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Ghosthunter

Ghosthunter

publié le 4 décembre 2003
  • 28/11/2003
  • 2003

Alors que Primal n’en finissait plus d’être reporté, le Studio Cambridge s’attelait déjà à la réalisation d’un nouveau titre mettant en scène la chasse aux fantômes. Comme pour leur précédente production, Ghosthunter séduit par son esthétique léchée et sa bande son remarquable mais pêche par un gameplay crispant. Explications ! Ghostbuster ! Le joueur incarne Lazarus Jones, un jeune officier de police qui effectue aujourd’hui son premier jour de boulot au commissariat de Détroit. Pour son baptême, Lazarus, accompagné de sa partenaire Anna Steele, enquête dans un ancien lycée maintenant désaffecté où se sont déroulés d’étranges événements voilà deux ans. Alors qu’elle se charge d’examiner les étages de l’école, Lazarus hérite du sous-sol. A mesure qu’il s’enfonce au plus profond du bâtiment, Lazarus entend des voix de plus en plus nombreuses lui suppliant de leur venir en aide. S’il croit dans un premier temps à une plaisanterie de ses collègues à l’occasion de son premier jour de travail, les événements à venir lui démontreront le contraire. C’est en examinant une mystérieuse pièce que Lazarus relâche involontairement des hordes de fantômes belliqueux. Dans son malheur, une des entités libérées fusionne avec lui, lui donnant alors la possibilité de visualiser le monde des morts et donc d’apercevoir les créatures échappées. Puisqu’un malheur n’arrive jamais seul, votre collègue, Anna, est enlevée par un mystérieux individu surnaturel. Aidé par une intelligence artificielle activée à la suite des événements, vous partirez à la recherche de votre camarade (et non de la nouvelle star) et du professeur se cachant derrière ces expériences, tout en devant bien évidemment réparer votre erreur en capturant les multiples fantômes…Ambiance Si l’on a souvent catalogué Ghosthunter d’être un simple survival-horror, il faut bien reconnaître que cette nomination est fausse. Si le titre de Cambridge Studio comporte de nombreuses scènes d’action (nous allons y revenir), il comprend également de multiples passages d’exploration (à l’instar de Primal) où vous pourrez pleinement mesurer le travail effectué sur l’ambiance. Les environnements contribuent à rendre cette dernière crédible en multipliant les clins d’œil au septième art (la ville fantôme avec sa teinte orangée et presque floue fait irrémédiablement penser au film Avalon). Si les décors font un peu cliché (l’école désaffectée, les marais, la prison, le bateau fantôme..), ceux-ci remplissent pleinement leur rôle qui est d’installer un sentiment d’angoisse, voire de peur. Il faut dire qu’à ces décors sublimement dessinés, s’ajoute une ambiance sonore à nous faire frissonner. Ainsi, Ghosthunter n’est pas un survival-horror dans le sens classique du terme, puisque le côté survie a ici été mis de côté (on trouve de nombreuses « trousses » de soin et munitions). En revanche, côté frissons, Ghosthunter assure son rôle et de nombreux événements vous feront sursauter. Bien évidemment, comme tous jeux d’ambiance, il est conseillé d’y jouer seul dans le noir avec si possible un casque vissé sur les oreilles.Prise en main aisée Comme expliqué quelques lignes auparavant, le gameplay de Ghosthunter se divise en deux parties distinctes : les phases d’exploration - aventure et les combats. Malheureusement pour le joueur, ces dernières n’ont pas fait l’objet du même soin et vous pesterez à plusieurs reprises devant cette maniabilité crispante.

Tout d’abord, la jouabilité lors des phases d’exploration se révèle simple d’accès. Le joueur déplace le personnage avec le joystick gauche et utilise la croix directionnelle pour accomplir certains actions secondaires comme s’accroupir ou se relever, quant au joystick droit, il permet de jouer sur la caméra, histoire de trouver le meilleur angle de vue possible. La croix sera utilisée pour accomplir certaines actions, différentes selon le contexte. Ainsi une simple pression sur la touche pourra par exemple servir à ouvrir une porte, monter à une échelle, escalader un élément du décor, sauter ou encore se plaquer contre un mur. Vous l’aurez compris, comme pour Primal, la liberté de mouvement n’est pas vraiment de rigueur… Enfin, en appuyant sur le triangle, vous pourrez passer à une vue à la première personne, histoire de scruter plus en détails les environnements. Comme pour Silent Hill, voire Resident Evil, viennent se greffer aux passages d’exploration des petites énigmes utilisant les capacités des nos deux héros. En effet, Astral, le fantôme qui a fusionné avec vous, peut à certains endroits sortir de votre corps et être contrôlée afin de vous venir en aide (cette dernière peut voler, pratique quand le chemin est bloqué). Il y a même certains passages d’infiltration (décidément c’est à la mode !). Prenons l’exemple des Marais où pour progresser, il faut attendre qu’une créature nous ouvre le passage. Bien évidemment, il faut savoir se faire discret sous peine de déclencher une crise d’hystérie chez elle et devoir recommencer…Ze défaut Si ces passages d’exploration sont au final plutôt agréables à joueur, il en va autrement avec les combats qui se révèlent parfois franchement pénibles. Si l’on pensait que le ratage Primal aurait fait adopter aux développeurs un système plus souple pour combattre, il faut bien reconnaître que la nouvelle configuration a bien du mal à faire ses preuves. Oubliez les joutes via les touches de la tranche et dites bonjour aux deux sticks analogiques. Pour passer en mode combats, il faut dégainer votre arme par une simple pression sur R1 (pour ranger votre arme, il faut appuyer sur le rond). C’est toujours avec R1 que vous pourrez faire feu sur vos opposants. Les combats de Ghosthunter reposent globalement sur la même mécanique : vous affaiblissez les monstres avec votre arme (vous le vider de son énergie) et vous lui jeter ensuite votre grenade pour le capturer (grâce à R2). Attention toutefois puisque certaines créatures ne peuvent pas être capturées. L’arsenal offert est assez étoffé, vous trouverez votre pistolet de simple flic tirant des balles réelles et bien d’autres armes plus surnaturelles, il y a même un fusil sniper ! Cependant, les combats souffrent de gros problèmes gâchant irrémédiablement le plaisir que l’on ressent habituellement en jouant. Tout d’abord, votre personne est beaucoup trop lent. Une fois votre arme dégainée, il est impossible de courir, tous vos déplacements se font alors en marchant. Il est aussi impossible de faire des pas de côté pour par exemple éviter une attaque. Mais le plus problématique reste le système de visée via le joystick analogique droit beaucoup trop lent et imprécis. Si faire face à un seul fantôme ne pose pas de réel problème, votre tâche se complique quand le nombre d’opposants est plus élevé. Notons également le temps fou qu’il faut pour recharger votre arme. De quoi perdre de précieux points de vie !Visuellement sublime Utilisant le moteur de Primal, grandement amélioré pour l’occasion (les bugs graphiques, bien qu’encore présents, sont beaucoup moins nombreux), Ghosthunter offre des graphismes impressionnants. Les environnements se caractérisent avant tout par leur variété. De l’école, aux marais en passant par la prison ou le bateau fantôme, vous traverserez des décors de toute beauté et jamais répétitifs, puisqu’au contraire, les décors ont tendance à évoluer à l’intérieur de chaque niveau. Ainsi, l’école laissera rapidement place aux égouts, les marais vous inviteront à traverser une superbe ville fantôme infestée de snipers, une église en ruine, des souterrains… Les environnements sont également gigantesques (comme Primal, le moteur les affiche sans broncher) et regorgent de détails. Les textures sont magnifiques et les effets de lumières superbes. Les personnages sont aussi modélisés de manière très convaincante et affichent des animations très réussies. Les créatures ont également fait l’objet d’un soin tout particulier. Les effet de transparence, brume et fumée sont splendides, tout comme les différentes animations. Notons pour finir la bonne intelligence artificielle des fantômes qui n’hésiteront pas à se cacher quand ils sentiront leur heure venir.Une bande son à faire peur Enfin, la principale qualité de Ghosthunter est de nous proposer une ambiance sonore démentielle. Tout est fait pour nous immerger au plus vite dans l’ambiance si particulière du titre. Les différentes compositions sont vraiment magnifiques et soulignent à merveille les situations vécues. Tantôt angoissantes, tantôt plus rythmées (lors des combats), elles contribuent amplement à décupler le sentiment de peur que l’on peut ressentir manette en main. Les bruitages sont eux aussi d’excellente facture. Le bruit de vos pas sur les différentes surfaces, l’éclat de vos balles sur le décor (selon que ce soit du bois ou du métal, le bruit diffère), les grognements des créatures : tout est parfaitement réussi ! Prenons l’exemple de l’église abandonnée où vous entendrez un prêtre réciter sa prière (sans le voir bien sûr) sur fond d’orgue. Immersion garantie ! Enfin, soulignons l’excellente qualité du doublage français. Chaque production de Cambridge Studio affiche un doublage français réussi et Ghosthunter n’échappe pas à la tradition. Les protagonistes s’expriment de manière très convaincante en employant toujours le ton juste, bien que certaines répliques du héros (doublé par Vincent Cassel) semblent un peu sur jouées.

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test écrit par Olivier


  • 8 / 10

    Graphismes

  • 6 / 10

    Jouabilité

  • 9 / 10

    Son

  • 7 / 10

    Durée de vie

7 / 10

Verdict

Comme Primal en avril dernier, Ghosthunter est un jeu frustrant qui donne l’impression d’être passé à côté de quelques chose de grandiose. Graphiquement le nouveau bébé de Cambridge Studio est superbe et l’ambiance sonore est démentielle. Seulement voilà, le tout est gâché par une maniabilité beaucoup trop crispante lors des combats. Pour ceux qui accrocheront tout de même, sachez que l’aventure vous tiendra en haleine une bonne quinzaine d’heures. Quel dommage !

- / 10

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