
Crash Twinsanity
publié le 13 octobre 2004- Etat : Disponible
- Développeur :Traveller's Tales
- Distributeur :Vivendi Universal Games
- Genre :Action / Aventure
- 08/10/2004
- 2004
- inconnue
Après avoir connu ses heures de gloire sur PsOne avec trois épisodes tournés vers la plate-forme et un mariokart-like de qualité, Crash Bandicoot a semble t-il mal digéré le changement de développeur. Créé par les américains de Naughty Dog, Crash Bandicoot est aujourd’hui développé par les anglais de Traveller’s Tales. Après une Revanche de Cortex assez fade et beaucoup trop proche des opus PsOne et un Crash Nitro Kart sans saveur, le bandicoot déjanté nous revient pour de nouvelles aventures. La question que tout le monde se pose alors est : notre marsupial continue t-il sa descente aux enfers ou ce Crash Twinsanity parvient-il à relever le niveau ?
La réponse est évidente : Crash Twinsanity n’est pas un mauvais jeu. Certes il n’atteint pas le degré d’excellence des trois épisodes développés par Naughty Dog et sortis sur PsOne mais il parvient à apporter un peu d’originalité à la série. Contrairement aux quatre aventures précédentes, Crash Twinsanity n’oppose pas le marsupial à son ennemi de toujours, le Dr Cortex, au contraire… Le monde de Crash court un grand danger, deux jumeaux fous se préparent à détruire la paisible île où Crash et Coco ont élu domicile. Devant le danger qui guette (et surtout parce qu’il se fait un peu voler son rôle), le docteur Cortex propose à son ennemi de toujours de lui venir en aide pour exterminer la menace au plus vite. Voilà la principale originalité du titre : le joueur ne contrôle plus exclusivement Crash Bandicoot puisque se joint à notre bestiole Cortex. La coopération entre les ennemis jurés n’est pas toujours des plus cordiales comme on pouvait se l’imaginer. Enfin, à ce duo vient s’ajouter un troisième personnage jouable : Nina, la nièce du Docteur Cortex.
Si le gameplay est articulé autour du tandem Crash-Cortex, il arrive souvent que l’on ne contrôle que l’ami Crash. De ce fait, les habitués de la saga retrouveront très vite leurs marques, le marsupial disposant des mêmes mouvements : faire un saut, un double saut, glisser, ramper, tourner sur lui même. Si on peut regretter l’absence flagrante de nouveautés dans le contrôle de Crash, jouer Crash et Cortex offre un gameplay radicalement différent et surtout varié. Loin de faire ami-ami, les séquences de jeu où l’on dirige le duo sont le plus souvent hilarantes : la première prise de contact avec le tandem se fait alors que Crash et Cortex se bagarrent comme chien et chat et c’est à nous qu’incombe la tâche de les diriger sans bobos dans un dédales de pièges. Tout au long de la progression, la coopération entre les deux prendra des formes toujours plus délirantes et originales : Crash se servira par exemple de Cortex comme d’une planche de surf pour dévaler des pistes enneigées. Il n’hésitera pas non plus à utiliser son ennemi de toujours comme d’un maillet pour assommer les ennemis inconscients qui oseront croiser leur chemin. A certains endroits du jeu, il faudra utiliser Crash pour désactiver certains pièges afin que Cortex puisse progresser sans danger ou encore envoyer Cortex par dessus certains précipices et ce afin de faire le ménage et surtout activer certains mécanismes.
De ce fait, le gameplay de Crash Twinsanity est ultra varié et l’on prend un très grand plaisir à progresser dans cette nouvelle aventure. Les développeurs ont enfin plongé Crash dans un environnement intégralement en 3D : finis donc les niveaux couloirs où la marge de manœuvre était des plus réduites. Le jeu est certes toujours aussi linéaire mais cette fois les environnements sont beaucoup plus ouverts. Les fans de la série seront heureux de retrouver tout au long de l’aventure de nombreux personnages familiers de la saga que ce soit sous la forme de boss ou d’une simple apparition lors des cinématiques. A ce propos, les développeurs de Traveller’s Tales annonçaient Crash Twinsanity comme l’un des Crash les plus drôles et on peut dire que le pari est amplement gagné. Au grotesque des situations rencontrées viennent s’ajouter des cinématiques plus drôles les unes que les autres. Il est difficile de ne pas sourire devant le comique de certains passages. Au final Crash Twinsanity est un jeu qui respire la bonne humeur et cette bonne ambiance est communicative.
Pour ce qui est de la réalisation, ce Crash Twinsanity n’est pas un jeu poussant la PS2 dans ses derniers retranchements. Les textures sont souvent simplistes et la modélisation des personnages un peu trop carrée. Néanmoins le charme opère : les environnements sont colorés, vastes et les effets de lumière convaincants. Les décors traversés ne sont pas très originaux (puisque déjà rencontrés dans les précédents Crash) mais ont au moins le mérite d’être variés : forêts, cavernes enneigées, plage, endroits futuristes : tous les environnements connus des fans de la saga répondent présents. Mention spéciale pour les boss qui sont le plus souvent énormes et demandent un peu de jugeote pour être battu. Seule ombre au tableau, un clipping qui sans être gênant aurait pu être évité, le moteur n’ayant pas à supporter des décors très fouillés.
L’ambiance sonore est par contre irréprochable : les voix sont restées les mêmes et les doublages, très drôles, sont plutôt convaincants. Les bruitages n’ont pas évolué depuis la Psone et notre marsupial fera toujours le même son en tournoyant sur lui même ou en brisant des tonnes de caisses. Cependant, la plus grande réussite sonore, ce sont bien sûr les musiques tout simplement hilarantes. Les mélodies collent parfaitement au jeu et participent grandement à l’ambiance délirante du jeu.
Malheureusement, Crash Twinsanity n’est pas exempt de défauts. Le premier d’entre eux est la jouabilité du titre qui est parfois approximative. Il est difficile parfois de juger les distances et un saut se termine le plus souvent à côté de l’endroit visé. Dans le même ordre d’idée, certains angles de caméra sont mal choisis et cadrent mal une situation donnée. De même, il ne sera pas rare que l’on se batte quelques secondes pour cadrer au mieux la caméra qui bloquera dans un élément anodin du décor…
L’autre défaut majeur du jeu est son système de sauvegarde vraiment très mal foutu. Le titre dispose d’une fonction auto-sauvegarde, malheureusement les points de sauvegarde sont beaucoup trop éloignés les uns des autres. De ce fait, si l’on meurt ou si l’on doit abandonner une partie, il n’est pas rare de devoir recommencer un niveau dans son intégralité pour retrouver l’endroit ou l’on était arrivé précédemment. Lourd…
Enfin, le dernier regret concerne la durée de vie bien trop courte. Le jeu se boucle très vite (il faut moins de huit heures pour en voir le bout). Certes atteindre les 100 % et récolter la totalité des diamants rallongent la durée de vie mais Crash Twinsanity est dans l’ensemble beaucoup trop facile. De même, la quête qui consistait à détruire la totalité des caisses d’un niveau pour gagner un diamant a disparu. Dommage…
Verdict
Si Crash Twinsanity est loin de rivaliser avec les opus PsOne, il reste néanmoins un titre agréable à de nombreux égards. La réalisation graphique très colorée conviendra aux plus jeunes, l’humour fera le plus souvent mouche et le gameplay, basé sur la coopération entre Crash et Cortex apporte un peu de nouveauté dans l’univers du bandicoot déjanté. Un titre sympathique mais loin d’être indispensable.

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie