembre 92 :
- Plus rapide.
- Ajouts de nouveaux coups : Tatsu en l’air pour Ryu et Ken, boule de feu pour Chun-Li, téléport pour Dhalsim, double lariat pour Zangief (une révolution), vertical rolling attack de blanka, etc…
- Réequilibrage des personnages (les boss notamment).
Une nouvelle claque en octobre 1993 avec Super Street 2 avec :
- Un Lifting complet : meilleur colorisation, nouvelles couleurs, nouveaux arts…
- 4 news challengers : Cammy, Fei-Long, Dee-Jay et T-Hawk.
- Une intro traumatisante.
- De nouveaux coups ou des modifications (ex : poing du dragon de Ken enflammé, manip et animation de la boule de feu de Chun-Li modifiée, nouvelle choppe pour Zangief…)
- Affichage des indications en combats : reversal, first attack, 2 hits combos…
- Gameplay moins perturbant pour le commun des mortels : choppes moins abusives, dégâts moindres, moins de bugs de stun…
- Meilleur son (q sound) pour les musiques et les bruitages.
- 8 couleurs différentes pour les personnages.
- Une version tournament battle incroyable avec 4 bornes linkées.
Super Street 2 turbo (X au Japon) arrivent peu de temps après (comme tous les autres) avec son lot de nouveautés :
- Apparition des furies .
- Gouki/Akuma apparaît de façon magistrale (l’extermination de Vega) et est, à l’époque, le boss indestructible qui en traumatisera plus d’un (prise de rendez-vous indispensable chez le psy le plus proche).
- Pas mal de coups spéciaux et normaux ajoutés : Ken et son jeu de jambe casse garde, 5 hits du dragon de Sagat... Même les nouveaux challengers ont des nouveaux coups.
- Rééquilibrage et pas mal de possibilité de combos.
- On peut se rétablir dans les airs.
Le Village PF

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie