
Drakengard 2
publié le 5 août 2005- Etat : Disponible Japon
- Développeur :Square Enix
- Distributeur :Square Enix
- Thème :Heroïc Fantasy
- Genre :Beat'em all
- inconnue
- inconnue
- 16/06/2005
Mélange de Dynasty Warriors et d'Action/RPG alternant sympathiquement batailles au sol et joutes à dos de dragon, Drakengard bénéficie d'un concept pour le moins alléchant ! Adulé par les uns et détesté par les autres, ce titre signé Cavia sous la houlette de Square-Enix fut loin de faire l'unanimité lors de sa sortie, essentiellement à cause de quelques défauts majeurs nuisant directement au plaisir de jeu ...
Des erreurs que l'on aurait pu qualifier "de jeunesse" si la griffe du grand Square-Enix apposée un peu partout ne venait pas rappeler sans cesse les prétentions de cette nouvelle franchise. S'il restait encore beaucoup à faire au niveau de la réalisation technique et du gameplay, Drakengard doit son succès avant tout grâce à un scénario complexe, emprunt de noirceur, et ô combien captivant ! C'est donc fort logiquement que Square-Enix et Cavia nous ont proposés au mois de juin dernier de découvrir la suite de cette intrigue mettant toujours aux prises l'Empire et l'Union ...
Drag-on Dragoon 2 vous place dans la peau de Nowe, un jeune chevalier d'élite âgé de 18 ans et officiant dans la Garde Impériale qu'il a intégrée afin de protéger les Sceaux maintenant Angelus prisonnier de son sort. La guerre entre l'Empire et l'Union bât toujours son plein et c'est grâce à Regna, le dragon qui l'a élevé, que Nowe parviendra à faire ses preuves dans le conflit. L'intrigue mélange allègrement rebondissements et trahisons, mais il n'est pas question ici d'en dévoiler davantage pour des raisons que vous comprendrez une fois les toutes premières de jeux écoulées !
A noter toutefois que le scénario ne se découpe plus de manière alambiquée, et qu'à l'inverse du premier Drakengard vous suivrez le fil de l'histoire dans l'ordre et au rythme des chapitres sans voguer de verset en verset : on y gagne en clarté ce que l'on perd en originalité.On prend les mêmes et on recommence, mais en mieux cette fois !On se doute bien que Cavia n'allait pas abandonner un concept déjà très intéressant en soit ... Drakengard 2 vous propose une fois de plus de sillonner le monde à pied et à dos de dragon ! L'alternance entre batailles rangées au sol et joutes aériennes sur le dos de Regna est très bien dosée, en règle générale on débute par une approche aérienne du lieu à atteindre pour finir par décimer les lignes ennemies à pied !
Les phases de vol sont toujours aussi maniables, Regna répond au doigt et à l'oeil. L'esquive de la touche R1 y est d'ailleurs souvent mise à contribution, les ennemis se faisant souvent très menaçants ... De nouveaux pouvoirs spéciaux dévastateurs ont d'ailleurs été ajoutés pour y remédier, il n'est pas rare de perdre une première fois avant de comprendre la technique à adopter pour battre un nouvel ennemi. On regrettera cependant que le bestiaire soit aussi faible, le nombre d'ennemis différents au cours du jeu frise le minimum syndical !
Une fois le ciel dégagé, vous pouvez commencer à ratisser large, épée à la main ! La maniabilité à pied n'a pas vraiment changé non plus, si ce n'est que les personnages sont désormais plus rapides à la base : il ne faut plus attendre que le personnage se lance pour courir, par contre on perd le coup porté en bout de course assez puissant et fracassant pas mal les lignes ennemies ... La caméra, quant à elle, est manuelle, elle se replace bien trop lentement pour la laisser réagir au fil des combats, aussi l'utilisation des deux sticks analogiques est permanente et assez ardue au début.
Contrairement au premier opus, vos alliés dans Drakengard 2 servent plus qu'à décorer les cinématiques puisqu'ils prendront part activement aux batailles ! Le héros n'est désormais plus le seul à manier les différents types d'armes : Nowe manie les épées, Urick les faux et les haches, Eris les lances et fois les bâtons de sorcier. Chaque type d'arme possède ses particularités en plus de leur puissance d'attaque respective, ainsi il faudra souvent alterner entre les personnages (en changeant d'arme sur le socle tout bêtement) pour se tirer d'un mauvais pas, Urick étant spécialiste pour faire le vide autour de lui avec sa faux tournoyante ou Manah pour décimer les soldats à l'aide de puissants pouvoirs magiques !
Les armes possèdent toutes 4 niveaux de progression, et à mesure que vous les ferez évoluer il vous sera permis de stocker une charge de magie supplémentaire pour atteindre un maximum de 4 charges et ainsi déclencher la magie attribuée à l'arme que vous maniez. Puisqu'on en est à parler pouvoirs spéciaux, Regna possède aussi 4 jauges de pouvoirs ô combien dévastateurs allant de la simple morsure déjà puissante au jet de boules de feu sur une horde d'ennemis calcinés ... Très impressionnant ! S'il est toujours possible, et même recommandé, d'utiliser le dragon lors des batailles se déroulant en extérieur, la présence de vos compagnons ne changera rien au fait que seul le héros Nowe pourra s'en servir pour dégommer les opposants en masse. Il suffit d'appuyer sur le stick analogique pour grimper sur la bête, séquence à la clé ! Cela ne veut pas dire pour autant que les autres personnages seront relégués au second plan, bien au contraire même puisque leurs attaques et enchaînements valent leur pesant de sesterces et vous sortiront de plus d'un faux pas ! Chaque arme dispose d'entre 2 et 4 enchaînements qui s'effectuent en alternant les touches carré et triangle dans l'ordre du combo souhaité. Aussi bête que cela puisse paraître, ces alternatives à l'enchaînement de base rendent le jeu moins répétitif que son prédécesseur, même s'il faudra encore et toujours marteler frénétiquement la touche carré pour se frayer un chemin la plupart du temps. C'est aussi pour casser cette monotonie qu'il est possible d'utiliser le dragon, d'autant plus que certaines aires de jeu ne se déroulent plus seulement de plein pied, mais bénéficient aussi de plateaux que seul Regna vous permettra d'atteindre.Une réalisation à double tranchant !Si le premier opus de Drakengard brillait malheureusement par ses décors aussi vides que vastes et sa profondeur de champ digne d'un jour de blizzard à Novossibirsk, il n'en va pas tout à fait de même avec Drakengard 2 ! En effet les talentueux développeurs de Cavia ont, semble t'il, bien retenu la leçon et tenu compte des critiques formulées à l'époque par les joueurs. Une attitude tout à fait louable qui nous vaut des paysages nettement plus variés bien que toujours aussi désespérément vides ... Les efforts portent surtout sur la diversité des lieux, mais pas sur les éléments qui les composent malheureusement. Il faut avouer aussi que la majorité des batailles se déroulent en extérieur et les cartes sont de ce fait très étendues. Le problème est sensiblement le même dans un Dynasty Warriors, il s'agit de trouver le bon compromis entre l'affichage des ennemis et le mobilier ou la végétation. D'ailleurs la profondeur de champ a été largement revue à la hausse, et si elle n'est toujours pas exemplaire notamment lorsqu'on se trouve sur le dos de Regna, elle a au moins le mérite de permettre de jouer normalement sans avoir à consulter le radar toutes les trois secondes pour débusquer les ennemis qui se trouvent dix mètres plus loin ... J'en entends déjà qui rigolent, mais c'était un peu le cas dans Drakengard mine de rien !
