
Fahrenheit
publié le 9 septembre 2005- Etat : Disponible
- Développeur :Quantic Dream
- Distributeur :Atari
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1
- 16/09/2005
- 2005
- inconnue
Annoncé par David Cage et son équipe de Quantic Dream comme révolutionnaire, Fahrenheit s’apprête enfin à débarquer sur PlayStation 2. Mêlant habilement un scénario digne des meilleurs thrillers et une réalisation cinématographique étonnante, le titre devrait séduire sans mal les joueurs en quête d’ambiance. Curieux d’en savoir plus ?Plongeon dans une intrigue prenanteDès le lancement du jeu, le ton est donné : après un bref passage par le menu principal dans lequel un profil doit être créé et par le tutorial, présenté par David Cage lui-même, l’aventure commence. On est immédiatement surpris par la mise en scène qui n’est pas sans rappeler quelque introduction de film : les logos de l’éditeur puis du développeur apparaissent, suivis de scènes réalisées avec le moteur du jeu s’enchaînant par l’intermédiaire de fondus, le tout doublé par la voix-off du héros, Lucas Kane.
Ce préambule nous apprend que la vie de Lucas a récemment basculé et le jeu nous propose de revivre les évènements qui l’ont conduit jusqu’à sa situation actuelle. Ainsi, on assiste impuissant au drame initial : dans les toilettes d’un café de New York, un homme se dirige vers le lavabo après s’être rendu à un urinoir. Au même moment, un autre homme en lequel nous reconnaissons Lucas est enfermé dans les toilettes, assis sur la cuvette. Apparemment en transe, il se lacère les poignets à l’aide d’un couteau. Quelques secondes plus tard, il sort de sa cachette pour poignarder férocement l’homme du lavabo…
Durant toute la durée de ce premier meurtre, l’écran est fréquemment entrecoupé d’une scène se déroulant dans un endroit inconnu : une pièce sombre, des bougies posées au sol et un homme vêtu d’un imperméable, effectuant exactement les mêmes gestes que Lucas. Ou bien est-ce le contraire ?La liberté du choixAprès avoir commis cet abominable meurtre, Lucas reprend ses esprits et le joueur peut enfin prendre son DualShock en main. L’objectif est simple : fuir le plus vite possible la scène du crime et ramener Lucas chez lui. C’est à ce moment précis que l’on se rend compte de la richesse des possibilités offertes par le jeu. En effet, il n’existe pas une unique solution pour atteindre son but !
La première option de Lucas est de sortir immédiatement des toilettes pour quitter le café. S’il fait ce choix, il se retrouve nez à nez avec la serveuse qui remarque immédiatement le sang dont il est maculé et avertit le policier qui prenait son café au comptoir. Lucas n’a alors plus d’autre solution que de sortir par l’issue de secours. Une fois dehors, il pourra choisir de prendre un taxi ou le métro.
Pour passer un peu plus inaperçu, Lucas peut essayer de camoufler son meurtre et ainsi gagner du temps. Il est par exemple possible de cacher le corps dans l’un des cabinets, puis de nettoyer les traces de sang au sol. De même, il est logique de tenter de cacher l’arme du crime. Pour ne pas être repéré par la serveuse, un passage par le lavabo est obligatoire afin de nettoyer les plus grosses traces de sang. Ces actions doivent toutefois être effectuées assez rapidement puisque le scénario prévoit qu’au bout de quelques minutes, le policier précédemment cité quitte sa place pour se rendre aux toilettes !
Si Lucas parvient à sortir des toilettes sans se faire remarquer, il peut alors utiliser la porte principale du café pour sortir. Encore faut-il qu’il pense à payer son addition avant de quitter les lieux ! Dans le cas contraire, la serveuse le rappelle à l’ordre et il peut alors partir sans payer ou s’acquitter de sa dette : dans les deux cas, il aura malheureusement été remarqué et les témoins pourront en apprendre plus à la police lorsque celle-ci viendra enquêter sur le meurtre…Destins croisésCar Fahrenheit est un jeu original à plus d’un titre ! Outre sa mise en scène et son scénario évolutif, il se distingue en permettant aux joueurs de diriger non seulement Lucas, mais aussi les deux inspecteurs lancés sur ses traces : Carla et Tyler. Dès leur arrivée au café, les inspecteurs commencent leur collecte d’indices en discutant avec les personnes présentes au moment du crime et en fouillant le lieu du drame.
Durant l’interrogatoire de la serveuse, on réalise que les actions de Lucas ont un impact direct sur les informations récoltées par les inspecteurs : s’il a choisi la première option décrite plus haut, il a beaucoup marqué l’esprit des témoins et ceux-ci pourront faire une meilleur description de sa personne. En revanche, s’il a pris soin de partir sans être vu, Tyler et Carla auront bien du mal à progresser dans leur enquête.
De la même manière, leur collecte d’indices et l’interprétation du meurtre diffère selon que Lucas a tout laissé en place ou bien tenté de camoufler certaines pièces. Chose amusante, si le joueur demande à Lucas de cacher son couteau, Carla et Tyler devront fouiller consciencieusement les toilettes pour le retrouver : la caméra se détournant de Lucas au moment de cette action, le joueur doit ensuite trouver la cachette lorsqu’il joue avec les inspecteurs !
