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Test de jeu / PS2 / Headhunter
Headhunter

Headhunter

publié le 9 avril 2003
  • 01/03/2002
  • inconnue

Longtemps annoncé comme le Metal Gear de la Dreamcast, Headhunter a connu un succès mérité en fin d’année dernière. Avec la nouvelle politique choisie par Sega, le voici qu’il débarque sur la machine de Sony, et ce, une semaine avant un certain Metal Gear 2. Aïe, pas de chance ! Et oui, l’arrivée de la référence du genre, ça ne fait pas les affaires de Sega qui aura très peu de temps pour écouler son titre avant le raz-de-marée programmé. C’est d’autant plus regrettable qu’avec Headhunter, le joueur en a pour son argent. N’est pas Solid Snake qui veut Si je vous parle d’un héros au passé trouble, mal rasé, endurci par le poids des années, rompu à toutes les techniques de combat, entraîné sur un simulateur virtuel, un brin dragueur mais gravement macho… vous pensez à Solid Snake ? Et bien non. Désormais, un nouveau venu dans le monde du jeu vidéo partage cette description avec le Serpent, il s’agit du héros d’Headhunter : le dénommé Jack Wade ! Il manquerait plus qu’il fume celui là et le plagiat serait total. Mais ce n’est pas le cas, de plus, avec son manque de charisme, il est loin d’avoir l’aura du héros de Metal Gear. Par contre, si Jack peut revendiquer un avantage face à son concurrent, c’est incontestablement sa superbe moto qu’il chevauche. Il était une fois, le trafic d’organes… Avec un nom pareil, cela n’étonnera personne, Headhunter est avant tout l’histoire d’un chasseur de prime, celle de Jack Wade plus exactement. Alors qu’il officiait en tant que brillant justicier où il enchaînait les arrestations de criminels, il est victime d’une sale histoire qui lui fait perdre la mémoire. Son premier réveil suite à l’accident marque le début de l’aventure. A vous d’éclaircir ce qu’il lui est arrivé. Et dans le monde où il vit, ce ne sera pas chose facile. En effet, dans ce futur proche, la grande mode est au trafic d’organes. Il y a le marché officiel, contrôlé par la société Biotech, elle s’occupe essentiellement des organes artificiels. Mais en marge de cela, une mafia s’est organisée pour approvisionner les riches personnes d’implants de meilleures qualités, car naturels ! C’est dans ce climat malsain que Jack devra enquêter, épaulé par Angela, la fille de l’ex-PDG de Biotech tué mystérieusement. L’explication de sa disparition est d’ailleurs le fil conducteur du scénario. Syphon Filter + Metal Gear + Resident Evil = Headhunter Au niveau du gameplay, le jeu de Amuze emprunte de nombreux éléments issus de diverses productions. Par exemple, les petites énigmes à résoudre rappellent la logique d’un Resident Evil. Le déroulement de l’action est tout proche d’un Syphon Filter. Quant aux séquences d’infiltration, on les jurerait tirées de Metal Gear 2. Hélas, avec l’intelligence artificielle approximative dont bénéficient les ennemis, il faut reconnaître que ces phases sont un cran inférieures à celles de l’œuvre de Kojima. Les gardes sont souvent insensibles au bruit, ce qui a le don de provoquer parfois quelques scènes cocasses. Mis à part ce défaut de surdité, leur vision est très bonne et mieux vaut évoluer prudemment si on ne souhaite pas être assailli.

Durant l’aventure, Jack est amené à visiter un nombre impressionnant de lieux dans lesquels des mini-quêtes sont à résoudre. La difficulté des mécanismes à résoudre réside dans le fait qu’il faut trouver des indices disséminés au travers des décors, mais ce n’est pas toujours évident vu la complexité des environnements. Ces derniers foisonnent de détails et on a du mal à discerner certains éléments.

A la manière des VR Missions de Metal Gear, Jack s’entraîne sur Leila, un simulateur virtuel qui consiste en une série d’épreuves permettant d’obtenir des permis indispensables pour être engagé sur des missions. Mais Leila est surtout un prétexte pour assimiler tranquillement la maniabilité. Jack est en effet capable de réaliser un grand nombre de mouvements qu’il convient d’exploiter à fond lors des infiltrations. Le GTA du pauvre La grande particularité de Headhunter est qu’il mélange habilement, ou presque, deux types de phases de jeu. Nous avons donc tout d’abord droit à de l’action, de l’aventure et de l’infiltration à la manière d’un Metal Gear, le héros se meut alors à pied. C’est du reste cette phase de jeu qui compose la majeur partie de l’aventure. Mais parfois, Jack monte sur sa bécane pour se rendre vers d’autres lieux de la ville, en l’occurrence Los Angeles. Le joueur contrôle alors l’engin et libre à lui de se balader où bon lui semble. L’agglomération urbaine où l’on évolue est relativement vaste, avec des décors variés et crédibles au niveau de leur architecture. Le réalisme serait irréprochable si des piétons peuplaient les rues, ici, il faut juste se contenter d’une circulation à l’intelligence artificielle défaillante. Qu’importe, tout ceci est accessoire. La seule restriction à ces petites balades est la mise en place de péages qui interdisent l’accès à certains quartiers le temps de quelques missions. Pour se repérer au milieu du dédale de rues, le radar devient vite indispensable pour s’en sortir. Toutefois, malgré les apparences, la liberté n’est pas si totale qu’elle n’y paraît. En effet, à la différence d’un Grand Theft Auto où le joueur est autonome et fait ce qu’il désire, dans Headhunter, son rôle se cantonne à rejoindre l’endroit précis dans lequel le scénario poursuit son cours. Ben oui, il n’existe aucune alternative, d’autant qu’il est impossible de descendre de sa moto. Ajoutez à cela le comportement routier du véhicule qui se révèle être très approximatif, et on s’interroge vite sur la pertinence de ce mode. Peut être qu’en raison de contraintes de temps, les développeurs de Amuze n’ont pu exploiter leurs idées jusqu’au bout... En attendant, vous l’aurez deviné, l’intérêt premier d’Headhunter réside incontestablement dans ses phases d’action. Plus beau que sur Dreamcast Les créateurs du jeu nous avaient promis des améliorations d’ordre graphique par rapport à la version originale et force est de constater qu’ils ont tenu leurs promesses. Bon c’est vrai, ils se sont contentés du minimum syndicale mais les différences sont bien réelles pour peu que l’on connaisse la mouture Dreamcast. Tout d’abord, grâce à la puissance de la PS2, au revoir les ralentissements. Désormais, c’est du fluide permanent. Ensuite, les textures apparaissent légèrement plus fines et nettes qu’auparavant. En passant, ces dernières font sans doute partie des plus belles de la ludothèque PS2. La palette de couleur aussi est de meilleure goût.

Dans Headhunter, les décors sont à l’honneur avec un Los Angeles fidèlement reproduit. Ce qui n’est pas le cas des personnages, qui, il faut l’avouer, ne dispose pas du nombre de polygones requis pour un titre PS2 qui se respecte. Par contre, si Headhunter n’a pas autant de polygones que ses concurrents, lui, au moins, peut se targuer de disposer d’un sympathique mode 60Hz, merci Sega !
A noter des scènes en synthèse à la qualité tout juste plus belle que le temps réel, bizarre… Des extraits d’un journal télé fictif entrecoupent parfois les missions. Deux pseudo-journalistes sont filmés dans de vrais studios. Ils sont la parfaite caricature de nos vrais animateurs et n’hésitent pas à détendre l’atmosphère à coup de phrases à l’humour grinçante. Ces passages ne sont pas sans rappeler ceux du film Robocop. Enfin, petit coup de cœur pour les loadings illustrés à l’aide de photos caricaturant la société américaine et tous les clichés que cela comporte.

Comme je le précisais plus haut, avec Headhunter, vous êtes garantis d’en avoir pour votre argent. D’une part parce qu’on dénombre un grand nombre de missions, et d’autre part parce que la variété est la plupart du temps à l’honneur. Donc avec ces deux facteurs, difficile de s’ennuyer.

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test écrit par Burny


  • 7 / 10

    Graphismes

  • 8 / 10

    Jouabilité

  • 8 / 10

    Son

  • 8 / 10

    Durée de vie

7.5 / 10

Verdict

A une semaine de l’arrivée de Metal Gear 2, Headhunter se classe sans problème comme la référence du genre sur PlayStation 2. Malheureusement pour lui, cet honneur sera bien éphémère face au monstrueux jeu de Konami. Dommage car Headhunter a un certain nombre de qualités à revendre : variété des missions, réalisation haut de gamme, bonne durée de vie… Il n’y a guère que les phases de jeu de course qui déçoivent par leur inintérêt. Donc vous l’avez compris, si votre budget vous le permet, ne passez pas à côté de cette intéressante alternative à MGS2.

- / 10

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7.5 / 10
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