Par contre là où Cavia a fait fort, c'est concernant les effets visuels ! Les effets de particule, les petites touches de blur, et en fait tout ce qui porte sur la modélisation des personnages est souvent de très haute volée ! Suffit de voir les étincelles qu'occasionne le frottement de votre épée contre les parois d'un mur, l'éclat d'armure lorsque l'on brise la garde d'un ennemi, la qualité de certains pouvoirs magiques, les attaques spéciales de Regna et plus hallucinant encore cette bataille monstrueusement anthologique au milieu d'un parterre de fleurs qui s'envolent par milliers sans l'ombre d'un ralentissement à chaque coup porté ... On en prend vraiment plein les mirettes et finalement les yeux rivés sur l'action on ne se soucie plus trop des décors, mais plutôt des ennemis à fracasser et la tonne d'effets visuels qui accompagne le tout ! Seules les cinématiques réalisées avec le moteur du jeu manquent toujours cruellement de mise en scène, même si elles sont désormais en plein écran ...
Mention spéciale cependant pour les cinématiques en images de synthèse de toute beauté, disséminées avec parcimonie et aux moments opportuns tout au long du jeu ... L'esthétique y est systématiquement mise en valeur et on se prend à rêver d'un jeu techniquement à la hauteur des idées des développeurs de Cavia ! Mention spéciale également pour la bande-son, excellente en tous points, que ce soit au niveau des musiques qu'au niveau des doublages ! Il suffit d'écouter le thème d'introduction pour se laisser happer par l'ambiance qui s'en dégage ... De même le recours à des acteurs pour doubler les personnages rend chaque scènes de dialogues plus crédibles, une nécessité pour un scénario de cette trempe qui sombre en l'espace d'une seconde dans la noirceur ... Il suffit d'entendre Nowe crier pour appeler son dragon, ce que Caim ne pouvait faire dans le précédent opus compte tenu de la nature de son pacte, ou encore tendre l'oreille sur les bruitages ambiants pour entendre les râles des soldats à l'agonie : on se rend vite compte que la bande-son a été l'objet de toutes les attentions. Les bruitages quant à eux sont très bien rendus et chaque Guard Cancel, technique permettant en appuyant sur la garde au moment où l'ennemi frappe de le faire chanceler pour enchaîner, est l'occasion d'admirer l'éclat de votre épée sur les boucliers et armures ennemis !
Bref vous l'aurez compris la réalisation technique de ce Drakengard 2 alterne toujours le meilleur comme le moins bon, mais au final les aficionados du premier opus seront ravis de constater que les développeurs ne se sont pas reposés sur leurs lauriers, et ont vraiment tenté d'améliorer l'affaire !Des armes à volonté !Comme dans le précédent opus, les armes et leur développement constituent le nerf de la guerre ! Il faut fouiller les décors dans les moindres recoins et débusquer tous les ennemis pour vérifier si une arme ne se cacherait pas dans les parages. Le jeu en compte 67 en tout, chacune proposant des aptitudes et des enchaînements spéciaux dont la plupart se trouvent dans les niveaux, d'autres dans les magasins tandis que les dernières n'apparaîtront qu'une fois le jeu terminé ! Avec 12 chapitres et des missions libres à chaque niveau, il vous faudra compter pas moins d'une grosse trentaine d'heures pour boucler le premier passage, et encore sans forcément avoir toutes vos armes aux niveaux maximum !
Le jeu terminé apporte son lot de nouveaux objets et d'argent, et vous permettra, outre la possibilité de revoir l'intégralité des cinématiques débloquées en cours de jeu, de le recommencer dans un mode de difficulté supérieur afin de partir à la recherche des armes supplémentaires ! Pour ne rien gâcher, Cavia a eu la bonne idée d'ajouter un certain nombre de scènes bonus déblocables à condition de réaliser certains objectifs en cours de mission. Autrement dit, vous vous embarquez pour de longues heures de jeu en perspective !Une localisation « made in » Ubi Soft Les versions américaines et européennes du jeu ont été confiées cette fois-ci à Ubi Soft. Après une localisation bâclée pour Star Ocean III : Till The End Of Time, le pire était à craindre pour Drakengard 2, mais il n’en est rien. Comme Rockstar l’avait fait pour le premier opus, le jeu est en 50Hz optimisé, et les vilaines bandes noires qui viennent parfois écraser l’écran d’un jeu en version PAL sont ainsi mises de côté. En outre, la vitesse est enfin proche des versions NTSC (qui sont à la base en 60Hz). La seule grosse différence avec le 60Hz vient des couleurs qui sont plus pétillantes dans la version d’origine. Les voix américaines, de bonnes factures, ont été conservées et l’ensemble des textes et menus est intégralement traduit en français. En attendant d’avoir un choix 50/60 Hz on ne peut que se réjouir de cette localisation fort respectable.
Verdict
L’avis de Sebb (version PAL)
Digne successeur du premier volet, Drakengard 2 débarque enfin en Europe. On ne présente plus le principe du jeu où phase à pied et phase à dos de dragon s’enchaînent et nous desservent une histoire teintée d’aventure, de magie et d’amour. Le système de combat a évolué et se révèle plus complet, il fallait bien ça quand on voit la difficulté du jeu. Bien que la réalisation soit inégale et que l’on n’échappe pas à une certaine répétitivité, on baigne dans une ambiance particulière qui nous pousse à connaître le fin mot de l’histoire. Un bon jeu. Ma note : 7.5/10.
L’avis de Ben (version PAL)
Rattrapant ses erreurs de jeunesse, Drakengard 2 s’améliore sur de nombreux points notamment avec sa réalisation retravaillée mais encore victime d’imperfections comme l’affichage des ennemis trop lent, une IA assez faible et une modélisation des personnages inégale. Malgré une diversification au niveau de la gestion des armes, des combos et des objets, les combats se veulent être encore répétitifs même si le genre veut cela. Les phases de vol sont toujours aussi réussies et on prend un malin plaisir à contrôler Legna pour occire quelques ennemis au sol ou bien dans les airs.
Ce qui avait fait tout le charme du premier opus a été conservé. Les personnages sont toujours aussi charismatiques, moins perturbés que dans le premier opus malgré tout, et le scénario est encore une fois très étoffé. À ce propos, ce deuxième épisode se veut être un plus « optimiste » que le premier dont les personnages étaient presque sujet à la folie et les situations dans lesquelles ils se retrouvaient étaient plutôt malsaines et dérangeantes. Ici les protagonistes, notamment Nowe, sont toujours aussi humains sauf qu’ils devront remettre en question leur sens de la justice et ce en quoi ils croient depuis leur tendre enfance. Cavia maîtrise bien son sujet et Drakengard 2 montre bien les efforts fournis par ce jeune studio de Square-Enix. Une licence à surveiller de près et qui est sur le point de prendre son envol pour s’élever parmi les plus grands. Ma note : 7.5/10.
L’avis original de Thibaut (version NTSC/J)
Drakengard 2 s'avère meilleur en tous points que son prédécesseur, c'est une certitude ! Cependant il manque toujours ce petit quelque chose pour passer dans la cour des grands ... La répétitivité de l'action encore trop prononcée et la réalisation technique toujours en demi-teinte, malgré les efforts effectués à ces niveaux, pénalisent encore bien trop cette oeuvre dont l'ambiance, la bande-son ainsi que le scénario tous trois très réussis incitent le joueur à toujours aller de l'avant dans l'aventure !
Il est évident que ceux qui ont succombés aux charmes du premier opus tomberont une nouvelle fois à genoux devant cette suite tant attendue et qui dissipe les zones d'ombres de l'intrigue. La complémentarité des deux opus de la série Drakengard est telle qu'il apparaît plus important de souligner la qualité de l'oeuvre dans son intégralité, plutôt que de s'attarder davantage à en séparer les deux volets. Une affaire qui roule pour Cavia !

A partir de 12 €
Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie