
Crazy Frog Racer
publié le 16 avril 2006- Etat : Disponible
- Développeur :Digital Jesters
- Distributeur :Digital Jesters
- Thème :Automobile
- Genre :Course
- 11/2005
- 2006
- inconnue
Alors que le phénomène Crazy Frog s’essouffle enfin dans les charts internationaux, Digital Jester ressuscite l’horrible grenouille dans un jeu de courses futuristes loin de faire honneur au monolithe de Sony en accumulant défauts et maladresses. C’est beau le marketing !
Avant de nous casser les oreilles, Crazy Frog n’était qu’une simple sonnerie pour téléphone portable. Bien aidée par une campagne de pub mettant en scène un personnage atypique, The Annoying Thing, plus communément appelée Crazy Frog, un grenouille de couleur bleu aux attributs masculins apparents (mais que fait la censure !), la sonnerie fut téléchargée par plus de 11 millions d’utilisateurs de téléphone mobile. Un tel succès ne pouvait laisser indifférent et les quelques notes qui servirent de sonnerie furent très vite exploiter pour donner naissance à un single. Banco pour ses créateurs puisque la grenouille trusta très vite la première place des charts anglais, coiffant au poteau des groupes comme Gorillaz ou Coldplay, excusez du peu ! Mais le phénomène Crazy Frog ne se limita pas aux seules îles britanniques et c’est peu à peu toute l’Europe qui succomba aux charmes (hum hum) du crapaud bleuté. La France ne fit pas exception et vit un duel passionnant se dessiner pour la première place du top single entre la grenouille et Le Monde Parfait d’Ilona Mitrecey (ah l’exception culturelle française…). Ce coup de poker gagnant se confirma avec la sortie à l’automne 2005 d’un deuxième disque qui détrôna ni plus ni moins que le premier single de Crazy Frog en tête des charts français (une performance qui n’avait plus été réalisée chez nous depuis la Star Academy, saison 1 !). S’il est toujours difficile de l’expliquer, un tel succès ne pouvait pas laisser le monde vidéoludique indifférent et c’est l’anglais Digital Jester qui s’octroya la licence, décidant d’exploiter les courses futuristes illustrant les clips vidéos pour notre plus grand malheur…
En effet, bien que le titre soit vendu à prix réduit, on ne peut s’empêcher d’y voir un pur produit marketing cherchant à surfer sur la vague Crazy Frog pour berner quelques centaines de milliers de pigeons. Car oui, le résultat est loin de faire honneur aux capacités du monolithe noir de Sony. Enième jeu de courses futuristes disponible sur le support, Crazy Frog Racer propose une brochette de 9 personnages sans charisme (vous remarquerez qu’au passage Crazy Frog, pardon The Annoying Thing, a perdu sa virilité) se distinguant les uns des autres par des caractéristiques différents : accélération, vitesse, poids et contrôle. Après avoir fait votre choix, libre à vous de prendre part au mode Poursuite, Course Simple, Contre-la-Montre ou Championnat. Ce dernier mode se divise ainsi en quatre coupes (façon mario kart) qu’il faut terminer à la première place pour débloquer la compétition suivante. Trois modes de difficulté permettent de moduler le challenge en fonction de ses aptitudes manette en main. Ce triste bilan comptable au niveau des modes de jeu n’est pas sans conséquence sur la durée de vie puisque seul le mode Championnat recèle un soupçon d’intérêt. Il ne faut malheureusement qu’à peine une heure pour le boucler. Signalons tout de même la présence d’un mode deux joueurs en écran splitté verticalement, au cas où vous trouveriez un partenaire de jeu…
Mais pour cela, il faudra vous armer de patience et de courage. Manette en main, le jeu n’est clairement pas une réussite. La jouabilité est basique, n’utilisant que deux touches au total pour freiner et accélérer. Cette absence de technicité flagrante n’est pas sans conséquence sur l’intérêt des courses, proche du néant puisqu’il suffit de maintenir la touche X du début à la fin pour boucler la course. De fait, malgré des tracés de plus en plus tordus, les courses n’arrivent pas à passionner et se révèlent mollassonnes et surtout lassantes. Pour contrer cette morosité, il est possible d’user de bonus pour pimenter le bon déroulement des courses. Pour ce faire, il suffit de récolter les pièces d’argent sur la piste pour débloquer progressivement les bonus, dans l’ensemble très classiques avec ses bombes, le bouclier protecteur ou encore le turbo, bref rien de bien original. Enfin l’autre élément qui vient perturber le bon déroulement des courses, c’est la nature même des tracés. Construits comme n’importe quelles montagnes russes, les pistes de Crazy Frog Racer alternent les dénivelés. Malheureusement, tout ceci n’est pas sans conséquence puisque la visibilité est fortement entachée et la montée d’une cote, par exemple, se termine toujours par une chute en dehors des limites du tracé. De même, certains bugs agaçants viennent perturber le bon déroulement de la course en vous faisant passer au travers de la piste, voire en vous sanctionnant comme suite à une chute alors que vous êtes au beau milieu du tracé ! Du grand n’importe quoi qui demande quand même une bonne dizaine de secondes à votre avatar virtuel pour retrouver une vitesse de croisière potable…
Enfin, pour enfoncer le clou, le jeu propose une réalisation graphique et technique totalement dépassée. La richesse graphique n’est pas le point fort de ce jeu qui multiplie les courses dans un environnement urbain qui peine à se renouveler malgré quelques passages souterrains ou aériens. Cette impression de répétitivité est d’autant plus renforcée que les couleurs utilisées sont toujours les mêmes : le bleu et le rose, auxquels viennent s’ajouter aliasing et scintillements. La modélisation est bâclée, les personnages et leur bolide ne ressemblent à rien tout comme l’environnement, carré et dénué de détails. Malgré le peu d’éléments affichés simultanément à l’écran (3 immeubles et quelques arbres à tout casser, pour ce qui est censée représenter une vaste métropole…), le jeu souffre d’un clipping prononcé et de ralentissements incompréhensibles ! Enfin, la palme du mauvais goût revient à l’ambiance sonore, tout simplement insupportable. Tout d’abord, parce que chaque course débute et se conclut par les braillements stridents du crapaud et aussi car les musiques accompagnant les courses ne font preuve d’aucune originalité. Les bruitages quant à eux sont tout bonnement insupportables entre les cris des personnages et les bruits moteurs, proches d’un aspirateur ou une perceuse en fin de vie.
• Je cherche encore...
• Le gameplay mou et buggué
• La réalisation technique
• L'ambiance sonore insupportable
Verdict
Au final, Crazy Frog Racer confirme la toute puissance de la machine marketing plus soucieuse d’amasser les dollars que de satisfaire l’appétit des joueurs. Digne des pires premiers jeux Playstation 2 sur un plan technique et graphique, le titre de Digital Jester propose en plus une ambiance sonore insupportable et un gameplay médiocre criblés de défauts impardonnables. Hop, poubelle !

A partir de 20,00 €
Graphismes
4 / 10L'environnement est répétitif et peu détaillé, la modélisation des personnages baclée. Sans oublier les ralentissements, le clipping ou l'aliasing...
Jouabilité
4 / 10Le gameplay est parasyté par une gestion calamiteuse des collisions, des sauts et des bugs en pagaille.
Son
2 / 10L'ambiance sonore est catastrophique avec des musiques rock-techno indigestes, des bruits moteurs proches de la perceuse et les cris insupportables de la grenouille et ses acolytes.
Durée de vie
3 / 10Quatre championnats seulement demandant à peine une heure pour être bouclés. Aurez-vous assez de courage pour terminer les trois modes de difficulté et vous essayer au mode Arène ou deux joueurs ?
Fun
2 / 10Les courses sont sans saveur et mollassonnes. Pire, l'action devient très vite répétitive, la faute à des tracés manquant clairement d'imagination.