Grâce à son approche bilatérale de l’histoire, Fahrenheit demande constamment au joueur de réfléchir à ses actions : en accomplissant certaines actions avec Lucas, il progresse plus facilement de ce côté du scénario mais se complique la tache lorsqu’il prend le contrôle des inspecteurs !Une jouabilité originaleAlors que nous avons jusqu’ici détaillé la progression du joueur dans le scénario et les multiples chemins de ce dernier, concentrons-nous maintenant sur le gameplay du jeu. Celui-ci est divisé en trois catégories : les phases de mouvement/exploration, celles d’action et celles de dialogue.
Durant les phases d’exploration, le personnage se dirige avec le stick gauche et la caméra peut parfois être orientée librement grâce au stick droit. Lorsque l’environnement ne permet pas un placement libre de la caméra, celle-ci bénéficie en général de plusieurs angles sélectionnables. Petit reproche sur ce point : la caméra change parfois d’angle automatiquement et le contrôle du personnage devient alors difficile car il reste calqué un moment sur l’angle précédent. Rien de dramatique, mais on aurait tellement aimé que tout soit parfait !
A l’approche de certains objets, une icône contextuelle apparaît en haut de l’écran et indique le mouvement à effectuer avec le stick droit pour activer l’objet. Pour une porte, il suffit en général de pousser vers l’avant ou vers l’arrière. De même pour s’asseoir à une table ou se lever. D’autres mouvements plus complexes comme l’escalade d’un filet demandent des rotations du stick.
Plusieurs types de phases d’action ont été implémentées dans le jeu, toutes répondant au même critère : la simplicité d’utilisation. Ainsi, certaines actions durant lesquelles le personnage doit fournir un effort (porter un corps, nager, …) se font par pression alternative de L1 et R1. Une jauge s’affiche alors à l’écran, montrant la puissance de l’effort.
Les combats et certains autres évènements utilisent un système plus complexe dans lequel deux indicateurs apparaissent au centre de l’écran : chacun représente un stick du pad et se compose de quatre parties colorées (haut, bas, droite, gauche). Les flèches s’allument tour à tour et le joueur doit suivre le rythme s’il veut réussir l’épreuve. Assez amusantes, ces phases souffrent de deux petits défauts : tout d’abord, les indicateurs sont en surimpression à l’écran et il est donc difficile de voir s’allumer les flèches lorsque celles-ci apparaissent sur un fond déjà très clair. En outre, la concentration demandée est telle que l’on garde les yeux fixés sur les indicateurs sans suivre l’action qui en découle à l’écran ! Dommage…
Les phases de discussion se déroulent quant à elles de manière très simple : en haut de l’écran, plusieurs thèmes apparaissent et le joueur a un temps limité pour faire son choix et orienter la conversation comme il l’entend. Si les premiers dialogues ne demandent pas d’approche particulière (toutes les questions doivent être posées dans un ordre indifférent), d’autres devront être soigneusement pensés afin d’obtenir le maximum d’information. Le procédé s’applique aussi bien à Lucas qui rencontrera au cours de l’aventure de nombreux personnages qu’il devra questionner afin de comprendre ce qui lui arrive, qu’à Carla et Tyler qui interrogeront divers témoins.AmbiancePlutôt que de la réalisation de Fahrenheit, il convient de parler de l’ambiance que le titre dégage. Comme nous le signalions en introduction, les premières secondes de jeu suffisent à plonger le joueur au cœur d’une intrigue passionnante. Peu importe alors que les graphismes ne soient pas renversants : ils sont corrects et en réalité bien plus détaillés que ce que montrent la plupart des captures d’écran visibles sur la toile ou dans les magazines.
En outre, l’animation des personnages est excellente, que ce soit dans leurs déplacements ou pendant les conversations. Les animations faciales ont, elles aussi, bénéficié d’une grand attention et l’équipe de Quantic Dream parvient réellement à faire ressentir au joueur les émotions ressenties par les personnages.
L’ambiance cinématographique du jeu est renforcée par l’utilisation de procédés empruntés directement au septième art comme le vignettage ou les travellings, et de nombreux effets spéciaux viennent compléter un tableau déjà remarquable.
La bande sonore n’est pas en reste avec des musiques prenantes, parfois inquiétantes, couplées à des dialogues en Français d’excellente qualité. Les bruitages sont eux aussi de bonne facture et l’ensemble n’est sans doute pas étranger à l’immersion réussie par le jeu.
Verdict
Fahrenheit est l’un de ces jeux trop rares qui sont capables de plonger le joueur au cœur d’une histoire, d’un scénario. Certes, la jouabilité aurait probablement pu être améliorée pour gommer un ou deux défauts mais le résultat est là et bien là : dès les premières minutes, on souhaite comprendre ce qui arrive à Lucas Kane et cette envie va croissante au fur et à mesure de notre progression.
Cerise sur le gâteau, parvenir à la fin du jeu ne signifie pas que l’on a tout vu de ses possibilités : plusieurs parties sont nécessaires pour explorer Fahrenheit à fond et le scénario au multiples embranchements n’est jamais ressenti comme un artifice destiné à rallonger la durée de vie.
Un grand merci à David Cage et à l’ensemble de l’équipe de Quantic Dream pour ce titre sortant des sentiers battus.

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie