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Test de jeu / PS2 / Forbidden Siren
Forbidden Siren

Forbidden Siren

publié le 4 mars 2004
  • 10/03/2004
  • inconnue

Alors que la veille, le monde arborait encore ses fleurs et belles prairies, fruits du soleil, celui-ci disparaîtra pour laisser place à ce que l’on ne souhaiterait pas voir arriver, même en cauchemar. Et pourtant il suffira que la sirène retentisse, pour que vous y soyez happé.

Joueurs, nous avons toujours été en quête de sensations fortes. Aussi fortes que possible avec un pad en main. Procurer ce genre de sensation est un défi que beaucoup essaient de relever, mais peu y parviennent. Si, dans le domaine de l’horreur, la frayeur via Resident Evil, précurseur, semble s’estomper, Silent Hill continue, de par son atmosphère bien trop malsaine, à nous procurer ces dites sensations. Les outsiders, excepté Project Zero, n’ont guère été nombreux, jusqu’à l’arrivée de Forbidden Siren, débarquant, non pas incognito grâce à la médiatisation, avec un vent de nouveauté remarquable. Celui-ci fera appel à l’aptitude que tout le monde préfèrera adopter face à la terreur : la fuite.En plein cauchemar… On pense pouvoir contrôler son destin. Le monde ne varie pas, ou de manière prévisible, et il y est simple, enfin si les moyens nous sont donnés, de construire, tranquillement, son avenir. Qui aurait pu penser qu’un lendemain serait si différent ? Pourquoi soudainement le brouillard est tombé, le soleil s’est couché, et la nuit arbore ce cachet terrifiant ? Incompréhensible. Mais la raison se trouve dans la nature. C’est pourquoi, via la curiosité, défaut reconnu de l’homme, vous quêtez afin de comprendre la cause de ces évènements troublants. Malheureusement, on n’obtiendra pas de réponse, mais la confirmation que tout va mal. Des hommes, qui la veille semblaient vivre la vie comme n’importe qui, ont subitement changé. Ils sont difformes, crasseux, et visiblement agressifs. Vous ne comprenez toujours pas, mais plus de temps pour cela. Vous courrez alors, pour fuir ce qui semble au delà de la réalité. Et alors que l’on se dit que l’on va se réveiller, la fin du cauchemar ne semble pas vouloir faire surface…

C’est ainsi que Forbidden Siren nous agrippe en plein cœur du jeu. Venant réclamer sa place au milieu des ténors déjà présents, il doit faire ses preuves sur plusieurs critères. Tout d’abord, un univers effrayant doit être mis en place, via le scénario, mais aussi grâce aux graphismes et à l’ambiance sonore. Concernant le scénario, vous l’aurez remarqué, le jeu nous ouvre ses portes d’une bien monstrueuse façon. Vous commencerez par incarner un jeune japonais qui fera office de pionnier dans la découverte des évènements étranges dont le village est frappé. Sa fuite le conduira à une mystérieuse fille qui lui demandera de la suivre et lui expliquera, petit à petit, ce qui se trame. Une des particularités du scénario apparaît dès lors que l’on a terminé la première mission. Le jeu ne se joue pas uniquement avec notre jeune Kyoda, mais avec plusieurs personnages. En effet, le développement du jeu suit un certain planning. Celui-ci comporte, en haut, les différents noms des personnages, et sur la gauche, l’heure à laquelle se passe la scène jouée. Bien évidemment, les personnages ne suivront pas chacun leur chemin sans jamais se croiser. Il y a de nombreuses interconnections entre eux au fil du jeu. Au départ, passer d’un personnage à l’autre peut troubler, étant donné qu’il n’y a aucun lien entre eux, excepté bien évidement qu’ils sont dans la même galère. Mais petit à petit, les chemins se croisent, nous permettant de comprendre, progressivement, en rassemblant tout les éléments découverts par chacun d’eux, ce qui se passe. Ceux-ci seront représentés sur le dit planning. Le scénario reste conventionnel, mais convient parfaitement. Contrat rempli !Immersion totale Pour que l’immersion soit totale, l’univers de Siren doit être bien conçu dans cette optique. Et de ce coté, les développeurs ont vraiment effectué un joli travail. Pour nos yeux, tout d’abord, avec des graphismes d’un réalisme troublant. Les décors ne sont jamais fantaisistes. Pas de laboratoire high-tech ou d’hôpitaux macabres, mais des forêts, des villages, propres à ce que l’on trouve au Japon. Ajoutez à ces lieux un brouillard hésitant, une nuit étrangement sombre. Tout à l’air tellement réaliste, et pourtant c’est d’un glauque remarquable. Troublant. Il en est de même pour les personnages, qui eux aussi ont eu droit a ce souci du réalisme. Leurs visages, animés d’une bien belle façon, sont magnifiques. Ont croirai voir de vrais japonais. Leur modélisation est suffisamment bonne pour ne pas « casser » ce souci du réalisme. Concernant nos ennemis, ils sont tout aussi réussis. Leur peau semble décomposée et leur corps difforme tout comme leur visage. Si techniquement, on est loin de nager dans l’exceptionnel, le jeu a tout du moins le mérite d’être clean. Mais l’immersion dû au design prime sur la technique, et là le pari est gagné. Concernant le travail sur l’ambiance sonore du jeu, on ne peut que féliciter les géniteurs du jeu. Si, dans la plupart des jeux de cette catégorie, les sons et musiques agissent selon les lieux et les futurs évènements, ici, il n’y a rien de tel. Il n’y a pas de moment précis, l’ambiance est là, et c’est la même du début à la fin. Les bruits étranges de l’environnement, celui de vos pas, de ceux qui vous accompagnent et des ennemis avoisinant provoquent une sensation désagréable de stress. Tout peut arriver, on ne sait jamais quand. Les voix quand à elles collent bien, globalement, aux personnages. La version française propose des doublages en français qui le sont tout autant. C’est bien rare de nos jours.
Le travail accompli rend donc l’immersion totale, ou presque, car pour pouvoir être complètement immergé dans ce monde lugubre, il faut encore que le gameplay proposé le permette, et exploite au mieux cet univers.Sightjack Powered La première mission du jeu nous montre plus où moins ce qui nous attend avec Siren. Des hommes étranges semblent vous traquer. Et votre seule solution est la fuite. Il faudra attendre les missions suivantes pour se rendre compte que le jeu sera à la fois immersif et difficile. Si le but est, pour la majorité des missions, de trouver le moyen de s’enfuir, les concepteurs ont eu une idée vraiment remarquable : le sightjack. En effet, avec les évènements récents, les personnages que vous contrôlerez se sont vus dotés d’un sixième sens. Désormais, ils sont aptes à capter ceux qui sont dans les environs, et voir à travers leurs yeux. Quelle utilité ? Hé bien, il faut savoir que vos ennemis patrouillent et leur chemin est scripté, mais s’ils vous repèrent, ils vous suivront partout, et rien ne les empêchera de vous tuer, et sûrement pas une porte. Vous devrez donc jouer le jeu de la discrétion, et c’est la que votre sixième sens trouve tout son intérêt. En regardant au travers de la vision de vos ennemis, vous pourrez déterminer à quel moment ils vous voient, ou pas, vous permettant ainsi de passer sans crainte. C’est assez stratégique en fait. Le sightjack a aussi pour effet de nous immerger encore plus dans le jeu, tant voir à travers les ennemis, horribles, est désagréable. Durant votre quête, vous serez souvent accompagnés. Il faudra donc, une fois que vous aurez vous-même traversé une zone avec le bon timing pour ne pas vous faire repérer, guider celui ou celle qui vous accompagne. Un coup de sightjack, et on leur donne un ordre comme « viens » ou « arrête toi ». Le jeu proposera ce genre de scène dans sa globalité mais que vous exécuterez de manière différente, selon la personne qui vous accompagne et la configuration des lieux. Il y a aussi, dans chaque zone, pour mieux comprendre l’histoire, des éléments que seuls les plus courageux iront chercher, les autres préférant la fuite, effrayés par ces monstres qui hantent les lieux. Car il faut le savoir, et la aussi il s’agit d’un des éléments les plus immersif du jeu : vous ne pouvez pas vous défendre. Parfois vous aurez l’occasion de posséder une arme ou un bâton, mais cela ne suffira pas pour les anéantir, car ils se relèveront au bout d’un certain temps. Mais dès lors que l’ennemi vous aura attrapé, cela sera difficile de s’en défaire, et vous finirez certainement par mourir. Ce qui augmente la tension au sein du jeu, cette peur de l’ennemi qu’on ne peut que fuir. Siren est le premier jeu à nous proposer de vivre cela. Et c’est réussi. Concernant l’immersion, on ne donc peut qu’admirer Forbidden Siren, qui est, de ce coté, une sacrée réussite.Un très bon début Siren n’est pas une super production, comparé à Silent Hill et Resident Evil. Il y a donc quelques imperfections qui sont bien évidemment compréhensibles et pardonnables. Techniquement ça manque globalement de détails et de finesse mais c’est déjà très bon et suffisant. La durée de vie, quand à elle, est vraiment bonne, surtout comparé à ses compères. Non le défaut que l’on peut lui faire principalement provient de la prise en main, pas vraiment évidente. La majorité n’aura pas de difficulté avec les commandes de jeu, mais cela manque de légèreté. Ce n’est pas toujours évident de se mettre au bord d’un muret, comme il faut, pour aider un personnage à monter. D’ailleurs ces personnages n’en font parfois qu’à leur tête, et prennent quelques fois tout leur temps pour réagir à vos directives. Mais bon on arrive toujours à s’en sortir. Puis certaines actions demandent d’appuyer plusieurs fois sur le bouton triangle. Cela peut être vu comme un outil utilisé pour augmenter le stress, c’est tout à fait possible, mais bon n’exagérons toutefois pas.
Dernier reproche, le jeu a une bonne idée, il est vrai, une très bonne même, et du coup les développeurs ont du se cantonner dans son utilisation. Ce qui est remarquable puisque bien exploité, mais la variété en prend un coup, ce que l’on ne ressent pas énormément, mais c’est là. A noter que la difficulté du jeu est assez pointue, surtout qu’à chaque fois que l’on meurt, on recommence la mission (parfois au bout d’une bonne demi-heure !). Mais pour un premier essai, le jeu de Sony frappe fort.

Forbidden Siren - 22 Forbidden Siren - 24 Forbidden Siren - 23 Forbidden Siren - 20 Forbidden Siren - 14 Forbidden Siren - 16 Forbidden Siren - 4 Forbidden Siren - 10 Forbidden Siren - 7 Forbidden Siren - 8 Forbidden Siren - 2 Forbidden Siren - 3 Forbidden Siren - 1 Forbidden Siren - 6 Forbidden Siren - 9



test écrit par Halouf


  • 8 / 10

    Graphismes

  • 7 / 10

    Jouabilité

  • 8 / 10

    Son

  • 8 / 10

    Durée de vie

8 / 10

Verdict

Siren vous emmènera dans les abysses de l’horreur sur console. Immersif en tout point, il faudra s’accrocher pour en venir à bout. S’il présente quelques défauts pardonnables, le travail effectué par les développeurs est remarquable. En un mot : stressant.

- / 10

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