Test de jeu / PS2 / Furry Tales

- publié le 18 février 2005
- Etat : Disponible
- Date de sortie :11/2004
- Développeur :Mad Monkey Studio
- Distributeur :Phoenix Games
- Thème :Guerre
- Genre :Stratégie
Genre peu représenté sur consoles, la Playstation 2 accueille en ce mois de février Furry Tales, un jeu de stratégie en temps réel, et, cocorico, il s’agit de la première production du jeune développeur bordelais Mad Monkey Studio qui nous livre là un jeu plein de promesses pour l’avenir de ses créateurs. Explications !
Il y a très très longtemps dans une prairie très très lointaine. Une ombre menaçante s’étend sur de verts pâturages. La nation loup, menée par l’infâme colonel Warg, a juré d’exterminer son ennemi héréditaire, le peuple mouton. Les loups suréquipés et hyper entraînés sont prêts à déferler, la rage aux dents. Mais leur course hargneuse va rencontrer un obstacle de taille. Leur adversaire se dresse devant leurs crocs effilés, prêt à défendre chèrement sa laine. La résistance s’organise, la batailleur peut débuter.
Ainsi débute Furry Tales. Dès les premiers instants, le jeu instaure son ambiance loufoque faite d’un conflit imaginaire et de nombreuses références humoristiques. A l’image des Schtroumfs, la plupart des phrases du jeu se réfèrent au langage employé lorsque l’on parle de moutons : tonsure, laine, tout y passe pour installer un climat bon enfant et rigolo. Si Furry Tales reste un jeu de stratégie, il vise avant tout le jeune public qui se régalera de ses multiples références et d’un scénario léger parfaitement adapté au public ciblé.
Cette simplicité, on la retrouve également dans le gameplay du jeu. Furry Tales réussit avec brio son passage sur console et la jouabilité au dual shock s’assimile parfaitement en quelques secondes. Le premier chapitre du jeu fait office de tutorial et permet d’apprendre les bases du maniement. Le joueur contrôle un héros, au départ le sergent Lydia qui peut avoir sous ses ordres de nombreux combattants. Pour les sélectionner, il faut tout simplement passer le curseur sur leur groupe et d’une simple pression sur la Croix, on prend le contrôle de la totalité des troupes. Contrairement aux STR classiques, Furry Tales ne fonctionne pas à coup de clics : on manipule son héros dans le décor, les troupes suivent et on peut leur demander d’attaquer un groupe ennemi en cliquant sur ce groupe avec la croix ou plus simple en dirigeant le stick analogique droit vers eux. Un système d’une efficacité redoutable qui n’est pas sans nous rappeler la jouabilité de Pikmin sur Gamecube. Autre similitude avec le hit de Nintendo : on peut libérer les troupes, et ses dernières se rangent alors par types d’unités, pratique pour ne sélectionner que l’infanterie légère ou à contrario l’artillerie. De même, pour se retrouver sur la carte, on presse la touche Carré pour passer en revue la totalité des troupes et ainsi sélectionner celle de son choix. Ce système est aussi utilisé pour sélectionner un bâtiment à la différence près que l’on utilise la touche Triangle, permettant ainsi de sélectionner une caserne à l’autre bout de la carte pour commander de nouvelles troupes. Le Rond servira principalement à annuler une action, tandis qu’utiliser le stick analogique droit en pressant la touche L2 permettra de tourner la caméra ou de (dé)zoomer). R2 permettra enfin à notre héros de donner des coups !
Le gameplay du jeu est en plus assez varié : les 10 missions qu’offre le jeu proposent des objectifs variés : détruire un bâtiment dans un laps de temps défini, résister 10 minutes aux nombreux assauts des loups, prendre le contrôle de bâtiments spécifiques ou plus guerrier, raser le camp ennemi. Ces derniers vous sont donnés par le général Steelhorn ou par l’espion Sam Sheeper (ça ne vous rappelle rien ?). Pour parvenir à ses fins, le peuple mouton peut compter sur divers bâtiments et unités. Pour ce qui est des constructions, on retrouve le moulin, qui produit des ressources indispensables pour enrôler de nouveaux soldats ou effectuer quelques améliorations, la caserne qui permet de recruter de l’infanterie, l’usine pour produire des artificiers et des tanks et enfin, le plus important, le quartier général qui ne doit en aucun cas être détruit sous peine de Game-Over. Peu nombreux, les bâtiments ont aussi une particularité : ils ne peuvent pas être construits par le joueur ! En fait, il y a sur la carte de nombreuses constructions vides qu’il faudra s’empresser de contrôler avant son adversaire. Néanmoins, si ce dernier vient à en prendre possession, vous pouvez toujours l’en déloger en attaquant la bâtisse, et ce à vos risques et périls puisque ces derniers disposant d’un champ de force destructeur sur vos troupes. Concernant les unités, leur nombre est là aussi assez réduit : on retrouve 3 unités d’infanterie légère ou lourde, les tanks et les artificiers et c’est tout ! Néanmoins, chaque unité a son point faible et ce nombre réduit n’est pas un réel handicap lors des joutes. D’autant plus que les combats sont pimentés par la présence de héros. Si nous avons fait connaissance avec le sergent Lydia en début de partie, viendront se joindre à nous au cours de la progression le lieutenant Hornet et le caporal Colin. Chaque personnage propose un avantage différent : Lydia soigne les blessés, Hornet accroît la force tandis que Colin augmente leur vitesse de déplacement. C’est à vous qu’incombera le choix du héros, sachant que vous pourrez en changer à votre guise puisque les 3 loustics sont avec vous sur la carte. Vous pourrez par exemple affecter à chacun un groupe de soldats et ainsi attaquer 3 points différents de la carte, même si l’attaque massive reste votre meilleure alliée (néanmoins, certaines cartes imposent la division de troupes). Seul petit regret concernant les combats : l’intelligence artificielle qui n’est pas très développée. Il arrivera par exemple qu’un ennemi passe à côté de vous sans que vos troupes ne l’attaquent. De même, lors de combats, l’ennemi n’a jamais de stratégie de repli et des qu’un combat est engagé, les soldats campent sur leur position jusqu’à la défaite ou la victoire.
Enfin, la réalisation graphique s’en tire avec les honneurs. Pour une première production sur Playstation 2, Mad Monkey Studio a fait de l’excellent travail. L’affichage est propre, sans aliasing et scintillements. Les 10 chapitres s’étendent sur trois environnements différents : la verte prairie, les pentes enneigées d’un volcan et le cœur brûlant de la montagne de feu. De grands classiques pour ce genre de jeux mais parfaitement modélisés ! D’autant plus que chaque environnement surprend par la vie qui s’en dégage. Les papillons et les oiseaux volent au dessus des praires, les arbres dansent doucement au gré du vent, les scorpions sortent de roches brûlantes du volcan tandis que les lapins gambadent gaiement dans la neige. Les héros jouissent d’une modélisation réussie, tout comme les unités parfaitement reconnaissables au premier coup d’œil. Les cinématiques en écrans fixes sont de bonne facture. L’ambiance sonore est de qualité également avec des musiques entraînantes et des bruitages classiques mais efficaces. Seul bémol : l’absence de voix qui plombe un peu l’ambiance. Enfin la durée de vie est sans doute le principal point faible du jeu. 10 chapitres c’est très peu, même si après les trois premiers, il faut plus d’une demi-heure pour boucler chacun d’entre eux. On se consolera finalement avec un replay value important qui passe par un mode difficile débloqué après avoir bouclé le jeu une première fois, l’obtention de toutes les médailles d’or (en mode difficile, bon courage) et surtout la présence d’un mode coopératif bien sympa qui permet de refaire les missions préalablement débloquées. Néanmoins, on pourrait regretter le faible nombre de missions, l’impossibilité d’incarner le camp des loups ou encore l’absence de mode multijoueurs plus traditionnels comme le deathmatch par exemple.
Verdict
Au final, cette première production du jeune développeur français Mad Monkey Studio est une agréable surprise. Certes, tout n’est pas parfait mais l’ensemble est encourageant pour la suite. Visuellement agréable, facile à prendre en main et intéressant à jouer, Furry Tales est le jeu parfait pour s’initier aux jeux de stratégie en temps réel. On conseillera donc avant tout le jeu à un jeune public qui trouvera là l’occasion de se frotter à un genre souvent réservé à l’élite. En plus, avec son petit prix (15 euros environs), vous n’aurez aucune excuse !
Le Village PF

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie