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Forgotten Realms : Demon Stone

Forgotten Realms : Demon Stone

publié le 24 septembre 2004
  • 17/09/2004
  • inconnue

Depuis deux ans, les fans de Beat’em all sont habitués à retrouver en fin d’année un jeu de qualité inspiré de la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson. Si la licence est de retour en novembre prochain, c’est malheureusement sous la forme d’un RPG. Pas de panique, les créateurs des Deux Tours ont quand même pensé à eux en sortant Forgotten Realms : Demon Stone…

Ce nouveau titre des géniteurs des Deux Tours ressemble à s’y méprendre aux deux beat’em all inspirés des films de Peter Jackson et édités par le géant américain Electronic Arts. Que ce soit dans l’esthétique, l’ambiance sonore ou même le thème abordé, tout rappelle le seigneur des anneaux. Le monde de Forgotten Realms n’a plus connu la paix depuis des lunes, ses terres sont souillées par d’interminables combats faisant s’affronter orques, trolls et autres monstruosités. Bien évidemment, comme c’est souvent le cas, c’est la population civile qui fait les frais de cette guerre en payant un lourd tribut fait de milliers de morts et de destructions. Pour remédier à cette situation, un magicien parvient à enfermer dans une pierre les responsables de ce massacre organisé. Si l’on pensait la paix revenue à jamais, il n’en est rien : en l’absence des deux généraux, la guerre s’éternise et les orques continuent leur sale besogne.

Le jeu démarre à la manière d’un des jeux estampillés EA : pas de menu, on est tout de suite projeté au cœur de la bataille sous les traits de Rannek, un barbare doté d’une force surhumaine, seul survivant après la destruction par les trolls de son village. Dans son périple, il fera très vite la connaissance de Zhai, une femme mi-drow, mi-elfe des bois, pour qui l’infiltration n’a aucun secret, et Illius, un magicien capable d’atteindre les ennemis à distance avec ces différents pouvoirs. Comment ces trois personnes ont-elles atterri dans une telle situation ? Quel lien les unit ? Il semblerait en tout cas qu’une force obscure soit derrière tout ça et sans le savoir, notre trio brise la pierre à démons, libérant du même coup les deux généraux retenus prisonniers. Ces derniers n’ont qu’une idée en tête : lever l’armée la plus grande possible pour écraser le camp adversaire. Pour éviter de nouvelles conséquences désastreuses, nos héros se lancent à la poursuite des deux généraux, bien décidés à les retenir prisonnier à jamais au sein de la pierre à démons…

Comme on pouvait s’y attendre, Forgotten Realms est un beat’em all au sens noble du terme, comparable aux Deux Tours et au Retour du Roi. Le principe est donc simpliste : il faut avancer au travers 10 niveaux et broyer, détruire, trancher quiconque se dressera sur son chemin. Comme dans n’importe quel beat’em all, on trouve une touche pour contrer les attaques, pour attaquer au corps à corps, pour toucher à distance, soit par le biais de sorts magiques, soit par un lancer de haches ou de dagues (selon le personnage), pour achever les ennemis à terre. Bref, les fans des jeux adaptés de la trilogie du Seigneur des Anneaux seront loin d’être dépaysés et assimileront très vite les commandes de ce nouveau jeu. Alors, Demon Stone pourrait-il se faire passer pour une bête suite des jeux d’EA, pour un Seigneur des Anneaux 3 ? Et bien non. Le gameplay a sensiblement été modifié depuis les Deux Tours. Principal changement : le joueur prend le contrôle du trio de héros et non d’un seul perso. De ce fait, dans chaque niveau, c’est le groupe dans sa totalité que l’on fait avancer.

Cette particularité permet aux développeurs d’approfondir le gameplay de leur jeu en faisant intervenir des combinaisons de coups. A chaque coup porté à un ennemi, une barre, appelée d’héroïsme, se remplit et une fois qu’elle l’est en totalité, elle rend disponible une super attaque souvent dévastatrice. On utilisera à bon escient ces attaques pour se sortir d’une situation mal engagée ou pour faire le ménage. De plus, quand les trois personnages auront simultanément leur jauge d’héroïsme à fond, il sera possible d’enclencher une super attaque de groupe dont les effets se feront sentir sur la totalité de l’écran. Effet garanti ! Ce n’est pas là la seule raison d’être du trio : d’une simple pression sur une touche directionnelle, il est possible à tout moment de changer le personnage que l’on contrôle. Cette option permet de varier le gameplay et les sensations que l’on ressent mais aussi et surtout permet de progresser dans les niveaux. En plus de posséder une panel de coups globalement identiques, chaque héros se distingue des deux autres par une capacité spéciale. Rannek utilisera sa force pour briser les obstacles les plus imposants, Zhai utilisera sa légèreté pour sauter et atteindre des endroits inaccessibles ou des mécanismes, Illius des billes magiques pour enclencher des explosions ou se protéger avec son bouclier magique. D’autres aptitudes distinguent un héros à un autre, ce qui force en partie à jongler entre les trois perso offerts. Rannek est en quelque sorte le bourrin du groupe et on l’utilisera pour détruire un élément gênant ou pour faire le ménage, Illius est indispensable pour atteindre les ennemis haut perchés ou de l’autre côté d’un ravin (ces sorts sont illimités contrairement aux haches et dagues des deux autres). Enfin, Zhai utilisera ses dons pour la furtivité. En passant dans un endroit fait d’étincelles bleues, notre héroïne deviendra invisible pour les ennemis, pratique pour frapper sans se faire repérer. Le gameplay est donc assez bien pensé et la coopération et la complémentarité entre les trois héros sont parfaitement exploitées. Pour ne rien gâcher, l’Intelligence Artificielle qui contrôle les deux autres personnages est vraiment bien foutue. En plus de bien se débrouiller lors des combats, un héros blessé sera se jeter sur une potion pour recouvrer de la santé. En revanche, il faudra absolument en prendre le contrôle pour déclencher une super attaque.

Ces nombreuses possibilités d’attaque seront au fur et à mesure de la progression de plus en plus nombreuses. Les développeurs ont repris le système de jeu initié dans les Deux Tours en y apportant quelques subtilités. Ainsi, à la fin de chaque chapitre, chaque perso, en plus de gagner un niveau, gagne (de manière identique) un certain nombre de points d’expérience et une certaine somme d’or. Les points d’expérience seront indispensables pour acheter de nouvelles compétences et coups. A chaque niveau du héros correspond un nombre défini de nouvelles attaques que l’on peut acheter avec l’expérience acquise lors des combats. Autant dire que les capacités de nos héros n’ont plus rien à voir en fin de partie avec celles qu’ils avaient au tout début. Par niveau (il y en a 10), on trouve facilement 5 nouvelles attaques ou compétences, de quoi varier les nombreuses joutes du jeu, avec bien entendu un peu d’entraînement pour maîtriser la totalité des techniques de combat. L’or servira principalement à acheter un nouvel équipement, que ce soit une arme plus puissante ou doté d’un pouvoir particulier (feu, éclair, glace), une armure ou tout autre objet aux conséquences bénéfiques comme par exemple augmenter la santé d’un perso, le ressusciter en cas de mort etc. Les possibilités sont nombreuses et au fur et à mesure que l’on avance, on peut se permettre d’acheter des objets au prix très élevé et ainsi rendre plus fort les perso.

A ce système, certes loin d’être original, mais plaisant et bien foutu, il faut ajouter une réalisation graphique de tout premier choix. On ne peut pas dire que les Deux Tours avaient déçu par leur aspect graphique. Qu’on se rassure, Forgotten Realms est encore plus beau. La première chose qui frappe est la netteté de l’image, aucun aliasing ou scintillement désagréable ne se fait sentir. Les environnements, qu’on croirait tout droit sortis de la trilogie de Peter Jackson, sont tout simplement superbes. Les décors sont imposants et variés : on trouve par exemple un champ de bataille qui n’est pas sans nous rappeler l’ouverture du Retour du Roi avec ses dizaines d’orques et ses catapultes qui explosent à tout va, une forêt regorgeant d’elfes en danger, un monde fait de lave, un autre fait de glace, une forteresse en danger qu’il faut sauver. Bref, les situations sont variées, les environnements regorgent de détails et les héros, comme les ennemis ou les boss, jouissent d’une modélisation de bonne facture. Pour ne rien gâcher, les animations sont réussies et le jeu très fluide.
L’ambiance sonore est en revanche plus contrastée. Premier bon point : les compositions musicales, tout bonnement magnifiques et qui pourraient accompagner merveilleusement un long métrage. Très rythmées, collant à la perfection aux différentes situations, elles s’accompagnent parfois de chœurs, renforçant un peu plus l’impact qu’elles pouvaient produire. Difficile de ne pas être immergé dans un jeu avec de telles musiques. Les bruitages n’ont pas à rougir non plus, il sont variés et sonnent justes. Le seul défaut que l’on pourrait reprocher au jeu ce sont ses voix en français. Les développeurs ont voulu localisé leur jeu en totalité et on peut se demander si ce choix est le plus judicieux. Les voix ne sont pas mal choisies et collent plutôt bien au perso, mais les intonations sont par moment totalement à côté de la plaque ou caricaturales à tel point que l’immersion en prend un coup…
Enfin, l’autre défaut est bien évidemment la durée de vie du jeu. Un beat’em all ne nous a jamais habitué à une longévité exceptionnelle mais là on frise l’inacceptable. Il ne faudra qu’un petit week-end pour boucler l’aventure. On trouve bien sûr trois modes de difficulté (je conseille aux spécialistes de jouer tout de suite en mode difficile) mais une fois que l’aventure est bouclée, rien ne nous pousse à la recommencer une seconde fois. Contrairement aux Deux Tours ou au Retour du Roi, il n’y a aucun bonus à débloquer en terminant l’aventure. Les niveaux ne sont pas assez nombreux (10 c’est trop peu) et bien trop courts pour nous tenir en haleine de nombreuses heures devant notre écran. Dommage…

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test écrit par Olivier


  • 8 / 10

    Graphismes

  • 7 / 10

    Jouabilité

  • 7 / 10

    Son

  • 4 / 10

    Durée de vie

7 / 10

Verdict

Après les Deux Tours, Stormfront nous revient en pleine forme avec ce Demon Stone techniquement et graphiquement épatant, au gameplay riche et varié mais malheureusement beaucoup trop court. On aurait aimé pouvoir débloquer de nombreux bonus, des niveaux plus nombreux et surtout plus longs afin de prolonger un peu plus l’expérience. Quoiqu’il en soit, Forgotten Realms propose une aventure intéressante qui devrait avant tout plaire à ceux qui ont adoré les beat’em all inspirés des films Seigneur des Anneaux.

- / 10

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Forgotten Realms : Demon Stone

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